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Question 195 : Que signifie la canonisation ? Y a-t-il une communauté à deux vitesses au ciel ? (TR)
Réponse : Le Catéchisme de lEglise Catholique écrit ce qui suit à propos de la vocation à la sainteté, liée à lappel de la personne au baptême, et à propos de la signification de la canonisation :
824 LÉglise, unie au Christ, est sanctifiée par Lui ; par Lui et en Lui elle devient aussi sanctifiante. " Toutes les œuvres de lÉglise tendent comme à leur fin, à la sanctification des hommes dans le Christ et à la glorification de Dieu " (Sacrosanctum Concilium 10). Cest dans lÉglise quest déposée " la plénitude des moyens de salut " (Unitatis reintegratio 3). Cest en elle que " nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu " (Lumen Gentium 48).
825 " Sur terre, lÉglise est parée dune sainteté véritable, bien quimparfaite " (Lumen Gentium 48). En ses membres, la sainteté parfaite est encore à acquérir : " Pourvue de moyens salutaires dune telle abondance et dune telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père " (Lumen Gentium 11).
826 La charité est lâme de la sainteté à laquelle tous sont appelés : " Elle dirige tous les moyens de sanctification, leur donne leur âme et les conduit à leur fin " (Lumen Gentium 42) : […]
827 " Tandis que le Christ saint, innocent, sans tache, venu uniquement pour expier les péchés du peuple, na pas connu le péché, lÉglise, elle, qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement " (Lumen Gentium 8 ). Tous les membres de lÉglise, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (cf. 1 Jean 1, 8-10). En tous, livraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de lÉvangile jusquà la fin des temps (cf. Matthieu 13, 24-30). LÉglise rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification : […]
828 En canonisant certains fidèles, cest-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, lÉglise reconnaît la puissance de lEsprit de sainteté qui est en elle et elle soutient lespérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs. " Les saints et les saintes ont toujours été source et origine de renouvellement dans les moments les plus difficiles de lhistoire de lÉglise " (Christifideles Laici 16, 3). En effet, " la sainteté est la source secrète et la mesure infaillible de son activité apostolique et de son élan missionnaire " (Christifideles Laici 17, 3).
829 " En la personne de la bienheureuse Vierge lÉglise atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride. Les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché : cest pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie " (Lumen Gentium 65) : en elle, lÉglise est déjà la toute sainte.
Question 196 : Que pense lEglise catholique de la théorie de lévolution ? (TR)
Réponse : Veuillez lire notre réponse à la question 85 dans la section 10 des Questions-Réponses.
Question 197 : La science dit que la terre est âgée de quelque 5 milliards dannées. Et les traces de présence humaine remontent à tout au plus 1à 2 millions dannées. Quant à la Bible, elle dit que Dieu a créé lunivers en 6 jours. Dieu a-t-il vraiment travaillé aussi lentement ? (TR)
Réponse : Cette question procède dune compréhension erronée du récit de la création dans la Bible. La Bible nenvisage pas de communiquer la moindre date scientifique ni résultat de recherche en ce qui concerne la réalité créée. Les récits de la création concernent « les fondements de la vie humaine et chrétienne, ils expriment la réponse de la foi biblique aux questions fondamentales que les humains se sont posées de tout temps : Doù venons-nous ?, où allons-nous ?, quelle est notre origine ?, quelle est notre destinée ?, doù vient tout ce qui existe, et vers quoi cela se dirige-t-il ? Les deux questions à propos de lorigine et à propos de la fin ne peuvent être séparées lune de lautre. Elles sont décisives pour la signification et lorientation de notre vie.
La question des origines du monde et de lhomme fait lobjet de nombreuses recherches scientifiques qui ont magnifiquement enrichi nos connaissances sur lâge et les dimensions du cosmos, le devenir des formes vivantes, lapparition de lhomme. Ces découvertes nous invitent à admirer dautant plus la grandeur du Créateur, de lui rendre grâce pour toutes ses œuvres et pour lintelligence et la sagesse quil donne aux savants et aux chercheurs.[…]
Le grand intérêt réservé à ces recherches est fortement stimulé par une question dun autre ordre, et qui dépasse le domaine propre des sciences naturelles. Il ne sagit pas seulement de savoir quand et comment a surgi matériellement le cosmos, ni quand lhomme est apparu, mais plutôt de découvrir quel est le sens dune telle origine : si elle est gouvernée par le hasard, un destin aveugle, une nécessité anonyme, ou bien par un Être transcendant, intelligent et bon, appelé Dieu. Et si le monde provient de la sagesse et de la bonté de Dieu, pourquoi le mal ? Doù vient-il ? Qui en est responsable ? Et y en a-t-il une libération ? » Catéchisme de lEglise catholique, vol. 1, n° 282-284)
Que nous dit la Bible à propos de la création, que veulent exprimer les récits de la création et comment les comprendre correctement ?
LAncien Testament ne connaît pas quun seul récit de la création, mais deux, à savoir Genèse 1,1-4 et Genèse 2, 4b.7. « Ils correspondent parfaitement lun avec lautre dans leur foi en Dieu, le Créateur ; cependant, ils expriment cette foi avec des représentations différentes. Cela montre encore une fois que dans la Bible, il ne sagit pas dexprimer un commencement du monde empiriquement saisissable, mais bien la croyance que le monde trouve son fondement en Dieu.
Le premier récit de la création, le plus récent, exprime de façon lapidaire :
« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ; or la terre était vague et vide, les ténèbres couvraient labîme, lEsprit de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne… » (Genèse 1,1-4)
Ensuite ce récit de la création décrit comment Dieu, avec un rythme de sept jours, suscite les différentes œuvres de la création. Le point culminant est la création de lhomme, le sixième jour. A la fin, il est dit en résumé : « Dieu vit tout ce quil avait fait. Cela était très bon. » (Genèse 1,31) » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, vol 1, p. 94s.)
« Ce récit (sacerdotal) de la création veut donner un classement logique et exhaustif des êtres, créés suivant un plan réfléchi dans le cadre dune semaine qui sachève par le repos sabbatique. Les êtres sortent du néant à lappel de Dieu selon un ordre croissant de dignité, jusquà lhomme, image de Dieu et roi de la création. Le texte utilise une science encore dans lenfance. Il ne faut pas singénier à établir des concordances entre ces tableaux et les cadres de notre science moderne ; mais il faut y lire, sous une forme qui porte la marque de son époque, un enseignement révélé, de valeur permanente, sur Dieu, unique, transcendant, antérieur au monde, créateur : le monde est créé, il nexiste que dans une totale dépendance de lui » (Nouvelle Bible de Jérusalem, note à propos de Genèse 1,1-2, 4a).
« Il en va autrement du deuxième récit de la création, plus ancien. Pour lui, lhomme nest pas le point culminant, mais le centre de la création. Aussi la création du monde nest-elle brossée que brièvement et sobrement, mais la création de lhomme est racontée en long et en large de façon réaliste.
« Au temps où Dieu fit la terre et le ciel… Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. » (Genèse 2,4b.7)
Les deux récits de la création parlent le langage de leur époque et ils se servent de représentations de la culture dantan. Sous cette forme qui nous paraît étrange aujourdhui, ils expriment cependant un contenu qui ne correspond pas à la représentation du monde que lon avait à lépoque, mais ce fut le résultat du cheminement de Dieu avec le peuple dIsraël et il représente une vérité de la révélation et de la foi […] La création est le commencement, qui est ordonné à lachèvement. Cest ce quexprime ainsi le premier récit de la création de façon imagée : il laisse Dieu se reposer le septième jour, après quil ait achevé son œuvre (cf. Genèse 2,2). Cela ne veut dire aucunement que Dieu se serait fatigué dans son travail ; bien plus, il est dit : Le but de la création est le sabbat, la glorification de Dieu. Cest pourquoi Paul écrit que toute la création attend ardemment dans les douleurs de lenfantement la révélation des fils de Dieu, à savoir la gloire du Royaume de Dieu achevé (cf. Romains 8,19-24). La première création est donc ordonnée au ciel nouveau et à la terre nouvelle (cf. Isaïe 65,17 ; 66,22 ; Apocalypse 21,1). Elle trouve son achèvement, quand Dieu « sera tout en tous » (1 Corinthiens 15,28). Ainsi la création nest pas une réalité figée, mais elle représente un événement qui nest pas terminé, mais qui est ouvert sur lavenir, qui est Dieu lui-même pour lêtre humain. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, vol 1, p. 95)
Question 198 : Croyez-vous que notre fragile petite terre est le centre de lunivers infini, puisque, selon le récit de la création, ce nest quici que la vie a dû commencer et que tous les autres corps célestes nont presque été créés que comme un décor ? (TR)
Réponse : Le Concile Vatican II déclare : « Croyants et incroyants sont généralement daccord sur ce point : tout sur terre doit être ordonné à lhomme comme à son centre et à son sommet. » (Gaudium et Spes 12,1)
Bien sûr, nous savons aujourdhui mieux quà lépoque que notre terre nest pas le centre de lunivers et que, selon la conviction de la majorité des scientifiques, lhomme est imbriqué dans lévolution de lunivers et de la vie. Aussi se pose-t-on la question : quest-ce que lhomme ? Cest la question originale de lhumanité dès ses débuts. La Bible, elle aussi, pose cette question (cf. Psaume 8,5 ; 144,3 ; Job 7,17).
La réponse fondamentale que donne la Bible à la question « Quest-ce que lhomme ? » est la suivante : lhomme est une créature de Dieu, il doit son existence et son essence à Dieu. Il est voulu par Dieu dans son existence et il y est maintenu ; il existe, parce que Dieu la appelé par son nom : je veux que tu sois. (Katholischer Erwachsenen-Katechimus, vol. 1, p. 114)
Cest ainsi que la Bible distingue la création de lhomme de la création des autres êtres vivants. Pour la Bible, ce qui est caractéristique de lêtre humain par rapport au reste du réel, cest sa ressemblance à Dieu (cf. Genèse 1,26-37). Parmi tous les êtres vivants, lhomme est le seul être qui correspond à Dieu, qui peut entendre Dieu et lui répondre. Ainsi lhomme, créé partenaire de Dieu, est appelé à la communion avec Dieu.
Si lon considère cette dignité absolument unique de lêtre humain, la petite planète terre dans lunivers est effectivement « le centre de lunivers infini ». Cette vision sexprime magnifiquement dans les psaumes :
« O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les oeuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds … O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre! » (Psaume 8, 2.5-7.10 ; cf. Siracide 17,1-10)
(Katholischer Erwachsenen-Katechismus, vol 1, p. 115-117)
Question 199 : Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas devenir prêtre ? Serait-ce à cause dÈve ? (TR)
Réponse : La réponse à cette question se trouve à la question 186 (Section 15). Une lecture attentive de notre réponse montre que lattitude de lEglise catholique dans cette question na rien à voir avec les affirmations bibliques concernant Adam et Ève.
Question 200 : Jésus dit souvent « Vous avez entendu…, mais moi je vous dis… » et, de cette façon, il change de nombreuses affirmations de lAncien Testament. Nest-ce pas une réprobation de lAncien Testament ? (TR)
Réponse : Jésus Christ sest montré critique par rapport aux « traditions des anciens » (Marc 7,3.5), car il constatait que beaucoup de juifs et de rabbis juifs de son temps avaient remplacer le commandement de Dieu par les « traditions des hommes » (Marc 7,8). Mais Jésus nétait pas un iconoclaste qui voulait tout renverser. Sur beaucoup de points, il sen tenait à la tradition de son peuple, et même, il puisait abondamment dans les saintes Ecritures de lAncien Testament. A la place de lexplication rabbinique, il mettait certes la sienne propre : « Mais moi je vous dis » (Matthieu 5,22 etc.) Il veut dire : « Ce qui est tradition réelle et véritable, cest cela que vous déclare. » Et même davantage : « La tradition vivante et vivifiante, cest moi. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, p. 51)
Ce serait cependant un malentendu gravissime de penser que Jésus Christ, par sa prétention à être la véritable explication de lAncien Testament, et même à en être la finalité et le centre, ait invité à renoncer à lAncien Testament. Sur cet important point de doctrine le Catéchisme de lEglise catholique affirme :
121 LAncien Testament est une partie inamissible de lÉcriture Sainte. Ses livres sont divinement inspirés et conservent une valeur permanente, car lAncienne Alliance na jamais été révoquée.
122 En effet, " lÉconomie de lAncien Testament avait pour principale raison dêtre de préparer lavènement du Christ Sauveur du monde ". " Bien quils contiennent de limparfait et du provisoire ", les livres de lAncien Testament témoignent de toute la divine pédagogie de lamour salvifique de Dieu : " En eux se trouvent de sublimes enseignements sur Dieu, une bienfaisante sagesse sur la vie humaine, dadmirables trésors de prière ; en eux enfin se tient caché le mystère de notre salut " (Dei Verbum 15).
123 Les chrétiens vénèrent lAncien Testament comme vraie Parole de Dieu. LÉglise a toujours vigoureusement repoussé lidée de rejeter lAncien Testament sous prétexte que le Nouveau laurait rendu caduc (Marcionisme). »
128 LÉglise, déjà aux temps apostoliques, et puis constamment dans sa Tradition, a éclairé lunité du plan divin dans les deux Testaments grâce à la typologie. Celle-ci discerne dans les œuvres de Dieu dans lAncienne Alliance des préfigurations de ce que Dieu a accompli dans la plénitude des temps, en la personne de son Fils incarné.
Question 201 : Il y aurait en Inde des chrétiens de Thomas. Sont-ils des adeptes de lévangile de Thomas ? (TR)
Réponse : Les chrétiens de Thomas, appelés aussi les chrétiens Malabar, sont un groupe de chrétiens qui vivent au Kerala, au Sud-ouest de lInde. Ils prétendent que leur Eglise a été fondée par le Saint Apôtre Thomas, qui a subi le martyre près de Madras. Une châsse de Saint Thomas, tout près de Madras, est ornée dune croix qui porte une inscription en pahlavi datant du septième siècle.
Ni lévangile apocryphe de Thomas, qui fut trouvé en 1945-1946 dans une version copte près de Nag Hammadi, ni lévangile de Thomas, un apocryphe de lenfance du Christ, nont quelque chose à voir avec les chrétiens de Thomas au Sud de lInde.
Question 202 : Les Etats Unis dAmérique ont enfin un président noir. Est-il possible quil y ait un jour un pape de race noire ? (TR)
Réponse : Selon le droit canon, rien ne soppose à ce quun noir soit élu pape. Tout homme baptisé peut être élu pape. Si, lors de lélection, il nest pas encore évêque, il deviendra dabord par lordination épiscopale évêque de Rome et ainsi pape.
Question 203 : Que pensez-vous de lavortement ? Et dun avortement suite à un viol ? (TR)
Réponse : Sur la thématique de lavortement, voyez la question n° 159 dans les Questions-Réponses, section 16. LEglise enseigne que toute vie humaine est sujet de droit dans toutes les phases de son évolution, aussi bien avant quaprès la naissance, un sujet qui doit bénéficier de soins et de la protection devant lanéantissement. « Lavortement et linfanticide sont des crimes abominables. » (Gaudium et Spes 51)
« Comme cest le cas pour toute vie, la vie humaine en gestation peut se trouver en concurrence avec dautres biens. Plus dune fois des parents ou des femmes envisagent que par le meurtre dun enfant en gestation elles ont un moyen ultime pour ne pas devoir renoncer, en cas de conflit, à des valeurs qui leur semblent importantes ou même indispensables. Comment peut-on, dans de tels conflits, arriver à des décisions morales responsables ?
Pour clarifier ces questions, il est important dêtre familiarisé avec les faits et avec les concepts utilisés et de veiller à ne pas mettre sur le même pied les régulations juridiques et les jugements moraux.
Dans le contexte du problèmes de linterruption de la grossesse, nous rencontrons régulièrement le concept d « indication ». Beaucoup comprennent erronément sous ce vocable quil sagirait dune « indication pour un interruption de grossesse », et ils pensent quune interruption de grossesse est moralement justifiée quand il y a une telle indication. En réalité, une indication nest tout dabord quun « signal » ou un « indicateur » pour dire que lenfant en gestation peut amener à poser des problèmes qui, pour le mère ou les parents représentent une situation conflictuelle de plus ou moins grande envergure.
Lindication de type criminologique (en droit également de type éthique ou humanitaire) exprime que lenfant a été imposé illégalement par un viol.
Une indication générale (sociale) exprime que lenfant conçu, la mère, ou la famille, peut se retrouver dans une situation de crise sociale ou économique grave, qui est éprouvée par la femme enceinte comme à ce point lourde à supporter quelle peut amener pour elle une charge psychique très importante.
Lindication médicale exprime que la vie en gestation met en danger la vie de la mère (indication vitale) ou la santé de la mère (indication prophylactique). […]
Toutes ces indications montrent que le bien de la vie en gestation peut entrer en conflit avec dautres biens. Est-ce que ces autres biens sont dune importante à ce point plus forte et plus grande que lon puisse leur donner la préférence par rapport au bien fondamental de la vie en gestation ? Voilà la vraie question éthique.
Si nous considérons lindication criminologique du point de vue éthique, nous voyons que la mise en balance des biens en présence ne peut amener à une justification éthique dune interruption de grossesse. Même lenfant qui a été conçu suite à un viol jouit dun droit fondamental à la vie, prioritaire sur le droit de la mère à disposer delle-même. Il est certain quun tel jugement moral ne va pas résoudre les nombreux problèmes qui surgissent pour la femme enceinte du fait dune grossesse imposée, mais on ne peut les résoudre en mettant fin à la vie de lenfant conçu. Cela sapplique différemment en ce qui concerne la charge psychique pour la mère dans le cas de lindication de situation de détresse. Les détresses psychiques et sociales sont des grands maux, mais ils ne permettent pas de mettre fin à la vie de lenfant en gestation ; il faut surtout les soulager en apportant à la mère des aides dun autre ordre. Malheureusement, il arrive souvent que, pour un tel soutien, ce sont ceux qui devraient précisément être les premiers à préserver la femme den arriver à décider de mettre fin à la vie de lenfant en gestation qui font défaut : le père de lenfant, la famille et les proches. Souvent ils renforcent encore la pression qui est mise sur la femme enceinte et ils la poussent à linterruption. Cela nest pas moins vrai de la société plus large, dans laquelle les critères dévaluation de la vie en gestation se sont fortement transformés. Cest souvent la mentalité générale qui simpose dans des situations dans lesquelles la femme enceinte ne voit plus dautre issue. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Bd. 2, S. 290-291).
On peut rencontrer aussi des problèmes difficiles dans la recherche dun jugement éthique pour lindication médicale. Suite aux progrès de la médecine, du moins dans le contexte des sociétés nanties et techniquement développées, la plupart des risques pour la santé de la mère (indication prophylactique) peuvent être réduits à un point tel que, médicalement, les situations menaçantes pour la vie deviennent rares. Ainsi, dans une estimation des biens en concurrence concernant lindication médicale et prophylactique, les problèmes éthiques ne se posent généralement plus avec une acuité aussi forte que par le passé. Ceci savère différent dans les nombreux pays dAfrique, dAsie et dAmérique latine, où les progrès de la médecine ne sont encore guère effectifs ou bien ne sont pas à la portée des populations normales. Il faut donc que le jugement éthique de lagir moral, pour lindication médicale, tienne compte des circonstances concrètes. Cest ici quil faut faire valoir ceci : « Lévaluation des actions concrètes […] ne peut pas se faire uniquement selon les critères de la conformité avec les normes morales générales. Celles-ci ne peuvent pas saisir adéquatement le cas concret, dans sa contingence et sa singularité, étant donné que le cas particulier, outre les caractéristiques quil partage avec le général, révèle une plus-value qui vient précisément de la particularité des circonstances données. […] Lêtre humain, en tant quil est capable de vivre consciemment, personnellement, librement et en toute responsabilité, nest pas un cas particulier de ce qui est général, une réalisation de lidée « être humain » en soi, mais il est cet être humain concret, ici et maintenant, avec son histoire absolument unique, inimitable, qui a la vocation de se rapprocher de sa fin ultime dans la communion avec le Dieu éternel. » (Eberhard Schockenhoff, Grundlegung der Ethik. Ein theologischer Entwurf. Freiburg: Herder, 2007, p. 448s)
« Dans de rares cas, toujours possibles, la vie de la mère et celle de lenfant sont menacées (indication vitale). Alors la situation devient à ce point dramatique, que tous les protagonistes se retrouvent dans une situation conflictuelle personnelle denvergure ; dans ces cas, les catégories éthiques concernant linviolabilité de la vie ne peuvent guère être appliquées. La directive éthique, dans un pareil cas, de laisser faire la nature et de laisser mourir la mère et lenfant, est généralement considérée comme totalement inhumaine. Dans un tel cas tout à fait exceptionnel, on tiendra compte aussi des arguments de ceux qui estiment moralement admissible que lon sauve au moins une des deux vies menacées de mort, dautant plus que le but visé est de sauver la vie. Ce type de considération ne peut en aucun cas être mis sur le même pied que ces interventions dans lesquelles un enfant en gestation est tué même lorsquil nentre aucunement en concurrence avec un bien de valeur égale. Les évêques allemands insistent : « Il faut dans ce cas une décision mûrement réfléchie en conscience de la part du médecin dans la situation concrète. Personne ne refusera son estime pour une telle décision. » (Zur Novellierung des § 218 vom 7. 5. 1976, 7). (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Vol. 2, p. 292)
Question 204 : Dans le Nouveau Testament on lit que les femmes doivent se couvrir la tête dans léglise. Pourquoi nobserve-t-on pas cette directive ? (TR)
Réponse : Notre réponse comporte deux parties :
Etant donné la validité inconditionnelle des normes éthiques, nous sommes confrontés au problème de savoir si des directives du temps passé, y compris des directives formulées par des textes bibliques, peuvent encore avoir valeur dorientation obligatoire pour les hommes daujourdhui, ou si, dans leur formulation, elles sont encore applicables sans exception à toute situation.
Les normes nécessitent toujours une explication et une application correcte. Souvent il savère que des réglementations particulières du temps passé (par exemple celles qui concernaient le statut des esclaves, ou la position de la femme dans la société et ils directives correspondantes) ne peuvent plus être dapplication aujourdhui.
Il arrive aussi que les normes, dans des circonstances fluctuantes, ne contribuent plus à protéger la valeur pour laquelle elles avaient originellement été établies. Dans ce cas aussi, un changement de circonstance peut amener à une transformation ou même à la disparition dune normal valable antérieurement. Cest ainsi que, dans certains systèmes économiques naturels, la prise dintérêts a pu mener à des abus et à des pressions, alors que, dans dautres systèmes économiques, elle est tout à fait justifiée, à savoir lorsque largent prêté devient « productif » et génère des intérêts.
« La validité inconditionnelle des normes nexclut pas que des biens qui doivent être protégés par une norme entrent en concurrence les uns avec les autres. En vue dun jugement éthique, il faut alors voir auquel de ces bien il faut concrètement donner la priorité.
Il est possible aussi que la manière dont lêtre humain est perçu dans les différents domaines de sa vie puisse évoluer. Cest ainsi que, en ce qui concerne la vision de la sexualité humaine, il y a de grandes correspondances entre celle qui a prévalu du temps de Saint Augustin (354-430) ou de Saint Thomas dAquin (1224-1274) et celle du Concile Vatican II, mais il y a également des différences évidentes. Cette dernière reflète lévolution des connaissances médicales et anthropologiques, mais également des expériences culturelles qui ont exercé une grande influence sur lévaluation de la sexualité et du mariage. Cette humanisation de la sexualité humaine et de la communauté conjugale dont fait preuve le Second Concile du Vatican naurait pas encore pu être perçue de la même façon par Augustin ou Thomas dAquin ou même par le Code du Droit Canon de 1917. Cet exemple permet de comprendre que la vision de léthique peut prendre des formes différentes à des moments différents de lhistoire : les choses avérées sont maintenues et du nouveau savère.[…]
Nous vivons aujourdhui une époque de grands bouleversements dans la manière de ressentir les choses, de les penser et de les apprécier. Dans cette multiplicité dopinions, de visions du monde et de croyances, il nest pas toujours simple de trouver ce qui, devant Dieu, est moral et juste. Dans ce cas, il nous faut [nous, les chrétiens catholiques] réfléchir à partir des sources de la foi et à partir des convictions morales de lensemble du peuple de Dieu. Sil savère nécessaire darriver à une compréhension plus large et à une explication plus approfondie des normes valables jusquici, il faut toujours faire attention à la valeur qui doit être sauvegardée (cf. à ce sujet lencyclique « Veritatis Splendor » du pape Jean Paul II, de 1993, n° 53). La Concile Vatican II en donne un exemple dans la question de la liberté religieuse et de la liberté de conscience. Selon la conception antérieure, il nétait pas tenu suffisamment compte de lerreur subjective de la personne qui se trompe. Dans ce cas-ci, la nouvelle orientation navait pas pour objectif dédulcorer des principes moraux permanents, mais bien plus, par une nouvelle interprétation nécessaire, elle a mieux fait percevoir la prétention de lévangile et elle a manifesté clairement son caractère obligatoire concernant les règles fondamentales des droits de lhomme. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Vol. 2, 103s)
A partir de ces manières de voir, on comprend que de nombreuses déclarations normatives de la Sainte Ecriture, tout particulièrement celles qui sont culturellement déterminées, doivent régulièrement être repensées et réinterprétées. Ceci vaut précisément pour les développements de lapôtre Paul concernant la position de la femme dans la famille et la communauté.
Que dit précisément le texte biblique ?
Le texte auquel se réfère celui qui nous interroge ici est certainement 1 Corinthiens 11,3-16. Paul y parle assurément du voile des femmes. Voici comment le professeur Norbert Baumert, spécialiste de lexégèse des lettres pauliniennes, résume ses recherches concernant ce texte :
« Que ne sest-on pas battu à propos de ce texte ! Souvent, sur foi de ce texte, des femmes, à lentrée dune église, ont été écartées ou forcées, jusquà lextrême, à se mettre une feuille de papier sur la tête, si elles navaient pas de pièce de tissu dans leur sac. […]
Le contexte de cette directive de lapôtre est le fait que, parfois, en plein milieu dune réunion de prières, une femme qui priait à haute voix et qui prononçait une parole prophétique, se défaisait la chevelure. Cela attirait fortement lattention. Chez les Grecs, il nétait pas rare que des prophètes et des prophétesses, dans le but de souligner limportance de leur fonction prophétique, se mettaient à défaire leur chevelure et à gesticuler violemment, au point que leurs cheveux sagitaient autour du visage et de la nuque – de façon plus ou moins impressionnante. Paul critique cela chez les hommes comme les femmes ( !), mais, étant donné que les hommes navaient à lépoque quexceptionnellement de longs cheveux, il formule autrement leur comportement erroné : la vanité peut se manifester chez lhomme autrement, cest quil « est préoccupé de sa tête ». Mais la femme avait à lépoque les cheveux longs et ces cheveux étaient, du moins chez la femme mariée, liés ensemble ou entièrement frisés. Cest ainsi que la femme se « couvrait » tout normalement la « tête » avec ses cheveux (et donc, elle ne se couvrait pas les cheveux avec un voile). Cette façon de sexprimer ne conviendrait pas pour un homme, car lui navait pas les cheveux entièrement frisés. Mais de tout temps, il y a eu des hommes nayant plus du tout de cheveux, qui « couvrent la tête »(le dessus). Quil ait les cheveux longs ou courts, quil en ait beaucoup ou peu, un orateur peut toujours bomber le torse ou faire de lesbroufe.
Si donc au cours de la prière et de lexpression prophétique les gesticulations de la tête sont de toute façon inconvenantes, la chose a un effet encore beaucoup plus grand chez la femme que chez lhomme étant donné sa position sociale, puisque les cheveux frisés indiquent aussi quil sagit dune femme mariée. En même temps, de se dénouer les cheveux est une certaine provocation de lhomme, comme on peut le voir dans la qualification de « tondue » (dans le cas de la femme adultère ou de la prostituée). De plus, il semble que loccasion effective nait été quun comportement fautif de certaines femmes, étant donné que les hommes ne reçoivent aucune réprimande, bien que pour eux aussi un tel comportement serait criticable.
Ce qui est intéressant ici, cest la réaction affective de lapôtre, ainsi que la façon dont il fonde bibliquement et théologiquement sa mise au point – vraiment comme un rabbin. Puisquil sagit de la « tête » de la femme, il cherche des expressions bibliques et théologiques dans lesquelles ce terme se retrouve, et il joue avec deux nuances significatives que nous pouvons redonner le mieux en français par la tête (physiologiquement et organiquement) et par le chef (relation interpersonnelle). Mais en grec, nous avons deux fois le mot kephalê. Ce mot na pas la signification de chef suprême, en tant que position hiérarchique supérieure, mais signifie une relation à lorigine (comme : la source est en tête de la rivière). Paul réfléchit ici à partir du deuxième récit de la Création (Genèse 2,21 s). Il présuppose aussi le fait que ses lecteurs éprouvent la même chose que lui sur ces questions comportementales et que, dès lors, ils comprendront et accepteront son argumentation. Il a grandi lui-même dans la société grecque et il sait ce que lon considère comme convenable ou inconvenant dans ce milieu culturel. De plus, il ne sagit pas ici des « femmes » en tant que telles, mais dun certain nombre dentre elles qui, à son avis, manquent de discernement.
Le texte (1 Corinthiens 11, 3-16) : 03 Mais je veux que vous le sachiez : la tête de tout homme, c'est le Christ ; la tête de la femme, c'est l'homme ; la tête du Christ, c'est Dieu. 04 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait honte à sa tête. 05 Toute femme qui prie ou prophétise la tête dévoilée fait honte à sa tête, car c'est exactement comme si elle était rasée. 06 En effet, si elle ne se voile pas, qu'elle se fasse tondre ; et si c'est une honte pour la femme d'être tondue ou rasée, qu'elle se voile. 07 L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête, puisqu'il est l'image et le reflet de Dieu ; or la femme est le reflet de l'homme. 08 En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, c'est la femme qui a été tirée de l'homme, 09 car l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais c'est la femme qui a été créée à cause de l'homme. 10 C'est pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sa dignité, à cause des anges. 11 D'ailleurs dans le Seigneur la femme n'existe pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme. 12 En effet, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme vient au monde par la femme, et tout cela vient de Dieu. 13 Jugez-en par vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ? 14 La nature vous enseigne, n'est-ce pas, que pour un homme c'est déshonorant d'avoir les cheveux longs, 15 et que pour une femme c'est une gloire, car la chevelure lui a été donnée pour s'en draper. 16 Et si quelqu'un croit devoir ergoter, nous n'avons pas cette manière de faire, et les Églises de Dieu non plus.
Comme nous pouvons le constater, le paragraphe se développe dans une ligne bien claire. »(Norbert Baumert, Frau und Mann bei Paulus. (Überwindung eines Missverständnisses. Würzburg: Echter, 1992. p. 166-168.)
N. Baumert ajoute encore ce qui suit, dans une lettre à C.W. Troll du 14 octobre 2009 : « Autre exemple à partir de 1 Corinthiens 14,33-36 : on y lit habituellement : « Les femmes doivent se taire durant les assemblées ». Mais en 1 Corinthiens 11,5, Paul présuppose quelles prient à haute voix et quelles expriment des paroles prophétiques. Or, en 14,33, il ne se réfère pas à lassemblée de prières, mais le mot a ici son sens originel : ekklēsía = assemblée habilitée à prendre des décisions. Cest le nom donné à lassemblée officielle des citoyens dans une ville ; ici donc dans une communauté domestique. Dans une telle assemblée, les femmes ne pouvaient pas être présentes. De plus : ce nest pas Paul qui leur impose ce silence, mais il se contente de confirmer ce qui est généralement admis : le règlement dordre intérieur de la communauté nest pas de son ressort. Et le fondement en est : il ne sagit pas dun ordre divin intangible, mais bien que ni dans la tradition juive ni dans la société grecque il était dusage que le femmes soient présentes dans de telles assemblées ou même quelles y aient leur mot à dire. On y lit le principe : « faites ce qui, dans votre contexte, est considéré comme convenable et adapté ». Etant donné quaujourdhui les circonstances ont changé, Paul dirait, en sappuyant sur les mêmes principes, que la femme prenne la parole dans les assemblées habilitées à prendre des décisions (« Conseil communal ou paroissial ») !
Question 205 : Les cierges ont-ils pour les chrétiens une signification particulière, étant donné quils se servent encore toujours de cierges dans léglise ? (TR)
Réponse : Lextension rapide et importante prise par les cierges de cire dans la liturgie chrétienne dès les premiers siècles de lère chrétienne sexplique principalement par la force symbolique des cierges allumés. Le théologien Romano Guardini écrit dans son livret Von heiligen Zeichen (Les signes saints) (Munich, Kösel) : « Le sens le plus profond de la vie est bien de se consumer pour Dieu dans la vérité et dans lamour, tels les cierges dans la lumière et dans la flamme. »
Au 7ème siècle après Jésus Christ, Isidore de Séville écrivait : « Durant la messe, les cierges sont allumés en signe de joie, afin que par le signe de la lumière visible se manifeste la lumière dont il est question dans le premier chapitre de lévangile de Jean : « En lui [à savoir Jésus Christ, la Parole de Dieu] était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne lont pas saisi […] La lumière véritable qui éclaire tout homme est venue dans le monde » (Jean 1,4.5.9) »
Dans les églises des chrétiens, les cierges occupent depuis toujours une place particulière. A chaque célébration de prières, les cierges élancés éclairent l autel. On les rencontre également au cours de lannée liturgique : les quatre cierges de la couronne de lAvent, le Cierge pascal, le cierge reçu à loccasion de la première communion, pour ne prendre que quelques exemples. Les cierges allumés devant les images de Marie ou des saints sont des signes de prière et de dévotion. Et beaucoup de gens sont familiers de cette coutume profondément enracinée, dallumer des lampes à huile sur les tombes en souvenir des défunts.
Mais dans les cultes païens de lAntiquité, on allumait des « feux domptés » en lhonneur des dieux, ce qui occasionna une dispute parmi les premiers chrétiens : les uns voulaient voir les cierges servir uniquement déclairage dans leurs célébrations, à cause de cette symbolique païenne. Dautres, par contre, voyaient dans cette lumière un signe de respect pour le Seigneur. Le Christ lui-même ne sest-il pas désigné comme la « lumière du monde » ?
De nos jours, le caractère symbolique des cierges dépasse largement ce cercle de la chrétienté.Tous les hommes ne voient-ils pas dans un cierge allumé un symbole de paix, despérance ou dappel ? Dans les moments douloureux de lhistoire du monde, nous mettons devant nos fenêtres des cierges en signe de fraternité. Nous les portons dans les rues, nous nous souvenons grâce à eux des victimes de violences insensées (Repris, avec de légers changements du site : www.kerze-online.de)
Question 206 : Si Adam et Ève navaient pas mangé de ce fruit, est-ce que Jésus aurait-il encore été nécessaire ? (TR)
Réponse : Nous pouvons formuler cette question théologiquement : Est-ce que Dieu serait également devenu homme en Jésus sil ny avait pas eu le « péché originel » tel quil est représenté dans le livre de la Genèse (chap. 3) ? A la lumière de la révélation, dont nous avons bénéficié par et en Jésus de Nazareth, le Christ, la réponse est : oui.
Le mystère de lIncarnation de Dieu et du salut qui en découle peut se décrire en cinq étapes.
I. Tout est créé en Christ et en vue de lui.
« En Jésus Christ […] sest réalisé dune façon absolument unique et au-delà de toute attente ce que lhumanité a toujours déjà désiré et ce quespère consciemment ou inconsciemment chaque personne humaine. Le cœur de lhomme est ainsi fait que seul Dieu est assez grand pour le combler. Ceci sest réalisé une fois pour toutes par lincarnation du Fils de Dieu en Jésus Christ. En Jésus Christ, toute la plénitude de Dieu est apparue (cf. Colossiens 1,19), pour remplir et unifier tout (cf. Ephésiens 1,10). »
« Le Nouveau Testament utilise de nombreuses images et expressions pour annoncer Jésus Christ comme la plénitude des temps. En lui a resplendi en plénitude la vie et la lumière qui a toujours déjà lui dans le monde (cf. Jean 1,4.9). En lui sont apparus la riche diversité de la sagesse et le mystère éternel de Dieu (cf. Ephésiens 3,9-10), si bien quen lui sont cachés tous les trésors de sagesse et de connaissance (Colossiens 2,3). En lui, à la plénitude des temps, Dieu a tout résumé et tout réuni, tout ce qui est au ciel et sur la terre (cf. Ephésiens 1,10). Et bien plus : le Nouveau Testament fait encore un pas de plus : en lui et pour lui tout a été créé (cf. 1 Corinthiens 8,6 ; Hébreux 1,2 ; Jean 1,3). Il est le Premier et le Dernier (cf. Apocalypse 1,17 ; 22,13).
Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. (Colossiens 1,15-17).
[…] Les Pères de lEglise ont toujours répété que, dans toute réalité, dans la nature comme dans la culture, dans les religions de lhumanité comme dans les philosophies, on trouve des traces, des semences, des fragments du Logos (Intelligence, Esprit, Sagesse) qui est venu en plénitude en Jésus Christ. Aussi le Christ est-il la tête et la récapitulation de tout le réel (Irénée de Lyon). Le Concile Vatican II dit : Jésus Christ est « la clé, le centre et le but de toutes lhistoire humaine » (Gaudium et spes). Ailleurs, le concile dit : « Le Seigneur est le but de lhistoire humaine, le point vers lequel convergent tous les efforts de lhistoire et de la culture, le centre de lhumanité, la joie de tous les cœurs et laccomplissement de leurs désirs » (ibidem 45). En lui resplendit surtout « en vérité, le mystère de lhomme » (ibidem 22).
[…] Ainsi, pour le chrétien, le Christ devient la clé pour comprendre monde et pour y agir […] Ce nest quà partir du Christ que resplendit le sens le plus profond de toute réalité ». (Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Vol. I, p. 164-165)
II. « Le Verbe (la Parole) sest fait chair, afin que nous connaissions de cette façon lamour de Dieu.
« Lamour de Dieu sest révélé à nous en ceci que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui » (1 Jean 4,9). « Car Dieu a tellement aimé le monde, quil a donné son Fils unique, afin que tout qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle » (Jean 3,16) » (Catéchisme de lEglise Catholique 459).
III. « Le Verbe sest fait chair pour nous faire participer à la nature divine (2 Pierre 1,4).
« Cest pour cela que la Parole de Dieu est devenue homme et que le Fils de Dieu est devenu le Fils de lhomme, pour que lhomme accueille en lui la Parole et, adopté comme enfant, il devienne Fils de Dieu » (Irénée, haereses, 3,19,1). […] « Parce que le Fils unique du Père voulait nous faire participer à sa divinité, il a pris notre nature, il est devenu homme, afin de rendre les hommes divins » (Thomas dAquin, opuscule 57 in festo corporis christi 1) » (Catéchisme de lEglise Catholique 460).
IV. Ce monde dans lequel le Christ est venu est marqué par le péché et par la mort.
397 Lhomme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son créateur (cf. Genèse 3, 1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. Cest en cela qua consisté le premier péché de lhomme (cf. Romains 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté.
399 LÉcriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance. Adam et Eve perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle (cf. Romains 3, 23). Ils ont peur de ce Dieu (cf. Genèse 3, 9-10) dont ils ont conçu une fausse image, celle dun Dieu jaloux de ses prérogatives (cf. Genèse 3, 5).
401 Depuis ce premier péché, une véritable " invasion " du péché inonde le monde : le fratricide commis par Caïn sur Abel (cf. Genèse 4, 3-15) ; la corruption universelle à la suite du péché (cf. Genèse 6, 5. 12 ; Romains 1, 18-32) ; de même, dans lhistoire dIsraël, le péché se manifeste fréquemment, surtout comme une infidélité au Dieu de lalliance et comme transgression de la Loi de Moïse ; après la Rédemption du Christ aussi, parmi les chrétiens, le péché se manifeste de nombreuses manières (cf. 1 Corinthiens 1-6 ; Apocalypse 2-3). LÉcriture et la Tradition de lÉglise ne cessent de rappeler la présence et luniversalité du péché dans lhistoire de lhomme. » (Catéchisme de lEglise Catholique)
V. Le Christ est devenu en tout semblable aux hommes, hormis le péché. Il a ainsi réconcilié lhumanité avec Dieu et il la sauvée, en ce quil nous a renouvelés et lui « a donné part à sa propre nature ».
619 Le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures » (1 Corinthiens 15, 3).
620 Notre salut découle de linitiative damour de Dieu envers nous car « cest lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4, 10). « Cest Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde » (2 Corinthiens 5, 19).
621 Jésus sest offert librement pour notre salut. Ce don, il le signifie et le réalise à lavance pendant la dernière cène : « Ceci est mon corps, qui va être donné pour vous » (Luc 22, 19).
622 En ceci consiste la rédemption du Christ : il « est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 28), cest-à-dire « aimer les siens jusquà la fin » (Jean 13, 1) pour quils soient « affranchis de la vaine conduite héritée de leurs pères » (1 Pierre 1, 18).
623 Par son obéissance aimante au Père, « jusquà la mort de la croix » (Philippiens 2, 8), Jésus accomplit la mission expiatrice (cf. Isaïe 53, 10) du Serviteur souffrant qui « justifie les multitudes en saccablant lui-même de leurs fautes » (Isaïe 53, 11 ; cf. Romains 5, 19). (Catéchisme de lEglise Catholique 619-633). (Cf. le chapitre 3 de notre site internet : Croix, péché, rédemption)
Question 207 : Comment le Vatican voit-il la laïcité (sécularisation) ? (TR)
Réponse : Par laïcité, on comprend le mouvement politique (particulièrement en France) qui promeut la liberté par rapport à tout attachement religieux dans la vie publique, ainsi que la séparation de lEglise et de lEtat. Par contre, par sécularisation, on comprend la transmission des biens ecclésiastiques au pouvoir séculier, comme cela sest fait systématiquement par exemple sous le règne de Napoléon Bonaparte (1769-1821). Le même concept a été utilisé dans un sens différent pour désigner la sécularisation de la vie. Le concept de sécularisme est souvent utilisé aujourdhui en allemand dans le sens du concept anglais de secularism, en tant quindifférence, refus ou exclusion en tout ce qui concerne la religion ou les considérations religieuses. Ceci explique que le concept de sécularisme est désigné, dans les langues marquées par lIslam (arabe, persan, turc, urdu, indonésien), par des termes qui signifient, à la lettre, que lon vit sans religion ou même sans Dieu.
Partant du concept de laïcité, notre réponse présentera la doctrine actuelle de lEglise catholique concernant le relation entre lEglise et lEtat. Dans le chapitre 9 (Spirituel et temporel), III, 2 de notre site, nous avons déjà répondu substantiellement à notre question. Nous ajoutons ici un extrait du chapitre huit du Compendium de la Doctrine Sociale de lEglise :
« VI. L'ÉTAT ET LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES
A) LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, UN DROIT HUMAIN FONDAMENTAL
421 Le Concile Vatican II a engagé l'Église catholique dans la promotion de la liberté religieuse. La Déclaration « Dignitatis humanae » précise, dans son sous-titre, qu'elle entend proclamer le « droit de la personne et des communautés à la liberté sociale et civile en matière religieuse ». Afin que cette liberté voulue par Dieu et inscrite dans la nature humaine puisse s'exercer, elle ne doit pas être entravée, étant donné que « la vérité ne s'impose que par la force de la vérité elle-même ».(Vatican II, Déclaration Dignitatis humanae 1) La dignité de la personne et la nature même de la recherche de Dieu exigent pour tous les hommes l'immunité de toute coercition dans le domaine religieux.(Catéchisme de lEglise Catholique, 2106) La société et l'État ne doivent pas contraindre une personne à agir contre sa conscience, ni l'empêcher d'agir en conformité à celle-ci.(Dignitatis humanae, 3 et Catéchisme de lEglise Catholique, 2108) La liberté religieuse n'est pas une licence morale d'adhérer à l'erreur, ni un droit implicite à l'erreur.(cf. Catéchisme de lEglise Catholique, 2108)
423 En raison de ses liens historiques et culturels avec une nation, une communauté religieuse peut recevoir une reconnaissance spéciale de la part de l'État: cette reconnaissance ne doit en aucune façon engendrer une discrimination d'ordre civil ou social pour d'autres groupes religieux.(Vatican II, Dignitatis humane, 6 ; Catéchisme de lEglise Catholique, 2107) La vision des rapports entre les États et les organisations religieuses, développée par le Concile Vatican II, correspond aux exigences de l'État de droit et aux normes du droit international. L'Église est bien consciente que cette vision n'est pas partagée par tous: le droit à la liberté religieuse, hélas, « est violé par de nombreux États au point que donner, faire donner la catéchèse ou la recevoir devient un délit passible de sanction ».
B) ÉGLISE CATHOLIQUE ET COMMUNAUTÉ POLITIQUE
a) Autonomie et indépendance
424 L'Église et la communauté politique, bien que s'exprimant toutes deux à travers des structures d'organisation visibles, sont de nature différente, tant par leur configuration que par les finalités qu'elles poursuivent. Le Concile Vatican II a solennellement réaffirmé: « Sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et l'Église sont indépendantes l'une de l'autre et autonomes ».(Gaudium et spes, 76) L'Église s'organise selon des formes aptes à satisfaire les exigences spirituelles de ses fidèles, tandis que les différentes communautés politiques engendrent des rapports et des institutions au service de tout ce qui concerne le bien commun temporel. L'autonomie et l'indépendance de ces deux entités apparaissent clairement, surtout dans l'ordre des fins.
Le devoir de respecter la liberté religieuse impose à la communauté politique de garantir à l'Église l'espace d'action nécessaire. Par ailleurs, l'Église n'a pas un domaine de compétence spécifique en ce qui concerne la structure de la communauté politique: « L'Église respecte l'autonomie légitime de l'ordre démocratique et elle n'a pas qualité pour exprimer une préférence de l'une ou l'autre solution institutionnelle ou constitutionnelle »; (Jean-Paul II, Encyclique Centesimus Annus, 47) elle n'a pas non plus la tâche de s'occuper des programmes politiques, sinon pour leurs implications religieuses et morales.
b) Collaboration
425 L'autonomie réciproque de l'Église et de la communauté politique ne comporte pas de séparation excluant leur collaboration: toutes deux, bien qu'à un titre divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. En effet, l'Église et la communauté politique s'expriment sous des formes d'organisation qui ne sont pas des fins en elles-mêmes, mais au service de l'homme, pour lui permettre d'exercer pleinement ses droits, inhérents à son identité de citoyen et de chrétien, et de remplir correctement les devoirs qui s'y rapportent. L'Église et la communauté politique « exerceront d'autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu'elles rechercheront davantage entre elles une saine coopération, en tenant également compte des circonstances de temps et de lieu ».(Gaudium et spes 76).
426 L'Église a droit à la reconnaissance juridique de son identité. Précisément parce que sa mission embrasse toute la réalité humaine et qu'elle se reconnaît « réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire »,(Gaudium et spes 1) l'Église revendique la liberté d'exprimer son jugement moral sur cette réalité chaque fois que cela est requis par la défense des droits fondamentaux de la personne ou par le salut des âmes.(CIC, canon 747 §2)
L'Église demande donc: la liberté d'expression, d'enseignement, d'évangélisation; la liberté d'accomplir des actes de culte en public; la liberté de s'organiser et d'avoir ses propres règlements internes; la liberté de choix, d'éducation, de nomination et de transfert de ses ministres; la liberté de construire des édifices religieux; la liberté d'acquérir et de posséder des biens adaptés à son activité; la liberté d'association à des fins non seulement religieuses, mais aussi éducatives, culturelles, sanitaires et caritatives.
427 Afin de prévenir ou d'apaiser d'éventuels conflits entre l'Église et la communauté politique, l'expérience juridique de l'Église et de l'État a diversement défini des formes stables de rapports et des instruments aptes à garantir des relations harmonieuses. Cette expérience est un point de référence essentiel pour tous les cas où l'État a la prétention d'envahir le champ d'action de l'Église, en entravant sa libre activité jusqu'à la persécuter ouvertement ou, vice-versa, dans les cas où des organisations ecclésiales n'agissent pas correctement vis-à-vis de l'État. » (Compendium de la Doctrine Sociale de lEglise, Rome, Libreria Editrice Vaticana, 2004)
Question 208 : Y a-t-il aussi chez les chrétiens des fondamentalistes qui veulent fonder un état religieux ? (TR)
Réponse : Oui, il y a chez les chrétiens des fondamentalistes, mais aucun qui se proposent de fonder un état religieux.
« Même si de nos jours il semble souvent que le fondamentalisme soit un problème spécifique à lIslam, le concept et le phénomène trouvent leur origine dans le contexte chrétien du 19ème et du 20ème siècle. […] Le problème fondamentaliste est apparu dabord et en particulier dans les communautés chrétiennes dAmérique du Nord, qui, se référant aux récits de la création dans la Bible, et sopposant radicalement à la théorie de lévolution de Darwin, se protégèrent complètement de lextérieur et du monde moderne. Néanmoins, le fondamentalisme est une tentation pour toute religion et pour toute vision du monde, dans la mesure où celles-ci ont la prétention de posséder la vérité absolue. Cest en quelque sorte la tentation originelle de lhomme religieux cherchant les réponses ultimes. On peut illustrer cela au moyen de deux formes typiques et nécessairement caricaturales du fondamentalisme chrétien.
La variante typiquement protestante dune compréhension fondamentaliste du christianisme se formule ainsi : une chose est vraie, parce quelle se trouve littéralement dans la Bible ; et la variante typiquement catholique, par contre, dit que quelque chose est vrai parce que le pape la dit. La première est généralement appelée biblicisme. Lautre se comprend, parallèlement, comme institutionnalisme ou positivisme ecclésial. La vérité religieuse ou la vérité tout court est ramenée ainsi à une certaine tradition, ou plus précisément à une certaine autorité. Il nest pas possible davoir un questionnement critique. Ce qui veut donc dire que la critique ou la capacité de poser des questions critiques, de réfléchir avec son intelligence humaine, nest pas admise dans les questions concernant la religion ou la vision du monde. La foi, et en fin de compte la foi en une autorité déterminée se ferme à toute influence de la raison. Cela se produit la plupart du temps dans une communauté que lon peut clairement situer, qui est fermée, et qui est placée sous la conduite autoritaire dune chef charismatique. La religion se transforme ainsi en une communauté complètement séparée du reste du monde et de la société. » Karsten Kreutzer, art. „Fundamentalismus in: A. Franz/W. Baum/K. Kreutzer (Hrsg.) Lexikon philosophischer Grundbegriffe der Theologie. 2ème édit revue. Freiburg: Herder, 2007.
Question 209 : Est-ce que les mariage purement civils sont valides pour le Vatican ? Est-ce que les enfants qui y naissent sont-ils baptisés ? (TR)
Réponse : Au cas où lun des partenaires du mariage seulement est catholique, le mariage doit se conclure dans lEglise catholique, sinon le mariage est invalide (cf. canon 1117).
Quand le mariage est invalide, les enfants ne peuvent pas être immédiatement baptisés. On postpose le baptême (cf. canon 868 § 1 n° 2), jusquau moment où lon est certain que quelquun (un allié, un parrain ou une marraine, etc.) peut se charger de léducation catholique.
Question 210 : Qui sont les Quakers ? Un ordre religieux ou une confession ? (TR)
Réponse : George Fox (1624-1691), un cordonnier anglais, fonda une communauté religieuse qui demblée se désignait elle-même d « enfants de la lumière » ou d « amis de la vérité » ou, pour faire court d « amis ». Depuis 1665, le mouvement prote le nom de « Société damis ». Lorigine de la désignation de quaker (de langlais to quake « trembler ») vient du fait que les « amis » se sont servis de ce terme – un peu moqueur au départ - depuis longtemps eux-mêmes, étant donné que les « amis », lors de leurs réunions, « tremblaient » de ferveur religieuse.
Les Quakers ont leurs racines religieuses et spirituelles dans différents courants spirituels de lOccident (entre autres la mystique du Moyen Âge, la philosophie mystique de Jakob Böhme (1575-1624) et Angelus Silesius (1624-1677), laile gauche de la Réforme avec ses représentants spirituels.) Ce « christianisme spirituel », avec sa contribution indéniable à lhistoire de la tolérance, promouvait lidée maîtresse de la « lumière intérieure ».
Ces « amis » Quakers furent, en partie, cruellement persécutés : ils rejetaient lEglise dEtat, ils défendaient des postulats éthiques radicaux (rejet du serment et du service militaire), mais aussi, la piété de certains de leurs membres prenaient des formes extatiques et romantiques et prônaient des idées chiliastiques. Sous la direction du Quaker William Penn (1644-1718), ils cherchèrent protection aux Etats-Unis (fondation de lEtat de « Pennsylvanie »). La troisième grande personnalité des Quakers est Robert Barclay (1648-1690), le « théologien » du mouvement.
Le mouvement Quaker est une religion sans sacrements (ni baptême, ni cène). La vie est tout entière un sacrement et ladoration une forme de « communion » - sans clergé (exception : aux USA, au Kenya), sans confession de foi ou de formulations de la foi (« religion sans dogme »). On rejette les dogmes de la nature divine et humaine de Jésus Christ, ainsi que la Trinité, même si un certain nombre de Quaker y croient. Sil y a une doctrine à laquelle les Quakers doivent croire, cest celle de la « lumière intérieure » (Jean 1,9), celle du « Christ en nous-mêmes », celle de la « lumière intérieure du Christ ». La caractéristique principale dun culte Quaker cest son manque généralisé de forme. Au centre de tout, il y a le « silence persistant » (Gustav Mensching), la recherche dune relation intérieure à Dieu. Dieu peut se révéler immédiatement à toute personne qui le cherche sincèrement. « Quand, au cours du silence observé, naît une idée ou une prière ou le goût pour une parole de la Bible et que cela tend à vouloir sexprimer, l « amis » quaker le fait dans le culte. (…) Dans le cadre étroit du culte silencieux, les fiancés prononcent leur promesse de mariage, les parents recommandent leur nouveau-né à la vigilance de la communauté et lon fait mémoire du défunt. »
Fidèles à la vieille maxime quaker « Faites parler votre vie ! », les « amis » considèrent que leur vie entière est un culte. Cest à partir du message de la « lumière intérieure » que jaillissent les principes et les directives pratiques individuelles et les exigences éthiques sociales, comme lauthenticité, lhonnêteté, la modestie. Les quakers sont très actifs socialement. Ils refusent lutilisation de la violence, comme lune des « Eglise de la paix », ils se sont impliqués dans la lutte pour la suppression de lesclavage, pour légalité de la femme, pour légalité des droits pour toutes les races (en se référant entre autres à Galates 3,28), pour le réforme de lexécution des peines, pour le refus du service militaire par objection de conscience :
Après les deux guerres mondiales, les quakers sengagent efficacement en faveur de la suppression de la fin et de la misère dans les pays vaincus (Nourriture « quaker » pour cinq millions denfants allemands). Aujourdhui, les quakers sont actifs, entre autres, au Proche Orient (Travail auprès des enfants et des jeunes dans les camps de réfugiés palestiniens, travail auprès des vieux à Jérusalem), au Kenya (projets agricoles), en Irlande du Nord, en Somalie (programmes pour le réfugiés), ainsi que dans de nombreux autres pays dAsie et dAmérique Latine. Il y a environ 200.000 quakers de par le monde (surtout aux Etats Unis, au Kenya, en Grande Bretagne). Ils font partie du Comité supérieur du comité mondial des amis pour conseils réciproques. » (Copié avec certaines omissions de Udo Tworuschka, Lexikon. Die Religionen der Welt. Gütersloh: Gütersloher Verlagshaus, 1999, pp. 254-255, art. ‚Religiöse Gesellschaft der Freunde.)
Question 211 : Que signifie « naître à nouveau de lEsprit Saint » ? (TR)
Réponse : Selon la doctrine de lEglise, « naître à nouveau de lEsprit Saint » se passe quand on reçoit le sacrement du baptême.
Le Catéchisme de lEglise Catholique dit à ce propos :
1213 Le saint Baptême est le fondement de toute la vie chrétienne le porche de la vie dans lEsprit (vitæ spiritualis ianua) et la porte qui ouvre laccès aux autres sacrements. Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à lÉglise et faits participants à sa mission : « Le Baptême est le sacrement de la régénération par leau et dans la parole » (Catechismus Romanus 2, 2, 5).
Comment sappelle ce sacrement ?
1214 On lappelle Baptême selon le rite central par lequel il est réalisé : baptiser (en grec baptizein) signifie « plonger », « immerger » ; la « plongée » dans leau symbolise lensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ doù il sort par la résurrection avec lui comme « nouvelle créature » (2 Corinthiens 5, 17 ; Galates 6, 15).
1215 Ce sacrement est aussi appelé « le bain de la régénération et de la rénovation en lEsprit Saint » (Tite 3, 5), car il signifie et réalise cette naissance de leau et de lEsprit sans laquelle « nul ne peut entrer au Royaume de Dieu » (Jean 3, 5).
1216 « Ce bain est appelé illumination, parce que ceux qui reçoivent cet enseignement [catéchétique] ont lesprit illuminé ... » (S. Justin, apol. 1, 61, 12). Ayant reçu dans le Baptême le Verbe, « la lumière véritable qui illumine tout homme » (Jean 1, 9), le baptisé, « après avoir été illuminé » (Hebreux 10, 32) est devenu « fils de lumière » (1 Th 5, 5), et « lumière » lui-même (Ephésiens 5, 8) :
Question 212 : Pourquoi les chrétiens ont-ils besoin dun parrain pour le baptême ? Est-ce pour le cas où les parents mourraient, afin dassurer à lenfant un tuteur ? (TR)
Réponse : Des femmes et des hommes endossent lors du baptême le ministère du parrainage. Il comprend dune part lobligation de veiller avec les parents et dautres éducateurs convenables à léducation chrétienne de lenfant, à laider à approfondir sa foi, jusquà ce que le jeune soit capable de témoigner personnellement de sa foi. Lors du baptême des adultes, cest plutôt un autre aspect qui est mis en avant : le parrain tient la place de la communauté ecclésiale toute entière, qui doit aider le catéchumène qui reçoit le sacrement à assumer son propre cheminement dans la foi.
Le Catéchisme de lEglise Catholique dit ce qui suit à propos du ministère de parrainage :
1255 Pour que la grâce baptismale puisse se déployer, laide des parents est importante. Cest là aussi le rôle du parrain ou de la marraine, qui doivent être des croyants solides, capables et prêts à aider le nouveau baptisé, enfant ou adulte, sur son chemin dans la vie chrétienne. Leur tâche est une véritable fonction ecclésiale (« officium ») Toute la communauté ecclésiale porte une part de responsabilité dans le déploiement et la garde de la grâce reçue au Baptême.
Question 213 : Les papes sont-ils élus à vie ? Un pape peut-il démissionner ? (TR)
Réponse : Le pape est élu à vie. Mais il peut démissionner librement de sa charge (cf. Canon 332 § 2). Il nest pas nécessaire que quelquun accepte cette démission.
Question 214 : Que sont les apocryphes ? (TR)
Réponse : Selon lusage terminologique de la théologie catholique, les apocryphes sont des écrits « secrets » qui ne sont pas parvenus jusque dans le canon des écrits bibliques, mais qui peuvent le cas échéant prétendre y figurer, daprès leur titre ou leur origine probable (une personnalité de lAncien ou du Nouveau Testament). […][ Apocryphe veut dire], dans la compréhension de lEglise primitive, hérétique (gnostique) ; ensuite cela désigne aussi les livres (deutérocanoniques) de la Septante qui nont pas été reçus dans le canon juif [il sagit de la traduction grecque de la Bible hébraïque faite au deuxième siècle avant Jésus Christ à Alexandrie, et qui comprend une série de livres ajoutés ne faisant pas partie du canon de la Bible hébraïque] ; aujourdhui, dans la terminologie protestante, ces derniers sappellent encore ainsi, tandis que tous les autres écrits sont appelés pseudo épigraphes. » (Lexikon für Theologie und Kirche, Vol 1 (1993), colonnes 824-825). Voir aussi : Ph. Vielhauer, Geschichte der urchristlichen Literatur. Berlin, 1975, 485-718)
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