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Question 215 : Un veuf ou une veuve peuvent-ils à nouveau se marier à léglise ? (T)
Réponse : Quand une personne devient veuf ou veuve, elle peut à nouveau se marier à léglise. Le Code de Droit Canon (CIC) de 1983 nexprime aucune interdiction sur ce point. Il en était autrement avant 1983. Le CIC de 1917 connaissait encore le cas de « bigamie successive ». Cela se fondait sur le fait que lEglise était, à lorigine, hostile à un deuxième mariage. La personne qui se mariait une deuxième ou même une troisième fois était marquée par une tache. Ainsi un homme (daprès le canon 984 n° 4 CIC/1917) qui était marié une deuxième ou même une troisième fois (et dont la dernière épouse était décédée), était taxé d « irrégularité », si bien quil ne pouvait devenir prêtre que par une dispense spéciale de lévêque.
Question 216 : Les transplantations dorganes sont-elles permise dans le monde chrétien ? Y a-t-il une différence entre des donneurs dorganes morts et des donneurs vivants ? (T)
Réponse : « Dans le large domaine du service à la vie, on dispose aussi de la possibilité de restaurer la santé dautrui ou de lui sauver la vie grâce au transfert de tissus et dorganes. […]
La capacité de transférer des organes fait surgir des questions et des problèmes. Ils concernent à divers degrés le transfert dorganes dun donneur vivant et dun donneur qui vient de décéder.
Ce don vital est en tout cas défendable quand il sagit dorganes qui, comme par exemple les reins, existent en double. De plus, un tel don nentre en considération quà partir du moment où la vie et la santé du donneur est certainement à labri de tout danger, et que lon puisse être sûr que le donneur ne subit aucun préjudice substantiel et irréparable quant à sa propre vie, sa santé personnelle et son potentiel de travail.
Dautre part, il faut que, pour le receveur, on puisse avoir un espoir fondé que, par le don dorgane, sa durée de vie pourra être allongée ou que son état de santé pourra être amélioré durablement. Enfin, il faut que la transplantation dorgane soit la seule possibilité de sauver la vie du receveur. Un autre préalable est que ce soit lamour du prochain qui motive le don et que le donneur ait marqué son assentiment en toute liberté et après mûre réflexion, après sêtre bien informé. Dans la médecine contemporaine, on renonce à procéder à des dons dorganes de la part de donneurs vivants. Dans de rares cas, il est possible de les envisager dans le contexte dun sacrifice personnel exceptionnel. Personne ne peut y être poussé par une pression morale.
Les problèmes qui se posent dans le cas de la greffe dorganes sur un receveur, et qui proviennent dune personne qui vient de décéder, sont de nature différente, car pour ce receveur la transplantation dun organe (les reins, le cœur, le foie) lui sauve la vie ou la prolonge.
Beaucoup de gens ont peur ou expriment des réserves sil leur faut envisager quaprès leur mort ils servent de donneur dorganes ou quils doivent en décider pour un membre de la famille décédé. Beaucoup pensent que le respect dû au corps dun défunt interdit toute intervention touchant à lintégrité corporelle du défunt. Dautres craignent que lon puisse déclarer trop hâtivement mort un malade sur le point de mourir.
Etant donné quun prélèvement dorganes nest moralement permis que lorsque lon est absolument sûr que le donneur dorganes est bien mort, il est indispensable que lon constate sans ambiguïté que cette mort a eu lieu. Lextinction de signes de vie observables (la dernière expiration ou le dernier battement de cœur) en tant que constatation de la mort ne correspond plus aux exigences de la médecine moderne, car la circulation vitale et la respiration peuvent encore être maintenues artificiellement. Beaucoup remplacent lancienne définition de la mort (la mort clinique) par la définition de la « mort cérébrale ».
Celle-ci consiste en la cessation totale et irrévocable de la fonction densemble du cerveau. La constatation de la mort cérébrale est un signe certain du fait que le délabrement de la vie humaine dans sa totalité est devenu irréversible. A partir de ce moment, on peut envisager de prélever des organes pour une transplantation dorganes. Cette capacité de déterminer la mort définitive dun être humain peut contribuer à neutraliser la crainte que des organes ne soient prélevés avant même que la personne ne soit décédée. En outre, le prélèvement dorganes de personnes défuntes est lié à des conditions précises, car elle signifie une ingérence dans lintégrité du corps mort. Aussi des législations officielles réglementent les conditions dadmissibilité du prélèvement dorganes.
De la plus haute importance est lacceptation donnée avant la mort par le donneur ou la permission des familiers de la personne défunte.
„La transplantation dorganes nest pas moralement acceptable si le donneur ou ses proches ayants droits ny ont pas donné leur consentement explicite. (Catéch. Eglise Catholique 2296) Seulement dans des cas urgents, quand une transplantation immédiate dorgane reste le seul moyen de sauver une autre personne, la préoccupation du salut de cette vie peut avoir la priorité sur lexigence de la sauvegarde de lintégrité du corps de la personne défunte. Des régulations législatives et des directives médicales contribueront à éviter les abus, par exemple que les organes des personnes vivantes comme des défuntes ne puisse en aucun cas être mis en vente ou achetés.
Les Eglises chrétiennes voient en général dans le don dorganes une possibilité de mettre en pratique lamour du prochain au-delà de la mort, mais elles sengagent en même temps à examiner avec soin au cas à cas les transplantations dorganes (Voir « Dieu est ami de la vie », la déclaration commune de la Conférence Episcopale allemande et le Conseil des Eglises Evangéliques en Allemagne, VI, 4 : Transplantation dorganes). On ne peut pas rendre obligatoire un passeport de donneur ; le consentement doit se faire par amour en toute liberté et en âme et conscience. » (Catéchisme catholique pour adultes, Vol. 2, p. 314-316).
Question 217 : Si Dieu est tout puissant, quil peut tout faire, pourquoi lui faut-il absolument un fils ? (T)
Réponse : La manière même avec laquelle cette question est posée révèle une mauvaise compréhension chez celui qui la pose en ce qui concerne la doctrine chrétienne sur Dieu. La toute puissance de Dieu quenseigne la foi chrétienne nexclut en rien la foi chrétienne en la trinité de Dieu, en ce sens que le Dieu unique est Père, Fils et Esprit Saint.
Le message de Jésus sur Dieu peut sexprimer en résumé comme suit : Dieu, le Père, le Tout-Puissant. Les textes bibliques révèlent que la foi en un Dieu unique ne signifie pas : nous ne croyons quen un seul Dieu et nous ne croyons pas en deux ou trois dieux. Elle signifie : nous confessons que notre Dieu sest révélé unique et original au point quessentiellement il ne peut en exister quun seul. Car un Dieu qui serait limité ou même contrarié par dautres dieux ne serait plus le Père tout-puissant. « Ce qui doit prévaloir en tant que grandeur suprême doit être unique à exister et navoir rien déquivalent… Si Dieu nest pas quelquun, il ny en a aucun » (Tertullien, père de lEglise, env. 155-220 après J.C.)
2. Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit
Le contenu de la confession de foi chrétienne au Dieu Trinité est formulée de la façon la plus condensée : un Dieu en trois Personnes. Cette profession de foi ne dit donc pas : une personne = trois personnes, un Dieu = trois dieux, ce qui serait insensé. Le confession de foi dite dAthanase (qui ne remonte certainement pas à Saint Athanase, mais a dû voir le jour autour de 500) lexprime ainsi :
« Nous honorons le Dieu unique dans la Trinité et la Trinité dans lunité, sans mélange des personnes et sans séparation de leur essence. » (Neuner Roos, n. 915)
Ceci est exprimé de façon analogue dans la préface de la fête de la Sainte Trinité :
« Avec ton Fils unique et le Saint-Esprit, tu es un seul Dieu, tu es un seul Seigneur, dans la trinité des personnes et lunité de leur nature. »
Cette confession de foi au Dieu Trinité est un mystère profond, quaucun esprit créé ne peut découvrir par lui-même ou même comprendre. Cest le mystère dun amour insondable et surabondant : Dieu nest pas un être solitaire, mais un Dieu qui se donne et se communique lui-même dans la surabondance de son être, un Dieu qui vit dans la communion du Père, du Fils et de lEsprit et qui peut ainsi partager et fonder la communion. Parce quil est en lui-même la vie et lamour, il peut être pour nous vie et amour. Cest de cette façon que nous sommes impliqués de toute éternité dans la mystère de Dieu. Dieu a de toute éternité fait un place à lêtre humain. En dernier ressort, la confession de foi au Dieu Trinité est une explication de la phrase : Dieu est amour (1 Jean 4,8.16b). Que de toute éternité Dieu est en lui-même vie et amour signifie sa gloire et est le fondement de notre espérance humaine, à nous qui sommes situés dans un monde de mort et de haine. Nous pouvons, dans la foi, savoir que la réalité ultime la plus profonde est vie et amour et que par Jésus Christ, dans lEsprit Saint, nous avons reçu la grâce de participer à cette réalité. » (Catéchisme catholique des adultes, p. 85)
Question 218 : Quand un être humain est-il vraiment mort, daprès les chrétiens ? Quand lâme quitte-t-elle le corps ? Comment comprend-on la situation des morts cérébraux, qui ne sont plus maintenus en vie que grâce à des machines ? (T)
Réponse : Habituellement, une personne est morte lorsque lon constate la mort du cœur. On continue, dans les débats médicaux, philosophiques et éthiques, de se poser des questions à propos de la mort cérébrale comme détermination de la mort dun être humain.
Officiellement lEglise catholique ne sest pas opposée à la constatation de la mort cérébrale comme indicateur de la mort dun être humain daprès les normes correspondantes du diagnostic médical, puisquelle est en faveur du don dorganes après la mort. Mais à linstar de la législation allemande, lEglise ne sest pas exprimée directement en ce qui concerne la mort cérébrale et son diagnostic. Je trouve que cette réserve est justifiée, car ce nest pas à lEglise de définir le diagnostic de la mort. (Prof. Dr. Josef Schuster, Frankfurt)
Question 219 : Pourquoi le Vatican maintient-il toujours la discipline du célibat malgré les cas dabus sexuels révélés ces derniers temps ? (D)
Réponse : « Les abus sexuels sur mineurs de la part de membres du clergé catholique est un délit particulièrement horrible. Car le prêtre se trouve dans un rôle de paternité par rapport aux victimes, en sorte que cet acte présente un caractère incestueux. Ainsi la confiance fondamentale dans les relations humaines peut être anéantie, et cela ne peut pas laisser lEglise indifférente que la confiance en Dieu soit ainsi détruite ou gravement endommagée » (Manfred Lütz, „ Die Kirche und die Kinder. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 11. 2.2010, p. 31).
Dans la mouvance des discussions sérieuses, bien informées et souhaitables, sur ce thème, il nest pas rare que lon prétende en bloc quil existe un lien de cause à effet entre le célibat du prêtre [célibat pour lequel, dans le rite latin de lEglise catholique romaine, le candidat à la prêtrise soblige par vœu avant son ordination] et les abus sur enfants et mineurs. Des spécialistes de différentes disciplines ont entre temps contesté de telles hypothèses. Mais il est certain que, dans la question des rapports possibles entre le célibat et les cas dabus, on peut avancer un certain nombre déléments : tout dabord lEglise, comprenant le prêtre et de nombreux autres métiers, est quotidiennement au service dun très grand nombre denfants et de jeunes, et cela comme peu dinstitutions dans notre société (abstraction faite des écoles de toutes sortes).
Cela augmente sans nul doute les occasions de contacts et de conflits. Jespère que les débats actuels, qui sont inévitables, ne mettent pas en péril chez de nombreuses personnes la simplicité intègre de leurs relations avec les enfants et les jeunes. Il faut que lEglise réfléchisse objectivement à la question de savoir dans quelle mesure la forme de vie du prêtre peut attirer fortement des hommes aux prédispositions pédophiles, dautant plus quand il sagit dun engagement dans des institutions ecclésiales. Dans ces institutions, il ny a pas seulement des opportunités de rencontrer de nombreux enfants dans des espaces protégés, mais il y a aussi la conséquence que lon peut ne pas être découvert à cause de la discrétion pastorale et des tabous de la société en ces matières. Les responsables de nos instituts de formation ont depuis longtemps reconnu ce danger. Pourtant, malgré une grande vigilance, même des échanges avec des spécialistes et une information adaptée ne peuvent pas toujours exclure des erreurs dappréciation dans tel cas particulier. Dans le même sens, il nous faudra encore certainement une plus grande prudence et une claire détermination »( Cardinal Karl Lehmann; Kirche der Sünder, Kirche der Heiligen. Frankfurter Allgemeine Zeitung, 1 avril 2010, p. 6).
Ajoutons encore le point de vue décidé du psychiatre et théologien bien connu, le docteur Manfred Lütz, de Cologne : « Quoi que lon pense, en fin de compte, de la morale sexuelle catholique, celle-ci a en tout cas toujours été un rempart solide contre les abus denfants, pour ceux qui sy tenaient, et cela, également aux époques où lon bagatellisait la pédophilie. Et de citer le célibat dans un pareil contexte ne révèle pas une attitude particulièrement responsable. Lors dun congrès, en 2003, à Rome, les experts internationaux qui faisaient autorité en la matière – aucun nétait catholique – déclaraient quil ny a pas de relation entre ce phénomène et le célibat. » (Manfred Lütz, o.c.)
Question 220 : Pourquoi les catholiques croient-ils que Jésus doit être réellement présent dans leucharistie ? Pourquoi les protestants sopposent-ils à cette croyance ? (T)
Réponse : Celui qui pose la question est invité à relire le chapitre 7 (« Sainte Eucharistie », appelée aussi traditionnellement « Sainte Messe », particulièrement les parties III et IV) plus haut sur le présent site internet. Ensuite également la réponse à la question 20 dans « Questions et Réponses 1 », également plus haut sur le présent site.
Comme déjà présenté dans ces textes, Jésus exprime, lors de son dernier repas avec ses disciples, une parole dune mystérieuse profondeur : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous », « Ceci est le calice de mon sang, qui est répandu pour vous et pour la multitude ». Le théologien Otto Hermann Pesch écrit à ce propos dans son ouvrage, « Kleines katholisches Glaubensbuch » : « Tout dabord, ces paroles nous disent à nouveau : le don de Jésus dans sa mort est présent dans ce repas festif, la célébration de leucharistie (du merci) et ce don vaut à la fois pour le Père du ciel que pour les hommes. Aussi appelle-t-on depuis longtemps la messe « le sacrifice de la nouvelle alliance ». Car là où auparavant se trouvait loffrande du lagneau pascal, là se trouve maintenant le don de Jésus à Dieu pour les hommes. A la différence des anciens sacrifices, le don de Jésus vaut une fois pour toutes, aussi la messe nest-elle pas un nouveau sacrifice, ni non plus la répétition du sacrifice de la croix, mais lactualisation de lunique mort sur la croix de Jésus, qui sest passée une fois pour toutes ; cest Jésus qui est le sacrifice de la nouvelle alliance, à la place de lagneau pascal et de tous les sacrifices de lancienne alliance.
Les paroles de Jésus sont encore mystérieuses dun autre point de vue. Jésus sidentifie aux offrandes quil présente aux disciples et quil ordonne de présenter en mémoire de lui. Car « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » signifie « ceci est moi-même ». Comment comprendre cela ? Il y a de nombreuses tentatives dexplication dans lhistoire.
Aucune ne peut éclairer complètement le mystère de ces paroles, et nous ne le pouvons pas non plus. Mais nous pouvons indiquer la direction dans laquelle nous pouvons nous représenter lidentification de Jésus avec les offrandes, ou, comme nous lexprimons mieux aujourdhui : la présence du Christ dans les offrandes. Une chose est claire : il ne sagit pas dune sorte de sortilège. Le pain et le vin ne se transforment pas extérieurement au corps et au sang de Jésus, et Jésus, dans sa stature terrestre, ne se trouve en aucune façon dans le pain et le vin. Ainsi considérés, le pain et le vin, dans leur apparence extérieure – la forme, la couleur, le goût, les éléments constitutifs – sont le signe de la présence du Christ. Mais comment une personne peut-elle sidentifier avec les signes qui désignent sa présence ? Nous pouvons penser à un mari qui, à lanniversaire de leur mariage, offre à son épouse chaque année 25 roses, comme il lavait fait lors de leurs fiançailles. Quest-ce que cela pourrait signifier ?
Le mari dirait par là à sa femme : dans ces roses, se trouve lexpression du même amour pour toi que lors de notre mariage. Ces roses sont loffrande que je te fais, aujourdhui comme autrefois. Cette comparaison nous permet de nous rapprocher de près du mystère des paroles de Jésus : Jésus nest pas présent partout, il est présent en personne, invisiblement, mais réellement ; il est présent par son amour ; et cet amour est le même que celui qui la fait aller à la mort pour nous, il est exprimé dans les mêmes offrandes que celles quil a présentées autrefois lors de la Cène. Une seule chose diffère de lexemple des roses, et sur ce point notre capacité de représentation fait défaut : même le signe le plus expressif que les hommes puissent imaginer nest pas capable de lever la différence entre le signe et celui qui le donne. Les roses ne sont pas le mari. Mais surtout ceci : le mari pourrait aussi se contenter de faire semblant, il pourrait simuler lamour – les signes humains ne sont jamais entièrement fiables. Ce nest aucunement le cas pour Jésus. Ses signes à lui sont entièrement fiables. Toute hypocrisie est totalement exclue. Et parce quil ne partage plus notre vie dans lespace et dans le temps, il peut supprimer la différence entre le signe et la personne, il peut de façon invisible pénétrer son entière réalité personnelle dans les signes de son offrande. Nous ne pouvons effectivement plus nous représenter cela, nous ne pouvons que croire les paroles de Jésus et, dans cette foi, nous réjouir de sa proximité auprès de nous. La présence du Christ, qui pour nous est allé à la mort et qui a été ressuscité par Dieu – c est […] la proximité de Dieu lui-même, qui guérit notre vie. Ainsi notre foi tout entière se concentre dans la messe. Nous écoutons le message (les lectures), nous apprenons à le situer dans notre vie (homélie), nous célébrons la mémoire des évènements dans lesquels Dieu sest rapproché irrévocablement de nous, à savoir la mort et la résurrection de Jésus, nous ressentons sa présence dans laccueil des dons, nous nous laissons interpeller quant aux conséquences pour notre vie … Cest pourquoi la Constitution pour la liturgie du Concile Vatican II appelle la messe « le sommet auquel aspire toute laction de lEglise et en même temps la source doù vient toute notre énergie » (Article 10) ». Cela ne veut pas dire que nous devions toujours être dans la forme la plus grande lorsque nous participons à la messe. Il sagit dun « sommet » objectif. Nulle part dans toute laction de lEglise et dans la vie chrétienne, la foi tout entière se trouve à ce point résumée sous tous ses aspects, nulle part cette foi peut réfléchir sur elle-même de façon aussi concentrée que dans la messe. » (Kleines katholisches Glaubensbuch [Topos Taschenbücher 539]. Kevelaar, 2009, pp. 101-103.)
Le Catéchisme Catholique pour adultes (der Katholische Erwachsenen-Katechismus) sexprime ainsi sur les différents questionnements concernant la doctrine de lEglise sur la présence du Christ dans la sainte Eucharistie : « Tout au long de lhistoire, lEglise a dû à de nombreuses reprises défendre la présence réelle de Jésus Christ dans lEucharistie et en même temps en expliquer la profondeur. Déjà lors de la première et de la seconde dispute de la Dernière Cène, au 9ème et au 11ème siècle, lEglise a dû sopposer à une compréhension purement spirituelle et purement symbolique de lEucharistie. Dautre part, à la même époque, elle a dû se situer également par rapport à une erreur primitivement sensualiste, à la manière des gens de Capharnaüm, qui pensaient que lon peut recevoir le Christ dans leucharistie comme on consomme du pain ordinaire. (cf. Jean 6,52). En opposition à ces deux erreurs, la Quatrième Concile du Latran (1215) a proclamé la transsubstantiation du pain et du vin dans lEucharistie. Dans les débats avec les Chrétiens de la Réforme, au 16ème siècle, il a fallu reprendre à nouveaux frais ces questions. Luther a, certes, maintenu fermement, à lencontre de la compréhension purement symbolique de Zwingli, la présence réelle du corps et du sang de Jésus Christ « dans et sous le pain et le vin » (Grand Catéchisme).
Mais il rejeta la doctrine catholique de la transsubstantiation à cause des problèmes conceptuels qui y sont attachés et il sopposa à la continuité de la présence du Christ au-delà de la célébration de la Cène, parce que la Cène a été instituée pour les besoins de la communauté.
Calvin refusait lui aussi la présence dans et sous le pain et le vin et il enseignait que Jésus Christ élevé au ciel est présent par lEsprit Saint lors de la réception de la Cène. Ce nest quà partir de ce siècle-ci que les luthériens et les réformateurs arrivèrent mutuellement à une certaine entente et à des célébrations réciproques de la Parole et de la Cène (Concordat de Leuenberg).
On a également obtenu un rapprochement œcuménique, mais sans accord complet, entre les doctrines luthérienne et catholique. (Le repas du Seigneur ; dans un contexte œcuménique plus large : le document de Lima). Cest surtout dans la question de la présence continuelle de Jésus Christ que lon na pas encore trouvé de consensus » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Vol. 1, p. 349).
Question 221 : Comment le Vatican évalue-t-il les systèmes politiques ? Est-ce quun régime totalitaire dans lequel les chrétiens sont au pouvoir nest pas plus commode pour le Vatican ? (T)
Réponse : Le chapitre 9, plus haut sur cette page web « Spirituel et temporel », se penche sur cette question sous III,2 et IV. De plus, des déclarations pertinentes du Catéchisme Catholiques pour adultes, vol. 2, section III,3 : Les Chrétiens et la communauté politique (p. 244 ss) répond aussi à cette question. Nous citons ici des extraits de ce texte :
« Les chrétiens ont vécu et vivent dans des contextes politiques différents. Quelles orientations trouvent-ils dans lévangile pour déterminer leur attitude envers la communauté politique, par rapport à lexercice du pouvoir politique, et en ce qui concerne la façon de se situer humainement vis-à-vis de lautorité politique ? […]
On doit comprendre la réponse de Jésus à la question du payement de limpôt à César, que tout juif devait payer (impôt capital) dans le contexte agité de lépoque ainsi que les différentes tensions politiques. La pièce de monnaie avec leffigie et linscription comportait aussi la prétention de lempereur à recevoir un hommage divin.
Voilà pourquoi les Zélotes refusaient limpôt, dautre cependant étaient disposés à le payer, même si cétait à contrecœur. Il fallait piéger Jésus avec cette question de savoir sil était permis dacquitter limpôt. Sil disait oui, il perdait aux yeux de ses ennemis toute crédibilité avec sa proclamation du Règne de Dieu ; sil disait non, on pouvait laccuser de rébellion contre le pouvoir impérial et le condamner. La réponse de Jésus : Rendez à César ce qui est à César, et rendez à Dieu ce qui est à Dieu (Marc 12,17) a une signification principielle. Jésus reconnaît, certes, le droit de lEtat à ce qui lui revient, mais il le limite aussi par la souveraineté de Dieu. Il dépasse le questionnement politique et proclame que le droit de Dieu est le plus élevé. Cest en cela quil fait une réserve par rapport aux exigences et aux prétentions de pouvoir injustes, qui méprisent Dieu. La parole de Jésus indique la direction quant à la manière de se comporter vis-à-vis du pouvoir étatique, mais ne donne pas des règles de conduite valables dans toutes les situations. Sa parole a été interprétée différemment tout au long de lhistoire. Les différentes situations demandent à chaque fois de nouvelles décisions concrètes.
Le regard réaliste de Jésus sur les contextes existants et à venir dans le monde, ainsi que les indications sur le comportement des disciples trouvent à un autre endroit dans lévangile une formulation explicite. Pour contrer le désir de se faire valoir qui avait saisi les disciples eux-mêmes, il dit :
« Vous savez que ceux quon regarde comme les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, se fera lesclave de tous » (Marc 10,42-44)
Voilà la constitution que Jésus donne à la communauté des frères et sœurs qui veulent se soumettre à Dieu. Le service mutuel à lexemple de Jésus (Marc 10,45) est un signe qui va à lencontre de toute recherche de pouvoir dans le monde. Dieu veut que tous les hommes soient libérés de loppression et des injustices. Le principe fondamental exprimé par Jésus représente un défi pour la pensée humaine purement terrestre et une mise en accusation de tout Etat qui abuse de son pouvoir, quelle que soit sa forme concrète. Jésus, par sa proclamation, qui sinspire du message libérateur de Dieu, relativise tout attachement à une forme déterminée de domination terrestre. Quand un Etat exerce son pouvoir pour le bien de tous, il est au service de Dieu et il peut prétendre à ce quon le respecte et lui obéisse.
Cest en ce sens que Paul demande aux Chrétiens de Rome de se soumettre aux puissances (étatiques) supérieures (Romains 13,1-7). Car il ny a point dautorité qui ne vienne de Dieu (13,2). Les citoyens doivent obéissance aux autorités civiles, pas seulement par crainte dune punition, mais également en conscience, puisquelles sont au service de Dieu (13,4 s). Mais il y a en même temps une réserve : lEtat est responsable devant Dieu et il ne peut pas se considérer comme absolu. Il est de son devoir de protéger les bons et de punir les méchants. Quand il outrepasse ses compétences, il ny a plus dobligation à lui obéir. […] Quand des instances civiles dépassaient les limites mises par Dieu, les Chrétiens se sont dès le début mis dans lopposition. […] Dans les diverses formulations du Nouveau Testament, on voit que lattitude de lEglise primitive par rapport au pouvoir politique a varié. Dans la mesure où lautorité politique ne soppose pas au droit divin, les chrétiens vivent comme de fidèles citoyens de lEtat. Mais dès que lEtat abuse de son pouvoir, ou quil se transforme en état de non droit, les Chrétiens se voient obligés de refuser dobéir. Lautorité de Dieu est toujours supérieure à lautorité de lEtat. Quand il est question du comportement des Chrétiens vis-à-vis du pouvoir civil, le commandement de lamour de lennemi prend une importance particulière. Jésus demande à ses disciples de prier pour ceux qui les persécutent (Matthieu 5,44 ; cf. Luc 1,28).
Dans les Lettres pastorales, le Chrétiens sont encouragés à prier pour tous les hommes, également pour les souverains et pour tous ceux qui exercent le pouvoir (1 Timothée 2,1 s). Même durant les persécutions, les Chrétiens pratiquaient lamour de lennemi (Matthieu 5,44 ; cf. Luc 6,28) et ils ne cessaient pas de prier pour les souverains. Dans ce genre, la prière la plus ancienne qui nous est parvenue a été formulée par Clément de Rome vers 96 après J.C. :
Aux princes et à nos chefs, sur la terre, c'est vous, Maître souverain, qui leur avez donné pouvoir et royauté, par votre puissance merveilleuse et ineffable, afin que, reconnaissant la gloire et l'honneur que vous leur avez départis,nous leur demeurions soumis, pour ne pas contredire votre volonté.Accordez-leur, Seigneur,la santé, la paix, la concorde, la stabilité, pour qu'ils exercent sans erreur la souveraineté que vous leur avez octroyée.
Dirigez, Seigneur, leur conseil, suivant ce qui est bien, suivant ce qui est agréable à vos yeux,en sorte qu'ils exercent avec piété, dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que vous leur avez donné, et reçoivent vos faveurs. (1 Clemens 60,4-61,2). (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, p. 244-248)
Fondement et fin de la communauté politique moderne
En ce qui concerne le fondement et la fin de la communauté politique moderne, lidée des droits de lhomme a pris une importance essentielle. « Dans un libre état de droit, lancienne hiérarchie des états a été supprimée. Tous les citoyens sont désormais égaux en droit. La société est pluraliste. En son sein, il existe diverses religions et diverses visions du monde. LEtat garantit la liberté de religion et de confession à chaque individu ainsi quaux institutions religieuses qui existent dans la société. […]
Les Chrétiens peuvent, certes, vivre en croyants dans toutes sortes de communautés politiques – également en tant quEglise persécutée et silencieuse – mais, pour les Chrétiens, la question de savoir comment sont fondées la communauté politique et son autorité nest pas indifférente, ni la manière avec laquelle celle-ci se comporte vis-à-vis des personnes, ni sa façon de tenir compte des droits de lhomme, ni si elle reconnaît, ou persécute ou combat la religion.
Bien sûr, lEglise comme communauté des croyants ne peut pas prétendre à un mandat particulier pour donner une forme politique concrète à la communauté, mais son message religieux dans sa dynamique interne tend puissamment à faire en sorte que la vie sociale des hommes puisse se réaliser dune manière humaine. […]
Si lon sinspire de la doctrine sociale catholique et de la charte des droits de lhomme des Nations Unies, selon lesquelles la personne humaine est la racine fondamentale, le soutien et le but de toute institution (cf. Gaudium et Spes 25s ; 63), lexigence dégalité et de participation correspond le mieux à une forme dEtat de droit garantissant les libertés, avec un fonctionnement démocratique et un gouvernement élu démocratiquement. Les hommes qui sunissent en peuple organisé comme un état doivent déterminer quelle est la forme de gouvernement quils estiment juste dans leur situation concrète (cf. Gaudium et Spes 74). Le Concile Vatican II, dans ses déclarations à propos de la communauté politique, ne prend délibérément pas position sur la question de la forme détat la meilleure possible. Il insiste bien: „ LÉglise qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond daucune manière avec la communauté politique et nest liée à aucun système politique, est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. (Gaudium et Spes 76,2). Les expériences faites dans le passé, comme dans le présent, montrent que les formes de gouvernement démocratiques correspondent le mieux à créer les relations justes qui sont appropriées aux individus comme à la société dans son ensemble.
Dans une vision réaliste de la disposition de lhomme, on ne peut pas ignorer quil peut y avoir également pour la démocratie des dangers dans un système démocratique. Par exemple, ils peuvent consister en ceci que lon essaye darriver à des décisions majoritaires à propos de matières qui ne relèvent pas dun vote parlementaire, mais qui sont du domaine de la conscience et qui concernent des questions éthiques. Un autre danger pour la démocratie survient quand des minorités sont méprisées ou persécutées, ou lorsque des groupes dintérêts exercent une pression injuste sur les parlementaires.
Il est possible dexercer un réel pouvoir démocratique lorsque un domaine est subdivisés en plusieurs pouvoirs. Dans la démocratie parlementaire, le peuple choisit comme norme suprême le pouvoir législatif. Celui-ci établit le pouvoir exécutif et le contrôle. Les deux créent les conditions pour un pouvoir judiciaire indépendant. Les divers pouvoirs se déterminent les uns les autres. La mission principale du pouvoir de lEtat est de protéger les droits fondamentaux. Ceux-ci ne sont pas accordés aux citoyens par lautorité politique, mais ils sont à garantir et à respecter comme donnés a priori. Aujourdhui, on assiste à une croissance mondiale des relations et à une dépendance mutuelle de tous les hommes et de tous les peuples. Il devient toujours plus nécessaire de comprendre le bien commun non seulement au niveau national, mais au niveau universel, et de le déterminer quant à son contenu, dautant plus quil existe en fait déjà une communauté mondiale grâce à léconomie, à la science, à la technique, à la communication, etc. Depuis Pie XII, le papes se sont référés de plus en plus fortement à la collaboration des états et à leur responsabilité concernant la communauté de tous les peuples. […] Au niveau économique, social, politique et culturel, il peut être éclairant que les nations se mettent daccord que dans un certain nombre de domaines elles aient une souveraineté limitée. Sans pour autant perdre quelque chose de leur identité comme communauté de droit et de culture » (id., p.244-252)
Foi et politique, Eglise et Etat
« Longtemps lEglise a eu des relations tendues avec la démocratie. Lévolution de lEtat vers un état séculier moderne et surtout vers une démocratie de droit et libre a fait que les rapports entre foi et politique, comme aussi entre Eglise et Etat soient envisagés de façon moins crispée que par le passé.
Après que lEglise eut trouvé un rapport positif avec la démocratie libre, le Concile Vatican II (1965) pouvait faire la déclaration suivante à propos du rapport Eglise-Etat :
‚Sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et lÉglise sont indépendantes lune de lautre et autonomes. Mais toutes deux, quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront dautant plus efficacement ce service pour le bien de tous quelles rechercheront davantage entre elles une saine coopération, en tenant également compte des circonstances de temps et de lieu. (Gaudium et Spes, 76, 3)
LEglise est préoccupée par le salut de lhomme dans la louange de Dieu par la suite du Christ. Ce salut se fonde dans la proclamation du Règne de Dieu, dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ, il est caché et il ne sera visible dans toute son ampleur lors du retour du Christ. Lhistoire du monde et le processus de salut sont intimement liés, mais ils ne se laissent pas ramené à un système immanent dont disposeraient les hommes.
Il ne peut y avoir sur terre un état de Dieu. Aussi la mission de lEglise ne consiste-t-elle pas à planifier et à réaliser des constellations terrestres dans les domaines de la politique et de la science. LEglise contribue à ce que, dans la société, la justice et lamour puissent se déployer, elle proclame les principes de la justice, et elle critique ouvertement quand les relations politiques sont en contradiction avec la dignité de lhomme (cf. Gaudium et Spes, 63 ; 76). Mais lEglise nélabore pas de programme daction politique. La mission que le Christ lui a confiée, et lobjectif quil lui a fixé appartiennent à la sphère de la religion (GS 42). Sa mission se distingue clairement de la tâche de la politique. « La création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu » (Romains 8,19). Cette attente comprend aussi « le souci du développement de la terre » (GS 39). LEglise est le « signe et linstrument de lunion la plus intime avec Dieu ainsi que de lunité de toute lhumanité » (Lumen Gentium 1 ; cf. GS 42). Dans la mesure où elle annonce la foi et sanctifie les croyants par les sacrements, elle relie les hommes avec Dieu. Il en résultera une manière nouvelle, plus humaine de convivialité. Un domaine essentiel dans lequel le chrétien, en tant que citoyen, sera à la hauteur de cette exigence, est celui de laction politique. Le chrétien ne peut se dispenser de sa responsabilité politique et se tenir loin de la politique par peur de « se salir les mains ». […]
Quand des orientations politiques se transforment en mouvement de salut immanents et se mettent à essayer de faire de létat une dimension totale et idéologiquement décisive de la vie humaine, les chrétiens sont dans lobligation dintroduire dans la société des propositions de valeurs humaines et de veiller à ce que lhomme ne se réduise pas à une simple fonction dans létat et la société. […]
Pour les chrétiens, il faut sen tenir à lindication : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Marc 12,17). Cela exige que lon donne à lautorité politique ce qui lui revient, mais rien de plus. Le chrétien ne peut pas approuver des exigences qui ne sont pas compatibles avec le but véritable et dernier de lhomme. « Il faut obéir à Dieu plus quà lhomme » (Actes 5,29). (ib. p. 252-254).
Question 222 : Abraham a-t-il été Indien ? Sur une page web on prétend que lhistorien juif Flavien Josèphe a écrit que les juifs furent à lorigine des Indiens. (D)
Réponse : Les arguments en faveur de cette conception de lhistorien juif Flavius Josèphe (ca 37 à ca 100 après JC) ne me sont pas connus, ni non plus cette page web. On peut dire en général que lancien patriarche dIsraël, Abraham (le père des peuples), dont le nom était à lorigine Abram (en sémitique du Nord : le [Dieu] Père est élevé), a été considéré historiquement comme un éleveur semi-nomade de petit bétail des régions sémites du Nord-Ouest, remontant aux 18ème et 19ème siècle avant JC, et il est devenu dans la foi lancêtre de trois religions universelles : le judaïsme, le christianisme et lislam. « Abraham traversa le pays avec son clan qui se fiait à son Dieu du Père, El. Ce Dieu El nest pas lié au ciel, ni à des lieux de culte déterminés, mais à ce Père qui sest révélé à lui, ainsi quà son clan, quil accompagnait continuellement. Dieu apparaît comme le berger qui protège les clans semi-nomades de lépoque patriarcale. Même si les transhumances dAbraham semblent sêtre concentrées sur la région autour dHébron, le livre de la Genèse les décrit essentiellement beaucoup plus largement dans le cadre de sa conception littéraire et théologique et les place dans un contexte dhistoire des civilisations. Abraham est désigné comme lexemple même du croyant. Le récit du sacrifice de son fils Isaac montre quAbraham était prêt à tout donner. Mais Dieu refusa ce sacrifice humain. » (Udo Tworuschka, Lexikon: Die Religionen der Welt. Gütersloh: Gütersloher Verlagshaus, 1999, p. 14f.)
Question 223 : Daprès le livre de la Genèse dans lAncien Testament, Adam et Eve eurent deux fils. Comment ensuite les hommes se sont-ils multipliés ? (T)
Réponse : Deux positions opposées donnent une réponse à la question de savoir si tous les hommes descendent dun premier couple humain (monogénisme) ou de plusieurs (polygénisme) qui vivaient environ à la même époque à des endroits différents (Asie orientale, Afrique). La Bible ne donne aucune réponse claire à cette question. Les récits bibliques de la création du premier couple humain, selon les connaissances exégétiques actuelles, ne représentent pas une position scientifique historique de la généalogie humaine, mais ils proclament la conviction croyante que Dieu est le Créateur de lhumanité et le Seigneur de toute lhistoire humaine. Dans le Nouveau Testament, sans doute, le parallèle Adam-Christ (Romains 5,12-21 ; 1 Corinthiens 15,20-22) se rattache au récit vétérotestamentaire de la création ; mais, au fond, il sagit ici de contraster la situation salvifique nouvelle ouverte par le Christ avec la situation précédant le Christ.
Question 224 : Un chrétien peut-il se convertir une nouvelle fois, quand, par un mariage, il est passé à lIslam ? (D)
Réponse : La question est compliquée. Jy réponds donc par un a) et par un b). Pour a) : Le chrétien (on pense ici à un catholique) qui est passé à lIslam peut non seulement se convertir à nouveau (au catholicisme), mais il le doit. Tant quil ne le fait pas, il est apostat et par le fait même excommunié (cf. can. 1364 § 1). Ensuite b) : Est-ce que (du point de vue du droit de lEglise) le mariage dune personne qui quitte lEglise et se marie ensuite (sous quelque forme que ce soit, seul civilement ou sous la forme islamique) est valide ? Selon le can. 1117 CIC/1983 il était valide. Mais, puisque ce canon a été changé le 19 décembre 2009 par le pape, de tels mariages ne sont désormais plus valides. Le vieil adage vaut à nouveau : « catholique une fois, catholique toujours ».
Question 225 : Où trouve-t-on dans la Bible que Jésus est mort pour les péchés de lhumanité ? La-t-il dit lui-même ? Qui a fait circuler cette affirmation pour la première fois ? (EN)
Réponse : Cette question se situe dans le contexte plus large de la question de sens pour le salut de la mort du Christ en croix. Il faut donc commencer par parler du dessein de Salut de Dieu, puis de ce que veut dire la mort rédemptrice de Jésus.
Le dessein de Salut de Dieu
Le Nouveau Testament comprend le don de soi obéissant du Christ à la volonté du Père « à notre intention » comme sa réponse au don de soi de Jésus par Dieu, son Père. Ce fut loin dêtre un défi facile pour lEglise primitive dassumer le scandale de la honteuse mort en croix de Jésus de Nazareth, innocent.« La honteuse mort en croix de Jésus a été pour les Juifs un jugement divin, et même une malédiction (cf. Galates 3,13), pour les Romains une infamie et, selon le témoignage de beaucoup, une cause de mépris et de moquerie. Paul écrit :
« Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens » (1 Corinthiens 1,22-23).
« LEglise primitive se rappelait les paroles mêmes de Jésus lors de la Dernière Cène ; à la lumière de la résurrection de Jésus par Dieu, elle prit pleinement conscience du fait que cette mort tellement scandaleuse de Jésus a certes été occasionnée, au niveau de lhistoire événementielle, par lincroyance et linimitié des hommes, mais, quen arrière-fond, il y a la volonté de Dieu, le dessein de salut de Dieu, oui, lamour de Dieu. Elle discernait dans litinéraire de Jésus par la souffrance et la mort une « nécessité divine » (cf. Marc 8,31 ; Luc 24,7.26.44), qui se dessine déjà dans lAncien Testament. Cest pourquoi on lit déjà dans une des traditions les plus anciennes du Nouveau Testament, que Paul avait trouvée dans ses communautés chrétiennes lorsquil se convertit, que Jésus est mort pour nous « selon des Ecritures » (1 Corinthiens 15,3). On disposait ainsi de différentes bases permettant dinterpréter le sens plus profond de la destinée tragique de Jésus : daprès une interprétation ancienne, Jésus partage le sort des prophètes, qui avaient été rejetés et mis à mort par Israël (cf. Luc 13,34; Matthieu 23,29-31.35). Cest bien pourquoi une mort violente lattend à Jérusalem, le ville de Dieu, « car il ne convient pas quun prophète meure ailleurs quà Jérusalem » (Luc 13,33). Lancien récit de la Passion, repris de Marc, décrit Jésus comme le Juste persécuté par les hommes et souffrant injustement ; il lit le destin de Jésus dans le déroulement du psaume de la passion, le Psaume 22. Une signification toute spéciale est accordée au quatrième chant du Serviteur de Dieu souffrant dans le livre dIsaïe (cf. Isaïe 52,13-53,12), qui est interprété par le Nouveau Testament comme une prophétie sappliquant à Jésus. Cest ainsi que Paul peut reconnaître dans la mort de Jésus lamour insondable de Dieu, qui na pas même pas épargné son propre Fils, mais la livré pour nous (cf. Romains 8,32.39 ; Jean 3,16), afin de se réconcilier en lui le monde (cf. 2 Corinthiens 5,18-19). La croix est lexpression ultime de lamour de Dieu.
La mort rédemptrice de Jésus à notre place
« Linterprétation de la mort de Jésus en tant que souffrance et mort à notre place se retrouve dans les récits de la Cène du Nouveau Testament et remonte ainsi pour lessentiel à Jésus lui-même. On peut le lire par exemple dans cette formule très ancienne :
« Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10,45)
Linterprétation de la mort de Jésus comme souffrance à notre place est effectivement entrée dans les traditions les plus anciennes des communautés (cf. 1 Corinthiens 15,3), et elle a été régulièrement reprise et approfondie dans le Nouveau Testament (cf. Jean 10,15 ; 1 Jean 4,10 ; 1 Pierre 2,21-25 ; 1 Timothée 2,6 e.a.). Paul a tout particulièrement repris la pensée de la substitution et il a même parlé dun échange de place entre Jésus Christ et nous. Il nhésite même pas à aller jusquà dire que Jésus est devenu pour nous une malédiction (cf. Galates 3,13), lui, sans péché, il a été fait péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu (cf. 2 Corinthiens 5,21). » (Catéchisme catholique pour adultes - Katholischer Erwachsenen Katechismus, Vol 1, p. 189) Aussi est-il indispensable de considérer la pensée de la substitution que lon trouve dans la Bible comme une donnée fondamentale de lhumanité. Cette idée sappuie sur la vision du lien de solidarité entre tous les hommes.
La Bible reprend cette idée et en fait « une loi fondamentale de toute lhistoire du salut : Adam agit en tant que représentant de toute lhumanité et il fonde la solidarité de tous dans le péché, Abraham est appelé à être une bénédiction pour toutes les générations (cf. Genèse 12,3), Israël à être la lumière pour les nations (cf. Isaïe 42,6). LÉcriture Sainte concrétise cette conception par lidée de la souffrance « à la place de », que lon trouve déjà dans le quatrième chant du Serviteur de Dieu :
Pourtant, c'étaient nos souffrances qu'il portait,nos douleurs dont il était chargé… Or, c'est à cause de nos fautes qu'il a été transpercé,c'est par nos péchés qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui,et c'est par ses blessures que nous sommes guéris… Car il portait le péché des multitudes et il intercédait pour les pécheurs. (Isaïe 53,4-5.12)
Cette pensée de la substitution, si centrale pour la Bible, convient particulièrement pour mieux comprendre de quelle façon la mort de Jésus a pu signifier le salut. La conséquence de la solidarité des hommes dans le péché était en effet la solidarité de tous dans la condition mortelle. On y voit surtout la situation de perdition et de désespoir de lhumanité. Si maintenant Jésus Christ, la plénitude de la vie, nous devient solidaire dans la mort, il fait de sa mort le fondement dune nouvelle solidarité. Sa mort devient désormais la source dune nouvelle vie pour tous ceux dont la destinée était la mort. » (Ibid., p. 188 s)
Question 226 : Si la Trinité de Dieu est véridique, pourquoi aucun des Prophètes de lAncien Testament nen a-t-il parlé ? (EN)
Réponse : Que celui qui pose la question commence par relire attentivement les réponses qui ont déjà été données aux Questions 1, 11 et 23. Tout particulièrement le premier paragraphe de la réponse à la Question 23 (plus haut, dans la Section 2). Cette question semble présupposer que les prophètes de lAncien Testament ont parlé ou ont dû parler explicitement des enseignements théologiques centraux des chrétiens dans la Nouvelle Alliance, et que ces doctrines auraient valeur de vérité : par exemple, la doctrine de la Trinité de Dieu, la doctrine de lincarnation du Verbe de Dieu en Jésus Christ, la doctrine de la puissance réconciliatrice de la mort de Jésus Christ. Mais les prophètes de la Bible nétaient certainement pas des devins à propos dévènements et de doctrines futurs ! Leur mission et leur mandat étaient de déterminer laction et la parole de Dieu dans lhistoire, de la reconnaître et de linterpréter.
Le Dieu de lhistoire
Le Dieu de la Bible, en effet, est le Dieu de lhistoire. Lui, le Vivant, qui transcende lespace et le temps, fait de façon sensible son entrée dans des situations concrètes particulières, dans certains lieux de prière. Il se rend de manière ciblée dans notre existence spatiotemporelle à la façon dune réalité perceptible remarquée, surprenante et nouvelle : il vient dans un rêve, pour avertir (Genèse 20,3 ; 31,34), il vient enveloppé dun nuage, pour offrir à Moïse de lascendant sur le peuple (Exode 19,9) ; il vient sur lautel pour bénir (Exode 20,24).
« Cest un Dieu dont on peut faire lexpérience. Il est expérience qui sest donnée dans et à partir de lhistoire dIsraël, et expérience qui a marqué des individus. […] Au sein du drame de ces expériences historiques impressionnantes, qui infèrent à leur tour une implication profonde et une préoccupation joyeuse devant lamour divin, mais aussi une peur douloureuse devant la sévérité de ses punitions et un pénible combat pour sa justice incompréhensible, une certitude confiante se fait jour dans la mémoire du peuple : le Tout Autre aime lhomme en étant proche de lui. Il est celui qui demeure incompréhensible et mystérieux, et, cependant, il se révèle dans sa préoccupation vivante comme le Dieu qui est là pour sa famille, pour Israël dabord, mais aussi comme le Dieu qui est pour les hommes et pour le monde. Cette préoccupation fait tellement partie de son être, quelle constitue son nom : Je suis là pour vous (cf. Exode 3,14). » (Theodor Schneider, Was wir glauben. Eine Auslegung des Apostolischen Glaubensbekenntnisses. Düsseldorf: Patmos, 1988, S. 105.)
« La manifestation centrale par Dieu de lui-même [dans lhistoire de lAncienne Alliance et ensuite dans les Saintes Écritures de cette alliance] peut donc se résumer dans une affirmation dialectique riche de tension : le Dieu unique, transcendant, indépendant du monde et incompréhensible, celui qui est puissant et éternel dans la possession absolue de lui-même, sest fait, dans la libre disposition de lui-même, un Dieu pour le monde et pour les hommes. Le Dieu transcendant se transcende lui-même dans sa liberté personnelle en direction du monde et en direction des hommes et il révèle cette libre préoccupation comme son essence propre. » (ib.)
Le nom de Dieu, « Yahvé », révélé en Exode 3,14, est une courte expression hébraïque : „Ähjäh, ascher ähjäh . Cest un jeu de mots à propos du verbe hébreux „hajah ̶ être. Cest une expression ramassée pour désigner lessence de Dieu, une sorte d « appellatif » de Dieu : Il est celui qui sapproche de son peuple en libérateur, il est lavenir ouvert et libérateur, celui qui sapproche de nous.
Cette perceptibilité de Dieu inhabituelle et surprenante devient particulièrement évidente, la venue de Dieu, en lien avec le but final espéré et attendu de notre route, avec la fin même de lhistoire (cf. Psaume 50,2-6). Comme létoile du matin, comme le soleil, Dieu se lèvera, rayonnant, sur la communauté de ses fidèles. Alors il fera définitivement et éternellement jour pour toute la création :
« Que résonnent la mer et sa richesse, le monde et tous ses habitants ; que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie, à la face du Seigneur, car il vient pour gouverner la terre, * pour gouverner le monde avec justice et les peuples avec droiture ! » (Psaume 97,8)
Les disciples reconnaissent en Jésus « la Parole de Dieu devenue homme »
« Les premiers croyants font, dans la mort de Jésus, dans sa résurrection et dans lenvoi de lEsprit, lexpérience du Dieu unique dAbraham, dIsaac et de Jacob, dune façon toute spéciale, comme le « Père de notre Seigneur Jésus Christ » ; à savoir, comme le Dieu à qui Jésus adresse sa prière dans une confiance sans limites, en lappelant délicatement « Abba », « cher Père », à qui il veut faire une place dans tout lespace dIsraël, afin que sa volonté de salut, son dessein de salut devienne réalité – « sur la terre comme au ciel ». Jésus en annonce le Royaume qui sapproche et il en donne déjà un avant-goût par son action ; en son nom et avec son autorité, Jésus pardonne les péchés et guérit les malades, ressuscité les morts, soumet les forces démoniaques, il rend présente linfinie miséricorde et bonté de Dieu, particulièrement dans le don de sa vie sur la croix « pour vous et pour tous » ; le jugement de Dieu lui est transféré en tant que « Fils de lhomme qui vient », exalté.
Ce faisant, le comportement de Jésus vis-à-vis de ce Dieu-Père est sans équivoque : il est en face de Lui, il se réfère continuellement à Lui, il est différent de Lui, car il est un homme mortel tout comme nous ; il est effectivement le « Fils de lhomme ». Et cependant la jeune Eglise, sur base de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, le considère de façon toute particulière comme « limage du Dieu invisible » (Colossiens 1,15), comme lEmmanuel promis, « Dieu avec nous » (Matthieu 1,23).
Sa proximité du Père, sa relation confiante et aimante à lui et, de ce fait, son unité intime avec lui a été vécue tellement étroitement, tellement intimement, tellement particulièrement que les croyants lont compris de plus en plus clairement : Jésus, dans toute sa différence davec Dieu le Père, lui est cependant inséparablement uni, lui, en tant que le « Fils », appartient de façon absolument inséparable à son Père, et cela précisément avant la création du monde, en tant que la « sagesse » éternelle de Dieu, en qui Dieu, de toute éternité, a « inventé » la création, et en tant que la « Parole » éternelle (logos) de Dieu, avec qui Dieu a fait exister la création au commencement. « Sagesse » et « Parole » de Dieu sont des concepts que la théologie sapientielle de lAncien Testament, la théologie du Logos du philosophe juif Philon dAlexandrie (du temps de Jésus), et la théologie rabbinique de la Thora, avaient déjà rendus disponibles et qui furent transposés sur Jésus par les premiers chrétiens. Car en lui cette Sagesse de Dieu « a pris corps » dans le temps (1 Corinthiens 1,24-31) ; en lui, le Logos, la Parole de Dieu « sest fait chair » (Jean 1,14) ; en lui, lamour de Dieu « a paru » (Tite 3,4) sous forme humaine, en lui, Dieu sest révélé et donné lui-même à nous, tel quil est.
Dans la langue de la philosophie grecque, les grands conciles des six premiers siècles ont exprimé cette expérience de la chrétienté primitive : « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, de même nature que le Père » (Grand Credo). Même si dans ce cas nous nous exprimons dans une pensée différente, celle de la réflexion philosophique grecque, il sagit pour elle de la même langue biblique, plus imagée. Il sagit de tentatives pour penser en même temps et pour garder inséparablement dans la foi trois éléments objectifs :
(1) La représentation monothéiste de Dieu : il ny a quun seul Dieu ; (2) lhumanité complète de Jésus : il nous est semblable en tout, hormi le péché (Concile de Chalcédoine) ; (3) le maximum dunité pensable entre Dieu et Jésus : ils sont distincts lun de lautre, mais ils sont en relation mutuelle de façon unique et inséparable.
Voici jusquaujourdhui, les trois critères ou balises qui doivent orienter toute compréhension chrétienne de la figure de Jésus, quels que soient les concepts et les images que les différentes époques et cultures peuvent inventer en particulier. Les dogmes christologiques et de théologie trinitaires des premiers conciles ont valeur de guides supraculturels, que personne ne peut laisser de côté. » (Medard Kehl, Phil.-Theol. Hochschule Sankt Georgen. „An den dreieinen Gott glauben. Warum die kein entbehrliches theologisches Glasperlenspiel in der Begegnung mit dem Islam ist. (Manuscrit inédit)
Ainsi les prophètes de lAncienne Alliance nont pas prédit le développement de la foi trinitaire et la doctrine de la trinité. Mais, chacun à son époque, a reconnu et annoncé que le Dieu de leur foi est « Yahvé » : « Je suis là pour vous », et, à partir de son Être, il garantit à son peuple le pardon indéfectible, la miséricorde et la fidélité. Jésus a été initié à cette foi par ses parents et ses éducateurs et, à partir de là, il a pu comprendre son être profond et sa mission comme celui qui est la « Parole » de Dieu venue définitivement dans lhistoire. La foi en Jésus, la Parole de Dieu faite chair, a ouvert ensuite la voie au développement plénier de la foi chrétienne en la Trinité.
Question 227 : A lépoque où lhumanité navait que fort peu dinformation sur elle-même et sur le monde, la religion était un outil très utile. Aujourdhui on découvre presque chaque jour de nouvelles réalités, inconnues jusquici, que lon avait pas étudiées ni expliquées. Combien de temps les religions auront-elles encore droit de cité ? Les religions sont-elles à même de survivre au siècle actuel ? (TR)
Réponse : Dans les religions, limportant nest pas de fournir des informations sur les hommes et sur le monde. Car cest la tâche des sciences naturelles et des sciences humaines.
« La religion se définit en général (à savoir, quand, de façon purement descriptive, sans porter de jugement de valeur, on veut prendre en compte tout ce qui se présente historiquement comme religion), comme la relation de lhomme au sacré, qui, en tant que religion subjective est la vénération, ladoration, et, en tant que religion objective, sincarne dans les médiations de la proclamation, de la parole, dactivités (gestes, danse, lavages, onctions, bénédictions, sacrifices, repas rituels) et du droit.
Cette relation est seulement possible dans la mesure où le sacré apparaît à lhomme. Mais la religion est la réponse de lhomme à cette apparition du sacré, et, en tant que telle, elle est menacée de disparition comme tout ce qui est humain, et encore bien plus que tout le reste de la vie humaine ; quand lhomme prend part au sacré dans la religion, il atteint ainsi ses possibilités ultimes, mais, aussi bien dans la remise de soi à Dieu, à qui revient toute sainteté, que dans le propre pouvoir de lhomme par lequel il fait violence au nom de Dieu, il sempare du sacré et en dispose pour sa propre justification. » (Karl Rahner/Herbert Vorgrimmler, Kleines Theologisches Wörterbuch, Freiburg, Herder, 1961, art. Religion).
Ainsi, en étudiant les religions du passé et du présent, nous arrivons à une ambiguïté et à une double virtualité de la religion, qui se réalisent le plupart du temps de façon mêlée dans les religions concrètes. Il y a dès lors des décadences et des renouveaux des religions. La disparition des religions, ou de religions particulières, a été prédite de façon répétée, mais presque toujours à tort.
Question 228 : Daprès la doctrine du christianisme et de lIslam, Dieu est tout puissant et élevé au-dessus de tout. Malgré tout, il ne se montre pas aux hommes, alors même quil serait capable de résoudre dun coup toutes les questions concernant la foi. Dieu est-il timide ? (TR)
Réponse : Le Dieu tout puissant et élevé au-dessus de tout de la foi chrétienne et islamique demeure à jamais opaque. « En fin de compte, on ne peut le comprendre. La plupart des gens le concèdent volontiers. Mais, ce qui est frappant : lorsque leur pensée se heurte à une telle limite, ils deviennent nerveux. Ils disent alors volontiers : je suis incapable de comprendre Dieu, comment est-ce que je peux voir un sens dans tout cela, je ne suis plus capable de croire en Dieu ! […]Voilà des conclusions qui ne permettent absolument pas de progresser.
Cest précisément le contraire : si quelquun parlait ainsi de Dieu, comme si tout était simple et que tout se passerait sans problèmes, il se serait fait à coup sûr une fausse représentation de Dieu. Tout ce que nous pouvons dire de lui nest que partiellement pertinent. Il reste toujours pour nous un mystère impénétrable. » Parler ainsi rencontre souvent la protestation suivante : « A quoi me sert un Dieu qui est aussi éloigné et qui est incompréhensible ! Je ne désire pas seulement le deviner, je veux lui parler, laimer, être en sécurité auprès de lui ! » Lécrivain Winfried Henze écrit à ce sujet à partir de son propre vécu : « Jai déjà fait lexpérience des deux. Que Dieu me semblait lointain et incompréhensible – et puis, à nouveau, que je le sentais tout proche de moi. Il était loin de moi, quand je voulais lapprocher avec des idées géniales, quand je men faisais et que je remuais des problèmes.
Il était proche de moi quand je réfléchissais à la façon dont lui-même avait rencontré les hommes. Je le sentais bien : de la manière avec laquelle, autrefois – par exemple – il avait appelé Abraham, il mappelle maintenant. Souvent je lis dans la Bible, et je suis chaque fois à nouveau touché : Dieu ne reste pas au loin. Il sadresse à nous. Il sapproche de nous. Nous pouvons le sentir. »
Ainsi, Dieu a appelé Abraham. Il a quitté sa maison et ses riches propriétés et il est parti dans le désert. Il sest livré à Dieu. Dieu seul était son espérance et sa sécurité. Il était croyant.
La Bible raconte des choses semblables à propos de nombreux hommes. Ils ont cru, et cela veut dire : ils se sont jetés dans les bras de Dieu. Cest ainsi quils ont senti sa grandeur et son amour. […]
Aussi cela vaut-il la peine de lire la Bible. Elle raconte comment Dieu se communique aux hommes, comment ils se « révèle ». Personne na été aussi proche de lui que Jésus, son Fils. Il a rendu Dieu tout proche de nous. Si tout ce qui est raconté dans la Bible nétait jamais arrivé – je crois que cela ne vaudrait absolument pas le peine de parler de Dieu.
Alors il serait toujours loin de nous. Grâce à Dieu, il a voulu quil en soit autrement. Il reste lInfini, le « tout Autre », mais il sapproche de nous. Il a lui-même dévoilé le mystère » (Cf. W. Henze, Gott ist schön. Ein katholicher Familien-Katechismus. Harsum, 2001, pp. 21-22).
Question 229 : Selon la foi chrétienne, Marie nest quune servante de Dieu et pourtant cette même foi la reconnaît comme la Mère de Dieu ? Est-ce que titre ne rend-il pas le christianisme entièrement semblable à la trinité de lancienne religion égyptienne ? (TR)
Réponse : Que la personne qui pose la question commence par lire plus haut, dans la Section 8, notre explication du titre « Mère de Dieu » dans la réponse aux questions 71 et 72, en particulier la partie 2 de cette réponse. Ajoutons lextrait suivant du Katholischen Erwachsenen-Katechismus (Catéchisme Catholique pour adultes), vol. 1, p. 171 :
« Le récit de lAnnonciation de Luc nous dit encore de façon plus précise ce que cette maternité [de Marie] signifie : pas seulement mère de Jésus et mère du Seigneur, mais mère du Fils de Dieu. « LEsprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. Aussi lenfant sera saint et on lappellera Fils de Dieu » (Luc 1,35 cf. Galates 4,4). ; on peut trouver dans cette affirmation une allusion au récit de lAncien Testament selon lequel la gloire de Dieu sous la forme dun nuage lumineux se déplaçait devant Israël (cf. Exode 13,21), et est même aller habiter au milieu dIsraël, dans la tente sacrée (cf. Exode 40,34).
La nuée est ici le symbole de la puissante présence de Dieu au milieu de son peuple. Quand ici, selon le Nouveau Testament, Marie est couverte par lEsprit de Dieu, elle est la nouvelle demeure de Dieu, la nouvelle tente de lAlliance dans laquelle la Parole de Dieu a dressé sa résidence au milieu de nous (cf. Jean 1,14). En partant de telles expressions de la Bible, lEglise a pu promulguer lors du troisième concile général, le concile dEphèse (431) : Marie est la Mère de Dieu. Cette confession est propre à tous les chrétiens.
Les réformateurs du 16ème siècle sy sont également tenus. Mais il ne faut pas se méprendre sur lexpression Mère de Dieu. Bien évidemment Marie na pas donné le jour à Dieu comme Dieu. Ce ne serait pas de lévangile, mais de la pure mythologie, où, souvent, il est question dun principe féminin au sein de la divinité ou même dune quaternité (croyance en quatre dieux).
Marie, dont il est question dans la Bible, et à laquelle lEglise croit, est et reste une créature ! » Elle na pas mis au monde Dieu en tant que Dieu, mais Jésus Christ selon son humanité liée essentiellement à la divinité. Aussi la profession de foi en la maternité de Dieu est finalement une profession de foi en Jésus Christ, qui, en une seule personne, est vrai Dieu et vrai homme. Si lEglise honore Marie comme Mère de Dieu, elle veut ainsi glorifier Jésus Christ, qui est en sa personne le seul médiateur entre Dieu et les hommes. »
Question 230 : La croyance islamique, selon laquelle se décidera le sort de lhomme après cette vie – le paradis ou lenfer – en pesant les bonnes et les mauvaises actions, comme sur une balance, a un effet assez déroutant. Les chrétiens croient-ils aussi que lon peut racheter ses mauvaises actions par des bonnes ? (TR)
Réponse : Cette question concerne un thème central de la foi chrétienne, la question de la « justification ». Winfried Henze a formulé de façon désinvolte le problème dont il est finalement question ici : « De lart de se laisser combler ». Il écrit :
Du temps de Jésus, il y avait « une masse de prescriptions religieuses – obligation de jeûner, règles de purification, obligations de prier, directives précises concernant la loi du Sabbat, par exemple, combien de pas pouvait-on faire. Et plusieurs Pharisiens [un groupe de maîtres religieux du judaïsme de lépoque] pensaient : si nous observons cela scrupuleusement, nous sommes sans reproche devant Dieu, et nous pouvons lui montrer nos actions comme une facture. Jésus les a sévèrement critiqués, et Paul, qui a été lui-même un pharisien, a répété souvent avec insistance : nous ne sommes pas en règle devant Dieu par la pratique de la Loi, mais Jésus nous rend juste par sa rédemption. Il est mort pour les pécheurs, et seul celui qui accueille sa grâce, celui qui dans la foi reçoit lamour et y répond, celui-là est « justifié ».
Etre chrétien veut dire : se laisser combler par Dieu. Celui qui souvre entièrement à lui reçoit dincroyables trésors : le pardon des péchés, la délivrance du non-sens, de la désespérance, lamitié avec Dieu. Il devient une création nouvelle, il vit dans la lumière et non dans les ténèbres, il prend part à lextension du règne de Dieu et il nest pas soumis à la pression insensée davoir à réaliser lui-même son salut. Cela lui est donné en cadeau.
Cette pensée est pour beaucoup un obstacle. Ils pensent que lhomme est capable de se sauver lui-même [ par ses bonnes actions ], même sans la grâce de Dieu. Cest ce que Pélage, un hérétique (vers 400), prétendait, et, aujourdhui aussi, il y a dinnombrables adeptes du salut par soi-même. LEglise y est opposée : dans un vieux chant à lEsprit-Saint (vers 1200), on peut lire :
Sans ton souffle de vie rien ne peut exister dans lhomme, rien de sûr, rien de sain. (La liturgie des heures) (Winfried Henze, Glauben ist schön. Harsum, 2001, p. 102s.)
Question 231 : Toutes les religions prêchent la paix et parlent de faire le bien et déviter le mal. Malgré cela, il y a partout des guerres ? Pourquoi ? (TR)
Réponse : Ce ne sont pas les religions en tant que telles qui se font la guerre, mais des individus et des groupements humains qui appartiennent éventuellement à telle ou telle religion. Les religions devraient donc être préoccupées de transformer les hommes, en tant quindividus et en tant que groupes en « instruments de paix ». Ce qui veut dire concrètement :
« Lamour, qui reconnaît lautre comme son frère et sa sœur, dépasse de loin les revendications juridiques, les siennes propres comme celles dautrui ; il neutralise lagressivité et lhostilité ; il sefforce de résoudre les conflits et les confrontations en se servant de moyens pacifiques et de gagner les autres à chercher la paix et la réconciliation. Première conséquence : on sentraîne à adopter une attitude et un comportement pacifique dans le contexte de vie daujourdhui : dans la famille, à lécole, sur le lieu de travail, dans le cercle des amis, dans les groupements et les organisations, dans lÉglise :
- être disposé à regarder les autres sans préjugés, à apprendre à connaître dautres groupes et nations et de les accepter dans leur différence ; - tenir compte des besoins dautrui et faire la lumière sur les siens propres ; - démonter les préjugés et les images hostiles ; - changer les attitudes et les comportements qui menacent la paix ; - se montrer capable de collaborer en partenaires et daccepter des compromis ; - prendre position en faveur des défavorisés, en incluant les besoins du tiers monde ; - collaborer à vaincre les situations injustes. » (Catéchisme Catholique pour Adultes, vol. 2, p. 327).
Dans la mesure où les doctrines des différentes religions enseignent à leurs membres ces idéaux, quelles les promeuvent dans léducation et les incarnent efficacement dans la vie privée et publique, on peut considérer quelles favorisent à bon droit la paix. Cela veut dire implicitement que ce nest pas parce que les enseignements éthiques des différentes religions fonctionnent comme des doctrines et des directives religieuses que toutes leurs doctrines éthiques sont par elles-mêmes promotrices de paix.
« Nous vivons notre époque comme temps de guerre, comme temps conflictuel sans guerre, comme temps de guerres civiles, comme temps de révolutions et de troubles sociaux. Quand les tensions et les conflits lemportent, nous hésitons à parler de paix véritable, mêmes sil ny a pas vraiment de guerre. Malgré tout ce vécu, nous sommes, comme chrétiens, convaincus que la paix est possible, car la fidélité de lalliance de Dieu accompagne lhumanité depuis Abraham et que, dans Évangile de la paix (Éphésiens 6,15) la paix de Dieu a déjà commencé à nous être donnée, celle qui dépasse tout entendement (Philippiens 4,7). Aussi pensons-nous lidée de la paix à partir de la paix plus grande et plus vaste qui se fonde dans la promesse de Dieu, qui a déjà commencé en Jésus Christ et qui trouvera son achèvement dans la plénitude du règne de Dieu. Cette paix est le fondement et la condition de possibilité de la paix avec nous-mêmes et de la paix entre les hommes. Le paix sur terre est une image et un fruit de la paix du Christ … Par son sang versé sur la croix il a tué en sa personne linimitié…, il a réconcilié les hommes avec Dieu et il a fait de son Église le sacrement de lunité de lhumanité et de sa communion avec Dieu (Katechismus der katholischen Kirche=KKK). (Katholischer Erwachsenen –Katechismus, vol. 2, p. 317)
Question 232 : On lit dans lÉvangile : « Lui vous baptisera dans lEsprit Saint et dans le feu » (cf. Mt 3,11). A quoi ressemble ce baptême dans le feu (TR)
Réponse : La personne qui pose la question se réfère sans doute au passage suivant du troisième chapitre de lÉvangile selon Matthieu, décrivant la prédication de Jean le Baptiste. Jean sy exprime dans les versets 11-12 : « Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. » Le feu est un moyen de purification, qui nest aussi matériel que leau et qui est plus efficace quelle ; déjà dans lAncien Testament, cf. Isaïe 1,25, Zacharie 13,9, Malachie 3,2-3 ; Siracide 2,5, le feu est le symbole de lintervention souveraine de Dieu et de son Esprit qui purifie les cœurs.
Question 233 : Jésus reviendra-t-il ? Si oui, dans quel but ? Car par la Croix, il a déjà sauvé tous les hommes. (TR)
Réponse : « Déjà dans lAncien Testament, il a été question du « jour du Seigneur », quand Dieu punira toutes les méchancetés de son peuple, mais quand, en même temps, il sauvera son peuple et le rétablira. Ce que cela signifie napparaîtra clairement que dans le Nouveau Testament : nous attendons le jour de Jésus Christ, son retour en gloire. Alors Jésus sera révélé au monde entier. Il est le juge établi par Dieu pour juger les vivants et les morts.
La bible décrit cet événement dans des images grandioses. Elles expriment toutes ceci : à la fin, le Christ triomphera et, avec lui, la vérité et la justice. Alors, il sera également fait justice aux petits et aux humiliés, aux oublié, aux victimes de la terreur et des catastrophes, toute méchanceté et violence injuste sera anéantie. De cette façon, le message du jugement dernier est encore malgré tout une bonne nouvelle.[…] Cest ainsi que nous, les chrétiens, nous attendons de Jésus laccomplissement de lhistoire. Cest un message joyeux – et en même temps une chose hautement significative pour notre temps. Ce nest pas nous qui accomplissons le monde, mais cest le Seigneur qui le fera. Une fois que l on a compris cela, on ne peut plus suivre aucun prometteur de paradis terrestre. Nous, les chrétiens, nous ne nous laisserons pas abuser par les aléas de lhistoire du monde. Nous devons nous battre courageusement en faveur de la justice dans le monde, nous devons faire le bien, autant que nous pouvons, mais nous ne devons pas attendre de nous seuls laccomplissement. Cest ainsi que lespérance en la victoire et le jugement de Jésus Christ nous protègent de terribles utopies qui, - comme le prouve lhistoire – qui bien trop facilement se terminent dans le sang et les larmes. Un espoir trompeur de paradis terrestres – une résignation stérile sans espoir : le message de la venue du Christ en gloire nous protège des deux écueils. » (Wilfried Henze, Glauben ist schön. Ein Katholischer Familienkatechismus. Harsum: Köhler, 2001, pp. 176-177.)
Question 234 : Il paraît quau Moyen Âge les catholiques et les orthodoxes se sont excommuniés mutuellement. Reconnaissent-ils le baptême les uns des autres ou considèrent-ils le foi de lautre comme erronée ? (TR)
Réponse : On a coutume de dater le « Grand Schisme » entre lOrient et lOccident en lan 1054, quand le cardinal latin Humbert da Silva Candida (le 16 juillet 1054) excommunia le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire et ses compagnons ; celui-ci, à son tour, fulmina (le 24 juillet 1054) lanathème contre les légats romains et leurs collaborateurs. Mais cette excommunication était limitée aux personnes individuelles. Après 1054, il y eut encore de nombreux exemples de pratiques de célébrations ecclésiales communes entre orthodoxes et catholique, ainsi que de nombreuses tentatives de rapprochements (entre autres le Concile dunion de Lyon, en 1274, le Concile dunion de Ferrare-Florence, en 1438-1439), mais qui échouèrent pour diverses raisons. Ce nest quau 18ème siècle quon en vint à une rupture définitive des communautés ecclésiales : le décret de la congrégation romaine pour la propagation de la foi (Propaganda fide), en 1729, interdit la communion sacramentelle entre les catholiques et les orthodoxes ; à linverse, une encyclique des patriarches grecs, de 1755, déclarait que les chrétiens latins nétaient pas baptisés. Le 7 décembre 1965, les anathèmes de 1054 furent simultanément effacés « de la mémoire et du sein de lEglise ». En ce qui concerne la reconnaissance du baptême, les catholiques reconnaissent le baptême dans une Eglise orthodoxe, mais, à linverse, la pratique des différentes Eglises orthodoxes diffère (les unes reconnaissent la baptême catholique romain, les autres, par exemple lEglise grecque ne le fait pas). A ce propos : J. Oeldemann, Orthodoxe Kirchen im ökumenischen Dialog. Positionen, Probleme, Perspektiven (Paderborn 2004) (Cette réponse a été rédigée par le Prof. Dr. M. Th. Hainthaler, Phil.-Theol. Hochschule Sankt Georgen, Frankfurt am Main )
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