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Questions & Réponses 6

Question 50 : Pourquoi dois-je devenir chrétien ? Quest-ce que cela mapporterait et de quelle manière le christianisme me garantirait lau-delà ? Les musulmans noircissent les chrétiens et les chrétiens les juifs : comment puis-je trouver la bonne religion ? Une religion déclare que lautre est une fable, comment peuvent-elles prouver la vérité ? Quelle est la preuve ? En fait il existe un Créateur, mais laquelle des religions a-t-elle raison ? (TR)

Réponse :
A partir du texte du livre et des réponses aux questions précédentes, il devrait être clair que la foi chrétienne, dune part, prétend quelle est la vraie foi, que, par ailleurs, on ne peut pas en tirer la justification de prétendre quune autre foi, comme la foi juive ou la foi musulmane, serait totalement fausse et sans valeur. Il faut relire attentivement, dans ce contexte, le chapitre 11 et le chapitre 4 ainsi que la réponse à la question 42.

Pourquoi donc quelquun doit-il devenir chrétien ? Parce que, répondra tout chrétien convaincu, être chrétien veut dire rencontrer Jésus Christ, le chemin, la vérité et la vie (cf. Jean 14,6), et parce que cette foi permet ainsi à lhomme qui recherche sincèrement de trouver ce quil cherche en fin de compte dans la vie. Quest-ce que cela apporte à lhomme de devenir chrétien ? Cela apporte à lhomme de faire la connaissance de  Jésus Christ, le « Fils de Dieu », de le suivre et de participer déjà ici et maintenant, dans la communauté de ceux qui croient en lui, lEglise, à la joie et à la plénitude que seul le vrai Dieu peut communiquer durablement.

Le chrétien croit, avec lEglise chrétienne, que Dieu, le Créateur et Seigneur miséricordieux sest révélé lui-même en Jésus, son « Fils », révélant ainsi la vérité. Aussi est-il dune importance capitale de prendre connaissance de la prétention de Jésus, de connaître sa personne et de se situer en toute honnêteté par rapport à lui. A ce qui a déjà été dit dans le chapitre 2 à ce propos, jajoute ici un texte tiré du petit livre du théologien Otto Hermann Pesch, Kleines Glaubensbuch (Topos Taschenbuch 29), chapitre 2 :

          Le « Fils de lhomme »

… Si on veut comprendre ce que signifie la foi en Jésus, le Fils de Dieu, il faut commencer par contempler sa vie terrestre. Il a vécu tout normalement comme un homme de son temps… Entièrement humain, entièrement un homme de bien. Mais quest-ce quil y avait en lui qui allant au-delà de tout cela ?

Tout dabord, il a proclamé un message passionnant, tout comme les plus grand prophète avant lui lavait fait. Il proclamait : « Le Royaume de Dieu sest approché de vous » (Marc 1,15). Cela veut dire : Dieu est proche de tous les hommes – tous les hommes. Il faut que tous le sachent et quils croient que Dieu est un Dieu pour les hommes. Il ne doit plus exister dambiguïté à propos de lattitude de Dieu envers les hommes.

De ce message, Jésus tire directement des conséquences passionnantes pour la vie des hommes. Ils ne doivent plus avoir peur – ni de Dieu, ni des hommes. Et ils ne doivent plus se faire du souci à propos de leur propre vie – cette préoccupation profonde qui est toujours secrètement alimentée par la crainte quen fin de compte tout pourrait navoir été peine perdue et vanité. Même la culpabilité et léchec ne sont pas des obstacles pour Dieu qui lempêcheraient de nous montrer son amour pour nous. Les hommes doivent savoir que leur chemin les mène vers une joie totale et inimaginable – et ils doivent déjà vivre ici et maintenant de telle façon que cela se remarque.

Parce que Dieu aime tous les hommes, il y a bien sûr encore des différences, mais il ny a plus aucune barrière entre eux, que ce soit socialement ou intellectuellement, quil soit question de talents ou de vertu. Il faut même accueillir ceux qui ploient sous leurs fautes – car personne nest innocent. La justice, la réconciliation et lamour doivent régner dans la communauté humaine et la sauver, car cest bien ce qui correspond à la réconciliation de Dieu avec les hommes pécheurs.

          Plus que tous les prophètes

Dans tout son comportement, Jésus a pris au sérieux ce message. Il a rassemblé autour de lui des disciples et il en a fait ses collaborateurs dans lannonce de son message, des collaborateurs tels quun docteur de la loi, tout à son métier, naurait sans doute pas choisis : des pêcheurs, des gens de la campagne et des provinciaux, tout simples et déconsidérés. Il a cherché à partager la table avec les exclus : des femmes de réputation douteuse, des hommes aux pratiques nébuleuses (les collecteurs dimpôts) – et il a recommandé à dautres dagir de la même façon. Il a violé les critères traditionnels chaque fois quils sappliquaient aux dépens des pauvres : les malades, par exemple, quil faut aider même le jour du sabbat. Il sest rendu dans le temple et il a critiqué tout le système religieux juif appliqué à son époque comme allant à lencontre de la volonté de Dieu. La bienveillance de Dieu ne sachète pas. Il faut que les hommes croient que Dieu est proche deux gratuitement, sans rien faire.

Tout cela allait sans doute déjà au-delà de ce que les grands prophètes dIsraël proclamaient, mais cela restait à leur niveau. Aussi beaucoup de contemporains de Jésus commencèrent par voir en lui un prophète nouveau et très puissant. Mais il y a des différences fondamentales… Jésus prétend être plus que tous les prophètes et docteurs de la loi avant lui. Un docteur de la loi dit : Moïse a dit… Un prophète dit : Ainsi parle le Seigneur… Jésus, quant à lui, sexprime sans se comparer ni en appeler à Quelquun de plus élevé : En vérité, je vous le dis.

Ensuite : La condition pour entrer dans le règne annoncé par Jésus ou, comme on dit, dans le « Royaume de dieu » va dépendre de la façon dont on se situe par rapport à Jésus. On le voit très clairement au moment de la prédication de Jésus dans sa patrie de Nazareth (Luc 4,14-30). Cest là que Jésus explique : je suis celui en qui la promesse des prophète se réalise. Les auditeurs se rebiffent – et, aux yeux de Jésus, il sagit là dun manque de foi pur et dur, qui lempêche daccomplir à Nazareth ses gestes de puissance, à linstar des autres villes. Seul celui qui rejoint Jésus – au moins dans la foi, souvent aussi en le suivant littéralement, en prenant part à sa vie nomade – fera lexpérience promise de la proximité de Dieu.

Et finalement : Chaque fois que Jésus parle de Dieu, le Père, il ne sexprime jamais en incluant les auditeurs et lui-même dans lexpression « notre Père », mais il fait toujours la distinction entre « votre » Père et « mon » Père. Les hommes sont les enfants de ce Père, mais lui seul est « le Fils ».

          Le « Fils de Dieu »

Déjà les auditeurs directs de la prédication de Jésus ont vite compris : il faut accepter de sa part ces déclarations inouïes et simpliquer entièrement par rapport à sa personne et à ce quil dit, ou alors, cest que lon a affaire à un blasphémateur et à un fantaisiste de la plus haute extravagance. Ceux qui ne voulurent pas croire en lui ont donc agi en conséquence en larrêtant et ils lont livré  à leur propre justice en tant que blasphémateur, et à la puissance occupante romaine en tant quagitateur et ils lont fait exécuter. Il ne sest rien passé lorsquils se moquèrent de lui au Calvaire : « Il en a sauvé dautres, il ne peut pas se sauver lui-même » (Marc 15,31).

Nous connaissons la suite : le désespoir total des disciples (Luc 24,21) na pas duré longtemps. Jésus leur est apparu comme le Vivant, celui qui est ressuscité de la mort. Ensuite eux-mêmes, et ceux qui sont venus à la foi sur leur parole, ont réfléchi à la manière dont il fallait désormais exprimer ce quil convenait de dire de Jésus. Et ils lont appelé « Fils de Dieu », ils lont annoncé et adoré comme le « Fils de Dieu ». Certes, on peut aussi exprimer différemment ce que cela veut dire, surtout de nos jours. Mais cest précisément ce nom-là qui fut particulièrement adapté à la confession de foi et approprié à lannonce de la foi, et il lest encore toujours.

Ensuite : Jésus a déjà lui-même indiqué à ses auditeurs quun tel nom exprime de dont il sagit. Nous trouvons souvent dans les évangiles des passages où Jésus se désigne comme « le Fils » ou bien où dautres sinterrogent ou linterrogent lui pour savoir sil est « le Fils de Dieu » (p.ex. Matthieu 16,16 ; Marc 14,61 ; Luc 1,32).  Et quand il appelle de manière aussi appuyée Dieu « son » Père, comment serait-il faux de lappeler alors le « Fils de Dieu » ?

Ensuite : quand ils entendaient prononcer ce nom, à lépoque, dans leur monde de culture grecque et romaine, les juifs comme les païens avaient leur attention attirée. En entendant ce nom, les juifs pensaient au roi mystérieux et merveilleux que les prophètes avaient annoncé pour le temps du salut à venir, puisque Dieu écarterait du pays et du monde tout malheur et tournerait tout en bien. Les Grecs pouvaient se souvenir de leurs récits mythologiques, où il était question de « fils de Dieu », et aussi de dieux qui venaient dans le monde sous forme humaine. Naturellement, ni lidée juive, ni lidée grecque dun « Fils de Dieu » ne convenait à Jésus, il fallait à chaque fois apporter des corrections.

Une chose, cependant, était immédiatement évidente pour tous quand on appelait Jésus « Fils de Dieu » : Jésus est tout à fait particulier, il est plus quun homme. Cétait même un défi inouï dappliquer ce titre à Jésus. Car la foi chrétienne balayait dun seul coup toutes les images rutilantes ou exceptionnelles que les juifs et les Grecs sétaient faites du « Fils de Dieu ». Les chrétiens disaient : « Fils de Dieu », ce nest personne dautre que ce Jésus, critiqué, moqué, persécuté, exécuté. Il ne faut donc pas sétonner que les puissants trouvaient cela inacceptable.

Il en va de même lorsquon appelle Jésus « Seigneur ». Cest avec le même mot, qui signifie sinon « seigneur », que lancienne traduction grecque de lAncien Testament, achevée avant lépoque du Christ, désigne Dieu. Car chez les Grecs, « seigneur » était le titre dune divinité, et ce nest pas par hasard que lempereur romain se faisait appeler « seigneur » - car il prétendait recevoir les honneurs divins et il faisait massacrer les chrétiens quand ceux-ci lui objectaient : seul Jésus est « Seigneur ».

          Le mystère de Jésus

Pas seulement à lépoque, mais encore aujourdhui, il est fort interpellant que nous résumions notre foi en Jésus dans cette appellation frappante de « Fils de Dieu ». Dans la mesure où des comparaisons humaines peuvent être à même de clarifier une chose, cette appellation exprime que Jésus et le Père sont de même nature. Et, en même temps, il est clair que le Père et Jésus ne sont pas simplement les mêmes personnes, comme si le Père avait partagé en Jésus notre vie terrestre.

Les rédacteurs du Nouveau Testament sy expriment de façon beaucoup plus précise que nous ne le faisons nous-mêmes. Lorsquils disent « Dieu », il pensent toujours au Père. Jésus est le « Fils », l« Oint » (=Christ), le « Serviteur » de Dieu ; pour les chrétiens, il est le « Seigneur ». Malgré son unité avec le Père, Jésus se situe toujours en vis à vis par rapport à lui, il le prie. Et, à une occasion, il prononce une parole qui a donné aux chrétiens, qui le confessent comme le Fils né Dieu, pas mal de fil à retordre : « Le Père est plus grand que moi » (Jean 14,28).

Le nom de « Fils de Dieu » dit, en fin de compte : entre Jésus et le Père, il existe une relation toute particulière de confiance, de don de soi, dappui mutuel total. Cest pourquoi Jésus peut également agir pour le Père. Ce quil dit et ce quil fait, cest ce que dit et fait le Père, et ce que le Père projette pour les hommes, il laccomplit par Jésus – tout comme, dans les temps passés, les grands seigneurs et les rois appelaient leurs représentants et chargés daffaire leur « fils ». En ce sens, Jésus veut associer à sa propre relation de fils à son Père ceux qui croient en lui.

Ce quil est par nature en tant que Fils de Dieu, aucun homme ne peut y atteindre. La différence entre « mon » Père et « votre » Père nest jamais abolie. Mais cest dans sa relation vivante à son Père que les hommes doivent le suivre. Paul la exprimé sans détour : « Tous vous êtes des fils de Dieu par la foi en Jésus Christ » (Galates 3,26). Et lorsque, à un certain moment, on reproche à Jésus de sêtre fait Dieu de façon blasphématoire, il se défend en rappelant que déjà dans les psaumes, on disait des hommes : « Jai dit : vous êtes des dieux » (Jean 10,34 ; cf. Psaume 82,6).

Le nom de « Fils de Dieu » exprime effectivement le mieux ce que nous voulons dire de Jésus. Et, en même temps, mieux que dautres noms de Jésus, il exprime que jamais nous ne comprendrons le mystère de Jésus. Car le « Fils de Dieu » nest personne dautre que le « Fils de lhomme » Jésus, le Crucifié. On peut se demander si, aujourdhui, ce nom de « Fils de Dieu » nest pas exposé à de nombreuses méprises. Mais peut-il en aller autrement lorsquon veut désigner quelque chose dabsolument unique ? Le premier moyen pour exclure toute méprise nest pas, alors, de ne plus utiliser un terme significatif, mais bien dexprimer clairement le sens de ce que lon veut dire par là.

Celui pour qui cest trop demandé de faire cet effort na certes pas le droit de soffusquer du caractère polysémique de ce nom. Le mieux, pour écarter toute méprise, cest que nous noublions jamais quelles choses incompréhensibles se trouvent rassemblées dans la profession de foi (le Credo), proclamant que le Fils de lhomme, Jésus de Nazareth, est le Fils unique né de Dieu. Jusquà présent, on na pas trouvé de meilleure appellation qui serait moins sujette à méprise. Aussi continuons-nous à prier, dans notre Credo : « Je crois en Jésus Christ, le Fils unique de Dieu…, né de la Vierge Marie. »

          « Le Verbe sest fait chair »

Le Nouveau Testament lui-même vient à notre aide. Dans lintroduction de lévangile de Jean, Jésus est appelé la « Parole de Dieu faite chair » (Jean 1,14). La même contradiction flagrante, comme dans lappellation « Fils de Dieu », revient ici : le « Fils de Dieu » est Jésus, le crucifié, était-il écrit. La « Parole de Dieu » est lhomme Jésus de Nazareth, « charnel », soumis à la mort. Il sagit du même mystère abyssal : Dieu élevé au-dessus du monde, le Seigneur de ses créatures, ne sest pas seulement tourné amoureusement et définitivement vers lhomme rebelle – ceci serait déjà suffisamment incompréhensible -, il a fait son entrée dans son histoire, il a partagé sa vie et il demeure cependant le Dieu élevé au-dessus du monde. « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils… » (Hébreux 1,1-2). Dieu a pris la forme desclave de notre destinée, il est devenu homme, obéissant jusquà la mort, oui, jusquà la mort sur une croix (cf. Philippiens 2,6-8).

Donc, par rapport à la question posée, il ne sagit pas dabord de décider quelle religion a raison, mais comment celui qui interroge réagit à la prétention de Jésus. Dans lévangile de Jean, il dit de lui-même : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8,12) ; « Je suis la vérité, la lumière et la vie ; personne ne va au Père sinon par moi. » (Jean 14,6) ; « Je suis né et je suis venu dans le monde afin de témoigner de la vérité. Tout qui est de la vérité entend ma voix » (Jean 18,37). Cest ainsi que lEglise confesse Jésus Christ comme la vérité définitive concernant Dieu, lhomme et le monde.

« Parmi les nombreuses lumières trompeuses dans le monde, il est la lumière qui nous fait voir objectivement les hommes et les choses et, dans notre situation dobscurité, suite au péché et signe de la situation perdue de lhomme, il nous révèle le sens de notre existence, le sens aussi de sa souffrance. Comme prophète, Jésus Christ est la clé de compréhension de lhomme ; sans Jésus Christ, lhomme ne peut comprendre pleinement ni lui-même ni le monde. En Jésus Christ, Dieu révèle lhomme à lhomme » (GS 22) (Cat. Cath. Adultes, p. 211)

Question 51 : Trouve-t-on dans lEvangile des versets sur la tolérance, la fraternité, lamour du prochain ? Pouvez-vous nous renseigner sur ce point ? (TR)

Réponse 
: Fondamentalement, lEvangile est le livre de lamour inconditionnel de Dieu pour nous, les hommes, tel quil sest révélé dans la vie et dans lenseignement de Jésus, le Messie. Cet amour nous donne la force et le courage de vivre la tolérance, la fraternité et lamour au service du prochain. Le discours de Jésus sur la montagne (Matthieu, chapitres 5-7) est le résumé par excellence de ce que Jésus a pratiqué et enseigné. Des innombrables passages dans lEvangile sur ce thème, nous ne citerons que deux textes représentatifs. Il sagit de la Lettre aux Romains 12,9-21 et de la Première Lettre aux Corinthiens, au chapitre 13 :

    « J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
    J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
    J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
    L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
    il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
    il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
    il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
    L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
    En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
    Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
    Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.
    Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu.
    Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » (1 Corinthiens 13)

     « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien.
    Soyez unis les uns aux autres par l'affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres.
    Ne brisez pas l'élan de votre générosité, mais laissez jaillir l'Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur.
    Aux jours d'espérance, soyez dans la joie ; aux jours d'épreuve, tenez bon ; priez avec persévérance.
    Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, et que votre maison soit toujours accueillante.
    Bénissez ceux qui vous persécutent ; souhaitez leur du bien, et non pas du mal.
    Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent.
    Soyez bien d'accord entre vous ; n'ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est simple. Ne vous fiez pas à votre propre jugement.
    Ne rendez à personne le mal pour le mal, appliquez-vous à bien agir aux yeux de tous les hommes.
    Autant que possible, pour ce qui dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes.
    Ne vous faites pas justice vous-mêmes, mes bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu. Car l'Écriture dit :
    C'est à moi de faire justice,
    c'est moi qui rendrai à chacun ce qui lui revient,
    dit le Seigneur.
    Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ;
    s'il a soif, donne-lui à boire :
    ce sera comme si tu entassais sur sa tête des charbons ardents.
    Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. » (Romains 12,9-21).

Question 52 : Comment peut-on devenir chrétien ? (TR)

Réponse :
«  Devenir chrétien, cela se réalise dès les temps des apôtres par un cheminement et une initiation à plusieurs étapes (Catéchuménat). Ce chemin peut être parcouru rapidement ou lentement. Il devra toujours comporter quelques éléments essentiels : lannonce de la Parole, laccueil de lÉvangile entraînant une conversion, la profession de foi, le Baptême, leffusion de lEsprit Saint, laccès à la communion eucharistique…

Depuis les origines de lÉglise, le Baptême des adultes est la situation la plus courante là où lannonce de lÉvangile est encore récente. Le catéchuménat (préparation au Baptême) tient alors une place importante. Initiation à la foi et à la vie chrétienne, il doit disposer à laccueil du don de Dieu dans le Baptême, la Confirmation et lEucharistie.

Le catéchuménat, ou formation des catéchumènes, a pour but de permettre à ces derniers, en réponse à linitiative divine et en union avec une communauté ecclésiale, de mener leur conversion et leur foi à maturité. Il sagit dune formation à la vie chrétienne intégrale... par laquelle les disciples sont unis au Christ leur Maître. Les catéchumènes doivent donc être initiés ... aux mystères du salut et à la pratique dune vie évangélique, et introduits, par des rites sacrés, célébrés à des époques successives, dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité du Peuple de Dieu. 

Les catéchumènes sont déjà unis à lÉglise, ils sont déjà de la maison du Christ, et il nest pas rare quils mènent une vie de foi, espérance et charité. » (CEC 1229,1247-1249).

Comme lexplique le Catéchisme de lEglise Catholique, on devient chrétien par la célébration du baptême. Dans cette célébration, le croyant ou la croyante est baptisée avec de leau au nom du Dieu Un et Trine, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Le baptême est cependant précédé dune période et dun processus préparatoire, appelé le catéchuménat. Le catéchuménat est cette période de préparation à la réception du baptême. La durée du catéchuménat peut varier selon le candidat ; elle peut aussi être relativement longue. Durant le catéchuménat, le candidat au baptême doit apprendre surtout à mieux connaître et comprendre Jésus Christ et son message. Il doit se familiariser aussi avec la foi chrétienne et avec la vie de foi, afin quil apprenne à disposer sa vie totalement selon lenseignement et lexemple du Christ. En fait aussi essentiellement partie la familiarité progressive et  lappropriation des enseignements chrétiens fondamentaux. La personne croyante doit consciemment disposer sa vie dans lesprit des doctrines de la foi, et ne pas se contenter de prier Dieu et de le célébrer, mais encore de lhonorer, de le servir et dêtre son témoin par ses actes dans toutes les dimensions de sa vie au quotidien.

Question 53 : Si je puis vous prouver que votre Bible na plus de valeur pour Allah, qui nous a créés, vous et moi, est-ce qualors vous adopterez lIslam, pour votre propre bonheur? (DE)

Réponse :
La Bible existe et, depuis des siècles, elle est lue par dinnombrables personnes qui la considèrent comme un livre inspiré par lEsprit de Dieu. Nous avons écrit à ce sujet dans le premier chapitre du livre qui se trouve sur notre page daccueil. Il sagit, dans le cas de la Bible, dune bibliothèque entière décrits qui ont été rédigés au cours de nombreux siècles dans les situations les plus diverses et sous les formes littéraires très différentes par des auteurs et des groupes dauteurs différents. Plus tard, ils ont été rassemblés en un seul volume.

Tout dabord, les livres qui illustrent lhistoire religieuse et les expériences du peuple des juifs, puis les écrits qui ont vu le jour lors de la phase la plus ancienne de lhistoire de lEglise chrétienne. La question de la validité ne se pose pas. Quant à la fiabilité du texte des livres bibliques, des générations de chercheurs scientifiques nont fait que la renforcer. Les résultats de ces travaux critiques remplissent de nombreux rayons de bibliothèques. Au fond, la seule question qui se pose, est comment est-ce que je réagis au(x) message(s) contenus dans les écrits bibliques. Les croyants juifs interprètent les écrits du Premier (=Ancien) Testament à la façon juive.

Quant à nous, chrétiens, nous lisons les écrits du Premier Testament à la lumière de la vie et de lenseignement de Jésus Christ, que nous tenons pour le véritable Messie et le Fils de Dieu. Daprès notre compréhension chrétienne, la révélation a été conclue avec le dernier livre – chronologiquement - du Deuxième (Nouveau) Testament, qui compose la Bible avec lAncien Testament. Aussi, outre le fait que Dieu sest communiqué lui-même définitivement au monde en lhomme Jésus-Christ, il ne peut évidemment y avoir, ultérieurement, selon la foi chrétienne, de nouvelle révélation de contenu. (Voir aussi les réponses aux questions 39, 28 et 47).

Question 54 : A ma connaissance, le suicide est également considéré par la religion chrétienne comme une faute grave, et, on refuse (ou on a refusé) des funérailles chrétiennes à la personne qui sest suicidée, et on lenterre (ou on lenterrait) hors du cimetière. Comment, alors, se fait-il que Hannelore Kohl, lépouse de lancien chancelier dAllemagne, Helmut Kohl, qui sétait suicidée, ait bénéficié de funérailles chrétiennes ? (DE)

Réponse :
Selon le code juridique de lEglise Catholique Codex Iuris Canonici-CIC), qui a valu depuis 1917 jusquen 1983, on devait refuser les funérailles religieuses à des personnes qui sétaient suicidées. Ces personnes étaient considérées comme des « pécheurs publics ». Au critère pour décider du refus de funérailles religieuses pour ce groupe de personnes, on a ajouté, dans le nouveau Code de lEglise Catholique, le CIC de 1983 (Canon 1184), par rapport aux normes du CIC de 1917, lobligation de vérifier si, au cas où lon envisagerait des funérailles dans ce cas particulier, cela ne pourrait pas causer chez les croyants un scandale public, en tenant  compte, dune part des éléments personnels connus de la vie du défunt, et dautre part, de la mentalité religieuse et morale des croyants de la communauté concernée.

La communauté locale rend au défunt un hommage fraternel par les funérailles religieuses. En cette matière, cependant, elle – pratiquement lévêque et les prêtres ayant juridiction sur cette communauté locale -  a aussi un certain droit de décision.

Voici le type de réflexion de lEglise au sujet du suicide qui apparaît derrière ces régulations. Le suicide conscient et libre, même pour des motifs élevé, nest pas justifié moralement. Le suicide choisi librement, par lequel une personne veut manifester son autonomie, est, de par sa nature, une dénégation du oui de Dieu à lhomme. Il est aussi, allant à lencontre du prochain et de la société, une dénégation de lamour de soi, du désir naturel de vivre et de lobligation de justice et damour.

Notre foi chrétienne oppose à lidéalisation du suicide volontaire une vision de la vie fondée sur la foi. Notre foi nous permet davoir cette confiance que Dieu peut toujours à nouveau, dans nimporte quelle situation de notre vie, nous rejoindre, que cette situation existe par notre propre faute ou à cause déchecs rencontrés dans notre contexte de vie.

La discussion philosophique concernant la liberté et la justification morale dattenter à sa propre vie dans une libre décision, présuppose que cette libre décision soit concrètement possible. La réflexion théologique pour éclairer ce phénomène na pas exclu entièrement une telle possibilité. Aussi, dans la pratique pastorale du temps passé, les personnes qui sétaient suicidées, ne pouvaient-elles pas avoir de funérailles religieuses. Dans le nouveau droit canon de lEglise catholique, cette prescription na pas été reprise, car il nest pas possible de prouver si une personne, lors de son suicide, a vraiment prononcé un non définitif à elle-même et à Dieu et, parce que lEglise condamne, certes, le péché du suicide, mais pas la personne, car il nest pas certain quelle soit réellement quelquun qui a commis un suicide.

Cest dans cette attitude que lEglise prend acte des résultats contemporains de la recherche sur le suicide. Les chercheurs ont montré empiriquement que le suicide se situe souvent à la fin dun processus qui va de pair avec un resserrement puissant de lautonomie spirituelle et quil est lexpression dune crise de vie non maîtrisée, ou aussi dune image de soi diminuée. La plupart des personnes qui commettent un suicide nagissent pas librement, mais elles se trouvent dans un état exceptionnel dans lequel tout les pousse au suicide. Aussi ne peut-on pas, a priori, rendre totalement responsable de ses actes une personne qui sest suicidée ou qui a tenté de le faire. (cf. Le Catéchisme catholique pour adultes, Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Band 2: Leben aus dem Glauben. Freiburg, 1995, p. 282-284.)

Question 55 : Comment les juifs considèrent-ils la naissance de Jésus ? Si on le considère comme un enfant illégitime, pourquoi Marie na-t-elle pas été lapidée et jetée, avec son enfant, hors du temple ? Pourquoi, alors, ce Jésus, une fois adulte, a-t-il joui auprès des pharisiens dune considération quil a pu enseigner dans le temple et sadresser à des milliers de personnes, et que les gens ont pu lappeler rabbi ou maître ? A-t-il caché sa véritable identité ? Ne la-t-on plus reconnu ? comment est-il possible déclaircir ces interrogations au moyen des évangiles dont nous disposons ? (DE)

Réponse : On dispose de nombreuses conceptions et représentations de Jésus de Nazareth dans les sources rabbiniques et elles sont loin dêtre unifiées ; il y a aussi de nombreuses représentations juives dépoques plus récentes. Une vue densemble concise se trouve dans larticle : Jesus Christus 1. Jüdisch im Lexikon religiöser Grundbegriffe: Judentum, Christentum, Islam, éd. Von Adel Th. Khoury (Graz, Wien, Köln: Styria, 1987), Col. 528-531. 

Dans les sources rabbiniques, des représentation tendancieuses prétendent en effet que Jésus a été lenfant bâtard dune adultère (Traité Kallah 51a), et, quarante jours avant sa crucifixion, un crieur public a annoncé ouvertement le motif de sa condamnation, afin quil soit libéré par son témoignage : « Mais on ne lui trouva pas de déclaration dinnocence » (b Sanhédrin 43a). Parmi de nombreuses autres représentations contemporaines objectives de la vie et de lenseignement de Jésus, sous une plume juive, on trouve louvrage de Pinchas Lapide, Le rabbi de Nazareth, 1974.

Question 56 : Daprès notre religion, les couples mariés restent mariés jusquà la fin des temps, ou leur mariage prend-il fin avec la mort ? Peuvent-ils encore être ensemble dans lau-delà ? De plus, est-il vrai que, dans lau-delà, nous allons recevoir un nouveau corps ? (TR)

Réponse :
Quest-ce que je deviens, quand je meurs ? Les humains sont traversés en profondeur par le désir plus ou moins clair dune survie après la mort. Les philosophes ont fini par penser que lâme humaine, parce quelle est spirituelle, ne peut pas mourir. Dans la même logique on peut penser que notre désir de plénitude et de justice tournerait à rien si tout se terminait par la mort.

La Bible nous permet dêtre témoins du parcours suivi par la réponse à cette question fondamentale de notre existence au cours des siècles. Cette réponse ne part cependant pas de lhomme et de son désir, mais elle part de Dieu. Lhomme croyant ne pouvait être satisfait de la représentation primitive selon laquelle, après la mort, une existence dans lombre, sans espoir, lattendait dans le monde souterrain. Car Dieu est la source de la vie, car il est fidèle : jamais il ne nous laissera tomber ! Cest ainsi que la conviction des croyants saffermit : la mort non plus ne peut nous séparer de son amour, Dieu nous adopte et nous aime pour toujours. Dans le Nouveau Testament, cette réflexion séclaire encore davantage : le Christ est notre vie. Nous sommes immortels, car nous vivons à partir de lui et pour lui.

Notre mort signifie : Nous nous trouvons en face de Dieu, la vérité éternelle : alors, tous les masques tombent, toutes les tromperies sur nous-mêmes sont terminées et nous voyons en un coup si notre vie nous a conduits dans la proximité de Dieu ou dans lobscurité de son éloignement. Cest ainsi que la mort est également un jugement sur notre vie. Il faut donc tenir bon. Notre corps se désagrège dans la mort. Notre âme, notre moi, le centre de notre personne, demeure. LEglise enseigne que les saints font directement au ciel après la mort. Mais celui qui a encore des scories de péché en lui, ne peut voir Dieu quà partir du moment où il en est purifié (purgatoire). Puisque notre corps nest pas une « composante de second ordre » de nous-mêmes, mais fait partie de notre personne humaine, nous attendons une résurrection corporelle. Car le Christ nous a entièrement sauvé. Aussi pouvons-nous espérer à la fin notre transfiguration en âme et en corps – tout comme lEglise lexprime déjà maintenant à propos de Marie, la mère de Dieu.

Cela a peu de sens de se ronger limagination sur les circonstances de cette résurrection, comme sur la question de savoir si notre corps existera éternellement dans la même matière quactuellement. Il sagit de choses qui sont au-delà de notre intelligence, et la seule chose qui importe, cest que Dieu a le dessein de nous conduire jusquà laccomplissement total.Toutes les virtualités qui se trouvent en nous, il veut les amener à maturité, ce qui est promis maintenant, cest une communion grandiose avec Dieu et les uns avec les autres ! Aussi lespérance de la vie éternelle est-elle loin dêtre une consolation de bas étage. Elle nous permet, bien plus, de comprendre notre statut et notre dignité. Celui qui a un tel amour de lhomme se doit de simpliquer déjà dans ce monde-ci en faveur de sa dignité, de sa liberté et de ses droits !

Avec nous, les humains, toute la création entrera dans la gloire de Dieu. Cest une pensée fascinante. Certes, involontairement, elle implique : toute la création – le mal aussi, qui sy est répandu ? Ne faut-il pas auparavant écarter toute scission du monde – afin que seul existe le royaume de Dieu, sans aucune ombre de mal et de péché ? Cest précisément cela que lEglise veut dire par la doctrine du jugement dernier à venir. (voir Winfried Henze, Glauben ist schön. Ein katholischer Familien-Katechismus. Harsum 2001, S. 173f. ISBN 3-7698-0887-8).

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