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Question 66 : Y a-t-il de nos jours, ou dans le passé dans l’histoire de l’Islam, des mouvements qui remarquent la valeur du célibat ? (DE)
Réponse : Le Coran se prononce en faveur du mariage (24,32). Il loue sans doute les moines, en général, mais il marque tout de même une réserve en ce qui concerne le célibat (57,27). La tradition islamique comporte de plus le dicton : « Il n’existe pas de monachisme dans l’Islam » ou « Il n’existe pas de célibat dans l’Islam » (dans la collection de hadith d’Abu Dawûd). D’après la tradition, Mahomet a dit un jour à un musulman qui ne voulait pas, sans aucun motif plausible, se marier : « Tu t’es donc décidé de te mettre au nombre des frères du diable ! Soit tu veux devenir un moine chrétien, et alors, joins-toi à eux ouvertement, soit tu es l’un d’entre nous, alors, suis notre route. Notre chemin, c’est la mariage. »
Malgré cette déclaration et d’autres semblables, beaucoup d’ascètes, ou de sufis se sont décidés pour une vie célibataire. Ceux qui étaient mariés montraient cependant les avantages de la vie célibataire et les difficultés inhérentes à la vie conjugale et à la vie de famille pour un ascète. Celui qui est marié, remarquait-on, voit sa paix intérieure menacée et sa recherche du visage de Dieu compromise par les soucis de la famille. Aussi un certain nombre d’ascètes souhaitèrent-ils être libérés de ces entraves. Pour quelques-uns parmi eux, on estima convenable qu’ils abandonnent leur épouse et leur famille, à la condition que l’ascète ait l’intention de se consacrer exclusivement à ses exercices de piété.
Un grand nombre de musulmans ont régulièrement vécu un certain temps, surtout durant le mois du Ramadan, dans leur recherche d’une plus grande proximité de Dieu (taqarrub bi Allah. Cf. Q 56,7-11 ; 88-94), à l’écart de leur famille, comme des célibataires temporaires. Dans la Sourate 3,45, Jésus est caractérisé explicitement comme l’un de ceux « qui sont admis dans la proximité (de Dieu) ». De plus, dans des mouvements contemporains tels que par exemple Tablïghi Jamâ’at (Communauté de l’Annonce), on exige de tous les membres actifs de quitter leur famille en moyenne un mois par an, afin d’être libres pour les activités de prédication itinérante.
Quelques ascètes ont également compris la renonciation au monde comme une séparation de la vie sociale. Dans la solitude, ils cherchaient la paix qui leur faciliterait l’accomplissement de leurs exercices religieux. Les relations avec les humains – ils en étaient convaincus – n’apportaient rien d’autre que des activités extérieures et les mettaient en contact avec des pécheurs. Idéalement, l’ascète devrait mener sa vie de telle façon qu’il serait seul en face de Dieu et que les autres hommes n’existeraient tout simplement pas. Ce type d’attitude et de convictions a certainement été encouragé aussi par des courants opposés au monde et à ce qui est corporel provenant de religions et de courants d’idées extérieurs et préislamiques (cf. Tor Andrae, Islamische Mystik. 2ème éd., Stuttgart: Kohlhammer, 1980, p. 56-58). (La présente réponse reprend largement la dernière partie de la contribution « Askese » de Th. A. Khoury, dans : Khoury/Hagemnann/Heine, Islam-Lexikon I, p. 85f.)
La virginité de Marie, la mère de Jésus – telle que le Coran la présente – peut mieux faire comprendre aux musulmans l’option que font certains chrétiens pour la vie célibataire. Le Coran enseigne que Dieu a établi Marie, dont le corps était chaste, en exemple, en modèle pour ceux qui croient (cf. Q 66,11-12). Tandis que Jésus, selon la croyance des musulmans, était un prophète et parole et esprit venant de Dieu, Marie est présentée dans le Coran comme une personne pieuse consacrée à Dieu, c’est à dire comme celle « qui fait partie de ceux qui sont humblement donnés (à Dieu ) » (min al-qânitïn) (66,12). Une femme qui a entièrement fait confiance au message de Dieu et une femme « véritable » (siddïqa, Q 5,75).
Le Coran la représentait comme quelqu’un qui se retira de la vie et des occupations courantes et qui se rendit en un lieu à l’écart pour se consacrer à la prière (cf. Q 19,16-17). Le grand collecteur de Hadith, al-Tirmidhi (m. 892) commentait ainsi ce passage du Coran : « Marie fut invitée à vivre habituellement dans un état de prière intérieure, ou « de prière mémoire de Dieu » (dhikr), durant lequel son cœur serait entièrement tourné vers Dieu. De cette façon, Il le remplirait d’amour et son âme serait totalement comblée par Lui, en sorte qu’Il la protégerait. Ainsi, Il empêcherait que les pieux souhaits de Marie de s’évanouir et de se disperser. Marie fut invitée à vivre dans un état de prière intérieure et de paix, à la recherche de la gloire de Dieu, toute mobilisée pour demeurer en lui. »
Selon le Coran, Dieu a fait de Marie un modèle pour « tous les croyants ». Les chrétiens, qui comme elle observent la chasteté, suivent son exemple dans la même attitude de remise de soi à Dieu. La présentation que fait Al-Tirmidhi de la prière intérieure de Marie est une bonne description de ce que des chrétiens visent et s’efforcent de réaliser dans les ordres religieux contemplatifs. D’autres chrétiens, dans des ordres religieux qui aspirent à être « des contemplatifs dans l’action », ont le même idéal et le même but que Marie. Comme l’exprime Tirmidhi : « chercher sans interruption la gloire de Dieu et faire tous les efforts possibles pour persévérer dans cette voie. »
Aussi peut-on dire : la valeur du célibat et de la virginité choisie pour motif religieux, pour ceux qui s’efforcent de dépasser ce qui est strictement prescrit par la loi, et qui recherchent son amour intime –ceux dont le Coran dit, qu’ils sont ses « min al-muqarrabïn » - n’est pas du tout exclue de la tradition islamique. Les anciens sufis encourageaient leurs disciples à choisir l’état de célibataire. Certains considéraient même le célibat comme supérieur au mariage, dans la mesure où le célibat religieux préparait tout particulièrement la personne à vivre l’islam, à savoir, l’aidait à se consacrer entièrement à Dieu.
Dans son œuvre maîtresse Ihyā ‛ulūm al-dïn, Al-Ghazāli (m. 1111) cite le Sufi al-Darāni ainsi : « Jamais la personne mariée ne pourra ressentir la douceur de l’adoration et la dévotion paisible du cœur, que vit la personne célibataire. » (cf. Thomas Michel, „The vows of religious life in an islamic context“ in: Encounter (Rome), no. 132. Febr. 1987.) Le célèbre réformateur Jamāl al-Dïn al-Afghāni (1838-1897) et maître de Muhammad ‘Abduh (1849-1905) n’était pas marié. Durant sa vie active extrêmement dynamique, qui le mena dans toutes les parties du monde islamique, de nombreux admirateurs, disciples et dirigeants, lui offrirent la main de leurs filles en mariage. La réponse de al-Afghāni (1838-1897) était habituellement : « L’umma (la communauté islamique) est mon épouse ».
Ceci peut se comparer à une des raisons ou motivations du célibat chrétien : la volonté d’une dévotion totale et exclusive à la communauté chrétienne ou à l’Eglise, que, dans la foi, on considère comme le corps ou la « personne » de Jésus Christ, le crucifié et le ressuscité. Il ne faut pas oublier non plus que la tempérance sexuelle fait partie intégrante de l’activité centrale de la religion islamique. Le jeûne du ramadan n’implique pas seulement la privation de nourriture et de boisson, mais aussi de toute activité sexuelle durant les heures de jeûne. La période sainte de l’ihrām durant le hadsch exige aussi une privation complète, - même si elle est limitée dans le temps – de toute activité sexuelle. Expliquons-nous : les musulmans ne renoncent pas à une activité sexuelle durant ces périodes sacrées, parce qu’ils considèrent le sexe comme une chose mauvaise, humiliante ou indigne, mais parce que Dieu les a appelés à renoncer à cette activité légitime pour tourner sans partage leur attention et leur cœur vers Dieu.
En résumé : bien que l’Islam met l’accent sur la valeur et la bonté de la vie de famille, il existe au sein de la foi et de la vie islamique des éléments qui peuvent aider les musulmans à comprendre la promesse que font certains chrétiens de vivre une vie célibataire, « virginale », consacrée à Dieu. À quelques-uns parmi eux, sans doute des personnalités à tendances combatives, cette option de vie chrétienne possible semble contre nature et à l’encontre de la révélation de Dieu. Par contre, beaucoup d’autres musulmans se montrent curieux. Ils sont sincèrement intéressés de connaître les raisons de cette option pour le célibat, car les musulmans sont naturellement sensibles aux « personnes consacrées à Dieu ». Les questions que posent ces musulmans ne doivent pas être rencontrées à un niveau théorique ; l’exemple et le témoignage d’une vie authentiquement consacrée à Dieu selon les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance en disent beaucoup plus long que de simples paroles.
Question 67 : Au chapitre 9, vous utilisez le concept « théologie de la libération ». Comment faut-il comprendre ? Qui en furent les représentants ? (DE)
Réponse : Dans beaucoup de pays de par le monde, les peuples ne sont plus, aujourd’hui, prêts à accepter dans leur pays les situations sociales et politiques existantes comme une fatalité intangible, d’autant plus que les structures injustes, sont la cause de l’oppression, de l’analphabétisme, de l’abandon, du désespoir et de la désespérance, dont certaines dépendent de la responsabilité de l’homme et que donc il peut changer.
Beaucoup de peuples comprennent donc leur opposition aux structures existantes comme moyen de libération de structures et de systèmes injustes, dans lesquels se sont glissés comportement personnel injuste, corruption, gaspillage, volonté de puissance et mépris de l’homme, de telle façon que toutes ces réalités sont devenues jusqu’à un certain point des « péchés sociaux ». De nombreux mouvements de libération qui ont vu le jour dans les dernières décennies ont pour objectif un changement de société par la violence révolutionnaire. D’autres veulent obtenir des changements par des réformes. D’autres encore, particulièrement dans les communautés chrétiennes de base, s’inspirant d’une théologie de la libération et d’une option spéciale « pour les pauvres », s’efforcent, par une aide solidaire, de soulager la misère et la pauvreté, et, par divers moyens, d’arriver à un changement de structures, d’institutions et de systèmes.
La théologie de la libération part de la question de savoir comment on peut, face à la souffrance immense des pauvres, parler, dans les pays d’Amérique Latine, de l’amour de Dieu et de sa préoccupation des pauvres et comment on peut vaincre cette souffrance dans une aide solidaire. Ce sont les enjeux principaux de la théologie de la libération. La Conférence des évêques d’Amérique Latine, à Medellin, en 1968, s’est approprié, lors de sa réunion générale, une vision fondamentale de la théologie de la libération, « l’option prioritaire pour les pauvres ». Le pape Paul VI fit remarquer qu’il est légitime d’assimiler, en un sens bien compris, les concepts de libération et de salut : « ainsi,le mot de libération mérite une place dans le vocabulaire chrétien, non seulement à cause de sa force assertive, mais aussi par son contenu en profondeur » (Discours du 31 juillet 1974). Le pape Jean-Paul II parle explicitement de la théologie latino-américaine, qui élève la libération au titre de catégorie fondamentale et en principe d’action en vue de résoudre les problèmes de la misère et du sous-développement.
Selon la doctrine catholique, « il est parfaitement légitime que ceux qui souffrent l’oppression de la part des riches ou des pouvoirs politiques s’engagent, par des moyens moralement licites, à agir pour obtenir des structures et des institutions dans lesquelles leurs droits sont réellement respectés. » (Instruction sur la liberté chrétienne et la libération – Libertatis conscientia (Instructio de libertate christiana et liberatione), 22 mars 1986, n° 75 s.) Le jugement moral sur la question de savoir quels moyens et méthodes peuvent être utilisées pour l’action concrète dans de telles situations d’oppression doit toujours se faire à partir de la dignité humaine et de la liberté humaine. Il n’y a pas de véritable libération, si, d’emblée les droits à la liberté ne sont pas respectés.
De plus, il ne faut jamais oublier que le commandement de l’amour du prochain est incompatible avec la haine contre un autre être humain, qu’il s’agisse d’une personne individuelle ou d’une collectivité. Aussi, la libération dans le sens de l’Evangile permet d’arriver à la conclusion que quelqu’un estime que la résistance non violente est la seule forme qui se justifie pour se libérer d’une violence injuste. En pratiquant la résistance non violente, quelqu’un peut donner ce témoignage, que seul l’amour conduit à la liberté véritable, tandis que la violence ne fait qu’induire une nouvelle violence. On peut penser aussi à la non violence comme stratégie, à la manière dont Mahatma Gandhi et Martin Luther King l’ont pratiquée de façon exemplaire dans l’histoire récente. La réussite de cette méthode va naturellement dépendre assez fort de la question de savoir si les puissants sont capables et disposés à changer les conditions injustes.
Toute méthode pour réformer les structures et les institutions doit être préférée à une révolution (en utilisant les armes) en vue de se libérer de la violence injuste, d’autant plus que les révolutions de notre époque sont généralement liées à des idéologies et qu’elles amènent assez vite de nouvelles oppressions et des violations des droits de l’homme.
Si un peuple est à ce point réduit en esclavage, qu’une résistance non violente n’amène aucun changement, on peut prendre appui sur le droit à la résistance violente comme moyen extrême, mais seulement à la condition qu’aucune autre possibilité de résistance (par exemple, passive) n’existe.
Le pape Paul VI, dans son encyclique « Populorum Progressio » (31), s’exprime au sujet de cette possibilité ultime, en écrivant que le combat armé, comme dernière issue, pourrait se justifier pour mettre fin à « une tyrannie évidente et prolongée qui porterait gravement atteinte aux droits fondamentaux de la personne et nuirait dangereusement au bien commun du pays ». Par contre, « le recours systématique à la violence choisi comme moyen nécessaire de libération » est condamné par la Congrégation pour la foi, « comme une illusion destructrice qui ouvre la voie à de nouvelles formes de servitude » (Instruction sur la liberté chrétienne et la libération (76)
Aujourd’hui, il faut que tous les états et les Eglises agissent de telle manière que, dans aucun pays du monde, surgissent des situations dans lesquelles une violence d’état insupportable oblige les gens à se libérer avec des moyens pour lesquels ils ont une profonde aversion. (cf. le Catéchisme catholique pour adultes, Katholischer Erwachsenen-Katechismus. 2ème vol. Leben aus dem Glauben [Freiburg: Herder , 1995],p. 260-262).
Parmi les grands théologiens de la libération on compte : G. Gutierrez, Une théologie de la libération 1974; J. Segundo, La libération de la théologie, 1978; J. Sobrino, La christologie à la croisée des chemins, 1978.
Question 68 : Pourquoi Dieu a-t-il interdit aux Juifs de manger de la viande de porc ? Est-ce seulement à cause des trichines ou bien y a-t-il d’autres motifs? Pourquoi Jésus le leur permet-il – les conditions d’hygiène étaient-elles meilleures du temps de Jésus, ou faut-il dire que la consommation de viande de porc n’a jamais été un mal et que les Juifs se le sont imaginé par exemple pour des motifs de ségrégation ? Est-ce que, du temps de Mahomet, c’était également dangereux de manger de la viande de porc, parce que l’on était plutôt dans des régions désertiques et que là, on ne pouvait pas entreprendre des recherches sur la trichines ? Beaucoup de gens pensent que la viande de porc n’a pas beaucoup de valeur en soi – est-ce vrai ou est-ce déraisonnable ? Qu’en disent les scientifiques ? (DE)
Réponse : Lévitique 11,7 s. et Deutéronome 14,8 déclarent la viande de porc impure et interdisent de consommer de la viande de porc et de toucher un cochon mort. Cette interdiction n’est pas fondée dans l’Ancien Testament, voilà pourquoi on en discute les fondements religieux (le porc en tant qu’animal dans les cultes païens), moraux (le comportement « impur » du porc), anthropologiques et culturels (« l’anomalie taxonomique », à savoir qu’il est difficile de déterminer la classe zoologique du porc), médicaux (p.ex. se protéger de la trichinose) et écologiques (un concurrent nutritif de l’homme). Dans le judaïsme, l’interdit est compris comme un symbole d’identité (cf. 2 Maccabées 6,18-31) et, il est perçu par les non Juifs comme signe distinctif.
Le Coran interdit, lui aussi, la consommation de viande de porc (Q 2,173 e.a.) Le Nouveau Testament partage encore l’horreur des Juifs pour le porc, mais, déjà le décret des apôtres, dans les Actes (15,23-29), ignore l’interdit de la consommation de viande de porc et la lettre de Barnabé (10,1.3) l’allégorise, interdit qui est levé dans l’Eglise primitive. Les péricopes des Evangiles y ont très certainement été pour quelque chose : elles donnent la position de Jésus à propos des questions de pureté et d’impureté des aliments (Marc 7,14-23 et Matthieu 15,10-20).
« Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur. Mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l'homme impur. » Alors les disciples s'avancèrent et lui dirent : « Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole ? » Mais il répondit : « Toute plante que mon Père du ciel n'a pas plantée sera arrachée. Laissez-les dire : ce sont des guides aveugles pour des aveugles. Si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous les deux dans un trou. » Pierre intervint pour lui dire : « Explique-nous cette parole énigmatique. » Jésus répliqua : « Vous aussi, vous êtes encore incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre pour être éliminé ? Tandis que ce qui sort de la bouche provient du coeur, et c'est cela qui rend l'homme impur. Car c'est du coeur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. C'est tout cela qui rend l'homme impur ; mais manger sans se laver les mains ne rend pas l'homme impur. » (Matthieu 15,10-20)
(Voir. Theol. Wörterbuch des Alten Testaments 2,835-846.)
Question 69 : Sur votre page d’accueil on peut lire au chapitre 2 : Divinité de Jésus, II, Le point de vue musulman, En détail, paragraphe 3, première ligne : « Jésus, qui fut annoncé par Jean Baptiste (Yahyâ), naquit de la vierge Marie sans un père humain. » Comment savez-vous que c’est Yahyá (Que la paix repose sur lui) qui a dû apporter le message à Jésus (Que la paix repose sur lui), alors que le Coran, en Q 3,39, parle des anges qui apportèrent un massage de Dieu à Zakariyya ? (DE)
Réponse : Ce que je voudrais dire, à propos de la phrase que vous citez, c’est que Yahya ibn Zakariyya croyait, selon le Coran, que Isa ibn Maryam était « une parole de Dieu ». Pour affirmer cela, je sors sans doute quelque peu du contexte coranique, quand, partant du concept de saddaqa, je présume que Yahya a également exprimé sa foi publiquement en ce qui concerne Isa, et que, pour ce motif, il a « annoncé » la venue d’Isa.
Pour cela, je m’appuie sur Q 3,39 et l’interprétation courante de ce verset (p.ex. dans le Tafsir al-Manar de ce verset. Edition Dar ul-Fikr, vol III, p. 297 s.) Je ne dis pas, et le Coran ne permet vraiment pas cette interprétation, que, comme vous le formulez : Yahya « a porté le message » à Isa (Que le paix de Dieu repose sur lui), mais seulement que Yahya croyait que c’était vrai que Isa « était une parole de Dieu ».
1. L’interprétation du verset Q 3,39
En ce qui concerne l’interprétation du verset 39 de Q3, vous trouvez un résumé des interprétations de ces versets, et donc aussi des mots dont nous discutons ici, dans Mahmoud M. Ayoub, The Qur'an and its Interpreters, Vol. II (The House of 'Imran) (Albany: State of New York University Press, 1992) , pp. 107-112. Ayoub montre que la plupart des grands commentateurs classiques du Coran partagent la vision que j’ai décrite ici.
Je présume que vous avez lu les écritures de l’Ancien Testament, ou le Premier Testament, qui représente toute une bibliothèque d’écrits de plusieurs siècles et qui ont été écrits dans les circonstances les plus diverses. Dans l’Ancien Testament, se trouvent aussi les livres des Prophètes. Beaucoup de ces prophètes et leurs écrits ne sont pas mentionnés dans le Coran. Pour les Juifs et les chrétiens, ils représentent une partie importante de la Sainte Ecriture. Je ne puis vous expliquer ici en détail comment les chrétiens, à la lumière de leur foi en Jésus de Nazareth, le Messie, ont de longs siècles durant, interprété ces écrits prophétiques. Contrairement aux Juifs, les chrétiens voient, dans les écritures de l’Ancien Testament, et parmi elles tout particulièrement les écrits des Prophètes, l’annonce d’un avenir dans lequel l’Oint de Dieu viendra et avec lui « le Royaume de Dieu ».
De même, en contraste avec la foi juive, les chrétiens – dont beaucoup provenaient du monde de la foi juive, particulièrement durant les premiers siècles – ont toujours considéré et proclamé Jésus Christ comme le Messie que les Juifs attendaient. Tandis que les Juifs attendent encore toujours la venue du Messie, les chrétiens croient que Jésus de Nazareth, crucifié et ressuscité, est le véritable Messie de Dieu attendu (l’Oint de Dieu, le Christ de Dieu), dont, dans les Ecritures juives, la venue a été attendue durant des siècles. On ne peut malheureusement pas en dire plus dans ce cadre-ci. Si vous êtes intéressé à connaître les contenus de foi chrétienne centraux, je vous indique le Catéchisme catholique pour adultes : la confession de foi de l’Eglise, éditée par la conférence épiscopale allemande (Das Glaubensbekenntnis der Kirche, hrg. von der deutschen Bischofskonferenz. Kevelaar: Butzon &Bercker, 1985, bes. pp. 60-63; 143 ss.) Voir aussi le site internet de la conférence épiscopale de France, les chapitres pertinents : http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/coeur-de-la-foi/coeur-de-la-foi-2.html.
Aussi mon affirmation que Jésus, en tant que Christ, a été annoncé par les prophètes, doit également être interprétée comme une partie de la confession de foi de l’Eglise. Les croyants juifs interprètent les textes pertinents de l’Ancien Testament d’une autre façon. Malheureusement, il n’existe pas encore de commentaire musulman représentatif des écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament.
3. Evangile de Jean 16, 12-13.
La foi chrétienne a toujours compris ces versets et d’autres semblables comme faisant référence à l’Esprit Saint. Nous ne pouvons pas ici expliquer en détail pourquoi il est faux de lire dans le texte grec periklytos au lieu de parakletos.
Je ne peux pas non plus résumer l’exégèse chrétienne de ces textes, qui remplit des volumes. On peut dire au moins une chose : les chrétiens comprennent le Paraclet comme l’avocat, le consolateur, le terme qui désigne le Saint Esprit. Il révélera que Jésus avait le droit de s’appeler « Fils de Dieu » (cf. Jean 10,33 ; 19,7). La « preuve » en sera le « départ » de Jésus vers le Père (13,1 ; 20,17) ; cela manifestera son origine céleste et son essence céleste (6,62). L’Esprit glorifiera Jésus en ceci qu’il révèle la plénitude du mystère de Jésus. Jésus lui-même glorifie le Père (17,4). Ainsi, la révélation est parfaitement une ; elle prend son origine dans le Père, elle se réalise par le Fils, et elle est accomplie dans l’Esprit pour la gloire de Dieu, du Fils et du Père (cf. Catéchisme Catholique des Adultes, pp. 221 ss).
Son nom est Ahmad : ou, mieux, celui dont le nom est plus louable. Cela veut dire qu’il ne faut pas comprendre le mot comme un nom propre. Les commentateurs musulmans reconnaissent dans cette appellation le Prophète Mahomet. Les apologistes de l’Islam se sont efforcés, à l’encontre des prétentions chrétiennes, de trouver dans les évangiles un texte qui contient l’annonce de Jésus. Il y a deux faces à l’argumentation : soit ils accusent les chrétiens d’avoir retiré des évangiles les textes pertinents, ou, comme c’est plus souvent le cas, ils se réfèrent à sa promesse aux disciples qu’il leur enverrait l’aide (parakletos) (Evangile : Jean 14,16,26). Ici, parakletos était interprété dans le sens de periklytos (très célèbre).
Question 70 : Quel est l’âge idéal pour se marier (TR)
Réponse : L’âge minimum pour pouvoir se marier dans l’Eglise catholique est 16 ans pour les hommes et 14 ans pour les femmes. Mais la Conférence épiscopale peut, sur son territoire, déterminer un âge minimum plus élevé. Ceci manifeste la conviction que l’âge optimal pour se marier dépend de chaque culture. C’est le rôle des pasteurs de ne pas permettre aux jeunes de se marier avant qu’ils aient atteint l’âge minimum prévu pour le mariage selon les us et coutumes d’un pays déterminé. Si on fait la comparaison avec les cultures traditionnelles, les couples mariés de la culture occidentale individualiste bénéficient normalement de moins de soutien de la famille élargie et sont, au contraire, laissés à eux-mêmes. Mais cela exige une plus grande maturité et, par le fait même, un âge plus élevé.
Selon la doctrine catholique, il est de la nature du mariage, d’être là pour le bien du couple et aussi pour procréer des enfants et les éduquer. Il va de soi que l’on prenne également en considération le bien – corporel et psychologique – des enfants, quand on réfléchit à l’âge adéquat pour se marier. Celui qui ne veut en aucun cas avoir des enfants, ne peut pas se marier légitimement, selon la doctrine catholique. Mais les personnes qui ne peuvent avoir des enfants pour n’importe quelle raison (p.ex. des raisons de santé, l’âge), peuvent se marier malgré tout. On peut encore se marier même à un âge avancé (p. ex. comme veuf ou veuve après la mort du premier conjoint).
Question 71 : Si le christianisme est une religion monothéiste, comment peut-il être logique de donner à Marie le titre de « Mère de Dieu » ? (TR)
Question 72 : Ne met-on pas la Mère de Jésus à côté de Dieu quand on la prie ? (TR)
Réponse : Je vais répondre aux deux questions et à des questions possibles en rapport avec celles-ci, en parlant (1) de Marie selon le témoignage de la Bible, ensuite particulièrement (2) du sens de titre de Marie, « Mère de Dieu » dans la foi chrétienne et enfin (3) des « nouveaux » dogmes de l’Eglise concernant Marie.
1. Marie, selon le témoignage de la Bible
Ce n’est pas Marie, mais Jésus Christ qui est au centre du Nouveau Testament. Mais Marie est sa mère. C’est pourquoi on parle d’elle. Non pas dans le sens d’une biographie, pas du tout. Ce que la Bible dit de Marie est bien davantage. On exprime ce qu’elle signifie pour le salut du peuple de Dieu. Marie est mise en relation avec le grand contexte de l’action de Dieu, que nous côtoyons déjà dans l’Ancien Testament. Voici ce que cela signifie :
Des femmes sauvent le peuple de Dieu. Parfois il s’agit d’héroïnes (Déborah, Judith, Esther), parfois de mères qui donnent la vie à une grande personnalité du peuple ( Sara, Rebecca, Hanna). Avec Marie, cette lignée biblique arrive à son apogée. Elle donne la vie au Messie, le Fils de Dieu. Elle mène à son accomplissement la foi de ses pères (Abraham !). Ainsi, elle est elle-même la « fille de Sion », la personnification du peuple de Dieu. Dans son chant d’action de grâce, le « Magnificat » (Luc 1,46-55), elle se situe dans l’histoire d’Israël, elle parle elle-même en tant que prophétesse, tout comme les grands porte-parole de Dieu de l’Ancien Testament : au Seigneur seul revient l’honneur, la puissance et la richesse terrestres ne signifient rien devant lui ! Elle a réalisé ce principe dans sa vie. Elle vit entièrement pour son divin Fils. Elle se tient dans l’ombre aux jours des grands succès, mais, sous la croix, elle est auprès de lui. En cherchant et en interrogeant, elle poursuit sa route, elle « pèse tout dans son coeur » (Luc 2,19), elle traverse aussi incertitudes et déception, elle la mère douloureuse. C’est de tout cela que parle la Bible.
L’amour sans partage de Marie va à Dieu, sans aucune réserve, elle consacre sa vie à cette éminente et incompréhensible mission qui lui a été confiée. C’est pourquoi elle reste vierge, elle ne veut plus qu’une seule chose, être « la servante du Seigneur » - comme elle l’avait promis à Dieu (Luc 1,38).
Le catéchisme évangélique pour adultes résume ce que la Bible dit de Marie : « elle est décrite comme l’auditrice exemplaire de la Parole de Dieu, comme la servante du Seigneur qui dit oui à la volonté de Dieu, comme celle qui est pleine de grâce, celle qui n’est rien par elle-même, mais qui est tout par la grâce de Dieu. Ainsi, Marie est l’image originelle des hommes qui se laissent ouvrir et combler par Dieu, la communauté des croyants, l’Eglise. » Maria a sa place dans l’Evangile. Sans elle, il manquerait quelque chose d’essentiel dans l’œuvre de salut de Dieu.
Aussi peut-on comprendre pourquoi les chrétiens honorent Marie. Il n’y en a qu’un seul qui nous a donné le salut : Jésus. Mais n’est-ce pas fort significatif que ce soit une homme qui ait reçu ce salut pour nous ? Elle a dit à l’ange : « Qu’il m’advienne selon ta parole ! » - et c’est ainsi qu’elle est devenue la mère du Sauveur. Ce fut le oui de l’humanité à l’égard de Dieu.
2. Marie, la « mère de Dieu »
La confession de foi dit « …né de la Vierge Marie », et elle résume ainsi ce qui est raconté dans la Bible. Le récit de la nativité nous dit très bien que Marie a porté dans son sein Jésus, son enfant, comme le fait toute maman et puis elle l’a mis au monde. Elle est sa mère. Mère dans un sens encore beaucoup plus profond que d’habitude : avant de concevoir le Fils de Dieu, elle l’avait accueilli dans la foi…
Tout d’abord, Marie n’a pas compris pleinement le message de l’ange : « Comment cela se fera-t-il ? » demande-t-elle, puisqu’elle ne vit en ménage avec aucun homme. Et l’ange répond : « le Saint Esprit viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre ! » La Bible emploie ici des expressions qui rappellent l’Ancien Testament : Dieu lui-même « couvrait de son ombre » Israël dans un nuage et il « prit ses quartiers » dans la Tente sainte. En choisissant de tels mots, la Bible dit : Marie est l’habitation de Dieu, c’est par elle que Dieu est venu chez nous.
« L’enfant qu’elle attend est de l’Esprit Saint », dit l’évangile de Matthieu (1,20). Ainsi l’Eglise enseigne : Marie a conçu son enfant virginalement, sans l’intervention d’un homme. Beaucoup voient en ceci un grand problème. Mais pourquoi Dieu n’interviendrait-il pas de façon inhabituelle quand son propre Fils se fait homme ? C’est justement la conception virginale qui manifeste clairement que le nouveau commencement qui advient par Jésus est tout entier de l’initiative de Dieu seul !
Mais tout ceci ne peut arriver que parce que Marie fait confiance et donne son accord. C’est ainsi qu’elle devient la Mère de Dieu. En 431, le concile d’Ephèse a déterminé pour elle ce titre, Luther et les autres réformateurs s’y sont également tenus. Naturellement, elle n’a pas mis au monde Dieu « en tant que Dieu », car elle est tout comme nous une créature. Elle a donné naissance à l’homme Jésus, mais celui-ci est Dieu et homme en une seule personne. Si l’on croit au Christ, le Fils de Dieu, on doit aussi honorer Marie, Mère de Dieu.
Ainsi, Marie est aussi notre Mère, car nous, les chrétiens, nous sommes un dans le Christ, nous sommes les membres de son corps. Elle aime le Christ tout entier, et donc nous autres aussi. Nous pouvons nous adresser à elle comme notre avocate, notre mère, notre espérance. Nous pouvons lui présenter tous nos besoins. Nous le faisons bien entre nous. Comme nous appartenons tous au Christ et que nous sommes uns avec lui, nous nous encourageons les uns les autres à demander : prie pour moi ! Cet appel vaut tout d’abord pour la Mère de Dieu, qui, de nous tous, est la plus proche du Seigneur.
Il va de soi que l’on ne peut pas adorer Marie. On ne peut et on ne doit adorer que Dieu seul. Mais nous pouvons la prier sans faire ombrage à la place absolument unique de Jésus Christ, car son intercession puise uniquement sa force dans le salut que Dieu a réalisé en Jésus. Celui qui prie et honore Marie, s’adresse ainsi au seul médiateur et Fils de Dieu, à Jésus Christ.
On ne devrait pas se contenter de parler de Marie en théorie. Il faudrait tout simplement l’aimer. Alors seulement on réalisera ce qu’elle signifie, pas seulement pour les chrétiens, mais pour toute l’humanité. Elle est la mère de Dieu et ainsi notre Mère, la Mère de tous le hommes.
Pourquoi est-ce qu’à notre époque, quelque 2000 ans après le Christ, on établit encore de nouveaux contenus de foi ? Comment se fait-il que le pape annonce encore en 1854 le dogme de l’immaculée conception, comment se fait-il que c’est seulement en 1950 que l’on explique que Marie est montée au ciel en corps et en âme ?
Ces questions se justifient ! Oui, il y a longtemps que tout a été dit de ce que Dieu nous a communiqué. Rien ne peut nous faire sortir du message de Jésus qui a été transmis dans l’enseignement des apôtres. Nous disposons du tout. Mais cet ensemble est devant nous comme une terre non défrichée. Nous devons l’étudier. Dès ses débuts, l’Eglise s’est efforcée de pénétrer plus en profondeur dans les mystères de la foi et de trouver des connaissances et des cohésions nouvelles.
Expliquons cela à l’aide d’une comparaison : nous voulons projeter une diapositive, l’image apparaît sur l’écran. Mais elle est encore floue. On peut déjà reconnaître l’ensemble, mais tout n’est pas encore très clair. Alors, nous faisons tourner la lentille. De nouveaux détails apparaissent. Ils étaient déjà là, certes, mais ce n’est que maintenant que nous pouvons les reconnaître. Cela se passe de la même façon avec la foi. Dans sa réflexion et sa prière, l’Eglise, au cours des siècles, règle la mise au point de la « lentille » de la foi. Nous n’aurons pas fini, avant la fin des temps, de découvrir la richesse de la foi. Cette comparaison montre aussi que le détail ne s’éclaire que dans le cadre de l’image d’ensemble. On ne verrait pas du tout ce détail pris en lui-même ou on le comprendrait mal. C’est ce qui se passe avec les deux dogmes mariaux. Ils se présentent dans la totalité de la foi, et non à partir de versets particuliers de la Bible. Donc :
Marie est l’image originelle de l’humanité comblée par Dieu, en elle l’élection du peuple d’Israël arrive à son accomplissement. Elle était destinée par Dieu à nous apporter le Christ, la lumière, la vie, la grâce de Dieu en plénitude. Aussi devait-elle être elle-même « pleine de grâces » (Luc 1,28). Ce que cela signifie, l’Eglise l’a érigé explicitement en dogme de foi en 1854, après un long processus de clarification qui a duré des siècles : Dès le premier instant de sa vie, dès sa conception, Marie, libre de tout éloignement de Dieu et d’obscurité, est remplie de sa lumière, dans péché originel. Ce que Jésus nous a mérité sur la Croix, ce qui nous est donné dans le baptême, est déjà appliqué à elle au début de sa vie car elle devait devenir sa mère.
C’est justement à propos de ce dogme-ci que beaucoup de bêtises ont été dites. Beaucoup confondent ici la conception de Marie avec celle du Christ. Qu’ils étudient le cycle de l’année liturgique de l’Eglise : la conception immaculée de Marie se fête le 8 décembre, exactement neuf mois avant la fête de la naissance de Marie (8 septembre). Alors que les gens pensent qu’il s’agit de la conception du Seigneur, qui se fête à l’annonciation du Seigneur, neuf mois avant Noël…
Elle est complètement fausse, l’opinion selon laquelle l’Eglise tient la sexualité comme quelque chose de souillé. Ce n’est pas à cause de la génération et de la conception humaine que notre vie commence par « être souillée », mais parce que nous faisons partie du monde obscur, détourné de Dieu. Marie ne l’a jamais été. Dès le premier instant de son existence, elle était dans la lumière de Dieu. Que Marie ait été emportée au ciel en corps et en âme s’explique par son union étroite incomparable avec le Christ. Ce qui nous sera donné un jour à tous à la fin des temps, la « résurrection de la chair », est déjà accompli en elle, qui est sa Mère. Voilà précisément l’enseignement qui est important pour notre temps, car le corps est tellement affreusement dévalué : par les guerres, par la drogue, par la pornographie – alors qu’il est destiné à connaître la gloire de Dieu.
En Marie nous sont montrées notre propre dignité et espérance. Nous reconnaissons en elle ce que Dieu veut faire de grand en nous. Quand on a compris cela, on ne peut plus renoncer à la piété mariale. (Repris avec de légères différences de : Winfried Henze, Glauben ist schön. Ein katholischer Familienkatechismus. Harsum: Druckhaus Köhler, 2001. ISBN 3-7698-0887-8., p. 69-76)
Texte du Magnificat (Luc 1,46-49) : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur. Car il s’est penché sur son humble servante. Tous les peuples me diront bienheureuse ! Car le Puissant a fait pour moi des merveilles, saint est son Nom. »
Je te salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de ton sein, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ! Amen.
« Nous devons nous efforcer d’aimer Jésus de la même façon que sa sainte Mère l’a aimé. Elle est la plus proche de Dieu. Quand nous nous approchons d’elle, nous nous approchons par le fait même de Dieu lui-même. » (Maximilien Kolbe (1894-1941), religieux franciscain polonais, organisateur de la presse catholique en Pologne et au Japon, a offert sa vie à la place d’un jeune père de famille qui devait être exécuté comme otage, au camps de concentration d’Auschwitz).
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