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Question 167 : Les non chrétiens iront-ils en enfer ? (TR)
Réponse : On a déjà discuté cette question auparavant, dans la réponse à la question 17 (Questions-Réponses 1). Pour compléter la réponse, nous ajoutons le n°16 de la Constitution Dogmatique sur lEglise « Lumen Gentium » :
« 16. Enfin, ceux qui n'ont pas encore reçu l'Evangile sont ordonnés de façons diverses au Peuple de Dieu (18). Et d'abord, le peuple qui reçut les alliances et les promesses et dont le Christ est né selon la chair (cf. Rom. 9, 4-5); peuple élu de Dieu et qui lui est très cher en raison de ses ancêtres, car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance (Rom. 11, 28-29). Mais le dessein de salut englobe aussi ceux qui reconnaissent le Créateur, et parmi eux, d'abord, les Musulmans qui, en déclarant qu'ils gardent la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, qui jugera les hommes au dernier jour. Quant à ceux qui cherchent le Dieu inconnu sous les ombres et les figures, Dieu lui-même n'est pas loin d'eux non plus, puisqu'il donne à tous la vie, le souffle et toutes choses (cf. Actes. 17, 25-28), et que le Sauveur veut le salut de tous les hommes (cf. I Timothée. 2, 4). En effet ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Evangile du Christ et son Eglise et cependant cherchent Dieu d'un coeur sincère et qui, sous l'influence de la grâce, s'efforcent d'accomplir dans leurs actes sa volonté qu'ils connaissent par les injonctions de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel (19). Et la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires au salut à ceux qui ne sont pas encore parvenus, sans qu'il y ait de leur faute, à la connaissance claire de Dieu et s'efforcent, avec l'aide de la grâce divine, de mener une vie droite. En effet, tout ce que l'on trouve chez eux de bon et de vrai, l'Eglise le considère comme un terrain propice à l'Evangile (20) et un don de Celui qui éclaire tout homme, pour qu'il obtienne finalement la vie. Mais bien souvent les hommes, trompés par le Malin, se sont abandonnés à la vanité de leurs pensées et ont échangé la vérité divine pour le mensonge, en servant la créature à la place du Créateur (cf. Rom. 1, 21 et 25). Ou encore, en vivant et mourant sans Dieu en ce monde, ils s'exposent au plus grand désespoir. Aussi, en vue de promouvoir la gloire de Dieu et le salut de tous ces hommes, l'Eglise, se souvenant du commandement du Seigneur qui dit: "Prêchez l'Evangile à toute créature" (Marc 16, 15), s'emploie-t-elle avec sollicitude à développer les missions. »
Question 168 : Quest-ce que lAvent ? (TR)
Réponse : LAvent, (du latin adventus, arrivée ; en grec : epiféneia), temps de préparation à la fête de la naissance du Christ, fait référence à la venue du Sauveur « sous les traits du serviteur » (incarnation) et tourne en même temps le regard vers sa venue dans la gloire à la fin des temps (parousie). LAvent commence quatre semaines avant Noël. Les Eglises réformées connaissent également ce parcours du temps de lAvent. Les Eglises orientales, par contre, ne connaissent pas lavent comme temps liturgique. LEglise byzantine, le dernier dimanche avant Noël, fait mémoire des ancêtres du Christ (Evangile : Matthieu 1,1-15). Les syriens appellent les quatre semaines (syriens orientaux) ou les cinq semaines (syriens occidentaux) avant la fête : « semaines des annonces ».
Voici comment le Catéchisme de lEglise catholique, au numéro 524, parle de la liturgie de lAvent et du sens spirituel de ce temps de lAvent : « 524 En célébrant chaque année la liturgie de lAvent, lÉglise actualise cette attente du Messie : en communiant à la longue préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent lardent désir de son second Avènement (cf. Apocalypse 22, 17). Par la célébration de la nativité et du martyre du Précurseur, lÉglise sunit à son désir : " Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse " (Jean 3, 30). »
Question 169 : Le pape Benoît est-il vraiment intéressé par le dialogue, ou le dialogue nest-il quune tactique pour évangéliser les musulmans ? (TR)
Réponse : Nous ne citerons ici que le passage pertinent du discours du Pape Benoît XVI du 20 août 2005 à loccasion de sa rencontre avec les représentants des communautés musulmanes lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne.
« Chers amis musulmans, Chers amis, je suis profondément convaincu que nous devons proclamer, sans céder aux pressions négatives du moment, les valeurs de respect réciproque, de solidarité et de paix. La vie de tout être humain est sacrée, que ce soit pour les chrétiens ou pour les musulmans. Nous avons un grand champ d'action dans lequel nous nous sentons unis pour le service des valeurs morales fondamentales. La dignité de la personne et la défense des droits qui découlent de cette dignité doivent être le but de tout projet social et de tout effort mis en oeuvre dans ce sens. Il s'agit d'un message rappelé sans équivoque par la voix ténue mais claire de la conscience. Il s'agit d'un message qu'il faut écouter et faire écouter: si l'écho s'en éteignait dans les coeurs, le monde serait exposé aux ténèbres d'une nouvelle barbarie. C'est uniquement sur la reconnaissance du caractère central de la personne que l'on peut trouver un terrain commun d'entente, dépassant les éventuelles oppositions culturelles et neutralisant la force explosive des idéologies.
« […]L'expérience du passé nous enseigne que le respect mutuel et la compréhension, malheureusement, n'ont pas toujours marqué les relations entre chrétiens et musulmans. Combien de pages de l'histoire évoquent les batailles et aussi les guerres qui se sont produites, en invoquant, de part et d'autre, le nom de Dieu, en laissant presque penser que combattre l'ennemi et tuer l'adversaire pouvaient lui être agréables. Le souvenir de ces tristes événements devrait nous remplir de honte, connaissant bien les atrocités qui ont été commises au nom de la religion. Les leçons du passé doivent nous servir à éviter de répéter les mêmes erreurs. Nous voulons rechercher les voies de la réconciliation et apprendre à vivre en respectant chacun l'identité de l'autre. En ce sens, la défense de la liberté religieuse est un impératif constant, et le respect des minorités est un signe indiscutable d'une véritable civilisation.
A ce propos, il est toujours opportun de se rappeler ce que les Pères du Concile Vatican II ont dit concernant les relations avec les musulmans: "L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes, et aux décrets duquel, même s'ils sont cachés, ils s'efforcent de se soumettre de toute leur âme, comme s'est soumis à Dieu Abraham, à qui la foi islamique se réfère volontiers [...]. Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés sont nées entre chrétiens et musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé, à pratiquer sincèrement la compréhension mutuelle, ainsi qu'à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les biens de la morale, la paix et la liberté" (Déclaration Nostra ætate, n. 3). Ces paroles du Concile Vatican II restent pour nous la "Magna Charta" du dialogue avec vous, chers amis musulmans, et je suis heureux que vous nous ayez parlé avec le même esprit et que vous ayez confirmé ces intentions.
Chers amis estimés, vous représentez certaines Communautés musulmanes qui existent dans le pays dans lequel je suis né, dans lequel j'ai étudié et vécu une bonne partie de ma vie. C'est précisément pour cela que j'avais le désir de vous rencontrer. Vous guidez les croyants de l'Islam et vous les éduquez dans la foi musulmane. L'enseignement est le moyen par lequel se communiquent idées et convictions. La parole est la voie royale de l'éducation des esprits. Vous avez donc une grande responsabilité dans la formation des nouvelles générations. J'apprends avec gratitude dans quel esprit vous cultivez cette responsabilité. Ensemble, chrétiens et musulmans, nous devons faire face aux nombreux défis qui se posent en notre temps. Il n'y a pas de place pour l'apathie, ni pour le désengagement, et encore moins pour la partialité et le sectarisme. Nous ne pouvons pas céder à la peur, ni au pessimisme. Nous devons plutôt cultiver l'optimisme et l'espérance. Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C'est en effet une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir. Les jeunes, provenant de nombreuses parties du monde, sont ici à Cologne comme des témoins vivants de la solidarité, de la fraternité et de l'amour. Je souhaite de tout mon coeur, chers et estimés amis musulmans, que le Dieu miséricordieux et plein de compassion vous protège, vous bénisse et vous éclaire toujours. Que le Dieu de la paix soutienne nos coeurs, nourrisse notre espérance et guide nos pas sur les chemins du monde. »
Question 170 : Dans la Première Lettre de Jean, la personne qui ne reconnaît pas la filiation divine de Jésus est appelée Anti-Christ. Tous les musulmans sont-ils des anti-christ ? (TR)
Réponse : Le concept danti-christ napparaît que dans les Lettres de Jean pour désigner les négateurs du Christ de lépoque (2 Jean 7 ; 1 Jean 2,18b.22) ou lennemi du Christ qui est attendu à la fin des temps (1 Jean 2,18a. ;4,3). Pour lexégèse catholique, ce dernier est le même que « lhomme du péché, le fils de la perdition, qui soppose et sélève contre tout ce qui sappelle Dieu et qui est digne de vénération ». Celui-ci « sinstalle même dans le temple de Dieu et se fait passer pour Dieu ». Il est « celui qui est sans loi, celui que le Seigneur (lors de son retour) chassera au loin par le souffle de sa bouche et détruira par léclatante lumière de son retour ». « La venue de l'impie, elle, se fera par la force de Satan avec une grande puissance, des signes et des prodiges trompeurs… » 2 Thessaloniciens 2,3-10).
Le Catéchisme de lEglise catholique parle, dans les numéros 675 à 677, de l « épreuve ultime de lEglise » et, dans ce contexte, de lanti-christ.
675 Avant lavènement du Christ, lÉglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Luc 18, 8 ; Matthieu 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Luc 21, 12 ; Jean 15, 19-20) dévoilera le " mystère diniquité " sous la forme dune imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de lapostasie de la vérité. Limposture religieuse suprême est celle de lAnti-Christ, cest-à-dire celle dun pseudo messianisme où lhomme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Thessaloniciens 2, 4-12 ; 1 Thessaloniciens 5, 2-3 ; 2 Jean 7 ; 1 Jean 2, 18. 22).
676 Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que lon prétend accomplir dans lhistoire lespérance messianique qui ne peut sachever quau-delà delle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, lÉglise a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (cf. DS 3839), surtout sous la forme politique dun messianisme sécularisé, " intrinsèquement perverse " (cf. Pie XI, encyclique " Divini Redemptoris " condamnant le " faux mysticisme " de cette " contrefaçon de la rédemption des humbles " ; GS 20-21).
677 LÉglise nentrera dans la gloire du Royaume quà travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection (cf. Apocalypse 19, 1-9). Le Royaume ne saccomplira donc pas par un triomphe historique de lÉglise (cf. Apocalypse 13, 8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Apocalypse 20, 7-10) qui fera descendre du Ciel son Épouse (cf. Apocalypse 21, 2-4). Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier (cf. Apocalypse 20, 12) après lultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe (cf. 2 Pierre 3, 12-13). »
Question 171 : Quest Caritas ? Sagit-il dune organisation missionnaire secrète ? (TR)
Réponse : le 25 décembre 2005, le pape Benoît XVI publia sa première lettre encyclique (Encyclique). Elle porte le titre latin DEUS CARITAS EST ( = Dieu est amour) et elle a pour thème lamour chrétien. La première des deux parties principales de ce texte traite de « lunité de lamour dans la création et dans lhistoire du salut ». La deuxième partie sintitule : « Caritas – Lexercice de lamour de la part de lEglise en tant que communauté damour. En réponse à la question posée, nous citerons ici quelques extraits de la deuxième partie de lencyclique :
(19) […] Toute lactivité de lÉglise est lexpression dun amour qui cherche le bien intégral de lhomme: elle cherche son évangélisation par la Parole et par les Sacrements, entreprise bien souvent héroïque dans ses réalisations historiques; et elle cherche sa promotion dans les différents domaines de la vie et de lactivité humaines. Lamour est donc le service que lÉglise réalise pour aller constamment au-devant des souffrances et des besoins, même matériels, des hommes. […]
(20) Lamour du prochain, enraciné dans lamour de Dieu, est avant tout une tâche pour chaque fidèle, mais il est aussi une tâche pour la communauté ecclésiale entière, et cela à tous les niveaux: de la communauté locale à lÉglise particulière jusquà lÉglise universelle dans son ensemble. LÉglise aussi, en tant que communauté, doit pratiquer lamour. […]
(22) Les années passant, avec lexpansion progressive de lÉglise, lexercice de la charité sest affirmé comme lun de ses secteurs essentiels, avec ladministration des Sacrements et lannonce de la Parole: pratiquer lamour envers les veuves et les orphelins, envers les prisonniers, les malades et toutes les personnes qui, de quelque manière, sont dans le besoin, cela appartient à son essence au même titre que le service des Sacrements et lannonce de lÉvangile. LÉglise ne peut pas négliger le service de la charité, de même quelle ne peut négliger les Sacrements ni la Parole. […]
Le profil spécifique de lactivité caritative de lÉglise
31. Laugmentation dorganisations diversifiées qui sengagent en faveur de lhomme dans ses diverses nécessités sexplique au fond par le fait que limpératif de lamour du prochain est inscrit par le Créateur dans la nature même de lhomme. Cependant, cette croissance est aussi un effet de la présence du christianisme dans le monde, qui suscite constamment et rend efficace cet impératif, souvent profondément obscurci au cours de lhistoire. […] De ce fait, il est très important que lactivité caritative de lÉglise maintienne toute sa splendeur et ne se dissolve pas dans une organisation commune dassistance, en en devenant une simple variante. Mais quels sont donc les éléments constitutifs qui forment lessence de la charité chrétienne et ecclésiale ?
a) Selon le modèle donné par la parabole du bon Samaritain, la charité chrétienne est avant tout simplement la réponse à ce qui, dans une situation déterminée, constitue la nécessité immédiate: les personnes qui ont faim doivent être rassasiées, celles qui sont sans vêtements doivent être vêtues, celles qui sont malades doivent être soignées en vue de leur guérison, celles qui sont en prison doivent être visitées, etc. Les Organisations caritatives de lÉglise, à commencer par les Caritas (diocésaines, nationales, internationale), doivent faire tout leur possible pour que soient mis à disposition les moyens nécessaires, et surtout les hommes et les femmes, pour assumer de telles tâches. En ce qui concerne le service des personnes qui souffrent, la compétence professionnelle est avant tout nécessaire : les soignants doivent être formés de manière à pouvoir accomplir le geste juste au moment juste, prenant aussi lengagement de poursuivre les soins. La compétence professionnelle est une des premières nécessités fondamentales, mais à elle seule, elle ne peut suffire. En réalité, il sagit dêtres humains, et les êtres humains ont toujours besoin de quelque chose de plus que de soins techniquement corrects. Ils ont besoin dhumanité. Ils ont besoin de lattention du cœur. Les personnes qui œuvrent dans les Institutions caritatives de lÉglise doivent se distinguer par le fait quelles ne se contentent pas dexécuter avec dextérité le geste qui convient sur le moment, mais quelles se consacrent à autrui avec des attentions qui leur viennent du cœur, de manière à ce quautrui puisse éprouver leur richesse dhumanité. Cest pourquoi, en plus de la préparation professionnelle, il est nécessaire pour ces personnes davoir aussi et surtout une «formation du cœur» : il convient de les conduire à la rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux lamour et qui ouvre leur esprit à autrui, en sorte que leur amour du prochain ne soit plus imposé pour ainsi dire de lextérieur, mais quil soit une conséquence découlant de leur foi qui devient agissante dans lamour (cf. Galates 5, 6).
b) Lactivité caritative chrétienne doit être indépendante de partis et didéologies. Elle nest pas un moyen pour changer le monde de manière idéologique et elle nest pas au service de stratégies mondaines, mais elle est la mise en œuvre ici et maintenant de lamour dont lhomme a constamment besoin. Lépoque moderne, surtout à partir du dix-neuvième siècle, est dominée par différents courants dune philosophie du progrès, dont la forme la plus radicale est le marxisme. Une partie de la stratégie marxiste est la théorie de lappauvrissement : celui qui, dans une situation de pouvoir injuste – soutient-elle –, aide lhomme par des initiatives de charité, se met de fait au service de ce système dinjustice, le faisant apparaître supportable, au moins jusquà un certain point. Le potentiel révolutionnaire est ainsi freiné et donc le retour vers un monde meilleur est bloqué. Par conséquent, la charité est contestée et attaquée comme système de conservation du statu quo. En réalité, cest là une philosophie inhumaine. Lhomme qui vit dans le présent est sacrifié au Moloch de lavenir – un avenir dont la réalisation effective reste pour le moins douteuse. En vérité, lhumanisation du monde ne peut être promue en renonçant, pour le moment, à se comporter de manière humaine. Nous ne contribuons à un monde meilleur quen faisant le bien, maintenant et personnellement, passionnément, partout où cela est possible, indépendamment de stratégies et de programmes de partis. Le programme du chrétien – le programme du bon Samaritain, le programme de Jésus – est «un cœur qui voit». Ce cœur voit où lamour est nécessaire et il agit en conséquence. Naturellement, à la spontanéité de lindividu, lorsque lactivité caritative est assumée par lÉglise comme initiative communautaire, doivent également s'adjoindre des programmes, des prévisions, des collaborations avec dautres institutions similaires.
c) De plus, la charité ne doit pas être un moyen au service de ce quon appelle aujourdhui le prosélytisme. Lamour est gratuit. Il nest pas utilisé pour parvenir à dautres fins[30]. Cela ne signifie pas toutefois que laction caritative doive laisser de côté, pour ainsi dire, Dieu et le Christ. Cest toujours lhomme tout entier qui est en jeu. Souvent, cest précisément labsence de Dieu qui est la racine la plus profonde de la souffrance. Celui qui pratique la charité au nom de lÉglise ne cherchera jamais à imposer aux autres la foi de lÉglise. Il sait que lamour, dans sa pureté et dans sa gratuité, est le meilleur témoignage du Dieu auquel nous croyons et qui nous pousse à aimer. Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que lamour. Il sait que Dieu est amour (cf. 1 Jean 4,8) et quil se rend présent précisément dans les moments où rien dautre nest fait sinon quaimer. Il sait – pour en revenir à la question précédente – que le mépris de lamour est mépris de Dieu et de lhomme, et quil est la tentative de se passer de Dieu. Par conséquent, la meilleure défense de Dieu et de lhomme consiste justement dans lamour. La tâche des Organisations caritatives de lÉglise est de renforcer une telle conscience chez leurs membres, de sorte que, par leurs actions – comme par leurs paroles, leurs silences, leurs exemples –, ils deviennent des témoins crédibles du Christ. »
Question 172 : Jésus a-t-il eu des frères ? Dans lévangile, on lit quelque part : « Tes frères sont là, dehors. » (TR)
Réponse : Dans le Nouveau Testament, on mentionne des frères et des sœurs de Jésus : Matthieu 12,46s et par.; 13,55s et par.; Jean 2,12; 73.5.10.; 20,17(?); Actes 1,14; 1 Corinthiens 9,5; Galates 1,19. On donne le nom de quatre frères : Jacques (le plus jeune, Marc 15,40), Joseph ou José (lorthographe nest pas toujours la même), Simon et Judas (Matthieu 13,55 ; Marc 6,3). On ne dispose pas des noms de ses sœurs.
(I) Pour cette question récurrente, il faut toujours distinguer entre ce qui est certain et ce qui nest que probable et incertain. Ce qui est sûr, cest que ces personnes ne sont pas les frères et les sœurs de Jésus selon notre manière de parler aujourdhui, cest à dire quil ne sagit en aucun cas denfants de Marie, mais bien de parents éloignés, par exemple de cousins ou de cousines de Jésus. Sans doute, en grec, la langue dans laquelle cette tradition nous est parvenue, les mots frère et sœur ont habituellement le même sens que chez nous aujourdhui : dans ce cas, nous sommes dès lors en droit de considérer les expressions grecques comme des traduction littérales dun équivalent araméen qui, dans la communauté chrétienne primitive de Palestine était utilisé pour désigner un groupe de personnes de la famille de Jésus ; « frères du Seigneur » ou « frères de Jésus » était manifestement une expression stéréotypée, cf. Actes 1,14 ; 1 Corinthiens 9,5.
Comme on peut le constater en suffisance, entre autres, dans lAncien Testament (Genèse 13,8 : Lot est « frère » dAbraham ; 14,14.16 ; 29,15), lusage linguistique araméen (et hébreu) diffère sur ce point du nôtre. Le mot frère (hébreu ۥākh), comprend également, dans ces langues, des parents éloignés comme le cousins, les neveux, parce quelles ne disposent pas des termes de parentés précis correspondants. On disait, par exemple, « les frères » quand on voulait éviter les expressions « les fils de loncle et les fils de la sœur de la mère » (Lagrange). Les écrivains du Nouveau Testament avaient bien conscience de lambiguïté du concept adelphos dans leur langue : on peut le constater aussi en Jean 1,41, où Simon est désigné comme le « propre » frère dAndré.
(II) Il sen suit quil est possible que le terme « frères de Jésus » puisse désigner des parents éloignés et non des frères au sens propre. Quil en est effectivement ainsi, on peut le montrer comme suit.
(A) Les quatre « frères de Jésus » désignés nominalement en Marc 6,3 (Matthieu 13,55) sont les fils dune autre mère que la mère de Jésus ; les deux premiers, Jacques et Joseph (José) sont à nouveau mentionnés ultérieurement chez Matthieu et aussi chez Marc dans le récit de la mort de Jésus sur la croix, et ils apparaissent alors comme les fils dune autre Marie que la mère de Jésus (Matthieu 27,56 ; Marc 15,40). Il nest toutefois pas absolument impossible que, dans ce récit, il sagisse dautres personnes. Cependant, quand un auteur mentionne nominalement une paire de frères et que, plus tard, dans son écrit de taille modeste, il répète les mêmes noms sans autre explication, il faut bien admettre quil désignait les mêmes personnes. On peut en conclure également que les deux autres (Simon et Jude), qui, dans la suite du récit, ne sont pas distants de Jésus, ne sont pas non plus des frères à notre sens du terme ; ils est probable que ces personnes représentent des cousins dune origine différente, dautant plus quils ne sont pas mentionnés en Matthieu 27,56 et Marc 15,40.
(B) Cette conclusion est confirmée par le fait que, daprès lévangile, Jésus apparaît comme le fils unique de Marie et comme lunique enfant de la Sainte Famille. Marie était vierge lors de la naissance de Jésus (Matthieu 1,23 ; Luc 1,27) et elle avait lintention de rester vierge (Luc 1,34) ; à lâge de douze ans, Jésus est à toute évidence encore toujours lunique fils de Marie (Luc 2,41-52) ; nulle part les « frères de Jésus » (qui ne commencent à faire leur apparition que durant le vie publique) ne sont appelés fils de Marie et/ou de Joseph ; à la croix, Jésus confie sa mère à Jean, lun de ses disciples (Jean 19,26), une donnée qui ne devient pleinement compréhensible que si Marie navait eu aucun autre enfant que Jésus.
(C) A partir des péricopes indiquées sous (B), il suit avec une forte probabilité que les « frères de Jésus » nétaient pas des enfants de Joseph dun mariage précédent, comme lont pensé, par exemple, le protévangile de Jacques, Origène et lAmbrosiaster (Migne latin 17, 344 s). Il nest pas possible de se prononcer avec certitude à propos dune qualification positive de la relation entre Jésus et ses « frères » ; ceci naffaiblit aucunement la partie négative de largumentation. Eusèbe (Hist. Eccl. IV, 22,4) cite un passage dHégésippe doù lon pourrait penser que Simon et Jude étaient le fils de Cléophas (cf. Jean 19,25), mais que ce Cléophas était un oncle de Jésus, à savoir un frère de saint Joseph. Leur mère serait alors « Marie de Cléophas », qui se tenait sous la croix. Jacques et Joseph (José) auraient pour mère les « sœurs de la mère de Jésus » mentionnées par Jean, que Marc 15,40 appelle Marie, et, pour cette raison celle-ci ne peut avoir été une sœur de sang de la sainte Vierge. Son père serait Alphée (Matthieu 10,3), dans la mesure où lon peut mettre sur le même pied lapôtre Jacques, le « frère » du Seigneur, et ce Jacques dAlphée ; cette équivalence nest cependant pas reçue par tous les exégètes. Selon cette explication, Jean 19,25 mentionnerait quatre personnes. Dautres aimeraient identifier Alphée avec Cléophas et ils ne comptent donc, en Jean 19,25, que trois personnes. Selon cette opinion, les quatre « frères » du Seigneur seraient entre eux des frères de sang et, ne sétait trouvée sous la croix, à part la mère de Jésus et Madeleine, quune seule « autre Marie ». Cette autre Marie serait alors la femme de Cléophas (Alphée), la mère des quatre « frères » du Seigneur et la sœur de Marie, la Mère de Jésus (Jean 19,25). (Texte légèrement abrégé de W. Grossouw, art. „Brüder Jesu in : H. Haag (ed.), Bibel –Lexikon. Einsiedeln/Zürich/Köln, 1956), p. 262s.
Question 173 : Noël Baba (Saint Nicolas) doit avoir vécu à Antalaya. A-t-il été, après sa mort, déplacé au pôle nord ? (TR)
Réponse : Le saint Nicolas, dont lEglise latine fait mémoire le 6 décembre, fut, probablement dans la première moitié du quatrième siècle, évêque de Myre en Lycie. Dans les anciens récits de miracles de sa vie de saint, pour laquelle il manque des faits certifiés, et suite à des erreurs ultérieures à cause de la similarité des patronymes, se sont mêlés des données de la vie de labbé Nicolas de Sion, près de Myre, et de lévêque de Pinora (mort le 10 décembre 564). Cette figure de saint légendaire est donc une compilation à partir de deux personnages historiques. Le récit central de la collection de légendes grecques à propos de Nicolas est le miracle des « stratelats » (généraux), la libération de trois généraux emprisonnés injustement, à la suite de quoi Nicolas devint le patron des prisonniers. Il est également devenu le patron des marins en détresse, suite au sauvetage légendaire de naufragés, ce qui a mené au transfert de ses reliques, en 1087, de Myre à Bari. Fait également partie de la collection ancienne de légendes le don secret dune pièce dor à trois jeunes filles pour permettre à chacune de se marier. Cela explique non seulement la représentation de Nicolas comme généreux donateur de cadeaux, mais aussi sa caractérisation iconographique dominante, celle des trois billes en or. Aujourdhui, cest le père Noël qui souvent a pris la place de lévêque Nicolas comme généreux donateur.
Question 174 : Que veut dire Jésus quand il affirme : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ! » (Matthieu 5,8) ? (DE)
Réponse : La pureté du cœur contraste avec la pureté légale, que lon obtient avec des ablutions rituelles, selon les prescriptions du livre du Lévitique. Il sagit dun point de controverse continuel entre Jésus et les pharisiens. Ce que Jésus veut dire, il lexplicite en Matthieu 15, 10-20 :
« Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur. Mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l'homme impur. » Alors les disciples s'avancèrent et lui dirent : « Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole ? » Mais il répondit : « Toute plante que mon Père du ciel n'a pas plantée sera arrachée. Laissez-les dire : ce sont des guides aveugles pour des aveugles. Si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous les deux dans un trou. » Pierre intervint pour lui dire : « Explique-nous cette parole énigmatique. » Jésus répliqua : « Vous aussi, vous êtes encore incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre pour être éliminé ? Tandis que ce qui sort de la bouche provient du coeur, et c'est cela qui rend l'homme impur. Car c'est du coeur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. C'est tout cela qui rend l'homme impur ; mais manger sans se laver les mains ne rend pas l'homme impur. » (Matthieu 15,10-20)
La pureté du cœur se manifeste surtout dans la manière avec laquelle une personne parle, car, dans les paroles de la personne se révèlent ses pensées et les souhaits de son cœur. Le fruit de la pureté du cœur est la vision de Dieu, à savoir pouvoir être admis en présence de Dieu (voir Matthieu 18,10). Dans la langue de lAncien Testament, les membres de la cour royale sont ceux « qui voient le visage du roi ».
Question 175 : Dans lévangile, on lit : « Tu pardonneras 77 fois 7 fois à ton frère ». Ne serait-ce pas là une incitation, à ses yeux, de continuer à pécher contre moi ? (TR)
Réponse : La question se rapporte au texte suivant de lévangile de Matthieu : « Pierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois. (Matthieu 18,21).
« Il ne peut y avoir de véritable conversion quà partir du moment où la volonté de se détourner du péché est complétée par la volonté de samender. Lorsquune personne sest rendue coupable de quelque chose vis à vis de quelquun et a causé du dommage, celui-ci ne peut pas être éliminé par la seule contrition. Il faut, bien plus, réparer le dommage autant que possible. Sil sagit dun dommage matériel, cette réparation se fera surtout par une compensation adaptée.
Cependant, à cause de cette injustice, lautre personne a été touchée, car, par le péché, cest lamour qui a été blessé. Celui-ci ne peut être restauré que par un geste damour, par la demande de pardon et par un effort de réconciliation. Autrement linjustice, même si on la regrette, continuera à exister et à rendre laccès à lamour plus difficile ou impossible.
Il est évident que le pardon ne peut atteindre son sens plénier et mener à la réconciliation quà la condition quil soit précédé par la contrition et la demande de pardon (cf. Luc 17,4). Pardonner à quelquun qui ne regrette pas son injustice namène pas à la réconciliation mais ne fait que contribuer à renforcer lautre dans son injustice et à linciter à commettre de nouvelles injustices. Toutefois la personne qui a subit linjustice ne doit pas attendre que lautre lui demande pardon, mais, de son côté, montrer quelle est disposée à se réconcilier.
Le pardon et la réconciliation entre les personnes sont absolument indispensables aux relations humaines. Mais le péché est bien plus quun dommage occasionné aux relations humaines. Il concerne Dieu lui-même. Aussi ne peut-il être effacé que par le pardon de Dieu et sa réconciliation avec les hommes. Les hommes peuvent et doivent se dire les uns aux autres : « Je te pardonne, je te remets ta faute ! » Mais, en dernier ressort, seul Dieu prononce la parole de pardon et de remise de la faute (cf. Marc 2,7). Le pardon de Dieu ne fait pas que notre acte ait cessé dexister, quil soit oublié ou que la gravité en soit atténuée. Bien plus, Dieu pardonne notre faute en se tournant vers nous malgré notre mauvaise action, en nous transformant par son amour miséricordieux et en faisant de nous des hommes qui sont réconciliés avec lui. » (Katholischer Erwachsenen-Katechismus II, Leben aus dem Glauben, p. 89s.)
Question 176 : Comment sait-on que Jésus est né un 25 décembre, alors que, du point de vue de la critique historique, on na pas même de chiffre pour indiquer lannée de sa naissance ? (TR)
Réponse : Le jour précis de la naissance de Jésus est inconnu. Aux débuts du christianisme, on navait pas encore un tel intérêt pour cette date. On ne commémorait que la fête de Pâques et lon faisait ainsi mémoire de la totalité mystérieuse de lévénement que représente la vie de Jésus, précisément aussi pour les croyants chrétiens. Mais durant le troisième siècle, on se mit à désirer fêter à part lorigine de Jésus. Il sagit du même processus que nous observons lors de la naissance des récits évangéliques ; dabord les grandes actions salvatrices du Jésus adulte, le Messie, et ensuite, plus tard, le désir de « remonter le courant » et de méditer ce qui sest passé au début. Comme on ne connaissait plus la date de naissance de Jésus, on était libre de choisir comme date, celle qui faisait le plus de sens. On prit spontanément lépoque de lannée où les jours commencent à sallonger. Le 25 décembre et le 6 janvier sont ainsi, de temps immémorial, les dates de la première apparition de Jésus. Ce faisant, on remplaçait des fêtes païennes. Mais cest secondaire. Plus en profondeur, la raison est plus simple et en lien avec la nature humaine. Quand vient la lumière nouvelle dans la nature, on fête la nouvelle lumière qui jamais ne séteindra. Il sagit dune lumière spirituelle. La foi chrétienne aime la nature et elle sy joint volontiers. Mais elle nest pas une religion de la nature. La naissance de Jésus est un fait historique. Celui-ci sert de référent pour le comput de toute lhistoire chrétienne. Lan 1 est la naissance de Jésus, une vision merveilleuse par laquelle le moine Dionysius Exiguus le Petit, au sixième siècle, remplaça lancien décompte des années, qui se faisait à partir de la fondation de Rome. Mais il na pas fait suffisamment attention au mot « environ » dans le texte de lévangéliste Luc écrivant que Jésus avait environ trente ans lors de son ministère public (Luc 3,23). Aussi est-il probable quil se soit trompé de quatre à sept années. Mais cela na pas une importance capitale. Même si Jésus est né quelques années plus tôt, le comput du temps selon lannée du Seigneur « anno Domini » « en lannée du Seigneur » garde son sens profond : avec Jésus, cest une nouvelle ère qui commence. » (Repris avec de légères modifications de : Glaubensverkündigung für Erwachsene. Deutsche Ausgabe des Holländischen Katechismus (Original hollandais 1968).
Question 177 : Lors de lélection du pape, il faut que les cardinaux soient guidé par lEsprit Saint. Pourquoi est-ce que lEsprit Saint nindique-t-il pas à tous les cardinaux le même candidat, puisquils doivent procéder à plusieurs votes successifs ? (TR)
Réponse : Le Saint Esprit, qui a été donné à la communauté chrétienne dès le début et qui continue à lui être donné nagit pas de façon mécanique et automatique. Il veut être reçu par les croyants avec un cœur accueillant et dans une foi profonde et alors, il agit en eux, individuellement et communautairement, en douceur et de façon plutôt invisible. Les dons de lEsprit Saint (charismes) sont nombreux et en aucun cas il ne se limite à ceux qui sont chargés de postes de direction dans lEglise. En tous cas, lEsprit Saint agit en profondeur sur les capacités naturelles des individus et des groupes. Il agit dans les croyants et à travers eux et il ne neutralise pas leur recherche et leur interrogation naturelles. Il se sert de la raison, de lintelligence et de tous les dons humains. Cest ainsi, par exemple, que des images comme leau, lhuile et le feu expriment le lien intime que lEsprit de Dieu entretient avec les dons naturels de lêtre humain. Cest ainsi que lEsprit Saint agit, par exemple lors dune élection papale, par le moyen de la consultation, de linformation et de tous les autres efforts des cardinaux pour trouver le candidat qui convient. La vieille procédure délection par tirage au sort, attestée de nombreuses fois dans lAncien Testament, décrite dans Actes 1,26, a été rapidement remplacée, dans la communauté chrétienne primitive, par une façon de faire quelque peu moins superficielle (cf. Actes 6,3-6 ; 13, 2-3).
Question 178 : Jean Baptiste dit, dans lévangile selon Marc : « Je ne vous ai baptisé quavec de leau, mais lui vous baptisera avec lEsprit Saint » (Marc 1,8). Dans lévangile selon Matthieu, il dit : « Il vous baptisera avec lEsprit Saint et le feu » (Matthieu 3,11b). Que signifie ici le baptême avec le feu ? (TR)
Réponse : Le baptême dans lEsprit, que Jean Baptiste avait déjà annoncé, en Matthieu 3,11b, et qui est promis par Jésus pour le temps qui vient, en Actes 1,15, commence avec lenvoi de lEsprit à la Pentecôte, en Actes 2,1-4). Ensuite, au nom de Jésus, les apôtres vont conférer à leur tour le baptême deau, cette action accomplie dans la foi en lœuvre salutaire de Jésus, cf. Romains 6,4, qui a un pouvoir efficace pour pardonner les péchés et pour communiquer le Saint Esprit, cf. Actes 2,38 ; 2,41 ; 8, 12.38 et ailleurs. Limage du feu, que Jean applique au baptême que Jésus initie, en Matthieu 3,11b, exprime le caractère de purification du baptême. Le feu est un instrument de purification qui nest pas aussi matériel que leau et qui est plus actif quelle ; déjà dans lAncien Testament, cf. Isaïe 1,25 ; Zacharie 13,9 ; Malachie 3,2-3 ; Siracide 2,5 etc., le feu est le symbole de lintervention souveraine de Dieu et de son Esprit de purification des cœurs.
Question 179 : Qui est Belzébuth, le chef des démons ? (TR)
Réponse : Dans la bouche des Pharisiens, Belzébuth était le nom propre du chef suprême des mauvais esprits, à savoir les démons, avec laide desquels Jésus chassait les mauvais esprits (Marc 3,22 parall., comp. Matthieu 10,25). Les manuscrits offrent trois leçons : Beelzebul (la majorité, sous cette forme, se trouve aussi hors du Nouveau Testament), Beezebul et Beelzebub. Létymologie et le sens sont incertains.
Question 180 : Si lévangile est le Nouveau Testament, est-ce que lAncien Testament nest plus valable ? En dautres termes : la foi des juifs est-elle sans valeur ? (TR)
Réponse : « Evangile » signifie tout dabord la bonne nouvelle, qui montre la venue du Messie en Jésus de Nazareth, le Messie ( = celui qui a reçu lonction, en grec : Christos). Ensuite, le mot évangile désigne aussi le bonne nouvelle du fait que le royaume de Dieu est arrivé, que Jésus, et ensuite, à sa demande lEglise, a annoncée et transmise. Evangile désigne alors aussi chacun des quatre livres, dans le Nouveau Testament, qui portent ce titre (p.ex. Evangile selon Matthieu etc.) et qui annoncent le message de Jésus à la lumière de sa vie. Parfois le message du Nouveau Testament dans sa totalité est également appelé évangile (= bonne nouvelle). En ce qui concerne la relation de la foi des chrétiens à celle des juifs, le Deuxième concile du Vatican, en 1965, sest exprimé comme suit sur ce point, au numéro 4 de la « Déclaration sur les relations de lEglise avec les religions non chrétiennes », « Nostra Aetate » :
La religion juive
4. Scrutant le mystère de lÉglise, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée dAbraham.
LÉglise du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils dAbraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de lÉglise est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. Cest pourquoi lÉglise ne peut oublier quelle a reçu la révélation de lAncien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure lantique Alliance, et quelle se nourrit de la racine de lolivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de lolivier sauvage que sont les Gentils [7]. LÉglise croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].
LÉglise a toujours devant les yeux les paroles de lapôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent ladoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Romains 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de lÉglise, sont nés du peuple juif, ainsi quun grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde lÉvangile du Christ.
Selon le témoignage de lÉcriture Sainte, Jérusalem na pas reconnu le temps où elle fut visitée [9] ; les Juifs, en grande partie, nacceptèrent pas lÉvangile, et même nombreux furent ceux qui sopposèrent à sa diffusion [10]. Néanmoins, selon lApôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et lappel sont sans repentance [11]. Avec les prophètes et le même Apôtre, lÉglise attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur dune seule voix et « le serviront sous un même joug » (Sophonie 3, 9) [12].
Du fait dun si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et lestime mutuelles, qui naîtront surtout détudes bibliques et théologiques, ainsi que dun dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. Sil est vrai que lÉglise est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de nenseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de lÉvangile et à lesprit du Christ.
En outre, lÉglise, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels quils soient, ne pouvant oublier le patrimoine quelle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de lÉvangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations dantisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.
Dailleurs, comme lÉglise la toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, sest soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de lÉglise, dans sa prédication, est donc dannoncer la croix du Christ comme signe de lamour universel de Dieu et comme source de toute grâce.
5. La fraternité universelle excluant toute discrimination
Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à limage de Dieu. La relation de lhomme à Dieu le Père et la relation de lhomme à ses frères humains sont tellement liées que lÉcriture dit : « Qui naime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jean 4, 8). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.
LÉglise réprouve donc, en tant que contraire à lesprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. En conséquence, le saint Concile, suivant les traces des saints Apôtres Pierre et Paul, prie ardemment les fidèles du Christ « davoir au milieu des nations une belle conduite » (1 P 2, 12), si cest possible, et de vivre en paix, pour autant quil dépend deux, avec tous les hommes [14], de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux [15]. le 28 octobre 1965. » (Source : www.vatican.va/archive/)
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