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Question 114 : Dans lislam, le mariage avec des chrétiens et avec des juifs est permis, mais dans le christianisme le mariage avec des croyants dautres religions est interdit. Cest ainsi que vous comprenez lamour et la tolérance ? (TR)
Réponse : A notre époque, où ce ne sont pas seulement des personnes baptisées, des chrétiens de différentes confessions qui vivent ensemble et travaillent ensemble dans les mêmes villes et régions, il y a toujours plus fréquemment des mariages entre personnes de confessions différentes (entre catholiques et baptisés non catholiques), ainsi que des mariages entre catholiques et non baptisés, des mariages entre personnes de religions différentes. Si déjà les premiers mariages mixtes demandent beaucoup dattention, aussi bien de la part des deux époux que de la part des pasteurs, il faut encore davantage de prudence quand il sagit de mariages entre personnes de religions différentes.
La Conférence épiscopale allemande répond de façon plus détaillée – dans son livret n° 172 «Christen und Muslime in Deutschland » (www.dbk.de/Schriften/Arbeitshilfen) aux numéros (370) – (401) (= p. 186 – 200) – aux problèmes qui se posent dans les mariages entre catholiques et musulmans. En cette matière, il est également important pour le partenaire chrétien dêtre informé des particularités liées aux mariages et aux familles islamo-chrétiens sous langle du droit islamique.
1. Le droit islamique permet le mariage entre un musulman et une chrétienne, mais pas entre une musulmane et un chrétien. Cet règle sappuie sur la prémisse que lIslam, en tant quil est aux yeux de Dieu la religion définitivement et absolument supérieure, doit toujours avoir le contrôle dans le mariage et la famille, et que le mari, en cas de différend, a toujours le dernier mot. Un mari chrétien, dans la représentation traditionnelle de lIslam, ne peut entrer un ligne de compte pour une épouse musulmane, car avec lui on imposerait à lavance une domination inacceptable de lélément chrétien par rapport aux relations dautorité qui doivent prévaloir dans le famille. Bien que le droit matrimonial civil turc permette les mariages entre un chrétien et une musulmane, dans la population turque, le mariage entre une musulmane et un chrétien reste jusquaujourdhui plus largement refusé que la constellation inverse.
2. Au regard de lIslam, les enfants dun mari musulman et dune épouse chrétienne sont musulmans par la naissance et cest un devoir de les éduquer dans lIslam. Ce devoir, qui incombe en premier lieu au mari musulman, est objectivement contradictoire par rapport à lobligation de lépouse catholique délever ses enfants dans sa propre foi, ce qui pose des problèmes particulièrement difficiles dans le cas de telles unions. Aussi est-il urgent de recommander, en cas de projet de mariage avec un musulman, que soit réglée déjà avant le mariage de façon aussi ferme que possible la question de lappartenance et de léducation religieuses de leurs enfants.
3. Avant de sengager dans un mariage chrétien-musulman, il faut encore clarifier les problèmes suivants : Lépouse chrétienne dun mari musulman peut-elle, après le mariage, participer à des célébrations religieuses dans sa propre religion ou maintenir dautres contacts avec elle ? Doit-elle avoir la permission, au sein de sa communauté maritale, de se servir, pour elle-même, de symboles chrétiens et de littérature chrétienne ? Peut-elle, dans ses habitudes alimentaires (nourriture et boisson) sécarter des prescriptions islamiques ? Doit-elle ou non satisfaire aux exigences islamiques spécifiques concernant la pureté rituelle dune épouse – en lien avec ses règles ou après les naissances ? Ces questions, et dautres semblables, ont trouvé, dans le courant de lhistoire, des réponses hautement divergentes de la part des représentants des différentes écoles de droit coranique. Il faudrait donc absolument quune chrétienne qui a lintention dépouser un musulman prenne autant que faire se peut connaissance, avant le mariage, des représentations de son partenaire (et de sa proche famille) quant à ces questions et quelle essaye darriver avec lui à un accord sur des modalités qui lui permettent de vivre son christianisme de façon convenable et de pouvoir avoir une attitude qui corresponde à la manière dont elle comprend sa propre dignité.
4. Il est important, pour une chrétienne qui envisage de se marier avec un musulman, que, selon le droit islamique, lépouse chrétienne ne peut pas être lhéritière de son mari musulman quand celui-ci décède. Et il est encore plus important de savoir quil peut arriver dans un cas particulier que le droit islamique permet au mari, même quand il a épousé une chrétienne, de conclure un mariage supplémentaire.
5. Une chrétienne qui envisage de se marier avec un musulman doit être dès le début consciente que, pour lévolution de son mariage et pour ses possibilités personnelles dépanouissement, comme pour la possibilité de vivre sa propre religion sans obstacles, cela peut faire une différence de taille de savoir si elle habitera à lavenir avec son partenaire en Allemagne, ou dans un pays « occidental ». Si elle laccompagne dans son pays dorigine islamique, il faut quelle sattende, si son mari était prêt à lui laisser des espaces de liberté, à ce quelle éprouve une pression dadaptation beaucoup plus grande – et selon les circonstances, une pression à se convertir – que dans le cas dune résidence en Allemagne. Cela est dautant plus vrai que si, dans la plupart des pays à majorité musulmane, une vie de couple et de leurs enfants largement indépendante sous la modalité dune famille nucléaire nest pas encore une règle générale (avec lexception de la Turquie urbaine), la vie en grande famille élargie, par contre, est la norme. Aussi est-il indispensable que la question de savoir où se situera la résidence future soit posée déjà avant la conclusion du mariage, quelle soit pesée avec soin et que la décision aille dans le sens où lépouse, dans un avenir prévisible, puisse sattendre à une vie de famille qui ne lui demande pas un degré dadaptation à la longue insupportable.
6. Daprès la charia, les droits et les devoirs des deux conjoints sont inégalement répartis, et, de fait, pas du tout nécessairement sous tous les angles au désavantage de la femme. Sous un certain point de vue, la position juridique de la femme dans le mariage est, daprès la charia et selon linterprétation musulmane traditionnelle, beaucoup plus faible que celle de lhomme. Q 4,34 lexprime clairement : « Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et en raison aussi des dépenses quils effectuent pour assurer leur entretien. » La femme doit obéissance au mari ; la suite du verset coranique que nous venons de citer donne pouvoir à lhomme, dans le cas où il pourrait ne pas être suffisamment assuré de cette obéissance, de procéder à une série graduée de punitions, jusquà lusage de violence corporelle. Dans le verset cité (Q 4,34) il est dit littéralement : « Et si vous craignez quelles se montrent insubordonnées, commencez par les exhorter, puis ignorez-les dans votre lit conjugal et frappez-les ! »
Malgré ce texte, qui porte en lui le danger dêtre utilisé par des maris violents pour justifier leur comportement, le vécu effectif du mariage ne dépend pas seulement, ni chez les musulmans, ni chez les chrétiens, dune unique parole dEcriture. Quil y ait utilisation de la violence ou pas, pareille décision ne se prend pas dans la vie réelle en se basant en premier lieu sur le droit de correction que la charia, suite au Coran, donne traditionnellement à lhomme, mais va dépendre du degré de culture et dharmonie que les conjoints auront atteint.
7. Selon le droit islamique, le mari est compétent pour déterminer le lieu de résidence de son épouse. Cela signifie aussi, dans les conditions de vie actuelles, quil peut lui interdire une activité professionnelle en dehors de la maison et quil peut lempêcher de voyager dans son pays européen dorigine. La question de savoir si le mari peut refuser à sa femme des visites de la part de sa propre famille a trouvé des réponses différentes selon les écoles juridiques islamiques.
8. Il nous faudrait ici donner des explications concernant le droit islamique de divorce en ce qui concerne lhomme et la femme et concernant le droit de garde des enfants après le divorce. Selon le droit islamique, le droit de garde des enfants, lors dun divorce, est donné en principe au musulman. Selon le droit islamique, la mère ne peut même pas, dans pareil cas, prétendre au droit de visite. Si lon applique cette réglementation, la mère perd en fait ses enfants en même temps quest prononcé le divorce, et cela même sil y a des présupposés en considération desquels, selon le système juridique allemand, elle aurait sans nul doute obtenu le droit de garde. En tout cas, il faut dire ceci : quand une femme de nationalité allemande se propose dépouser un musulman de nationalité étrangère, il faut quelle se familiarise absolument de façon très précise avec les lois matrimoniales en vigueur dans la patrie de son futur époux. En principe, il faudrait quelle tienne absolument à ce que le mariage, dun point de vue de droit civil, soit sanctionné devant une juridiction civile allemande.
En ce qui concerne la compréhension du mariage et le droit matrimonial catholiques, il faut mentionner les points suivants, dans notre contexte :
1. Dans lEglise catholique, on comprend le mariage comme la communauté de vie et damour entre lhomme et la femme, ordonnée pour le bien des époux et la génération et léducation des enfants. Le mariage est essentiellement caractérisé par la fidélité au (ou à la) partenaire unique et par lindissolubilité (caractères essentiels). Le mariage valide entre chrétiens est un sacrement ; le mariage entre un catholique et un non chrétien (mariage avec disparité de culte) est un mariage non sacramentel.
2. Pour contracter un mariage valide dans lEglise catholique, les deux partenaires doivent vouloir sengager dans le lien matrimonial, au sens décrit ci-dessus, librement et sans empêchement.
3. Pour un croyant catholique, il peut savérer difficile, au vu de sa propre foi et de la vie de foi des enfants à venir, de contracter mariage et de vivre ce mariage avec un partenaire qui ne partage pas la foi chrétienne et qui appartient à une autre religion. Se sachant responsable de la vie de foi de ses membres, lEglise catholique a donc instauré lempêchement au mariage appelé disparité de culte. Aussi un mariage avec disparité de culte ne peut se conclure validement que si cet empêchement est levé avant la conclusion du mariage (dispense).
4. Deux conditions doivent être remplies pour la levée de lempêchement pour disparité de culte : le partenaire catholique promet de rester fidèle à sa foi et de faire tout son possible pour que ses enfants soient baptisés dans lEglise catholique et soient éduqués dans la foi catholique. Le partenaire musulman doit avoir été informé de cette promesse ainsi que des contenus de la compréhension qua lEglise du mariage. Il faut que le prêtre catholique soit conscient que le musulman est également obligé de transmettre sa foi. Ceci peut cacher des conflits possibles et pas mal de problèmes pour la relation.
5. Le dialogue entre le partenaire catholique et le partenaire musulman doit se faire aussi tôt que possible avant le mariage, afin que les décisions ne soient pas prises dans lurgence, mais quelles aient été bien mûries. Cest au plus tard lors de lindispensable dialogue de préparation au mariage que les problèmes spécifiques du mariage catholique et des représentations différentes des catholiques et des musulmans à propos du mariage (mariage monogamique, indissolubilité) et de la vie conjugale (rôle de la femme, éducation des enfants) doivent être discutés.
6. Le mariage avec un(e) partenaire non chrétien(ne) qui croit en Dieu peut se célébrer lors dune liturgie de la Parole ; les prières, les lectures et les chants peuvent être adaptés au choix à la situation particulière, en sorte que le (la) partenaire musulman(ne) puisse les comprendre et les intégrer dans la mesure du possible à sa propre foi.
7. Lorsque la dispense de la forme canonique du mariage a été accordée (dispense) et quainsi, le mariage ne se fait pas selon la forme catholique, il suffit, pour la validité du mariage entre un partenaire catholique et un partenaire musulman quil y ait une autre forme de mariage public, ainsi le mariage civil. Quand les époux, après avoir été dispensés de la forme canonique de mariage, se décident pour choisir la forme de leur mariage, il faut savoir que le droit canonique catholique exclut tout autre forme de mariage – ainsi par exemple un mariage public dans la tradition islamique.
Indications concernant le contrat de mariage
1. Étant sauve lindissolubilité du mariage selon le sens catholique ainsi que lintention de la partenaire de contracter un mariage indissoluble avec une personne dune religion différente, il peut être judicieux pour elle denvisager un contrat de mariage. Cela vaut spécialement dans la perspective de la compréhension islamique du mariage et de latténuation des conséquences dun divorce éventuel.
2. Lobjet principal du contrat de mariage islamique comprend les modalités et montants habituels de la dot (« don du matin ») que lépoux se doit de donner à son épouse le matin suivant la nuit de noces. Les femmes européennes chrétiennes, qui ne sont pas familières de la chose, commencent par rejeter ce type de cadeau, à partir de leur sentiment spontané que ce qui importe surtout entre futurs époux cest lamour, considérant quun tel cadeau est superflu ou même quelles nont pas du tout envie de se laisser « acheter ».
Mais en fait, il faut voir dans la dot un dispositif de sécurité indispensable pour le cas où le mariage se terminait avant terme, étant donné la facilité relative avec laquelle, dans le droit islamique, la femme peut être séparée contre son gré de son mari, ainsi que la durée très courte de paiement de la pension alimentaire à laquelle elle peut encore avoir droit.
3. Dans ce contexte, on conseille de placer la barre relativement haut, en ce qui concerne la démarche pratique courante de la dot dans les pays islamiques, mais, en même temps, de se mettre daccord pour que la majeure partie de cette dot ne soit utilisable quà partir du moment où un éventuel divorce a été demandé par le mari. Ainsi, dans lintérêt de la femme, léventualité que lhomme prenne contre elle la décision à la légère soit effectivement réduite. On peut aussi, pour protéger lépouse chrétienne dune union polygame ultérieure du mari, se mettre daccord pour que lhomme renonce à ce droit qui lui est accordé par la charia.
4. Il faut recommander aussi dautres points à introduire dans le contrat de mariage : des accords concernant le droit de la femme à participer à des célébrations religieuses, à pouvoir bénéficier dune direction spirituelle, à prendre part à des activités de sa paroisse, à pouvoir déployer, selon sa religion, des modalités personnelles de vie familiale. Il est également judicieux de fixer par contrat, selon le pays dorigine et selon le milieu de lhomme, que celui-ci est daccord en général pour que sa femme puisse exercer, si elle le souhaite, une activité professionnelle, voyager dans sa patrie et entretenir ses contacts avec les membres de sa famille dorigine.
5. De plus, dans un contrat de mariage avec un musulman originaire dun pays autre que la Turquie, il est important quil y ait une régulation du droit de garde pour les enfants, en cas de divorce, qui soit supportable de la part de la maman chrétienne.
6. II faut encore attirer explicitement lattention sur ceci : la conclusion dun contrat de mariage valide selon les critères du droit islamique, en tant que mesure de sécurité pour les femmes chrétiennes lors de leurs mariages avec des musulmans originaires dun pays islamique autre que la Turquie, est absolument à recommander, même si le couple conclut le mariage devant une officialité civile allemande avec la dispense de la forme canonique, ou lorsque le partenaire musulman accepte un mariage catholique et que les deux partenaires nenvisagent pas actuellement à fixer un jour leur domicile conjugal dans le pays dorigine du mari. Des circonstances exceptionnelles peuvent se produire plus tard, qui semblent suggérer au mari ou aux deux partenaires de déménager malgré tout au pays.
De plus, il nest pas si rare en Allemagne quaprès des divorces de mariages musulmans - chrétiens, lhomme, même contre la volonté de sa femme, avec le soutien de ses alliés, par voie denlèvement, emmène leurs enfants communs dans son pays dorigine, et il justifie cela comme étant la seule manière pour lui de leur assurer une éducation islamique. Dans de pareils cas, la femme na quasi aucune chance, devant les tribunaux du pays dorigine du mari, de se voir confier la garde des enfants, si elle ne peut produire un contrat de mariage islamique valide dans lequel il est stipulé que le mari, en cas de divorce, sen remet à la compétence du tribunal allemand en matière de règlement de la garde des enfants.
7. Daprès le droit islamique, lépouse chrétienne ne peut pas être lhéritière de son mari musulman après la mort de celui-ci. Il faudrait, dès lors, au moins essayer dinscrire dans le contrat de mariage une stipulation selon laquelle cette règle nest pas dapplication. De plus, cette règle peut aussi, alternativement, être neutralisée à laide dune disposition testamentaire du mari en faveur de son épouse, au cas où lépoux décède le premier, disposition sur laquelle on peut saccorder à lavance dans le contrat de mariage.
8. Il faut en tout cas encore réfléchir à ceci : même lorsque la femme chrétienne dispose dun contrat de mariage et que celui-ci soutient sa position, il nexiste cependant pas encore de garantie solide que la justice du pays dorigine du mari prenne effectivement en compte une éventuelle plainte de sa part – quil sagisse de questions de droits de garde des enfants, soit de droits de succession. Spécialement dans le conflit du droit de garde, ce qui prévaut, cest que la juridiction locale doit presque toujours décider à lencontre de lopinion publique, qui, dans les pays à majorité musulmanes, part du principe que les enfants dun musulman, pour le bien de leur éducation islamique, doivent être confiés, en cas de divorce, à la garde de leur père musulman ou de sa famille, et non à celle de la mère chrétienne. Il faut que les chrétiennes qui veulent épouser un musulman dorigine soient à lavance conscientes de ce risque durable.
Question 115 : Dans lEvangile il est écrit : « Toi tu te parfumeras la tête, lorsque tu jeûnes, et lave-toi le visage » (Matthieu 6,17). Quest-ce que cela signifie et comment les chrétiens jeûnent-ils ? (TR)
Réponse : Le verset cité dans la question fait partie dun passage de lévangile selon Matthieu (6,1-18) dans lequel Jésus parle des trois choses importantes que sont laumône, la prière et le jeûne, telles quelles se sont développées dans lAncien Testament comme expression dauthentique piété.
Selon Jésus, il faut que ces trois dimensions se pratiquent « dans le secret », quelles ne deviennent pas lobjet dune autojustification et dune piété démonstratives, un danger qui nest pas à ignorer. Cest ainsi que Jésus parle aussi de jeûne « dans le secret » (Matthieu 6,16-18) : « Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Les détails de cette prédication de Jésus ne sont pas importants, tant que lon tienne compte du point essentiel : le jeûne sadresse à Dieu, non aux autres hommes. Il faut la foi et la volonté dune conversion intérieure à Dieu. De plus, on ne peut pas comprendre le jeûne simplement de façon négative comme un exercice purement ascétique : « Quel est donc le jeûne qui me plaît? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes,délier les attaches du joug,rendre la liberté aux opprimés,briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim,recueillir chez toi le malheureux sans abri,couvrir celui que tu verras sans vêtement,ne pas te dérober à ton semblable ? » (Isaïe 58,6-7). Il sagit de Dieu, qui est vie et qui crée la vie, qui libère de tout esclavage et mène à la terre promise, le royaume de Dieu dans lequel tous les hommes sont frères et sœurs.
Il ne sagit pas dabord de laction extérieure de jeûner, mais de la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et inauthentiques. Cependant, la conversion intérieure pousse à exprimer cette attitude dans des signes visibles, dans les actes et les œuvres de pénitence (Joël 2,12-13; Isaïe 1,16-17; Matthieu 6,1-6.16-18). La pénitence intérieure est un réaménagement radical de toute le vie, un retour, une conversion à Dieu de tout son cœur, le renoncement au péché, le refus du mal, allant de pair avec une aversion pour les actions mauvaises déjà commises.En même temps, elle implique le désir et la décision de changer sa vie, ainsi que lespoir de la miséricorde de Dieu et la confiance de recevoir son aide gracieuse.
La pénitence intérieure du chrétien peut sexprimer de façons très différentes. La Bible et les Pères parlent principalement des trois formes citées : le jeûne, la prière et les aumônes, comme expression de la pénitence vis-à-vis de soi-même, de Dieu et du prochain. Outre la purification radicale effectuée par le baptême ou par le martyre, ils citent comme moyens dobtenir le pardon des péchés, les efforts faits pour se réconcilier avec son voisin, les larmes de la pénitence, le souci du salut du prochain, lintercession des saints et la charité active vis-à-vis du prochain – « car lamour couvre de nombreux péchés » (1 Pierre 4,8).
Les temps et les jours de pénitence au cours de lannée liturgique (le temps du carême, chaque vendredi en mémoire de la mort du Seigneur) sont des périodes marquantes de la vie de pénitence de lEglise. Ces périodes se prêtent particulièrement à faire des exercices spirituels, à célébrer des liturgies pénitentielles et à entreprendre des pèlerinage de pénitence, à simposer volontairement des renoncements, en jeûnant et en faisant laumône, et à partager avec le prochain (œuvres caritatives et missionnaires).
Lobligation de jeûner dans lEglise
Le Carême ou le temps pénitentiel pascal sert de préparation spirituelle à la fête de la mort rédemptrice et de la résurrection de Jésus. Se priver de musique bruyante et de divertissements doit créer un espace et un silence indispensable à cette préparation.
Tous les vendredis de lannée sont des jours dabstinence ou de pénitence. Durant le carême, les chrétiens catholiques doivent sabstenir de nourriture carnée. Durant les autres vendredis de lannée, on peut se priver soit de nourriture carnée soit faire une autre œuvre de miséricorde spirituelle ou corporelle. En choisissant volontairement une alimentation simple ou en renonçant à lalcool, au tabac et aux divertissements, on accomplit son devoir dabstinence. On est obligé à labstinence depuis lâge de 14 ans accomplis jusquà la fin de sa vie. Les œuvres de miséricorde sont, selon le Catéchisme de lEglise catholique, n° 2447 : « Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses nécessités corporelles et spirituelles (cf. Isaïe 58, 6-7 ; Hebreux 13, 3). Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts (cf. Mt 25, 31-46). Parmi ces gestes, laumône faite aux pauvres (cf. Tobie 4, 5-11 ; Siracide 17, 22) est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu (cf. Matthieu 6, 2-4). »
Le soutien efficace des organismes caritatifs dentraide à léchelle mondiale, comme par exemple CARITAS ou des œuvres comme MISEREOR, ENTRAIDE ET FRATERNITÉ, OXFAM et beaucoup dautres, est un signe important de ce la miséricorde corporelle dans un monde aux réseaux globalisés. Le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint sont des jours de jeûne. Durant ces jours de jeûne strict, les chrétiens catholiques doivent se priver totalement de nourriture carnée, simplifier consciemment leur alimentation et se contenter de lunique repas principal (et de deux petits goûters au maximum). Ces jours-là, il faudrait le passer, si possible, dans le silence, avec davantage de temps de prière et en participant à une célébration. Un renoncement sensible à de la nourriture fait partie du jeûne. Se priver de musique bruyante, de danse ou de divertissements font partie, substantiellement, de cette obligation. Lobligation de jeûner vaut depuis lâge de 18 ans accomplis jusquau début de la soixantième année.
Question 116 : Nous pouvons comprendre que vous soyez hostile à légard des musulmans. Mais pourquoi avez-vous également massacré les Orthodoxes durant les Croisades ? En quoi haïssiez-vous les Orthodoxes ? (TR)
Réponse : 1. On ne peut nier que, dans le passé, les relations entre les chrétiens et les musulmans nétaient que trop souvent marquées dactions et de pensées hostiles. En ce qui concerne lEglise catholique, celle-ci a déclaré officiellement et de façon obligatoire pour tous les croyants catholiques dans la « Déclaration sur lEglise et les religions non chrétiennes » (Nostra Aetate, 3): « L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre (5), qui a parlé aux hommes. »
2. En réponse à la deuxième partie de la question posée, rappelons ce qui suit :
En 1204, Constantinople fut prise et pillée par les Croisés catholiques. A lépoque, la ville était le centre glorieux du monde grec orthodoxe. Plus jamais la capitale de lEmpire de Byzance ne se remit de ce coup, et, en 1453, elle fut prise par les Osmanites.
Le Vendredi Saint de lan 2000, le pape reconnut publiquement les péchés commis contre lunité du Corps du Christ.
Un représentant de la Curie romaine, le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité du Grand Jubilé de lan 2000 fit lintroduction :
Que la reconnaissance des péchés qui ont blessé lunité du Corps du Christ et lamour fraternel, aplanisse la route de la réconciliation et de la communion de tous les Chrétiens.
Prière silencieuse
Le Saint Père :
Père miséricordieux, la veille de sa passion ton Fils a prié afin que les croyants soient un en lui : Mais ils nont pas suivi sa volonté. Ils ont créé des oppositions et des divisions. Ils se sont condamnés et combattus mutuellement. Nous en appelons instamment à ta pitié et nous te demandons, le cœur contrit, que tous les chrétiens se réconcilient avec toi et les uns avec les autres. Unis en un seul corps et en un seul esprit, il faut quils puissent ressentir à nouveau la joie de la pleine communion. Nous ten prions par le Christ, notre Seigneur. R/. Amen.
Ensuite, lors de sa visite à Athènes les 4 et 5 mai 2001, le pape parla, dans sa confession, des « fils et filles de lEglise » induits en erreur qui ont péché.
Voici une courte rétrospective des évènements de lannée 1204 et du rôle joué par le pape Innocent III et lEglise catholique dans son ensemble, à quoi la question posée fait référence : immédiatement après son élection, encore en 1198, le pape Innocent III (1198-1216) proclama la Quatrième Croisade, en sadressant surtout au clergé et à la noblesse de France et des villes italiennes du bassin méditerranéen. En 1202, le marquis Boniface de Montferrat, Baudouin VII de Flandres, le comte Louis de Blois et dautres, sembarquèrent à Venise pour gagner lEgypte. Contre la volonté du pape, ils conquirent la ville côtière dalmate de Zara (aujourdhui Zadar) séparée de Venise, pour se rembourser dune dette restée impayée. A la demande de Isaak II Angelos – il avait été écarté par son frère, lempereur Alexios III - et de son fils Alexios IV de Byzance, un beau-frère du roi allemand Philippe de Souabe, les croisés se tournèrent alors contre Constantinople, quils conquirent et mirent à sac au printemps 1204.
Le 13 avril 1204, selon un accord conclu déjà en mars, Baudouin fut élu empereur latin par les Vénitiens et le Francs et sy ajouta une union des Eglises, qui faut cependant rejetée par la population grecque. Laffermissement du pouvoir occupa tellement les Croisés quils renoncèrent à leur objectif de départ.
Après lultime assaut, décisif, de la ville de Constantinople, « les clercs et ceux qui avaient reçu du pape les pleins pouvoirs » déclarèrent aux Croisés, selon des témoins oculaires, que tout qui perdrait la vie lors de cet assaut obtiendrait le pardon de ses péchés. Après quun tiers de la ville eut été incendié, que des milliers dhabitants furent asservis, violentés et frappés, après que la ville fut totalement pillée, les églises dévastées et profanées, et que le nouveau roi Baudouin, mis en place par les « latins » ait décrit abondamment les « miracles » de la conquête au pape, celui-ci répondit dans une lettre : « nous nous réjouissons dans le Seigneur et dans la puissance de sa force, quIl ta permis … de réaliser de si beaux miracles, … pour lhonneur et la gloire du Siège Apostolique et pour le service et le bonheur du peuple chrétien… »
Le théologien orthodoxe grec Anastasios Kallis décrit ce qui anime et attriste les orthodoxes jusquà aujourdhui : « Linitiateur de cette croisade de malheur, le pape Innocent III, alors même quil était choqué par la cruauté des croisés, qui, trois jours durant, pillèrent les palais, les églises, les monastères et les maisons, tuaient indistinctement, violaient des mères de familles et des religieuses, transmit aux croisés ses bons vœux et interpréta la succession de lempire byzantin et du patriarcat œcuménique par les latins comme une œuvre de la divine providence, qui avait rétabli de cette façon, selon lui, lunité de lEglise. Il sagit bien de ceci, que le pape a installé à Constantinople un patriarche latin, qui, pendant plus de cinquante ans, a dirigé à la place du patriarche orthodoxe, qui a dû fuir avec lempereur de Byzance en terre dAsie mineure, à Nicée. Voilà la blessure qui endolorit les relations entre les deux Eglises. »
De nos jours, le 4 mai 2001, à Athènes, le pape Jean Paul II le reconnut :
« Certains souvenirs sont particulièrement douloureux, et certains événements dun lointain passé ont laissé jusquà ce jour de profondes blessures dans les esprits et dans les cœurs du peuple. Je pense au sac dramatique de la ville impériale de Constantinople, qui était depuis si longtemps le bastion de la Chrétienté en Orient. Il est tragique que les assaillants, qui étaient partis assurer le libre accès des chrétiens à la Terre Sainte, se soient retournés contre leurs frères dans la foi. » Le pape dit ensuite, fermement : « Pour toutes les occasions passées et présentes où les fils et les filles de lÉglise catholique ont péché par action et par omission contre leurs frères et sœurs orthodoxes, puisse le Seigneur nous accorder le pardon que nous lui demandons! » Spontanément, larchevêque orthodoxe dAthènes, Christodoulos, applaudit. Les évêques présent sassocièrent à lui.
Voici les paroles du pape :
« Je voudrais tout dabord vous manifester laffection et la considération de lÉglise de Rome. Ensemble, nous partageons la foi apostolique en Jésus Christ, notre Seigneur et notre Sauveur; nous avons en commun lhéritage apostolique et le lien sacramentel du Baptême; et de ce fait nous sommes tous membres de la famille de Dieu, appelés à servir lunique Seigneur et à proclamer son Évangile au monde. Le Concile Vatican II a invité les catholiques à considérer les membres des autres Églises "comme frères dans le Christ" (Unitatis Redintegratio, n. 3), et le lien surnaturel de la fraternité entre lÉglise de Rome et lÉglise de Grèce est fort et durable.
Certes, nous portons le fardeau de controverses passées et présentes, et dincompréhensions persistantes. Mais dans un esprit de charité mutuelle, celles-ci peuvent et doivent être dépassées, parce que tel est ce que le Seigneur nous demande. On a clairement besoin dun processus libérateur de purification de la mémoire. Pour toutes les occasions passées et présentes où les fils et les filles de lÉglise catholique ont péché par action et par omission contre leurs frères et sœurs orthodoxes, puisse le Seigneur nous accorder le pardon que nous lui demandons!
Certains souvenirs sont particulièrement douloureux, et certains événements dun lointain passé ont laissé jusquà ce jour de profondes blessures dans les esprits et dans les cœurs du peuple. Je pense au sac dramatique de la ville impériale de Constantinople, qui était depuis si longtemps le bastion de la Chrétienté en Orient. Il est tragique que les assaillants, qui étaient partis assurer le libre accès des chrétiens à la Terre Sainte, se soient retournés contre leurs frères dans la foi. Le fait que des chrétiens latins y participaient remplit les catholiques dun profond regret. Comment ne pas voir ici le mysterium iniquitatis à lœuvre dans le cœur de lhomme? Le jugement appartient seulement à Dieu, et par conséquent nous confions le lourd fardeau du passé à son infinie miséricorde, limplorant de guérir les blessures qui font encore souffrir le cœur du peuple grec. Ensemble, nous devons travailler à cette guérison, si lEurope qui émerge maintenant désire être vraie avec son identité, qui est inséparable de lhumanisme chrétien partagé par lOrient et par lOccident. »
Question 117 : Vous accusez Allah (le Dieu du Coran et de la foi islamique) de ne pas être miséricordieux. Comment pouvez-vous expliquer le déluge selon la foi catholique ? Est-ce que votre Dieu damour a fait périr les hommes avec sa pluie bienfaisante ? (TR)
Réponse : Dans le premier paragraphe de la réponse à la question précédente, nous avons cité la déclaration officielle du Concile Vatican II, dans laquelle lEglise catholique exprime solennellement la haute estime quelle a pour la foi des musulmans au Dieu miséricordieux. Il ne peut donc pas être question que lEglise catholique accuse le Dieu du Coran et de lIslam dêtre sans pitié.
Le déluge décrit dans le livre de la Genèse (6,5-9,17) na pas été simplement une catastrophe naturelle, selon lopinion du rédacteur du livre de la Genèse. Il se sert dune très ancienne histoire populaire comme véhicule lui permettant dexprimer un thème fondamental de la foi du peuple dIsraël : le jugement de Dieu dans les évènements de lhistoire, et par eux. Si nous comparons le représentation du livre de la Genèse avec le poème de Gilgamesh ou avec dautres anciennes versions du récit légendaire du déluge, nous constatons immédiatement quelles sont les différences marquantes entre ces récits et la présentation faite par la Bible.
Il y a certainement des détails anthropomorphiques naïfs, comme par exemple laffirmation que Yahvé a fermé la porte de larche (7,16b), ou quil reniflait la bonne odeur du sacrifice de Noé (8,21). Mais de tels détails – empruntés à la tradition populaire dont sest servi lauteur – nobscurcissent pas la vision centrale selon laquelle Yahvé, le Dieu Unique (en contraste avec les nombreux dieux de Babylone), agit dans lhistoire humaine dans le but de réaliser enfin son dessein bienveillant (à la différence des dieux imprévisibles de Babylone).
De plus, le jugement de Dieu est marqué aussi par son souci de lhomme. On le voit déjà clairement dans le récit dEden, où, après la malédiction de Yahvé, Adam et Eve se revêtent de pagnes de peau (3,21), et où, dans le récit de Caïn, le jugement de Yahvé est atténué, puisquil met sur le front de Caïn un signe protecteur (4,15). De même, dans le récit du déluge, Noé trouve grâce auprès de Dieu. Larche, dans laquelle il prend avec lui sa famille et les couples danimaux, était un signal de lintention de Yahvé de sauver un « reste », avec lequel lhistoire peut avoir un nouveau commencement. Le récit se termine par la déclaration que, même si « laction de lhomme agit mal dès sa jeunesse », Yahvé ne maudira jamais plus la terre en proférant un jugement aussi sévère. La loi de la nature – « semailles et moissons, chaleur et froidure, hiver et été, jour et nuit » - sera le ligne de son alliance fidèle (8,20-22).
Question 118 : Que pensez-vous du soit disant évangile de Thomas ? (TR)
Réponse : Plusieurs écrits apocryphes portent le nom de Thomas : les actes de Thomas ; une apocalypse de Thomas ; une histoire de lenfance de Thomas ; de plus : lévangile de Thomas.
Dans la théologie chrétienne, on désigne comme écrits dapocryphes, ou apocryphes, des écrits qui ne sont pas repris dans le canon des Ecritures, mais qui peuvent éventuellement, daprès le titre ou lorigine suggérée (une personne de lancien ou du nouveau testament) prétendre en faire partie. Les apocryphes du Nouveau Testament – habituellement en grec, plus tard en latin et dans dautres langues – se rangent dans les genres littéraires du Nouveau Testament : évangiles ( souvent uniquement des fragments), actes des apôtres, lettres et apocalypses. Dans lEglise universelle, on na jamais reconnu ces écrits comme canoniques. Si on les compare aux livres canoniques, la différence apparaît clairement : à quelques exceptions près, les apocryphes sont plus redevables à la fantaisie et à linventivité quà la réflexion sur la tradition historique. Leur signification ne vise pas à contribuer à un enrichissement de nos connaissances à propos de la vie de Jésus ou de lépoque apostolique, mais à offrir déventuelles connaissances à propos du christianisme dune époque ultérieure et à un niveau totalement différent de celui des grands théologiens.
« Les récits de lenfance de Thomas »
L « évangile de Thomas » auquel pense sans doute ici celui qui pose la question, se réfère dabord au récit de lenfance de Thomas, na pas de lien avec l « évangile copte de Thomas », dont il sera question plus loin. Il sagit du représentant principal de ce que lon appelle les « évangiles de lenfance », qui racontent lenfance de Jésus.
On peut mesurer la popularité de ce récit de lenfance de Thomas au nombre élevé et à la diversité des traductions : grec, latin et syriaque, éthiopien, arabe, géorgien et vieux slavon. Sy ajoutent des récits denfance arabes et arméniens, qui ont puisé dans ce matériau. Les différentes versions sont relativement divergentes et montrent comment le matériau a été en partie enrichi, en partie raccourci et, occasionnellement, objectivement transformé. Le contenu de cet écrit consiste en récits de lenfance de Jésus mis ensemble sans grande cohérence, et cela se termine par le récit, emprunté à Luc, de Jésus, âgé de douze ans, retrouvé dans le temple. Malgré la mention de lâge de Jésus à loccasion de certaines scènes, et de la citation de Luc 2,52 à la fin, il ny a pas de véritable effort pour décrire chez Jésus une croissance et un développement. Lauteur vise à présenter lenfant Jésus comme un enfant prodige. Le Jésus présenté ici nest souvent tout simplement pas le Jésus des évangiles canoniques : il y a bien quelques miracles directs, mais les autres récits sont folkloriques. Des histoires racontant que Jésus fabriquait des oiseaux en terre glaise le jour du sabbat sont sans doute innocentes, mais dautres le dépeignent « colérique, se fâchant, et méchant ». Il faut cependant ajouter que les victimes de sa méchanceté retrouvent toutes, à la fin du récit, la santé et lintégrité corporelle. La légende ne sest pas intéressée principalement à la période allant de lenfance de Jésus entre douze ans et trente ans, quand il se rend au Jourdain, mais bien aux années qui précèdent, dans Luc, lhistoire du Jésus âgé de douze ans (Luc 2,41-52).
Car cest précisément le jeune garçon quil faut présenter comme un enfant prodige. Tous les miracles quil accomplira plus tard, sont anticipés ici de façon particulièrement réaliste. Mais il y a une grande différence entre ces miracles et ceux qui sont racontés dans les évangiles canoniques. Dans ce cas-ci, le matériau externe est introduit dans lhistoire de Jésus sans quil ne soit daucune manière adapté, de près ou de loin, à la figure du Christ. Si on ne trouvait pas le nom « Jésus » à côté de lindication « enfant » ou « garçon », on ne penserait jamais que, dans le cas des deux récits à propos du garçon divin téméraire, il puisse sagir dun complément à la tradition sur Jésus. On peut facilement indiquer ici de très nombreux parallèles extraits des légendes sur Krishna et sur Bouddha, et de toutes sortes de contes populaires. Plus le miracle est énorme et époustouflant, plus le rédacteur y trouve son plaisir, sans le moindre relent de mise en question. Mais, à côté du faiseur de miracle, il faut aussi annoncer chez lenfant le Christ enseignant.
Ce que Luc raconte sobrement à propos du jeune Jésus, âgé de douze ans, au temple, est exagéré jusquau grotesque, dans la mesure où le garçon, non seulement possède toute la sagesse de son âge, mais dame le pion à tous les docteurs humains par des sentences de sagesse profondes, et souvent obscures. Malgré ce manque de bon goût, de mesure et de discrétion, il faut reconnaître que celui qui a composé ce recueil de légendes, celui qui a créé le récit de lenfance de Thomas, dispose dun talent de conteur naïf et suggestif, particulièrement quand il met en scène le quotidien des enfants. (Pour la traduction française du texte, voir : Wilhelm Schneemelcher, Neutestmentliche Apokryphen, 5. éd., Bd. 1. Tübingen: J.C.B. Mohr, 1987, p. 353-361; la traduction anglaise dans : Schneemelcher, Engl. tr., Bd. 1 (1963), pp. 388-401.)
L « évangile de Thomas copte »
Lévangile de Thomas, composé originellement en langue grecque, a été découvert dans une traduction copte, parmi les papyri qui furent exhumés à Nag Hammadi en Haute Egypte dans les années 1945-46. Il est conservé actuellement dans le Musée Copte dans le vieux Caire. Loriginal grec date sans doute denviron 150, la version copte, qui contient quelques ajoutes, remonte aux environs de lannée 400. Dans le titre, le texte déclare avoir été écrit par « Didymus Judas Thomas ». Formellement, il nest pas, comme les évangiles canoniques, historique, mais il consiste en une série de phrases condensées et de discours en paraboles, attribués à Jésus. Certains pensent quil est possible que cet « évangile copte de Thomas » contient quelques paroles du Seigneur qui ne se trouvent pas dans les évangiles canoniques et qui remontent à une tradition authentique. Si on prend lensemble, son contenu ne justifie cependant pas les affirmations exagérées que lon a faites en sa faveur, quand on commença à le connaître, en 1959. Les papyri grecs Oxyrhynchus, numéros 1,654 et 655, ont conservé des fragments dun texte grec qui correspond étroitement – quoique non exactement – avec la version copte de lévangile de Thomas trouvé à Nag Hammadi. Lœuvre est fort probablement dorigine gnostique. ( On trouve le texte allemand et une introduction dans Schneemelcher, I (1959), p. 199-223; Eng. tr. Schneemelcher I (1963), pp. 278-307. Traduction allemande plus récente et introduction : G. Lüdemann & M. Janssen, Bibel der Häretiker. Die gnostischen Schriften aus Nag Hammadi. Stuttgart, 1997, p. 129-148.)
Question 119 : Si, chez les catholiques, le contrôle des naissances est interdit, pourquoi le nombre dhabitants des pays catholiques est-il en régression ? (TR)
Réponse : Présentons dabord la position officielle de lEglise sur la question du contrôle des naissances. Le Compendium de la doctrine sociale de lEglise (Rome/Freiburg i. Breisgau, 2006) traite cette question sous le titre : « La famille est le sanctuaire de la vie » (n° 230-237)
« 232 La famille contribue de façon éminente au bien social par le biais de la paternité et de la maternité responsables, formes particulières de la participation spéciale des époux à l'œuvre créatrice de Dieu. Le poids d'une telle responsabilité ne peut pas être invoqué pour justifier des replis égoïstes, mais doit guider les choix des époux vers un généreux accueil de la vie: « Par rapport aux conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance ».Les motivations qui doivent guider les époux dans l'exercice responsable de la paternité et de la maternité découlent de la pleine reconnaissance de leurs devoirs envers Dieu, envers eux-mêmes, envers la famille et envers la société, dans une juste hiérarchie de valeurs.
233 Quant aux « moyens » de réaliser la procréation responsable, la stérilisation et l'avortement, avant tout, doivent être refusés comme étant moralement illicites. Ce dernier, en particulier, constitue un délit abominable et toujours un désordre moral particulièrement grave; loin d'être un droit, c'est plutôt un triste phénomène qui contribue gravement à la diffusion d'une mentalité contre la vie, en menaçant dangereusement une vie sociale en commun juste et démocratique.
Le recours aux moyens contraceptifs sous leurs différentes formes doit également être réfuté: ce refus se fonde sur une conception correcte et intégrale de la personne et de la sexualité humaine et revêt la valeur d'une exigence morale pour défendre le véritable développement des peuples. Les mêmes raisons d'ordre anthropologique justifient en revanche, comme étant licite, le recours à l'abstinence périodique durant les périodes de fertilité féminine. Refuser la contraception et recourir aux méthodes naturelles de régulation des naissances signifie choisir de baser les rapports interpersonnels entre époux sur le respect réciproque et sur l'accueil total, avec des conséquences positives aussi pour la réalisation d'un ordre social plus humain. »
Il est tout à fait possible que la doctrine de lEglise proposée nest suivie, dans de nombreuses régions du monde, que partiellement, également parmi les catholiques. LEglise ne fait pas, par principe, dépendre ses enseignements dun écho majoritaire ou succès majoritaire. En ce qui concerne le nombre des habitants de pays à majorité catholique, on ne peut pas dire quil est en baisse dans les pays catholiques, si on pense à lAmérique Latine, aux Philippines et à lAfrique.
Question 120 : Est-il logique de pardonner les péchés tous les 25 ans ? Qui devrait alors encore craindre de pécher ? (TR)
Question 121 : Pardonnez-vous encore toujours les péchés contre le paiement daumônes ou de dons dargent, comme cela était la coutume durant la construction de la Basilique Saint Pierre ? (TR)
Réponse aux deux questions : Ces deux questions sont tout dabord marquées dune erreur grave: ne pas tenir compte de la distinction fondamentale, dans la doctrine de lEglise, entre les péchés et les peines des péchés.
Il faut dabord rappeler très brièvement les éléments fondamentaux de la doctrine de lEglise à propos du péché, de la pénitence et de la réconciliation : Le Catéchisme de lEglise Catholique (en allemand : München/Leipzig/Freiburg, Schweiz/Linz, 1993, cf. en français : www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4D.HTM) résume cette doctrine ainsi :
1485 Le soir de Pâques, le Seigneur Jésus se montra à ses Apôtres et leur dit : Recevez lEsprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus " (Jean 20, 22-23). 1486 Le pardon des péchés commis après le Baptême est accordé par un sacrement propre appelé sacrement de la conversion, de la confession, de la pénitence ou de la réconciliation. 1487 Qui pèche blesse lhonneur de Dieu et son amour, sa propre dignité dhomme appelé à être fils de Dieu et le bien-être spirituel de lÉglise dont chaque chrétien doit être une pierre vivante. 1488 Aux yeux de la foi, aucun mal nest plus grave que le péché et rien na de pires conséquences pour les pécheurs eux-mêmes, pour lÉglise et pour le monde entier. 1489 Revenir à la communion avec Dieu après lavoir perdue par le péché, est un mouvement né de la grâce du Dieu plein de miséricorde et soucieux du salut des hommes. Il faut demander ce don précieux pour soi-même comme pour autrui. 1490 Le mouvement de retour à Dieu, appelé conversion et repentir, implique une douleur et une aversion vis-à-vis des péchés commis, et le propos ferme de ne plus pécher à lavenir. La conversion touche donc le passé et lavenir ; elle se nourrit de lespérance en la miséricorde divine. 1491 Le sacrement de la Pénitence est constitué par lensemble des trois actes posés par le pénitent, et par labsolution du prêtre. Les actes du pénitent sont : le repentir, la confession ou manifestation des péchés au prêtre et le propos daccomplir la réparation et les œuvres de réparation. 1492 Le repentir (appelé aussi contrition) doit être inspiré par des motifs qui relèvent de la foi. Si le repentir est conçu par amour de charité envers Dieu, on le dit " parfait " ; sil est fondé sur dautres motifs, on lappelle " imparfait ". 1493 Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec lÉglise, doit confesser au prêtre tous les péchés graves quil na pas encore confessé et dont il se souvient après avoir examiné soigneusement sa conscience. Sans être en soi nécessaire, la confession des fautes vénielles est néanmoins vivement recommandée par lÉglise. 1494 Le confesseur propose au pénitent laccomplissement de certains actes de " satisfaction " ou de " pénitence ", en vue de réparer le dommage causé par le péché et de rétablir les habitudes propres au disciple du Christ. 1495 Seuls les prêtres qui ont reçu de lautorité de lÉglise la faculté dabsoudre peuvent pardonner les péchés au nom du Christ. 1496 Les effets spirituels du sacrement de Pénitence sont : – la réconciliation avec Dieu par laquelle le pénitent recouvre la grâce, – la réconciliation avec lÉglise ; – la remise de la peine éternelle encourue par les péchés mortels ; – la remise, au moins en partie, des peines temporelles, suites du péché ; – la paix et la sérénité de la conscience, et la consolation spirituelle ; – laccroissement des forces spirituelles pour le combat chrétien. »
La doctrine et la pratique ecclésiales des indulgences est liée étroitement au sacrement de pénitence. Le Catéchisme catholique des adultes (1985. Ed. Conférence épiscopale allemande) écrit à ce sujet :
« Sous le terme indulgences, on comprend la remise de peines temporelles dues au péchés qui ont déjà été pardonnés. Les indulgences présupposent donc la conversion personnelle, la réception du sacrement de pénitence dans le cas de péchés graves, et, pour lindulgence plénière, la réception de la communion. Pour les personnes qui accomplissent des œuvres imposées (surtout la prière, la visite déglises de lieux de pèlerinage), lEglise garantit lindulgence en sappuyant sur le trésor de satisfaction de Jésus Christ et des saints.
La doctrine et la pratique des indulgences est difficilement compréhensible aujourdhui. Si on veut comprendre cette doctrine plus en profondeur, il faut la réfléchir à partir de ses racines historiques et dans ses relations objectives élargies.
De façon générale, il y eut, au fond, des indulgences dès le début de lEglise. Dans le détail, les indulgences ont cependant une longue histoire. Dans lEglise primitive, lintercession des confesseurs de la foi, qui devaient endurer de lourdes souffrances durant les persécutions, a surtout joué un grand rôle. Etant donné que des peines temporelles pour les péchés pouvaient, dans lEglise primitive, être « satisfaites » par des peines ecclésiastiques limitées dans le temps, on a parlé longtemps dune indulgence de 100 ou de 500 jours. Les indulgences, dans leur forme moderne, remontent au 11ème siècle. Depuis le haut Moyen Âge, les indulgences étaient souvent liées à certaines œuvres de piété : participation à une croisade, pèlerinage en lieux saints, certaines prières ou bonnes œuvres. Cest dans ce contexte quil faut voir les indulgences du Portiuncula, lindulgence du jubilé à loccasion de lannée sainte et lindulgence de la fête de tous les fidèles défunts.
Souvent les indulgences étaient liées à des dons en argent pour des besoins de lEglise. Cela conduisit, surtout à la fin du Moyen Âge, à dénormes abus, qui furent loccasion du début de la Réforme. Le Concile de Trente (1545-1563) a, dès lors, réformé complètement la pratique des indulgences et supprimé les abus ; mais il a maintenu fondamentalement lidée que les indulgences sont une source dabondantes bénédictions pour le peuple chrétien ; il a dès lors condamné ceux qui déclarent que les indulgences ne sont pas utiles ou que lEglise na pas le droit daccorder des indulgences. Cependant la Concile de Trente a souhaité que, à loccasion de loffre dindulgences, on garde la mesure, selon la coutume avérée de lEglise, et que, surtout, on exclut toute recherche de gain. Il y eut ensuite un approfondissement doctrinal des indulgences, que le pape Paul VI a proposé comme un renouveau pratique pour notre temps, par la Constitution apostolique sur le nouveau règlement du système des indulgences, en 1967.
En vue dune compréhension plus en profondeur de la doctrine des indulgences sous jacente à la pratique des indulgences, il faut voir clairement que le péché a une double conséquence. Dune part, le péché interrompt la communion avec Dieu et, par là, fait perdre la vie éternelle (punition éternelle du péché) ; dautre part, il blesse et empoisonne aussi la relation de lhomme avec Dieu et la vie des hommes et de la communauté humaine (punition temporaire du péché). Les deux punitions des péchés ne sont « imposées de lextérieur » par Dieu, mais elles sont une conséquence intrinsèque découlant de lessence du péché lui-même.
Lindulgence de la punition éternelle des péchés est liée au pardon de la culpabilité du péché et le rétablissement de la communion avec Dieu. Mais il reste encore des conséquences temporelles du péché. Le chrétien doit sefforcer daccueillir de la main de Dieu ces conséquences temporelles du péché, en supportant patiemment les souffrances, les malheurs et les peines, finalement aussi en acceptant consciemment de devoir mourir, et de revêtir « lhomme nouveau » (Ephésiens 4,22-24), par les œuvres de miséricorde et de charité, et par la prière et les diverses expressions de la pénitence.
LEglise offre encore au chrétien une autre voie, quil peut suivre en outre dans la communauté de grâce de lEglise. Le chrétien qui, de cette façon se purifie et se sanctifie à laide de la grâce de Dieu, nest pas tout seul. Il est un membre du corps du Christ. En Christ, tous les chrétiens forment une grande communauté solidaire : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Corinthiens 12,26). Dans cette participation communautaire aux biens du salut, que Jésus Christ, et avec sa grâce, les saints, nous ont mérités, nous trouvons le trésor de grâce de lEglise.
Lindulgence se réalise par le fait que lEglise, sappuyant sur les pleins pouvoirs que lui a partagés Jésus Christ, de lier et de délier, intervient pour le chrétien individuel et lui partage souverainement le trésor de satisfaction du Christ et des saints comme indulgence pour les peines temporelles du péché. Ainsi lEglise ne veut pas seulement aider le chrétien individuel, mais lencourager aussi aux œuvres de piété, à la pénitence et à la charité. Puisque les défunts se trouvent, eux aussi, dans un état de purification, quils sont les membres dune seule communauté des saints, nous pouvons les soutenir à laide de prières dintercession pour la satisfaction des peines temporelles du péché. » (p. 372-4).
Sur ce sujet, encore une fois la Catéchisme de lEglise catholique :
Dans la communion des saints
1474 Le chrétien qui cherche à se purifier de son péché et à se sanctifier avec laide de la grâce de Dieu ne se trouve pas seul. " La vie de chacun des enfants de Dieu se trouve liée dune façon admirable, dans le Christ et par le Christ, avec la vie de tous les autres frères chrétiens, dans lunité surnaturelle du Corps mystique du Christ, comme dans une personne mystique " (Paul VI). 1475 Dans la communion des saints " il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien damour et un abondant échange de tous biens " . Dans cet échange admirable, la sainteté de lun profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de lun a pu causer aux autres. Ainsi, le recours à la communion des saints permet au pécheur contrit dêtre plus tôt et plus efficacement purifié des peines du péché. 1476 Ces biens spirituels de la communion des saints, nous les appelons aussi le trésor de lÉglise, " qui nest pas une somme de biens, ainsi quil en est des richesses matérielles accumulées au cours des siècles, mais qui est le prix infini et inépuisable quont auprès de Dieu les expiations et les mérites du Christ Notre Seigneur, offerts pour que lhumanité soit libérée du péché et parvienne à la communion avec le Père. Cest dans le Christ, notre Rédempteur, que se trouvent en abondance les satisfactions et les mérites de sa rédemption » (Paul VI) .
Il suit de ce qui a été dit ici, que labus consistant à garantir des indulgences contre le paiement daumônes ou de dons en argent pour de nobles objectifs a été supprimé dans le droit de lEglise au plus tard par le Concile de Trente (1545-63).
En ce qui concerne la théologie et la pratique de lindulgence dans lEglise lors de lannée jubilaire 2000, la Bulle dindiction du Grand Jubilé de lAn 2000 « Incarnationis mysterium » du 29 novembre 1998(www.vatican.va/jubilee_2000/docs/), donne des renseignements substantiels. Un paragraphe de ce texte peut suffire :
« Cette doctrine sur les indulgences « enseigne d'abord qu'il est mauvais et amer d'abandonner le Seigneur Dieu (Jérémie 2, 19). En effet, lorsqu'ils gagnent des indulgences, les fidèles comprennent qu'ils ne peuvent pas expier par leurs propres forces le mal que par leur péché ils se sont fait à eux-mêmes et qu'ils ont fait à toute la communauté, et ils sont ainsi incités à une salutaire humilité ». La vérité sur la communion des saints, qui unit les croyants au Christ et réciproquement, nous dit à quel point chacun peut aider les autres — vivants ou défunts — à être toujours plus intimement unis au Père céleste.
M'appuyant sur ces motifs doctrinaux et interprétant la pensée maternelle de l'Église, je décide que tous les fidèles, convenablement préparés, pourront bénéficier abondamment, durant tout le Jubilé, du don de l'indulgence, selon les indications qui accompagnent la présente Bulle (cf. décret). »
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