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Question 147: Les chrétiens peuvent-ils prier dans les mosquées, comme le pape la fait à Istanbul ? Ou nétait-ce quun geste de politesse ? (TR)
Réponse : Nous ne savons pas si, lors de sa visite à la « mosquée bleue » dIstanbul, le 30 novembre 2006, le pape a prié, ni de quelle manière – avec quels mots et pensées silencieuses, inaudibles il aurait prié. En tout cas, les chrétiens, tout comme les musulmans, font la distinction entre la prière liturgique et les autres formes de prières non formelles, quelles se fassent personnellement ou en communauté. De telles prières non formelles peuvent être des prières de remerciement, de louange ou dintercession.
Je présuppose que le pape, à cette occasion à Istambul, a loué Dieu en ce sens dans son cœur en cet impressionnante architecture de la mosquée et devant la foi qui sy exprime, quil a, de plus, remercié Dieu pour toute la bienveillance de ses hôtes et pour la confiance en Dieu de tant de croyants musulmans, et enfin, quil a prié Dieu, le Créateur, de fortifier la bonne volonté des musulmans et des chrétiens dans leur effort de compréhension mutuelle et déveiller chez les croyants des deux religions le sens de la responsabilité commune pour la construction de notre monde selon la sainte volonté de Dieu.
En ce sens, chaque chrétien devrait prier, comme le pape la montré, justement lors de la visite dune mosquée ou dune communauté musulmane. Dans des occasions particulières, le chrétien peut aussi être le témoin silencieux de la prière liturgique musulmane, soit en se tenant debout à distance, soit en étant assis, et, à linverse, les musulmans peuvent assister en silence à une liturgie chrétienne – louant Dieu dans leur cœur, le remerciant et en le priant en sassociant à la prière de leur hôte.
Les chrétiens et les musulmans prient le même Dieu. Cependant leur foi ne leur dit pas la même chose à tout point de vue sur ce Dieu unique. Alors que la foi en un Dieu unique réunit les chrétiens et les musulmans, les différence des doctrines de foi chrétienne et islamique se manifestent dans les affirmations divergentes quexpriment à propos de Dieu la foi musulmane et la foi chrétienne.
Question 148 : Est-ce que chez les chrétiens les morts sont lavés et enveloppés dans un linceul ? (TR)
Réponse : « 1682 Le jour de la mort inaugure pour le chrétien, … lachèvement de sa nouvelle naissance commencée au Baptême, la " ressemblance " définitive à " limage du Fils " conférée par lOnction de lEsprit Saint et la participation au Festin du Royaume qui était anticipée dans lEucharistie, même si dultimes purifications lui sont encore nécessaires pour revêtir la robe nuptiale. » (Catéchisme de lEglise Catholique 1682)
« LÉglise qui, comme Mère, a porté sacramentellement en son sein le chrétien durant son pèlerinage terrestre, laccompagne au terme de son cheminement pour le remettre " entre les mains du Père ". Elle offre au Père, dans le Christ, lenfant de sa grâce, et elle dépose en terre, dans lespérance, le germe du corps qui ressuscitera dans la gloire (cf. 1 Corinthiens 15, 42-44). Cette offrande est pleinement célébrée par le Sacrifice eucharistique ; les bénédictions qui précèdent et qui suivent sont des sacramentaux. » (Catéchisme de lEglise Catholique 1683).
« Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité dans la foi et lespérance de la résurrection. Lensevelissement des morts est une œuvre de miséricorde corporelle (cf. Tobie 1, 16-18) ; elle honore les enfants de Dieu, temples de lEsprit Saint. » (Catéchisme de lEglise Catholique 2300).
« Lautopsie des cadavres peut être moralement admise pour des motifs denquête légale ou de recherche scientifique. Le don gratuit dorganes après la mort est légitime et peut être méritoire.
LÉglise permet lincinération si celle-ci ne manifeste pas une mise en cause de la foi dans la résurrection des corps. » (Catéchisme de lEglise Catholique 2301).
« Jusquen 1964, le droit canon interdisait aux chrétiens catholiques de se faire incinérer. Linterdiction sappuyait moins sur des considérations dogmatiques que sur une réaction dopposition à certaines associations dans lesquelles lincinération était encouragée pour nier la foi en la résurrection. Aujourdhui, lincinération est permise aux chrétiens catholiques, quand on ne vise pas, ce faisant, à nier explicitement la foi catholique.
Les chrétiens ornent les tombes de leurs défunts en signe de mémoire et damour. Lors de la bénédiction des tombes, durant les fêtes de la Toussaint et de la Commémoraison de tous les fidèles défunts, les communautés manifestent de façon toute particulière leur attachement à leurs défunts. La mort et le deuil sont interprétés à la lumière du message de Jésus sur la résurrection ; les communautés chrétiennes confessent ensemble leur espérance de la résurrection.
Les chrétiens honorent également le cimetière. Cest le « champs de Dieu », où sont enterrés les corps des croyants qui, durant cette vie, étaient les temples du Saint Esprit. La disposition et lornementation des cimetières doivent manifester la foi chrétienne en la résurrection. » (Catéchisme catholique des adultes, Katholischer Erwachsenen–Kathechismus, Vol. II: Leben aus dem Glauben, p. 313s.)
Question 149 : Est-ce un péché, lorsque lon est attaqué (par exemple par des braqueurs) et que lon tue lagresseur sans intention de le faire ? (TR)
Réponse : Lacte décrit dans la question posée est appelé du concept de légitime défense. « La défense légitime des personnes et des sociétés nest pas une exception à linterdit du meurtre de linnocent que constitue lhomicide volontaire. " Laction de se défendre peut entraîner un double effet : lun est la conservation de sa propre vie, lautre la mort de lagresseur ... Lun seulement est voulu ; lautre ne lest pas " (S. Thomas dA., Somme théologique 2-2, 64, 7).
Lamour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie nest pas coupable dhomicide même sil est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :
« Si pour se défendre on exerce une violence plus grande quil ne faut, ce sera illicite. Mais si lon repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite... Et il nest pas nécessaire au salut que lon omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer lautre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie quà celle dautrui. » (S. Thomas dA., Somme théologique 2-2, 64, 7) (Catéchisme de lEglise Catholique 2264).
En plus dun droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie dautrui. La défense du bien commun exige que lon mette linjuste agresseur hors détat de nuire. (Catéchisme de lEglise Catholique 2265)
La protection du bien commun de la société exige que lagresseur soit mis hors détat de nuire. Cest pourquoi la doctrine traditionnelle de lEglise a reconnu la justification du droit et du devoir de la violence publique légale, dinfliger des peines proportionnelles à la gravité de la faute, sans exclure dans des cas graves la peine de mort. Pour des raisons analogues, les responsables ont le droit de repousser par les armes ceux qui attaquent le bien commun dont ils ont la responsabilité. (Catéchisme de lEglise Catholique 2266).
Question 150 : Les prêtres peuvent-ils, doivent-ils se remettre aussi à eux-mêmes leurs propres péchés, sur base de leur ministère, qui leur donne le pouvoir de pardonner aux autres au nom de Dieu leurs péchés ? (TR)
Réponse : Dieu seul peut pardonner les péchés. Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même « que le Fils de lhomme a, ici sur terre, le pouvoir de pardonner les péchés » (Marc 2,10). Il exerce ce pouvoir divin : « Tes péchés te sont remis ! » (Marc 2,5 ; Luc 7,48). Et, bien plus : par son autorité divine, il donne aux hommes ce pouvoir, afin quils lexerce en son nom. (Catéchisme de lEglise Catholique 1441).
Le Christ a voulu que lEglise toute entière soit, dans sa prière, dans sa vie et dans son action, le signe et linstrument du pardon et de la réconciliation quil nous a obtenue au prix de son sang. Mais il a confié lexercice du pouvoir dabsoudre au ministère apostolique. Celui-ci est chargé « du ministère de la réconciliation » (2 Corinthiens 5,18). Lapôtre est envoyé « à la place du Christ » ; par lui, Dieu lui-même encourage et demande : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » (2 Corinthiens 1442).
« 302 Quels sont les éléments essentiels du sacrement de la Réconciliation? Ils sont au nombre de deux : les actes accomplis par lhomme qui se convertit sous laction de lEsprit Saint et labsolution du prêtre qui, au nom de Christ, accorde le pardon et précise les modalités de la satisfaction.
« 307. Qui est le ministre du sacrement? Le Christ a confié le ministère de la Réconciliation à ses Apôtres, aux Évêques, leurs successeurs, et aux prêtres, leurs collaborateurs, qui deviennent ainsi les instruments de la miséricorde et de la justice de Dieu. Ils exercent le pouvoir de pardonner les péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
« 309. Le confesseur est-il tenu au secret? Étant donné la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, tout confesseur est tenu, sans exception aucune et sous peine de sanctions très sévères, de garder le sceau sacramentel, cest-à-dire labsolu secret au sujet des péchés dont il a connaissance par la confession. » (Les numéros 302, 307 et 309 sont extraits du Compendium du catéchisme de lEglise catholique).
A partir de ce qui a été dit, on comprend que tous les croyants, donc également le pape, les évêques et les prêtres, sont tenus de confesser leurs péchés graves auprès dun prêtre, pour obtenir le pardon, et quil leur est recommandé de la faire aussi pour leurs péchés véniels.
Question 151 : Pourquoi Jésus, sur la croix, a-t-il crié : « Mon Dieu, pourquoi mas-tu abandonné ? », alors que lui-même est Dieu ? (TR)
Réponse : La question porte sur la représentation de la mort de Jésus sur la croix daprès lévangile de Matthieu, 27,46 : « A la neuvième heure, Jésus cria à forte voix : Eli, Eli, lema sabachtani ?, ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi mas-tu abandonné ? »
Cest un cri de détresse extrême, car Jésus est entièrement et totalement à la fois Dieu et homme. En Jésus, Dieu, par amour pour les hommes pécheurs, est descendu dans notre détresse mortelle et il est devenu en tout semblable à nous, hormis le péché (Philippiens 2,6-11). Le cri de Jésus sur la croix nest pas un cri de désespoir. La plainte qui est extraite du psaume 22 (21) est une prière à Dieu, après la plainte, le psaume, que Jésus prie ici, exprime la joyeuse certitude du triomphe final.
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis. Mon Dieu, j'appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ; même la nuit, je n'ai pas de repos. Toi, pourtant, tu es saint, toi qui habites les hymnes d'Israël ! C'est en toi que nos pères espéraient, ils espéraient et tu les délivrais. Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ; en toi ils espéraient et n'étaient pas déçus. » (Psaume 22(21), 2-6).
Question 152 : Quest Harmaguédon ? (TR)
Réponse : Dans lApocalypse de Jean, dans le Nouveau Testament, la représentation dune vision de lauteur est formulée comme suit au chapitre 16,13-16 : « (13) Puis j'ai vu sortir de la bouche du Dragon,de celle de la Bête et de celle du faux prophète,trois esprits impurs, comme des grenouilles : (14) ce sont, en effet, des esprits démoniaques qui font des miracles,et qui s'en vont chez les rois du monde entier pour les rassembler en vue de la bataille du grand jour du Dieu tout-puissant. (15) Voici que je viens comme un voleur.Heureux celui qui veille et qui garde ses vêtements pour ne pas aller nu en laissant voir sa honte. (16) Et ils les rassemblèrent au lieu appelé en hébreu Harmaguédon. »
Harmaguédon, à savoir la montagne de Megiddo. Cette ville dans la plaine qui est proche de la chaîne montagneuse du Carmel fut lendroit de la défaite du roi Josué, en 2 Rois 23,29 s ; elle demeura le symbole de lanéantissement des armées qui sy rassemblent, cf. Zacharie 12,11. Le « rassemblement » des rois, au verset 14, se rapporte au rassemblement de tous les peuples païens confrontés à leur destruction par le Christ.
Question 153 : Après leur dispute, en 1054, les catholiques et les orthodoxes se seraient excommuniés mutuellement. Ces jugements ont-ils aujourdhui été annulés, en sorte que les catholiques et les orthodoxes puissent prier et célébrer la Sainte Messe ensemble ? (TR)
Réponse : Les actes dexcommunication de 1054 ne concernaient pas lensemble des orthodoxes et des catholiques, mais seulement les personnes particulières impliquées. Néanmoins cet événement a lourdement hypothéqué les relations entre les catholiques et les orthodoxes. Aussi, le 7 décembre 1965, on a, par deux actes simultanés à Rome et au Phanar, le siège du patriarche œcuménique à Istanbul, déploré les évènements de 1054 et on les a sortis « de la mémoire de lEglise ».
Les catholiques et les orthodoxes peuvent prier liturgiquement en commun, mais, en général, il est exclu, de la part des orthodoxes, que les catholiques soient admis à la communion dans la liturgie orthodoxe. Selon le canon 844, § 3, CIC, un prêtre catholique peut donner la communion aux orthodoxes lorsque ceux-ci le demandent deux-mêmes et quils sont dans les dispositions correctes. (Dr. Theresia Hainthaler).
Question 154 : Pourquoi, en Amérique latine, lEglise se met-elle du côté des grands propriétaires terriens et punit-elle les prêtres qui sengagent en faveur de la population des pauvres sans terres ? (TR)
Réponse : « Dans de nombreux pays de la terre, les peuples ne sont plus disposés aujourdhui à accepter les situations existant dans leurs pays comme des fatalités intangibles, dautant plus que les structures injustes qui induisent la répression, lanalphabétisme, la négligence, le désespoir et la désespérance dépendent de la responsabilité des hommes et peuvent aussi être changées par eux.
La théologie de la libération a pour point de départ la question de savoir comment, face à lincommensurable souffrance des pauvres dans les pays dAmérique latine, on peut parler de lamour de Dieu et de sa préoccupation des pauvres et, dans un soutien solidaire, trouver une solution à ces souffrances. Ce sont les motivations principales de la théologie de la libération.
La Conférence des évêques dAmérique latine, lors de son assemblée générale de 1968 à Medellin, sest appropriée, dans « loption préférentielle pour les pauvres » une vision fondamentale de la théologie de la libération. Le pape Paul VI indiqua que les concepts de libération et de salut pris ensemble peuvent être compris correctement : « Le mot libération mérite aussi sa place dans le vocabulaire chrétien, non seulement par sa force assertive, mais aussi à cause de son contenu plus profond » (Allocution du 31 juillet 1974). Le pape Jean Paul II parle explicitement de la théologie latino-américaine qui met en avant la libération en tant que catégorie fondamentale et en tant que principe daction pour la solution des problèmes de la misère et du sous-développement.
La dynamique du message, qui a pour objectif la rédemption par une pratique de libération, a conduit à un retournement qui amènera un changement dans les relations humaines indignes.
Selon la doctrine de lEglise, il est « entièrement justifié que ceux qui souffrent sous loppression de ceux qui possèdent la richesse ou le pouvoir politique sengagent, par des moyens moralement permis, à obtenir des structures et des institutions dans lesquels les droits son effectivement respectés » (Instruction de la Congrégation pour la doctrine de la foi à propos de la liberté chrétienne et de la libération du 22 mars 1986, 75 s.)
Le jugement moral sur la question de savoir quels moyens et quelles méthodes peuvent être admis pour agir concrètement dans de telles situations oppressantes doit sans cesse se référer à la dignité humaine et à la liberté humaine. Car il ny a pas de véritable libération si, demblée, les droits de la liberté ne sont pas pris en compte.
De plus, il faut être bien conscient que le commandement de lamour du prochain est incompatible avec la haine contre le prochain, quil sagisse de personne individuelle ou de communauté. Aussi, la libération dans lesprit de lévangile amène à conclure quune personne ne justifie la résistance comme libération dune violence injuste que sous la forme de la résistance non-violente. Par la résistance non-violente, une personne peut témoigner que seul lamour conduit à la véritable liberté, tandis que la violence occasionne toujours une nouvelle violence.
On peut penser aussi à une autre voie, celle de la non-violence en tant que stratégie, comme, dans lhistoire récente, le Mahatma Gandhi ou Martin Luther King par exemple, lont pratiquée de façon exemplaire. La réussite dune telle stratégie dépendra, certes, beaucoup de la capacité et de la volonté des dirigeants de changer les structures injustes.
Il faut préférer à toute révolution (avec des moyens violents) comme chemin de libération dun pouvoir injuste, toutes les manières damener des réformes des structures et des institutions, dautant plus que les révolutions de notre époque sont liées à des idéologies et quelles entraînent bien vite de loppression et le non-respect des droits de lhomme.
Lorsquun peuple est à ce point asservi que la résistance non-violente nopère aucun changement, on peut se référer au droit à la résistance violente comme possibilité ultime, mais seulement lorsque aucune autre possibilité (par exemple, la résistance passive) nexiste de se libérer dun pouvoir violent insupportable.
Le pape Paul VI sexprime à propos de cette possibilité extrême dans lencyclique « Populorum Progressio » (32), quand il écrit que le combat armé comme dernière issue pourrait se justifier pour mettre fin « à un pouvoir oppresseur indubitable et de longue durée, qui lèse gravement les droits fondamentaux de la personne et cause un dommage sérieux au bien commun du pays ». Par contre, la Congrégation pour la doctrine de la foi écrit que « un recours systématique à la violence, qui est présenté comme une voie apparemment nécessaire de libération, doit être considéré comme une illusion destructrice …, qui ouvre la voie à un nouvel esclavage » (Instruction sur la liberté chrétienne et la libération, 76).
Aujourdhui, le défi pour tous les états et lEglise, est quils contribuent à ce quaucun pays de la terre ne voit se créer des situations dans lesquelles un pouvoir insupportable force les gens à se libérer avec des moyens auxquels ils répugnent absolument. » (Catéchisme catholique pour adultes, Kathol. Erwachsenenkatechismus, Vol. II, Leben aus dem Glauben, p. 260-262 passim).
Question 155 : Est-il encore possible de nos jours de gagner des places au paradis, comme cela se faisait dans le passé ? (TR)
Réponse : Pour le familiers de la Bible, cest la demande des fils de Zébédée (Marc 10,35-40) qui vient immédiatement à lesprit.
« Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. » Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
« Dans ta gloire », cela veut dire : « lorsque tu triompheras en roi messianique ». « Le baptême », cest ici une image de la passion de Jésus, proche. Jésus sera également « plongé » dans un abîme de souffrances. « Il ne mappartient pas de laccorder » : la mission de Jésus sur terre ne consiste pas à distribuer des récompenses aux hommes, mais de souffrir pour les sauver, cf. Jean 3,17 et 12,47.
Le chrétien « obtient » le salut, sil vit aussi fidèlement que possible la suite de Jésus et sefforce, avec laide et la grâce de Jésus de suivre la voie de lamour gratuit que Jésus nous a démontré.
Question 156 : Quelle est la signification de la cloche dans lEglise et pourquoi les chrétiens sonnent-ils une ou des cloches ? (EN)
Réponse : Voir la réponse à la question analogue n° 61, dans la section 7, à laquelle il a déjà été répondu.
Question 157 : De nombreux ministres du culte chrétiens reconnaissent-ils en Mahomet un véritable prophète ? Et quen pensez-vous ? (TR)
Réponse : Dans la question de la reconnaissance de Mahomet en tant que vrai prophète, il ny a pas de différence entre les chrétiens qui exercent un ministère dans lEglise et les autres chrétiens. Que la personne qui pose cette question lise tout dabord le chapitre 4 de notre livre de notre page web : Mahomet – Prophète : aussi pour les chrétiens ? Et là, relire particulièrement la partie IV,3-5 et lexcursus à la fin du même chapitre. Le chapitre 12 du même livre (également sur notre page web) : le cœur du christianisme, montre en outre où se trouve, pour les croyants chrétiens, le cœur de leur foi. Cest lamour de Dieu, inconditionnel, se communiquant lui-même, qui est apparu à celui qui croit dans la doctrine, la vie, la souffrance, la mort et la nouvelle vie de Jésus ressuscité, le messie.
Dans la question posée à propos de la reconnaissance de Mahomet comme véritable prophète, il ne sagit pas seulement dun mot ou du titre de « prophète » dans le sens simplement dune description historique, mais de la confession et de la reconnaissance de la vérité qui est désignée par le titre de « prophète » et qui, appliquée à Mahomet, comprend la deuxième partie de la confession de foi musulmane. Mahomet ne peut pas être, pour les chrétiens en tant que tels, prophète dans le sens qui revient à ce titre dans le Coran, et ensuite dans la foi islamique. Accepter Mahomet comme prophète dans le sens coranique et donc aussi islamique signifie de façon pure et simple : accepter positivement la doctrine du Coran sur Mahomet et sur ses prétentions prophétiques et considérer dès lors la vie de Mahomet comme un « beau et bon modèle » (Q 33,21) pour sa propre vie et pour celle de tous les hommes.
En même temps, les chrétiens sauront de façon décidée prendre leurs distances par rapport à tout dénigrement et toute proscription de Mahomet. En outre, ils essayeront de reconnaître et dhonorer la grandeur extraordinaire de sa personnalité dans lhistoire, son rôle de fondateur de lIslam ainsi que sa position exceptionnelle dans la foi, la piété et la pensée religieuse des musulmans.
Ils verront mieux alors sils doivent tout simplement refuser la doctrine et la vie de Mahomet pour eux-mêmes en tant que croyants chrétiens, ou si elles éclairent aussi, de façon impressionnante, des éléments essentiels de la vérité divine auxquels les chrétiens, de leur côté, peuvent accéder à la lumière de la raison et reconnaître dans la foi en la personne et la doctrine de Jésus Christ.
En résumé, on peut dire que Mahomet est une figure religieuse et politique de fondateur qui a conduit beaucoup dhommes à Dieu, mais qui na pas reconnu lamour de Dieu et la grandeur de la vocation de lhomme tels quils se sont révélés dans la vie, la passion, la mort sur la croix et la résurrection de Jésus.
Question 158 : Comment les hommes peuvent-ils dire que Jésus est le Fils de Dieu ? Existe-t-il une preuve dans la Bible ? (EN)
Réponse : Celui qui pose la question, trouvera la réponse dans le chapitre 2 du livre, plus haut sur cette page daccueil, particulièrement sous III,2. Il trouvera aussi la réponse, avec de nombreuses citations tirées de la Bible dans la Réponse à la question 50, plus haut, à la page 6 des « Questions-Réponses ».
Question 159 : Que pensez-vous de lavortement ? (TR)
Réponse : « Moins un être humain est capable de protéger par lui-même sa vie, plus a-t-il besoin dune protection de la part des hommes et de la part de la société. Partant de la conviction que toute vie humaine est pleine de dignité et de valeur, lEglise sengage en faveur de la vie humaine qui est faible et fragile.
Ce oui en faveur de linviolabilité et de lintangibilité de la vie nest plus, dans de larges franges de la société contemporaine, aussi unanime en faveur de la vie humaine en gestation que pour lenfant déjà né. Tuer un enfant est, certes, généralement considéré comme un crime, mais, lorsque lon tue des enfants qui ne sont pas encore nés, ce nest évidemment pas le cas partout.
Chaque jour un nombre incalculable denfants en gestation sont tués par avortement, et, chaque fois, on donne des raisons qui pourraient, pense-t-on, justifier cela. […] Beaucoup pensent que lenfant en gestation na pas une dignité aussi inviolable que lenfant qui est né ; il na donc pas non plus le même droit inviolable à la vie ; moralement et juridiquement, il ne ressort pas de la même manière à linterdiction du meurtre que lenfant qui est né. […]
Dans les discussions scientifiques sur la vie en gestation, les théories qui sont prises en considération, ce sont celles qui émettent lhypothèse de lexistence de certaines étapes à lintérieur du processus de développement de lembryon qui mènent au déploiement de la vie comme personne. Cependant, les connaissances de la génétique moderne et de lembryologie ne laissent aucun doute sur le fait que la vie humaine commence avec la fécondation. Cet être nest ainsi « ni une chose pré-humaine », ni « une partie de la mère », ni « un pur implant », ni « une vie en devenir ». Dès la fécondation, nous avons à faire à la vie dun être humain dans sa première forme de vie, dans laquelle toutes les autres étapes sont présentes.
Cette vie humaine est un sujet de droit qui peut, dès le début, prétendre à être gardé et protégé contre la destruction. « Lavortement et le meurtre dun enfant sont des crimes abominables » (Vatican II, Gaudium et Spes [=GS] 51).
On dispose ainsi dune appréciation morale claire en faveur dun comportement responsable vis à vis de la vie humaine en gestation. Puisquelle a la même dignité que celle de lenfant déjà né, il faut également quelle puisse jouir du même critère moral. Daprès le Droit Canon, la personne qui provoque un avortement endure ipso facto lexcommunication (Codex Iuris Canonici, can. 1398).
Puisque la vie humaine commence avec la fécondation, il sen suit que tout qui se sert de moyens qui empêchent la nidification de lovule fécondé dans la matrice détruit une vie humaine. De tels moyens ne peuvent pas, moralement, être mis sur pied dégalité avec les moyens anticonceptionnels.
Du point de vue éthique, empêcher la nidification de lovule fécondé comprend aussi lintention de tuer un enfant en gestation. Cette intention existe également si, dans un cas particulier, il ny avait pas eu de fécondation ou si la nidification de lovule dans la matrice navait pas pu être empêchée, par exemple parce que des médicaments aptes à produire de tels effets navaient pas opéré correctement.
Le critère du droit à la protection de la vie humaine dès la conception se révèle aussi dans la persuasion que les parents collaborent avec lamour de Dieu le Créateur à la perpétuation du don de la vie et quils communiquent son amour au monde. (cf. GS 50). Dieu crée lenfant qui est un fruit de lamour de lhomme et de la femme, et il lui donne pour toujours son amour. Il dit oui à la vie que les parents ont conçue. Cest bien ce que nous voulons dire par : lenfant est totalement lenfant de ses parents et lenfant du Créateur » (Catéchisme Catholique pour adultes, Katholischer Erwachsenen-Katechismus, Vol. 2, pp. 288-289).
Question 160 : Si Jésus a interdit le divorce, comment peut-il y avoir des prêtres divorcés et remariés ? (TR)
Réponse : Dans lEglise catholique de rite latin, il ny a quexceptionnellement des prêtres mariés, mais dans les Eglises orientales de rite byzantin et oriental unies à Rome il est courant que le clergé diocésain soit marié. Dans aucune des Eglises catholiques (en communion avec le pape) il nest permis à des prêtres remariés de continuer à exercer leur ministère.
Question 161 : Que pensez-vous des femmes prêtres ? (TR)
Réponse : Voici ce que dit à propos de ladmission des femmes au ministère sacerdotal le Catéchisme Catholique pour adultes, aux pages 299 et suivante : « Les femmes sont égales aux hommes en dignité humaine et chrétienne. Aussi, dans tous les domaines de lapostolat des laïcs, les femmes doivent avoir une place égale. Dans les nouveaux services, les femmes apportent déjà maintenant une contribution irremplaçable. En 1976, [ dans la Déclaration de la congrégation de la foi « Inter insigniores » à propos de la question de ladmission des femmes au sacerdoce, le 15 octobre 1976, Denzinger-Hünermann, nr. 4590-4606], la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi a cependant établit à nouveau quil ne semble pas possible à lEglise catholique sur base de lexemple de Jésus comme sur base de toute la tradition ecclésiale dadmettre la femme au ministère sacerdotal.
Il ne sagit pas ici dune décision dogmatique irréversible. Certes, les arguments venant de lEcriture et de la tradition ont un poids indéniable et, dans lEglise, il faut clairement leur accorder davantage de poids quà ceux qui découlent de lexigence sociale de légalité entre lhomme et la femme. La question de ladmission des femmes au diaconat sacramentel se pose autrement que celle du sacerdoce. Elle demande encore un temps de discussion, surtout le développement dun consensus dans lEglise universelle.
La Catéchisme de lEglise catholique dit sur cette question au n° 1577 : « Seul un homme (vir) baptisé reçoit validement lordination sacrée (CIC, can. 1024). Le Seigneur Jésus a choisi des hommes (viri) pour former le collège des douze apôtres et les apôtres ont fait de même lorsquils ont choisi les collaborateurs qui leur succèderaient dans leur tâche. Le collège des évêques, avec qui les prêtres sont unis dans le sacerdoce, rend présent et actualise jusquau retour du Christ le collège des douze. LÉglise se reconnaît liée par ce choix du Seigneur lui-même. Cest pourquoi lordination des femmes nest pas possible. »
Question 162 : Croyez-vous aux apparitions de Marie à certaines personnes (à Fatima, etc.) ? Est-ce possible ? (TR)
Réponse : Ni le Catéchisme de lEglise catholique, ni le Catéchisme catholique pour adultes, de la Conférence épiscopale allemande, ne parlent de la foi dans les apparitions de Marie. Elles nappartiennent pas à la doctrine officielle de la foi de lEglise, nécessaire au salut. Elles sont une expression des qualités charismatiques et mystiques de lEglise. Il sagit de phénomènes de conscience immanents, de ce que lon peut appeler des visions imaginaires ou de représentation.
A la différence de ce qui se passe dans les apparitions dites corporelles, durant lesquelles lactivation sensible part dun objet extérieur, on caractérise de façon plus favorable les apparitions mariales comme une forme intense dexpérience de foi, liée à des expériences sensibles extraordinaires. Lhistoire de lEglise raconte toujours à nouveau dexpérience religieuses impressionnantes de ce type, qui aboutissent souvent à une conversion. […]
Dun point de vue phénoménal, on rencontre la plupart du temps les apparitions mariales chez les gens simples, des laïcs croyants, qui représentent ainsi un défi positif du ministère de lEglise. Laspect conflictuel entre les deux vient surtout du fait que le caractère surnaturel de tels phénomènes nest pas prouvé par la seule affirmation quils se sont produits. Tout comme dans le cas des révélations privées, il faut tenir compte dun certain nombre de critères.
Critères : 1. lintégrité physique et morale du voyant. La théologie mystique fait référence aux vertus classique pour discerner les esprits : véridicité, sérieux, humilité, caractère pacifique, amour, modestie. Les méthodes dinvestigation plus récentes, enrichies par la psychologie, examinent la vie morale du voyant. 2. il faut examiner si les prétendues inspirations correspondent à la doctrine de la Sainte Ecriture et à la foi de lEglise. Ce faisant, il ne faut pas seulement faire attention à déventuelles contradictions, mais voir aussi si les accents originels sont maintenus et si la foi biblique na pas été transformée en messages menaçants.
Parce que la révélation chrétienne a son centre inébranlable dans la personne de Jésus Christ, toutes les bénédictions ultérieures de la grâce ne peuvent avoir quun seul sens, celui de les vivifier. Il ne faut donc pas comprendre les apparitions mariales comme des compléments à la parole biblique, mais comme incitation à concrétiser et à vivre à forces neuves, pour la situation spécifique particulière, la révélation originelle de Jésus Christ. […]
Il est possible que lexamen fait à laide de ces critères amène lévêque local ou le Saint Siège à refuser les prétendues apparitions. […] Même là où il existe une prise de position favorable, les croyants disposent dune grande marge de liberté, même à légard de ce jugement. Il est possible de laccepter dans une foi humaine qui suit les règles de lintelligence, mais il nest pas exigé par une foi théologique qui se réfère à des vérités nécessaires au salut. Un refus respectueux et une discrétion critique restent toujours possibles… » (Franz Courth, art. Marienerscheinungen, in: Praktisches Lexikon der Spiritualität, ed. Christian Schütz. Freiburg, 1988.)
Question 163 : Est-il vrai que le Vatican [on veut sans doute dire : la basilique Saint Pierre à Rome] a été fondé sur la tombe de lapôtre Pierre ? On connaissait donc lendroit de sa tombe ? (TR)
Réponse : Au pied du territoire vallonné, dénommé Vatican, au delà de la rive nord ouest du Tibre, à lextérieur de la Rome antique, les empereurs Caligula et Néron des jardins, sans doute une villa, attenante sans doute aussi à un cirque. Deux voies romaines, la Via Cornelia et la Via Triumphalis, menaient, depuis Rome en passant par le pont de Néron, à travers ce territoire jusquen Etrurie méridionale.
Comme cétait la coutume, ces voies étaient parsemées, hors de la ville, de cimetières dont on a découvert un certain nombre sur le territoire de lactuel Etat du Vatican. Une inscription trouvée dans des fouilles, datant du début du second siècle, faites dans la nécropole qui fut exhumée en partie sous Saint Pierre dans les années 1940-49, dit que cette tombe a été construite iuxta circum Neronis (à côté du cirque de Néron)
Lendroit où se situe ce cirque est connu, grâce aux fouilles des dernières décennies et grâce à la localisation originelle de lobélisque, immédiatement au sud de la basilique contemporaine, obélisque qui fut déplacée de là sur la Place Saint Pierre en 1587 : le cirque se trouvait au pied de la colline du Vatican, dune longueur denviron 600 m, sétendant douest en est, et construit à peu près en parallèle à la basilique Saint Pierre actuelle, qui en occupe la partie nord. Cest sur ces lieux quil semble, selon lhistorien romain, Tacite, quautour des années 64-67, lors dune vague de persécutions, de nombreux chrétiens furent exécutés.
Le nom de Pierre, cité comme martyr romain dans la Lettre de Clément aux Corinthiens ( 1 Clément 1,5-6) et dans dautres sources, appuie la tradition du martyre de Pierre à Rome à partir de la fin du premier siècle, ce qui lui confère un haut degré de probabilité historique.
Lors des travaux de réaménagement de la tombe de Pie XI dans les catacombes de Saint Pierre, de vieilles murailles vinrent au jour en 1939. Les fouilles archéologiques et les discussions détaillées ont conclu quà lendroit où est aujourdhui honoré la tombe de Pierre, il a existé, depuis le milieu du second siècle, une tradition ininterrompue de culte du tombeau de Pierre, à savoir une monument en mémoire de Pierre (un édicule).
Ce fut loccasion pour lempereur Constantin, très vite après 320, de faire de ce lieu de mémoire le centre cultuel de la basilique érigée pour le prince des apôtres. Dans la tradition de la communauté chrétienne de Rome, il y eut , depuis le milieu du second siècle jusquà lépoque constantinienne, un mémorial de Pierre (la Petrus Memoria), continuellement entretenu et honoré.
La question de savoir si le tombeau original de lApôtre se trouve vraiment à cet endroit précis sous le mémorial devra rester ouverte, et pas seulement à cause des résultats de larchéologie, cest ce que pense Hugo Brandenburg dans son étude scientifique détaillée : ‚Petrusgrab in: Lexikon für Theologie und Kirche, Vol. 8, col. 149-153. En tous cas, la mémoire de Pierre (monument en mémoire de Pierre), qui montre sa force dattraction dans une tradition de vénération ininterrompue depuis le milieu du 2ème siècle jusquà nos jours, est, à côté du tombeau du Christ dans léglise du Sépulcre à Jérusalem, le monument mémorial le plus significatif de la chrétienté et, historiquement, le monument archéologique le plus significatif de tous les temps.
Question 164 : Quest-ce que la croix de Saint André ? (TR)
Réponse : La tradition de la forme de la croix de saint André (à savoir une croix en forme de X grec) nest pas attestée historiquement au-delà du 13ème siècle. La « Martyrium », cest-à-dire lhistoire du martyre de saint André, fragment dun ouvrage apocryphe du 3ème siècle, décrit la mort de saint André par crucifixion, mais sans mentionner la dite croix de saint André.
Question 165 : Que signifie la prière dintercession du point de vue de la foi chrétienne ? Qui peut intercéder auprès de Dieu ? (TR)
Réponse : Le Catéchisme de lEglise Catholique écrit ce qui suit à ce propos :
« 2634 Lintercession est une prière de demande qui nous conforme de près à la prière de Jésus. Cest Lui lunique Intercesseur auprès du Père en faveur de tous les hommes, des pécheurs en particulier. Il est " capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui savancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur " (Hébreux 7, 25). LEsprit Saint lui-même " intercède pour nous... et son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu " (Romains 8, 26-27).
2635 Intercéder, demander en faveur dun autre, est, depuis Abraham, le propre dun cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps de lÉglise, lintercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est lexpression de la communion des saints. Dans lintercession, celui qui prie ne " recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux des autres " (Philippiens 2, 4), jusquà prier pour ceux qui lui font du mal.
2636 Les premières communautés chrétiennes ont vécu intensément cette forme de partage. LApôtre Paul les fait participer ainsi à son ministère de lEvangile, mais il intercède aussi pour elles. Lintercession des chrétiens ne connaît pas de frontières : " pour tous les hommes, pour les dépositaires de lautorité " (1 Timothée 2, 1), pour ceux qui persécutent, pour le salut de ceux qui repoussent lEvangile. »
Question 166 : Comme le christianisme voit-il la séparation de lEglise et de lEtat (sécularisme) ? (TR)
Réponse : Lorsquun chrétien et un musulman se rencontrent, par exemple en Allemagne, létat de droit, neutre quant à la religion, ou la société structurée séculièrement, est toujours présent – que les personnes concernées en soient conscientes ou pas -, il est un élément tiers qui détermine et marque cette rencontre parallèlement aux deux convictions de foi.
Ainsi, dune part, lAllemagne fait partie de la civilisation « occidentale », à savoir, une civilisation marquée par la chrétienté y compris ses racines juives, dans laquelle le musulman, durant des siècles, pouvait, dans le meilleur des cas, vivre en hôte et ami, et, dautre part, lorganisation étatique et sociale de lAllemagne contemporaine a le devoir de veiller à ce quun musulman nait pas moins de droits quun chrétien, que les musulmans et les chrétiens puissent se rencontrer en toute liberté avec les mêmes droits.
En dautres termes, ce nest pas lappartenance à une religion, mais le droit fondé séculièrement qui définit le statut juridique dune personne. Cest la sécularité du droit constitutionnel qui garantit légalité juridique de principe de citoyens appartenant à des religions différentes – à la différence de lordre chrétien du Moyen Âge ou de ce qui existe ailleurs, comme dans certaines parties du monde musulman, où, jusquà aujourdhui, la situation juridique moindre des juifs et des chrétiens considérés comme des dhimmis (citoyens sous tutelle) continue à faire sentir ses effets.
La différentiation fondamentale des valeurs des droits constitutionnels modernes de lOccident en faveur de la liberté religieuse correspond aussi en profondeur aux convictions chrétiennes, catholiques. Au Second Concile du Vatican, particulièrement dans la Déclaration sur la liberté religieuse, « Dignitatis Humane », de 1965, lEglise catholique a reconnu la liberté de religion comme un droit de lhomme fondé sur la dignité de la personne.
Aussi est-il dune part compréhensible, et même – que lon comprenne bien – nécessaire que les chrétiens, dans leur rencontre avec les musulmans, mettent en avant lidée que les chrétiens devraient jouir, dans les pays musulmans, dans la même mesure, de la liberté religieuse que les musulmans chez nous. Dautre part, ce serait contraire à notre sens du droit constitutionnel et à notre intelligence chrétienne de la liberté religieuse, de vouloir que les musulmans se voient interdire lexercice de leur religion en Allemagne sous prétexte quil ny a pas assez de liberté religieuse dans dautres parties du monde.
Le droit fondamental à la liberté religieuse est de plus en plus situé, dans la société pluraliste allemande, dans le contexte de la diversité des religions et de lappartenance à aucune religion. La question de savoir où placer la limite entre la liberté religieuse de lun et celle de lautre doit dépendre dune concertation à lintérieur de la société. Les chrétiens et les musulmans doivent aussi, dans ce contexte, dialoguer sur leur foi. Dans ce domaine, ils sont confrontés les uns et les autres à beaucoup de points qui séparent, en comparaison avec les non-croyants, mais ils ont encore bien plus de points dalliance. De cette façon, leur intérêt à se concerter va grandir, et, comme membres de la société, à se mettre daccord à propos des limites à ne pas franchir, en vue la vie en commun avec tous dans la paix.
Historiquement, notre droit constitutionnel actuel, basé sur les valeurs, mais neutre au point de vue religieux, est fondé sur lexpérience des guerres de religions, à la suite desquelles létat sest dessaisi de son monopole sur la vérité, ayant appris à renoncer à garantir les convictions religieuses par le pouvoir étatique. Les partis opposés étaient cependant des chrétiens de confessions différentes. Cest ainsi que lordre séculier demeura encore longtemps « chrétien », et, jusquà aujourdhui, il est encore marqué par la tradition chrétienne. Par rapport à lIslam, il faut que nous, chrétiens, ayons bien plus conscience que lordre séculier, qui assure notre vivre ensemble pacifique, est, chez les musulmans, dune part perçu comme « chrétien », et dautre part, il est considéré aussi comme déchristianisé et athée.
Les chrétiens ont le devoir, par leur engagement dans la société politique et dans leurs rencontres avec les musulmans de sengager et de mieux faire comprendre que la laïcité ne signifie pas lathéisme. Il est important que les musulmans reconnaissent eux aussi la laïcité comme fondement aussi bien de leur propre liberté religieuse que de la vie en commun de différentes religions avec les mêmes droits. Dans un état de droit, basé sur les valeurs mais neutre par rapport à la religion, il est important pour les chrétiens comme pour les musulmans de déterminer en quelque sorte leur identité, aussi bien dans la catégorie du citoyen que dans celle du croyant.
Dans cette perspective, le christianisme a parcouru, durant les deux derniers siècles, la rude école de la sécularisation. La parole de Jésus peut nous aider aujourdhui : « Rendez à César ce qui est à César, et rendez à Dieu ce qui est à Dieu. » Pour nous, chrétiens, Jésus a montré de façon insurpassable que la religion ne peut pas être un système de domination et de puissance. Par contre, la pensée politique de beaucoup de musulmans est encore, jusquà aujourdhui, largement marquée par une liaison étroite entre religion, état et droit. Nest-il pas possible que les chrétiens, en sappuyant sur leur expérience des voies, en partie douloureuses, de libération de lEglise des tâches politiques, expérience entre temps assumée positivement, aident les musulmans dans le processus de sécularisation, à reconnaître dans létat laïc le cadre adéquat pour une vie en commun dans les différences ?
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