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Questions & Réponses 21

Question 235 : Si Jésus est un héros, puisquil a fait le sacrifice de sa vie, ne devrait-on pas considérer les islamistes qui commettent des attentats suicides (kamikaze) comme des héros ? (TR) a

Réspose:
On définit comme auteur dattentats suicides ou kamikaze une personne qui commet un attentat contre une ou plusieurs personnes, de telle sorte que la perte de sa propre vie est la condition nécessaire à la réussite de lattentat. « Déjà dans lhistoire romaine on mentionne le sacrifice de la propre vie en vue dun objectif précis. A lépoque moderne, cette disponibilité au sacrifice de soi se trouve encore radicalisée, dans la mesure où la mort personnelle nest pas seulement prise en compte comme une éventualité, mais où celle-ci se produit par lattentat lui-même. Lauteur ne se contente pas de se sacrifier, mais, par son acte, il veut de plus entraîner dans la mort le plus possible de personnes. Sa mort propre est présupposée dès le début. […].

A échelle plus grande, les attentats-suicides nont pu prendre de lampleur que grâce au développement des armements. Cest le développement des explosifs et de leur manipulation ou de leur fabrication relativement simple qui a été déterminant. . […]. Sous leur forme moderne, qui sest déployée à partir des années 70 et sest accentuée depuis 1982, les attentats-suicides sont devenus spécifiques au terrorisme islamique. » ( cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat-suicide)

« Les partisans et les adversaires des attentats-suicides (islamistes) se réfèrent au Coran. Le Coran comprend 114 parties, les sourates, et il est sans conteste le fondement de la foi islamique. Dans la sourate 17, verset 33, on lit : « Celui qui combat ne doit pas tuer sans modération. »

Les attentats-suicides dans lesquels des innocents sont atteints peuvent être facilement considérés comme perpétrés sans modération. Cependant, les partisans des attentats-suicides sappuient sur dautres citations coraniques, car, dans les sourates 61, verset 11 et 9, verset 41, il est dit que les musulmans ont le devoir dengager toutes leurs capacités et leur propre personne quand ils combattent leurs ennemis. Dans le cas dennemis militairement aussi équipés et supérieurement armés quIsraël, nimporte quel moyen est justifié, selon eux. » (http://religion.orf.at/projekt03/religionen/islam/fragen/re_is_fragen_selbstmord_fr.htm, ouvert le 11.07.2011)

Lidée de héros (Held), nest que fort rarement appliquée à Jésus de Nazareth. « Un héros (…) est une personne possédant des capacités ou des qualités particulièrement exceptionnelles, qui les pousse à réaliser des exploits particulièrement exceptionnels, des actions héroïques. Il peut sagir de personnes réelles ou fictives, à savoir des figures historiques ou encore légendaires ou mythiques. Ces actions peuvent leur valoir la réputation héroïque correspondante. Leurs capacités héroïques peuvent être de nature corporelle (force, rapidité, endurance, etc.) ou de nature spirituelle (courage, esprit de sacrifice, engagement en faveur didéaux ou pour lhumanité). » (http://de.wikipedia.org/wiki/Held, ouvert le 11.07. 2011) . Cela na de sens de dire de Jésus quil est un héros que si cette héroïcité est définie essentiellement à partir du don libre et non-violent de sa vie par amour pour les hommes, y compris les persécuteurs et les ennemis. Mais comment Jésus a-t-il compris le don de sa vie ?

« Par son ouverture sans limites, Jésus a tourné contre lui les puissants de sa nations – par exemple quand il reprochait aux pharisiens leur hypocrisie. Même les gens qui lont suivi ne lont pas vraiment compris, si bien quils ont fait demi-tour quand les choses sont devenues sérieuses. Pilate, le romain, a condamné Jésus en tant que roi des juifs, à savoir en tant que leader politique. Les pouvoirs juifs et romains lont fait tomber de concert (…). Il est plus important de savoir quelle était la position de Jésus sur ce point. Il a pressenti sa mort, il la finalement accueillie comme la volonté du Père et il la assumée pour le salut de tous. Il a supporté tout ce qui humilie lêtre humain : linjustice, la trahison, la torture, les manipulations politiques derrière son dos, les moqueries, la vulnérabilité, la condamnation à mort, la déchéance corporelle, les spectateurs ironiques, labandon de Dieu. Cest pour nous quil a supporté tout cela !

Cette interprétation nest pas une invention remontant à lEglise primitive. Jésus lui-même – comme le rapporte Matthieu (26,28) – a dit la veille de sa passion lors de la Cène : « Ceci est mon sang, répandu pour vous et pour la multitude » ( dans la Bible, la « multitude » signifie « tous » - il est mort pour lhumanité entière). Cest ainsi quil a compris sa mort comme une mort salutaire pour tous. [ voir à ce sujet la réponse à la question n° 225 dans la section 20 de notre site.] Les rédacteurs du Nouveau Testament étaient pétris de cette conception et ils ont organisés leurs textes en ce sens. Ce faisant, ils nont pas seulement écrit leur interprétation, mais ils nous ont communiqué suffisamment de détails, si bien que nous pouvons identifier clairement les causes de la mort de Jésus sur la croix.

Jésus a annoncé le salut. Les hommes lont refusé. Mais leur endurcissement ne pouvait pas renverser le dessein salutaire de Dieu. Cest ainsi que la mort de Jésus est devenue pour nous tous le salut. Ce nest pas en tant que « bouc émissaire » que Jésus a dû mourir, suite à la condamnation dun juge éternel bien cruel. Sa mort est bien davantage le signe ultime de lamour de Dieu pour les hommes. Le Fils de Dieu est même en communion avec le plus déshérité de cette terre. (Wilfred Henze, Glauben ist schön: Ein katholischer Familien-Katechismus. Harsum, 2011, p. 79)

Ainsi nous pouvons conclure que Jésus de Nazareth, dans sont acceptation libre et non violente de sa condamnation à mort par crucifixion, ne peut pas se comparer à quelquun qui commet un attentat-suicide. Ce dernier entraîne avec lui dans une mort violente le plus grand nombre possible de vies humaines.

Question 236 : Des personnes qui ne sont pas prophètes peuvent-elles bénéficier de révélations ? Les quatre évangiles du Nouveau Testament sont composés, daprès les déclarations de la théologie chrétienne, par des personnes qui nétaient pas des prophètes. (TR)


Réponse: Que la personne qui pose cette question lise attentivement le chapitre 1 du site www.reponsesauxmusulmans.com : La Sainte Ecriture, et tout particulièrement les parties III et IV. La vision chrétienne et Les chrétiens répondent. La doctrine islamique distingue deux sortes de prophètes : en premier, des personnes qui encouragent et avertissent de la part de Dieu, bref des prophètes appelés (nabi), et ensuite celles que lon nomme des envoyés de Dieu (rasul), dont les proclamations révélées sont consignées dans des livres, au-delà de leur fonction dencouragement et davertissement.

Le croyant musulmans considère que le véritable évangile (injil) est le livre (disparu) qui a été transmis par lange Gabriel au prophète Isa. Son contenu correspond pour lessentiel au message que Dieu a transmis à tous les vrais prophètes depuis Adam.

Partant de cette conviction fondamentale, le musulman se pose la question suivante : comment peut-il se faire quune doctrine soit vraie qui enseigne – comme le fait la foi chrétienne – quil y a quatre évangiles et que chacun de ces évangiles a à chaque fois un auteur humain différent. Comment se fait-il que des hommes qui ne sont pas des prophètes au sens de la doctrine islamique soient les destinataires de révélations authentiques, qui plus est, sous la forme dun livre ?

Nous résumons ici à nouveau la compréhension catholique de la révélation et de linspiration de la Sainte Ecriture : « Lhomme peut reconnaître avec son intelligence que Dieu existe, mais pas qui est Dieu en réalité. Mais parce que Dieu désire être reconnu, il sest révélé. Dieu nétait pas obligé de se révéler à nous. Il la fait par amour.

De même que dans lamour humain, il nest possible de connaître quelque chose dune personne aimée que lorsquelle nous ouvre son cœur, ainsi nous ne connaissons quelque chose des pensées intimes de Dieu que parce que le Dieu éternel et mystérieux sest ouvert à nous par amour. Dieu a régulièrement parlé aux hommes, depuis la création, en passant par les patriarches et les prophètes, jusquà sa révélation définitive en son Fils Jésus Christ. En lui, il nous a vidé son cœur et il nous a rendu visible à jamais son mystère le plus intime. Dieu se montre dans lAncien Testament [ à savoir, dans les Saintes Ecritures du peuple élu des Juifs] comme le Dieu qui a créé le monde par amour et qui nous demeure dès lors toujours fidèle, alors même quils se sont séparés de lui par le péché. »(YOUCAT: Jugendkatechismus der Katholischen Kirche. Aschaffenburg: Pattloch, 2011, n. 7-8)

« Durant des siècles, Dieu a parlé au cœur des hommes, afin de se révéler à eux progressivement et de façon pédagogique. Parmi tous les peuples de la terre, il sest choisi un tout petit peuple, le peuple dIsraël et il la formé, pour sceller avec lui une Alliance. Par lintermédiaire de ce peuple, tous les peuples de la terre devaient apprendre que Dieu existe et quil a un dessein sur lhumanité. Lhistoire de cette alliance divine avec Israël est contenue dans les livres de lAncienne Alliance, qui forment la première partie de la Bible. Ainsi, Dieu nous a préparé graduellement à accueillir la révélation surnaturelle de lui-même, qui culmine dans la personne et dans la mission de son Fils, la Parole de Dieu faite chair, Jésus Christ. » . (Ich glaube : Kleiner katholischer Katechismus, Königstein, 2004, p. 11)

Le terme alliance désigne dans le langage de la Bible « le pacte que le Dieu transcendant a conclu avec Noé, Abraham, et ensuite avec tout le peuple sur la montagne du Sinaï. Lalliance est pour Israël le gage de lélection par Dieu : Je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. Les dix commandements forment les conditions de lAlliance.
Pour sen souvenir, Israël célèbre chaque année la fête de lAlliance. Puisque le Dieu fidèle a conclu cette alliance, les hommes peuvent lui faire confiance. Même dans les doutes les plus redoutables les hommes pieux ne perdent pas espoir. Ils attendent une nouvelle alliance que Dieu offrira à son peuple. Celui par qui Dieu comble cette espérance et se révèle tout entier, cest Jésus, le Messie, le Christ. » (ib., p. 14)

« Dans les différentes périodes de lhistoire du peuple de la première alliance, Dieu appelle des « prophètes », qui sont avant tout ses amis et ses familiers. Puisque le peuple de Dieu est tenté doublier son Seigneur et de cesser de lui faire confiance, Dieu lui envoie ses prophètes, afin de lui rappeler son amour, sa fidélité, ses exigences. Elie, Amos, Osée, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel en font partie de ces hommes dont la Bible nous raconte les faits et gestes ainsi que les enseignements. » (ib., p. 12 s.)

Cest lessentiel du message des Saintes Ecritures de la « première » alliance (appelée aussi : Ancien Testament) ; il doit être aussi celui des hommes de la « deuxième » alliance ou « Nouveau » Testament, celui des chrétiens, et, potentiellement, celui de toute lhumanité :

  • « * Savoir que Dieu est là pour tous les hommes, quil les connaît et quil les aime. Lui faire confiance.
    * Etre certain que Dieu est là pour moi, quil me connaît et quil maime.
    * Aimer Dieu de tout son cœur, de toutes ses forces, de toutes ses capacités.
    * Ecouter sa Parole, accomplir sa volonté, dire oui à son dessein me concernant. » (cf. ib., p.13)
  • Certes, « cest en premier lieu en Jésus Christ, son Fils, que Dieu nous montre toute la profondeur de son amour miséricordieux. Par Jésus Christ, le Dieu invisible devient visible. Il devient un homme comme nous. Voici ce qui nous montre jusquoù lamour de Dieu savance : il porte lentièreté de notre fardeau. Il parcourt tout le chemin avec nous. Il est présent dans notre déréliction, notre souffrance, notre angoisse devant la mort. Il est là où nous nen pouvons plus pour nous ouvrir la porte de la vie. Avec Jésus Christ, Dieu est venu lui-même au monde.

    Il est lultime Parole de Dieu. En lécoutant, les hommes de tous les temps peuvent savoir qui est Dieu et ce qui est nécessaire à leur salut. Avec lévangile de Jésus Christ, la révélation de Dieu est parfaite et complète. Pour quelle soit notre inspiration, lEsprit Saint nous conduit toujours plus en profondeur dans la vérité. »[…](YOUCAT, n. 9-10)

    « Les chrétiens trouvent la foi véritable dans la Sainte Ecriture et dans la tradition vivante de lEglise . »[…] (YOUCAT, n. 12)

    « La chrétienté dans sa totalité ne peut pas se tromper dans la foi, car Jésus a promis à ses disciples quil leur enverrait lEsprit de vérité et quil les garderait dans la vérité (Jean 14,17). » (ib. n. 12)

    « Les Saintes Ecritures enseignent « de façon sûre, fidèlement et sans erreur » la vérité, car elles sont inspirées, cest à dire quelles ont été écrites sous linspiration de lEsprit Saint et que, par conséquent, « elles ont Dieu pour auteur ». (Concile Vatican II, Dei Verbum 11)

    La Bible nest pas tombée du ciel toute faite, et Dieu ne la pas dictée à des automates humains. Bien plus, Dieu a, « pour composer ces livres sacrés, choisi des hommes auxquels il a eu recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement » (Vatican II, Dei Verbum, 11 (ib., n.14)

    « Mais comment la Sainte Ecriture peut-elle être « vérité », si tout ce qui sy trouve nest pas correct ? La Bible ne prétend pas nous fournir des précisions historiques ou des connaissances scientifiques. Et les auteurs étaient évidemment des enfants de leur temps. Ils partageaient les représentations culturelles de leur environnement et ils subissaient régulièrement les conséquences de leurs erreurs. Mais tout ce que lhomme doit savoir au sujet de Dieu et au sujet de son chemin de libération, il le trouve de façon infaillible dans lEcriture Sainte. » (ib. n. 15)

    « La révélation de Dieu est achevée dans le Nouveau Testament. Les quatre évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean forment le cœur de la Sainte Ecriture et du trésor précieux de lEglise. En eux, le Fils de Dieu se montre tel quil est et il nous rencontre. Dans les Actes des Apôtres, nous prenons connaissance des débuts de lEglise et de laction de lEsprit Saint. Dans les Lettres Apostoliques, la vie humaine dans toutes ses facettes est illuminée par la lumière du Christ. Dans lApocalypse, nous avons une vision anticipative de la fin des temps. » (ib. n. 18)

    Question 237: Pourquoi les apôtres, les papes, les prêtres sont-ils tous des hommes ? Ny a-t-il jamais eu de femme digne dexercer pareil ministère ? (TR)

    Réponse: Que celui ou celle qui pose cette question lise la réponse à la question 136 (Section 15, point 3) de notre site internet. Du fait que Jésus ait choisit exclusivement des hommes comme apôtres, on ne peut ni ne doit conclure quil ait accordé aux femmes une dignité moindre par rapport aux hommes. LEglise a eu conscience dès le début et sans exception quelle était liée à cette décision de Jésus. Et aujourdhui encore, lEglise catholique et lEglise orthodoxe se sentent liées comme à une norme par cette pratique de Jésus.

    Question 238: Où peut-on lire dans la Bible que Jésus serait mort pour les péchés de lhumanité ? La-t-il dit lui-même ? Ou alors, qui la prétendu en premier ? (TR)

    Réponse: Que celle ou celui qui pose la question lise la réponse à la question 225 de la section 20 du présent site internet, en particulier ce qui dit sous la rubrique : La mort rédemptrice de Jésus à notre place.

    Question 239: Pourquoi adorez-vous la croix, cet instrument meurtrier ? Adoreriez-vous également un pistolet, si Jésus avait été abattu avec un pistolet ? (TR)

    Réponse:
    Dans notre réponse, nous commencerons par expliquer en quel sens la mort de Jésus sur la croix est comprise par les chrétiens comme un signe despérance. Ainsi séclaire le sens de la vénération de la croix dans la célébration liturgique, tout particulièrement dans cette partie de la prière liturgique du Vendredi Saint appelée vénération de la croix, et ensuite, dans la vénération de la croix dans la vie quotidienne des chrétiens.

    Selon la doctrine de lEglise, seul Dieu peut être adoré. Si la vénération de la croix dans la liturgie est parfois appelée adoratio crucis, pareille désignation est trompeuse et ne peut vouloir dire que ceci : adoration de Jésus Christ, le crucifié, au travers dun acte de vénération de la croix. La question qui part de la supposition que si Jésus avait été exécuté différemment, dautres instrument dexécution que la croix seraient vénérés par les croyants chrétiens est superflue (il ny avait pas encore darmes à feu du temps de Jésus). Ce fut une lourde épreuve pour lEglise primitive que dassumer le scandale que le Messie envoyé par Dieu soit exécuté sur la croix comme un criminel. « Mais lEglise primitive se rappelait les paroles de Jésus lui-même lors de la Dernière Cène ; à la lumière de la résurrection de Jésus par Dieu, elle prit pleinement conscience de ce que cette mort si choquante de Jésus fut certes occasionnée au niveau épisodique de lhistoire par lincroyance et linimitié des hommes, mais quen arrière-fond, il y a la volonté de Dieu, le dessein de salut de Dieu, et même lamour de Dieu. Voir plus haut sur ce site, la réponse à la question 225 (Section 20)

    Dans les nombreuses proclamations de foi du Nouveau Testament, il y va à chaque fois dun même thème. « Elles visent de façon toujours nouvelle à annoncer lamour prévenant et salutaire de Dieu, que Jésus, par son obéissance et par le don de lui-même, a accueilli une fois pour toutes à notre place, afin de réaliser la paix entre Dieu et les hommes, ainsi quentre les hommes les uns avec les autres. Cest ainsi que la Lettre aux Ephésiens peut dire : « Il est notre paix » (Ephésiens 2,14).

    En lui, toutes les aliénations, occasionnées par le péché, entre Dieu et lhomme, entre les hommes et en lhomme lui-même, sont guéries et réconciliées. Ainsi la croix est-elle, en fin de compte, le signe de la victoire sur toutes les dominations et puissances hostiles à Dieu et aux hommes, un signe despérance. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Bd. 1, p.190).

    Durant la célébration liturgique de la passion et de la mort du Christ, le vendredi de la Semaine Sainte (Vendredi Saint), on « exalte et honore » une croix. Linvitation à ce geste de vénération est formulée ainsi : Célébrant : « voici le bois de la croix, à laquelle a été suspendu le Seigneur, le salut du monde ». Réponse du peuple : « Venez, adorons. » Il sagit de ladoration du Seigneur Jésus Christ crucifié par le biais de la vénération du signe de la Croix. Voici ce que dit le Catéchisme Catholique pour Adultes : « Assurément, la victoire de la croix, la victoire de lamour sur la haine, la violence, de la vérité sur le mensonge, de la vie sur la mort est encore enfouie sous son contraire. La haine, le mensonge et la violence règnent encore dans le monde. La vie nouvelle ne nous est donnée que sous la figure de la croix. Le chemin despérance, sur lequel Jésus se manifeste comme le Fils de Dieu plein de vie, nest pas une voie ininterrompue de succès, nest pas une histoire victorieuses selon nos critères à nous » (Synode Commun [Würzburg 1971-75], Unsere Hoffnung I, 2). La victoire de la croix ne nous est promise quen parcourant le chemin de la croix. Car cest précisément la descente de Dieu dans les malheurs liés à la souffrance et à la mort des hommes qui nous a à nouveau reliés à Dieu dans le concret de notre situation. Ainsi, la croix est-elle un signe despérance de la libération définitive et de la victoire définitive de Dieu. Aussi prions-nous de façon répétée lors de la célébration du chemin de la croix :

    « Nous tadorons, ô Christ et nous Te bénissons ! Par ta sainte Croix, Tu as racheté le monde. » (Missel romain) (ib. p.192)

    Question 240: Les protestants prétendent que la catholique sont des idolâtres. Est-ce vrai ? (TR)

    Réponse:
    Le réformateur protestant Jean Calvin (1509-1564) a reproché avec véhémence à la doctrine et à la pratique croyante catholique dêtre idolâtre, dans son œuvre théologique principale Institutio Christianae Religionis (Institution de la religion chrétienne), publiée pour la première fois en 1536 à Bâle. Dans le Livre I, Livre 1 chapitre 11 (=Institutio 1-11-11) de cette œuvre, il présent que les faux-fuyants des catholiques confrontés au reproche didolâtrie sont « insensés ».

    Le chapitre 11 de cette œuvre porte lintitulé suivant: « Cest un péché de donner à Dieu une forme visible ; cest une séparation totale de Dieu de se faire des idoles. » Les déclarations de Calvin par rapport à notre question sont résumées en trois points sur le site internet officiel des calvinistes :
  • · « 1. la folle distinction de lEglise catholique entre dulia (culte des images) et latria (vénération des images)
  • · 2. ils prétendent encore avec légèreté quils « ont le culte des images sans les vénérer », comme le montre le sens de ces deux mots grecs
  • · 3. aussi lEglise catholique nest pas meilleure que tous les autres idolâtres
    http://www.calvinismus.ch/tag/katholizismus/ (ouvert le 13.07.2011)
  • Ce reproche que fait Calvin, le réformateur, à lEglise catholique existe encore et perdure jusquà aujourdhui dans les cercles des adeptes de la doctrine de Calvin. Le Catéchisme de lEglise catholique dit à propos de notre question : « 476 Puisque le Verbe sest fait chair en assumant une vraie humanité, le corps du Christ était délimité (cf. Cc. Latran en 649 : DS 504). A cause de cela, le visage humain de Jésus peut être " dépeint " (Ga 3, 2). Au sixième Concile œcuménique (Cc. Nicée II en 787 : DS 600-603) lÉglise a reconnu comme légitime quil soit représenté sur des images saintes. » (CEC) Le catéchisme catholique pour adultes dit ce qui suit à ce sujet (Band II, p. 168)

    « Le christianisme na pas suivi Israël dans linterdiction de représentation imagées de Dieu, mais il y eut de fortes réserves à lencontre des images cultuelles, à cause de la vénération cultuelle dimages de lempereur et à cause de la persécution des chrétiens. Au début de la chrétienté, des images religieuses apparaissent à partir du milieu du troisième siècle, dabord des représentations de lAncien et du Nouveau Testament, ensuite également des images du Christ et des saints. Au cours des disputes contre les images à lépoque byzantine et caroline, il y eut de fortes diatribes au sujet des images, de leur admission et surtout de leur vénération. Le Second Concile de Nicée (787) se décida en faveur du culte des images. On peut discerner le fondement théologique de cette décision dans la considération de ce quavec la venue de Jésus Christ Dieu lui-même sest fait homme. Dieu vit en Jésus Christ sa divinité de manière humaine. Ainsi Dieu a-t-il un visage « concret », le visage de Jésus de Nazareth. Le visage humain de Jésus est le visage de Dieu, il est l « icône du Père ». Cette considération a rendu possible la représentation de Jésus Christ par des images. »

Voici un blog qui vaut la peine dêtre cité (site internet kathnews.com) (13 juillet 2011) :

  • « 4 septembre 2002, 9h30
  • Je ne suis pas théologien et je ne peux donner aucune réponse fondée, mais bien une représentation sous forme dimage ne serait de lidolâtrie quà partir du moment où lon adorerait limage. Mais la piété chrétienne ne se sert dune image ou dune statue que pour aider le croyant à sadresser à Jésus, ou aux saints. On ne prie donc pas une statue ou une image, mais on prie celui qui y est représenté.

    A propos du danger de se forger de fausses représentations, je dirais que cela ne sappliquerait tout au plus quà des choses superficielles, en rien pertinentes pour la foi.

    Il mest arrivé dentendre une autre analogie. Le catholique croit à la communion des saints. Par le baptême, il est intégré à cette famille. De posséder des images des saints est donc tout aussi naturel que davoir sur sa cheminée des photos du conjoint, des enfants, des grands-parents, etc.

    Par ailleurs, Jésus a bien dit que nous devions croire à la manière des enfants. Mais les enfants ont besoin dimages. Même dans des familles non pratiquantes, il y a des « brochures bibliques » pour les enfants, dans lesquelles des scènes de la Bible sont représentées sous forme dimages. Jésus y est également représenté. Si un non-pratiquant est dérangé par les images catholiques, quil commence par faire le ménage chez ses propres enfants. Celui qui veut croire comme un adulte renoncera volontiers aux images.

    Avec la bénédiction de Dieu,

    Dirk »
  • Question 241: Le baptême efface tous les péchés. Cela vaut-il aussi pour les assassins, les pédophiles et les traficants de drogue ? (TR)

    Réponse:
    Oui. Le baptême pardonne tous les péchés sans exception.

    Quest-ce que le baptême ?

    Voici encore quelques informations fondamentales à propos du baptême :

    Le baptême est le chemin qui mène du règne de la mort à la vie ; la porte cest lEglise et le commencement dune communion durable avec Dieu. (YOUCAT: Jugendkatechismus der Katholischen Kirche. Aschaffenburg: Pattloch, 2011, n. 194)

    Voici comment le baptême est administré : le baptisé est plongé par trois fois dans le la cuve baptismale ou on lui verse trois fois de leau sur la tête ; ce faisant, on prononce les paroles suivantes : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »

    Voici une courte introduction à la signification de ce sacrement fondamental de lEglise.
  • 1. Le fondement biblique
  • « La prédication de saint Pierre à Jérusalem à la Pentecôte émeut profondément de nombreux auditeurs. Ils lui demandent ainsi quaux autres apôtres : « Que devons-nous faire ? » Pierre leur répond conformément à lordre du Seigneur (Matthieu 28,19) : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Actes 2,37-38).

    Jean le Baptiste a prêché un baptême deau et de pénitence afin de préparer la venue du Messie, et Jésus, en temps qu « agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde » 1 Jean 1,29) veut également recevoir ce baptême de la part de Jean. « Baptiser » (en grec : baptizein) signifie « plonger ». Jésus, qui sest laissé plonger (baptiser) dans la mort pour le salut du monde (cf. KKK 1225), nous a donné le baptême dans lEsprit, afin que tous les hommes puissent renaître de leau et de lesprit, pour entrer dans le Royaume de Dieu (cf. Jean 3,5). »(Ich gaube: kleiner katholischer Katechismus. Königstein, 2004, S- 121.) « Quand une personne non baptisée donne sa vie pour le Christ (martyre), il reçoit le « baptême du sang ». On parle aussi de « baptême de désir » dans le cas de personnes non baptisées qui font le bien, sengagent en faveur de leur prochain et de cette façon – souvent sans le savoir – se mettent à la suite du Christ. En ce qui concerne les enfants qui sont morts avant davoir pu recevoir le baptême, nous croyons que Dieu, dans sa miséricorde, ne les abandonne pas. » (ib. p. 124 ]

    « La nouvelle communauté de Dieu, lEglise, ne se développe pas seulement parmi les juifs. Saint Luc raconte, dans les Actes des Apôtres (8, 26-40), lhistoire de Philippe, lun des sept diacres. Suivant une inspiration, il se rend sur la route qui mène à Gaza. Il y rencontre un personnage important originaire dEthiopie, rentrant de Jérusalem où il était allé prier dans le temple ; cet homme est en train de lire les prophéties dIsaïe, assis sur son char (Isaïe 53,7-8). Philippe entend ce que létranger est en train de lire et lui demande : « Comprends-tu seulement ce que tu lis ? » - « Comment le pourrais-je – dit lautre – « si personne ne mexplique ? » Philippe monte sur le char et lui explique comment la parole du prophète se réalise en Jésus Christ : il est venu pour réconcilier les hommes avec Dieu. Il a été rejeté et il a pris sur lui la souffrance, il ne sest pas défendu devant la mort sur la croix. Il a été tué comme un agneau de sacrifice. Mais Dieu la ressuscité. Il vit, cest pourquoi nous témoignons. Il est le sauveur et le libérateur. Celui qui croit que Jésus est le Messie, le Sauveur, et qui se laisse baptiser, deviendra un homme nouveau, un chrétien. En cours de route, ils arrivent à une source deau. LEthiopien dit alors : voici de leau. Quest-ce qui mempêche encore de recevoir le baptême ? Ils descendent tous deux dans leau et Philippe baptise cet homme : « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. » Cet homme fut le premier chrétien africain. » (ib. p. 121 s.)

    2. Bref résumé de la doctrine de lEglise

    « Le baptême est le sacrement commun de tous les chrétiens. LEglise le célèbre selon la mission que le Seigneur lui a confiée : « De tous les peuples, faites mes disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28, 19). Sont ministres ordinaires du Baptême lévêque et le prêtre, ou le diacre. En cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant lintention requise, peut baptiser, en appliquant la formule baptismale trinitaire. Lintention requise, cest de vouloir faire ce que fait lÉglise en baptisant. (cf. CEC 1256)

    Le baptême est valable une fois pour toutes. On ne peut ni le supprimer ni le répéter, car il laisse chez le chrétien une marque ineffaçable, un signe spirituel de son appartenance au Christ. Cette marque est le « sceau du baptême ». Aucun péché ne peut leffacer, bien que le péché empêche le baptême de porter en lhomme tous les fruits de salut (cp. CEC 1272).

    Le baptême est le fondement dune relation personnelle à chacune des personnes de la Sainte Trinité. LEsprit Saint met en nous la grâce sanctifiante, qui nous « fait prendre part à la nature divine » (2 Pierre 1,4). Cela veut dire que nous sommes les enfants adoptifs de Dieu en Jésus Christ, qui est lui-même le Fils unique du Père. La grâce sanctifiante comprend les vertus théologales de foi, despérance et de charité, par lesquelles nous pouvons reconnaître Dieu, qui il est en lui-même, laimer comme il saime lui-même et pouvoir espérer une vie en communion éternelle avec lui, selon son propre souhait. La grâce comprend aussi les dons de lEsprit Saint, par lesquels le Saint Esprit « nous rend capable de vivre et dagir sous la motion du Saint Esprit » (CEC 1266). Le baptême nous donne aussi de participer au sacerdoce du Christ, à sa mission sacerdotale, prophétique et royale. Il nous rend capable de nous offrir avec lui au Père, de témoigner de lEvangile et de configurer le monde dans le sens de Dieu. Cest le sacerdoce commun des fidèles.

    Le baptême efface le péché origine, pardonne les péchés, fait de nous les enfants de Dieu, les frères et les sœurs de Jésus Christ, les membres de lEglise. Nous sommes frères et sœurs et nous pouvons dire en vérité : « Notre Père qui es aux cieux. »

    Par le baptême, Dieu initie avec nous un nouveau commencement, un commencement qui part de lui et qui doit, notre vie durant, porter des fruits. Si nous sommes fidèles au Christ dans la foi, dans lespérance et dans lamour, la grâce reçue lors du baptême agit en nous et se développe. Ainsi, le baptême trouve sa réalisation plénière dans la sainteté à laquelle nous sommes appelés et qui saccomplit progressivement en nous par laction vivante et toujours plus forte de Dieu. » (ib. p. 122 s.)
  • Question 242: Les hommes qui veulent recevoir le baptême doivent sans doute patienter durant de longues années. Pourquoi ? (TR)

    Réponse:
    Que la personne qui pose la question lise attentivement la Question et Réponse 182 dans la Section 18.

    Question 243: Paul écrit que les célibataires ne doivent pas se marier. Cela ne signifierait-il pas la fin de lhumanité ? (TR)

    Réponse:
    La question se rapporte aux déclarations de Paul au chapitre 7,1-40 de la Première Lettre aux Corinthiens. Notre réponse sappuie fortement sur les développements pertinents faits par Norbert Baumert dans son œuvre publiée en 2007 : Sorgen des Seelsorgers: Übersetzung und Auslegung des ersten Korintherbriefes. (Préoccupation du pasteur : traduction et explication de la Première Lettre aux Corinthiens) Würzburg: Echter, 2007, p. 77-113: Block III, C, 6,12-20: Die Würde des Leibes (La dignité du corps); Block IV: 7,1-40: Schutz der Ehe (Protection du mariage).

    La question fait erreur dans son présupposé : à aucun endroit de la lettre, Paul nexprime de conseil général de ne pas se marier, et il ne formule pas non plus dinterdiction générale de se marier pour les célibataires.

    Les textes les plus directement pertinents sur ce point dans la partie de la Lettre de Paul sont :

    7,8 : « A ceux qui sont seuls et aux veuves, je déclare qu'il est bon pour eux de rester comme je suis. Mais s'ils ne peuvent pas se maîtriser, qu'ils se marient. »

    7,26-28 : « Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les événements redoutables qui nous attendent ; oui, c'est une chose bonne de vivre ainsi. Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n'as pas de femme ? ne cherche pas à te marier. Si cependant tu te maries, ce n'est pas un péché ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un péché. »

    7,39 s. : « La femme reste liée aussi longtemps que son mari est en vie. Mais si son mari meurt, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais seulement un croyant. Pourtant elle sera plus heureuse si elle reste comme elle est ; c'est là mon opinion, et je pense avoir moi aussi l'Esprit de Dieu. »

    N. Baumert écrit, dans un résumé de ses explications détaillées : „Zum Grundanliegen von 6,12-7,40: Erlösung der Sexualität (A propos des préoccupations essentielles de 6,12-7-40 : Libération de la sexualité)

    […] « Cest sans doute lié à lincarnation de Dieu, que depuis lors lamour pour Dieu saisit lhomme encore plus dans sa totalité et libère ainsi et transforme sa sexualité aussi bien dans lacte conjugal que dans le renoncement. Cet état « de ne pas vraiment posséder », qui doit être commun à tous les chrétiens, certaines personnes prennent le risque de lexprimer de façon significative : « véritablement ne rien posséder ». Dans le célibat pour le Royaume, elles peuvent rendre visible en ce monde que le Christ est la plus profonde plénitude de chaque personne. Cela ne veut pas dire que seuls les célibataires pourraient vivre le don total deux-mêmes – chaque chrétien le doit – mais cest de leur devoir de vivre ce don total dune manière spécifique. Leur « vocation » consiste en ceci, quils vivent leur relation personnelle la plus profonde « avec le Christ seul » sur fond de la sorte de relation quils ont avec le Christ. Leur capacité amoureuse est touchée et comblée par le Christ dune manière telle quils ne voudraient pas vivre dans la communauté du mariage avec un partenaire humain, et, pour cette raison, lorsque toutes les circonstances correspondent bien, ils se risquent à en faire le choix délibéré. Paul a dû lutter pour que pareil état de vie puisse devenir fondamentalement acceptable. Dautres au contraire constatent, à partir de leur propre relation au Christ, comment il les oriente vers un partenaire ; ils peuvent alors sous la modalité de leur amour conjugal exprimer leur don total à Dieu de façon significative. Cest là au moins la structure fondamentale des deux vocations. […]

    Donc, avant de chercher à motiver des jeunes gens à des « vocations spirituelles » - qui pourrait dire facilement qui est choisi par Dieu ? – il faudrait attirer lattention de tous les jeunes sur le fait que chaque décision, que ce soit pour le mariage ou pour le célibat, doit trouver en Dieu son point de départ. Aussi faut-il commencer par encourager les jeunes à remettre leur vie en toute confiance entre les mains de Dieu, cest à dire, à avoir pour option fondamentale de choisir Dieu (on peut appeler cela « la remise de sa vie », ce qui peut se faire également en renouvelant de façon personnelle les promesses de son baptême). Cest le point de départ, pour reconnaître ensuite quelle doit être le chemin du don total de soi à vivre par chacun personnellement: pour lun ce sera le mariage, pour lautre le célibat (cf. 1 Corinthiens 7,7). Le « vécu » vocationnel de lune ou de lautre voie, contient habituellement linvitation au don total de soi-même, « que ce soit comme ceci ou comme cela » (7,7). […]

    Si Paul sefforce avec beaucoup de prudence et de respect spirituel de donner droit de cité dans la jeune Eglise à la vocation au célibat – cétait quelque chose de nouveau -, ce nest certainement pas par ressentiment. Lui, un juif croyant, ne peut en aucune manière être taxé dhostilité vis à vis du corps ou de peur de la sexualité. De plus, il est loin de « sublimer » la sexualité, à savoir de lécarter de sa nature propre pour la remplacer par un processus purement spirituel (ou autre). Cela pourrait facilement amener à du refoulement. Au contraire, Paul présuppose que la personne humaine peut être à ce point saisie et pénétrée par lEsprit Saint que sa sexualité (qui nest dailleurs quune partie du tout) devienne de façon intégrative le lieu et lexpression de lEsprit (1 Corinthiens 7,33 s.) Sinon, il ne sagit pas de célibat « pour le Royaume », et pareille façon de « jouer avec les étiquettes » finit par produire, selon les circonstances, de la misère, de lamertume, de la recherche de satisfactions compensatoires ou la rupture. » (…)

    Mais le « salut » de la sexualité se réalise en chaque personne quand celle-ci la considère tout entière à partir de sa relation avec le Christ, quelle ne lécarte pas de sa vie avec Dieu, mais la fasse entrer pleinement dans cette vie. Quelle montre à son Créateur tout ce qui meut son cœur ou sa fantaisie, pour quIl lui apprenne à la voir avec ses yeux divins. Quand une personne se sent ainsi intérieurement acceptée par Dieu et quelle se sait aimée, elle reçoit de plus en plus, dans cette rencontre avec le Dieu partenaire, la force de donner forme à son dévouement conjugal ou, le cas échéant, celle de se donner, sans amertume, à Dieu, en renonçant temporairement ou définitivement à cet accomplissement humain. Cela implique souvent un long processus de maturation. Mais celui qui sy engage, saura de plus en plus quil est précieux et en sécurité auprès de son Seigneur, quil peut sunir à lui dans lEsprit Saint et que son corps rayonne de la gloire de Dieu. » (ib. p. 11-113).

    Question 244: Le magistère pontifical a toujours rejeté lutilisation des préservatifs. Voilà que maintenant le pape les a permis. Nest-ce pas une marche arrière ? (TR)

    Réponse:
    Que celle ou celui qui pose la question commence par lire la réponse à la question 107 de la Section 12 de notre page internet. On y explique la doctrine de lEglise en vigueur concernant lutilisation des moyens de contrôle des naissances. Le Catéchisme de lEglise Catholique ( CEC) explique cette doctrine aux numéros 2368-2371.

    Jusquil y a peu, la position de lEglise était, malgré les très nombreuses critiques publiques, que lutilisation des préservatifs ne pouvait pas être permise, même dans la lutte contre lextension de la maladie de déficience immunitaire du Sida. A loccasion de son voyage en Afrique, le 17 mars 2009, le pape Benoît XVI a refusé la permission dutiliser les préservatifs. « Je dirais quil nest pas possible de résoudre le problème du sida uniquement avec de largent, mais il est nécessaire. Mais si lâme nest pas impliquée, si les Africains ne collaborent pas (en prenant leur responsabilité propre), on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils ne font quagrandir le problème. On ne trouvera de solution que par un double effort : dabord, dans une humanisation de la sexualité, à savoir dans un renouveau spirituel et humain qui induit un comportement nouveau dans les relations mutuelles ; et deuxièmement dans une amitié véritable surtout pour les personnes qui souffrent, dans une disponibilité à se mettre à côté de celles et ceux qui souffrent, dans un renoncement personnel. Voilà des facteurs qui peuvent aider et amener des progrès manifestes. » (Benoît XVI, Licht der Welt: Der Papst; die Kirche und die Zeichen der Zeit. Freiburg: Herder, 2010, p. 221s).

    Déjà le 14 février 2006, le pape Benoît XVI sétait exprimé sur cette question. « La fidélité conjugale et la continence extraconjugale sont les meilleurs moyens pour éviter linfection et empêcher lextension du virus. Effectivement, les valeurs qui se découvrent dans la véritable compréhension du mariage et de la famille sont les seuls fondements sûrs dune société stable. (cité dans YOUCAT: Jugendkatechismus der Katholischen Kirche. Aschaffenburg: Pattloch, 2011, p. 225) La question posée ici provient dune déclaration de Benoît dans le livre dinterviews Licht der Welt, qui reproduit des conversations avec le pape de léditeur et biographe du pape Benoît XVI, Peter Seewald, et dont la publication a été autorisée. On y lit : « Il peut y avoir des cas particuliers justifiés, par exemple quand un prostitué utilise un préservatif, ce qui peut être un premier pas vers une moralisation, un premier bout de responsabilité, pour que se développe à nouveau une prise de conscience : tout nest pas permis, et on ne peut pas faire tout ce que lon veut. Mais ce nest pas là la manière efficace de prévenir le mal de linfection virale du sida. En réalité, ealle doit se trouver dans lhumanisation de la sexualité » (ib. p. 146 s).

    Voici comment YOUCAT : Jugendkatechismus der Katholischen Kirche (Aschaffenburg: Pattloch, 2011) répond, au n° 414, à la question « Que dit lEglise de lutilisation de préservatifs dans la lutte contre le sida ? » :

    « Si lon fait abstraction du fait que les préservatifs noffrent aucune protection absolue contre une infection, lEglise désapprouve leur utilisation comme moyen unilatéral et mécanique dans la lutte contre les épidémies du sida. Elle appuie surtout lavènement dune nouvelle culture des relations humaines et un changement de la conscience sociale.

    Seuls la fidélité vécue et le renoncement à des contacts faciles protègent de façon durable contre linfection du sida et apprennent à se comporter en amour en tenant compte de la totalité de la personne. Cela comprend le respect de légale dignité de lhomme et de la femme, le souci de la santé de la famille, la gestion responsable de ses passions et fantasmes et aussi le renoncement (temporaire) à la rencontre sexuelle. Dans les pays dAfrique où, grâce à des campagnes à grande échelle de tels comportements étaient favorisés, les taux dinfection ont pu être nettement diminués. De plus, lEglise catholique fait tout pour venir en aide aux personnes qui sont concernées par le sida. »
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