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Questions & Réponses 1

Question 1 : « Comment peut-on, sans se perdre en contradictions, accorder la foi chrétienne en la Trinité divine avec la foi au Dieu unique, qui est attestée clairement dans les écritures de lAncien Testament ? » (TR)

Réponse :
Il est conseillé de relire attentivement dans le livre le chapitre 5, III, 1. Jésus a lui-même grandi dans la foi en Dieu de son peuple. Cette foi était marquée par le monothéisme, la foi en un Dieu unique, qui marque la totalité de lAncien Testament. Les disciples de Jésus, parmi lesquels Jésus en désigna 12 comme apôtres, étaient naturellement aussi monothéistes. Les chrétiens, à partir des écritures du Nouveau Testament, savent que Jésus ne sest pas annoncé lui-même uniquement comme prophète. Il a prétendu agir au nom de Dieu et rendre Dieu présent dans son activité (par exemple les guérisons, les résurrections de morts, le pardon des péchés). Bien plus : il disait quen lui Dieu et son règne étaient arrivés. Les disciples, à savoir les premiers chrétiens, dans la force de lEsprit Saint de Dieu, ont reconnu que la prétention de Jésus nétait pas un blasphème à lencontre du Dieu unique, ni une attaque contre la doctrine véritable sur Dieu, mais bien au contraire : quen Jésus de Nazareth, cétait Dieu lui-même qui parlait, Dieu lui-même qui était présent, quen dautres termes, Jésus était le Fils de Dieu (Lire : Matthieu 16,13-20).

Progressivement, les disciples, à savoir les premiers chrétiens, comprirent quil fallait comprendre à nouveaux frais et plus en profondeur lunité de Dieu. Nous avons essayé de le montrer dans le chapitre 5 de notre livre.

Brève réponse à la question : oui. La foi au Dieu un et trine ne supprime pas la foi au Dieu unique, mais elle lapprofondit et la nuance. La doctrine de lEglise chrétienne représente une interprétation et un développement des doctrines de lAncien Testament, à la lumière de lévénement de la vie de Jésus (ses actions et ses paroles, sa passion, sa mort et sa résurrection) et à la lumière de la doctrine de Jésus, telle que les apôtres et les premières communautés chrétiennes lont comprise  dans la force de lEsprit Saint.

Question 2 : « Le Fils na pas été créé, mais il est né, et malgré tout le Fils ne vient pas après le Père ? Y a-t-il une interprétation et une explication pour cette croyance ? » (TR)

Réponse :
il est conseillé de lire attentivement le chapitre 5, III, 2. Père-Fils. Ensuite : lire la confession de lapôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20,25).

Le choc de la mort de Jésus sur la croix na pas été facile à assumer. Lévangile de Jean raconte à propos de lapôtre Thomas combien celui-ci a dû se battre intérieurement – secoué de doutes à propos du message de la résurrection de Jésus : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » (Jean 20,25). Le choc du Vendredi Saint lavait touché trop profondément pour quil puisse sans problème souvrir à la foi en la résurrection de Jésus. Nous avons vu le Seigneur, cest ce que lui avaient déjà dit ses compagnons disciples depuis plusieurs jours. Il était resté froid et sur la réserve. Nous avons rencontré le Seigneur, il est vivant, avaient-ils dit. Mais il ne leur faisait pas confiance. Il avait fallu la rencontre avec le Ressuscité lui-même pour que ses yeux de sceptique trouvent le chemin de la foi : «  Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : Paix à vous.

Puis il dit à Thomas : Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. » (Jean 20,26-27). Subjugué par cette rencontre, subjugué par Jésus Christ, qui est vivant, Thomas peut exprimer sa foi : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20,28). Cest une profession de foi !  Et cette profession de foi en Jésus comme Seigneur et Dieu se situe au bout dun long chemin pavé dincertitude et de doute, de méprises et de scepticisme, que Thomas a dû parcourir, et pas seulement lui, mais tous ceux qui vont à la suite de Jésus, jusquà ce quils arrivent à la pleine intelligence du Seigneur. Après Pâques, après la résurrection de Jésus,  ils lont reconnu dans la rencontre, ce nest qualors que leurs yeux souvrirent (cf. Luc 24,31), ce nest que maintenant quils avaient ce « savoir » au sujet de Jésus, une connaissance qui sest incarnée dans leur profession de foi.

Dans sa Lettre aux Philippiens, Paul cite une hymne qui a son origine peu de temps après la mort et la résurrection et qui résume ainsi la foi en Jésus Christ : « Il était … » (Philippiens 2, 6-11) Cest la profession de foi fondamentale du christianisme.

Question 3 : « De quelle façon la formulation de la doctrine chrétienne : Une nature en trois personnes et trois personnes en une nature peut-elle être intelligible ? » (TR)

Question 4 : « Quelles sont, daprès la foi chrétienne, les missions spécifiques de chacun des éléments (à savoir chacune des trois personnes) dans la Sainte Trinité ? » (TR)

Réponse :
Il faut encore une fois relire attentivement le chapitre 5, particulièrement 5,IV.

Si le Dieu unique est Amour ( « Se donner » lun à lautre mutuellement, lire 1 Jean 4, 7-21), alors les trois personnes sont au même degré les « points nodaux » entre lesquels le rythme de lamour se réalise : donner – recevoir – rendre. (Remarquez que le mot « personne » dans ce contexte a un autre sens que le mot personne signifiant une personnalité humaine en tant que « réalité indépendante, centrée sur elle-même »). Ainsi, les trois « personnes » sont lunique et même amour en trois manière dêtre qui sont indispensables pour quen Dieu lamour puisse tout simplement exister, en tant dailleurs quamour suprêmement désintéressé. Le Dieu unique est communauté, ce qui veut dire quIl est lunique jeu damour qui se passe entre les trois « personnes » : amour, être aimé, participer à lamour.
En 1 Jean 1,3 on lit : « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. »

Tout vise à lunité. Ici non plus il ne sagit pas dune « unité universelle », mais de cette unité qui reçoit son sens à partir du Dieu un et trine. Cest une unité qui se réalise dans sa pluralité et une pluralité qui tend à lunité. Il est communion (communauté).
Lunité à laquelle tend le monde entier, le désir dentente, dharmonie et de paix qui vit au cœur de chaque personne, également la « globalisation », la mise en réseau et la communication universelle, que visent tous les efforts de la technique, des médias et de la culture, ont un rapport à la Trinité divine, à la foi chrétienne au Dieu unique en trois « Personnes ». Plus précisément : entre les deux, il faut quil y ait une correspondance, une analogie. Ainsi, cette thèse se trouve à nouveau confirmée : ce quest Dieu, communion, cela nous pouvons et nous devons le devenir. Cest la genèse et le but de toute réalité. En Lui nous sommes, nous vivons et nous nous mouvons.
Quand Dieu agit en nous, il agit toujours comme le Dieu unique, un en trois.

Question 5 : « Daprès votre foi, Satan a bouleversé complètement le plan de Dieu concernant lhumanité. A Dieu ne plaise ! Cela veut-il dire que la volonté de Satan a vaincu la volonté de Dieu ? Une telle conception ne contredirait-elle pas la dignité et la grandeur de Dieu ? » (TR)

Question 6 : « Même si Dieu a créé Satan et la fait supérieur aux humains (et lui a permis de tenté les hommes), Dieu a cependant doté les hommes dun certain nombre de possibilités de se défendre de Satan. Dieu na-t-il vraiment pas, pour sauver les hommes, trouvé dautre solution que de prendre lui-même la stature dun homme ? » (TR)

Réponse :
Le pouvoir et la faiblesse des mauvais esprits se manifestent dans la Bible surtout en relation avec lactivité de Jésus. Particulièrement, lévangile de Marc décrit lensemble de lactivité de Jésus comme un combat contre Satan (Marc 1,23-28.32-34.39 ; 3, 22-30). Mais avec Jésus arrive le plus fort, qui est vainqueur du fort. En lui, se fait jour le Règne de Dieu, car il chasse les démons avec la puissance de Dieu (cf. Matthieu 12,28 ; Luc 11,18). Parce que Jésus Christ est définitivement vainqueur des puissances mauvaises, toute peur des démons est étrangère à la foi chrétienne. Cest bien plutôt le contraire : «  Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi ». (1 Pierre 5,8-9).

La doctrine de lEglise est entièrement dans la continuité de ce témoignage des écrits du Nouveau Testament. En effet, si le mal qui rend lhomme esclave ne peut pas trouver son origine dans un principe mauvais, indépendant de Dieu (comme lenseigne le dualisme), ce mal ne peut que remonter aux créatures que Dieu a créées bonnes, mais qui sont devenues mauvaises par décision propre. Selon la doctrine de lEglise, il nexiste pas seulement le mal, mais aussi le malin, le mauvais. Ainsi, dune part, la doctrine catholique rend compte aussi bien de lexpérience humaine de limmensité du monde que du témoignage de la Bible, dautre part, cette doctrine peut ainsi limiter la signification et linfluence des mauvais esprits : ils ne sont malgré tout que des instances finies, créées par Dieu et à tout le moins toujours dépendantes de lui. Leur domination de malheur est détruite par Jésus Christ et elle est toujours davantage vaincue par laction du Saint Esprit. Lespérance a le dernier mot.

Qui peut prétendre prescrire à Dieu la manière dont il libère et sauve lhumanité pécheresse du péché. On ne peut limiter lamour divin, ni lui imposer des règles. Nous ne pouvons quadmirer ce fait, dans la foi et la reconnaissance, que Dieu a choisi le chemin quil nous annonce lui-même dans la Parole de la Bible. Relisez 1 Jean 4,7 ss . Et Jean 3,16-21.
Sans doute reconnaissons-nous après coup que Dieu aime de manière divine comme nous aimons, nous qui sommes créés à limage de Dieu : celui qui aime en vérité voudrait être solidaire avec lêtre aimé. Dieu voulait, par amour pour lhomme quil a lui-même créé, être entièrement solidaire avec lui, en tout hormis le péché.

Question 7 : « Comment une personne intelligente peut-elle comprendre que Dieu, pour pardonner les péchés, enfonce les humains encore plus profondément dans le péché et même jusquau point quils se transforment en déicides ? Les fils dAdam sont-ils pardonnés parce quils tuent leur Dieu ? Pourquoi Dieu exige-t-il alors la prière et lobéissance ? Pourquoi établit-il pour les hommes des commandements et des interdits ? » (TR)

Réponse :
Dieu a établi pour les hommes des commandements et des interdits. Lorsque lhomme, dans sa liberté, a toujours à nouveau pris ses distances par rapport à eux, Dieu a décidé de ne pas montrer uniquement sa miséricorde par des critères de justice, mais en faisant don de son Fils (Lire : Jean 3, 16 ss ).

Question 8 : « Naurait-il pas été plus indiqué que ce ne soit pas Dieu lui-même (dans la figure de Jésus Christ) qui lutte contre Satan, mais que cela fût laissé à la responsabilité des hommes ? » (TR)

Réponse :
Le chrétien est appelé à engager le combat contre la puissance de Satan. Il sait, certes, quil ne pourra en fin de compte remporter ce combat quavec la puissance de Dieu lui-même. Cette puissance de Dieu est offerte au chrétien en Jésus Christ, que la foi chrétienne confesse comme « vrai Dieu du vrai Dieu », et dont la même foi dit également : « Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il est descendu du ciel, il a pris chair par lEsprit Saint de la Vierge Marie et il sest fait homme » (La grande profession de foi). La force pour combattre la puissance de Satan est donnée au chrétien par lécoute croyante de la Parole de Dieu et par la réception des sacrements. Cest ainsi que le Seigneur ressuscité agit puissamment dans les croyants, dans la force de lEsprit Saint.

Question 9 : « Lordonnance de la vie dans ce monde est fondée sur la responsabilité des humains pour leurs actions. Nest-il pas étonnant que le salut de tous les hommes doive être assuré par le fait quun être humain prenne sur lui la souffrance de tous les hommes ? » (TR)

Réponse :
Dieu offre à tous les hommes le salut en Jésus Christ et par lui. Jécris à dessein : offre. Lhomme reste libre de refuser loffre. Sil laccepte, il lui faudra rassembler toutes ses forces pour que le cadeau du salut devienne réalité en lui. Il demandera à Jésus Christ dinvestir toute sa personne, de transformer ses résistances en obéissance, afin quainsi, peu à peu, il devienne, dans la force de lEsprit Saint, semblable au Christ et quil plaise à Dieu, en dautres termes : quil soit entièrement « sauvé ».

Question 10 : « Si nous supposons que chaque être humain, dès sa naissance, porte en lui un péché, est-ce que Dieu, le Seigneur miséricordieux, ne va-t-il pas, tout simplement, lui pardonner ce péché ? » (TR)

Réponse :
Voyez la deuxième moitié de la réponse aux questions 5 et 6. Je répète : la décision de Dieu na pas été de libérer lhumanité simplement par une parole toute-puissante. Bien plus, il a voulu sauver lhumanité en devenant lui-même homme, en tout semblable aux hommes, hormis le péché. En même temps, il a voulu nous rendre capables, dans la force de lEsprit Saint, de devenir pour léternité ses filles et ses fils, comme les sœurs et les frères de son Fils unique, Jésus Christ.

Question 11 : « Que faut-il dire à propos de la foi des premiers chrétiens, qui nétaient pas familiers de la formulation du dogme de la Trinité divine. Leur foi est-elle considérée comme valide ? » (TR)

Réponse :
Il faut distinguer entre les formulations théologiques, dans lesquelles la foi chrétienne sest exprimée au cours de lhistoire et le contenu de la foi chrétienne en Dieu.

A lorigine de la foi chrétienne, il y a le fait que des hommes ont fait lexpérience tout à fait « renversante » de ce que, en Jésus de Nazareth et dans la force de son Esprit, Dieu lui-même est venu à la rencontre de lhumanité. Ainsi Dieu ne communique pas aux hommes quelque chose de lui-même, mais cest littéralement lui-même quil communique : en Jésus Christ, Dieu fait personnellement son entrée dans le monde ; notre monde est désormais aussi son monde ; il assume notre destinée humaine et il fonde ainsi pour toujours une communion de vie la plus intime entre lui-même et lhumanité. Ce qui veut dire : en Jésus Christ et – dune autre façon – dans lEsprit Saint quil envoie, il ne sagit pas de la rencontre de figures médiatrices qui ne font que faire référence à Dieu (comme les prophètes et les saint font référence à Dieu), mais derrière lesquelles la divinité reste pour toujours inaccessible à lhomme dans une transcendance cachée et sans limite, non, dans lévénement Jésus Christ, Dieu se met lui-même en jeu.

Celui qui a affaire avec Jésus, avec sa parole, son comportement, sa patience, celui qui fait en lui-même et autour de lui lexpérience de lEsprit qui est à lœuvre, a personnellement affaire avec Dieu. Dans le cas contraire, Jésus serait en contradiction avec lui-même, lui qui se profile comme la Parole ultime de Dieu  et la représentation insurpassable de lamour divin ; alors, il ne serait pas le médiateur définitif entre Dieu et lhomme quil prétend pourtant être : « Qui me voit, voit le Père » (Jean 14,9). Et lEsprit Saint, lui aussi, qui remplit Jésus,  nous a introduit dans le réalité du Christ après son retour chez son Père et il nous a ouvert directement laccès au Père. Il ne nous laisserait seulement dans le domaine de la pure créature, sil nétait pas lui-même Dieu. Voir aussi le livre 5, III, 7.

Question 12 : « Admettons que les chrétiens ne croient pas en trois dieux ? Mais doù vient donc la divinité du Messie ? Est-il possible quun être humain puisse devenir ou être Dieu – qui sest développé dans le sein dune femme, qui a été nourri comme tout enfant, qui a été éduqué de même… ? Est-ce compatible avec la grandeur et la transcendance de Dieu ? » (TR)

Réponse :
Avons-nous, êtres humains, la capacité de dicter à Dieu ce qui, dans son agir, convient à sa grandeur et à sa transcendance ? Lorsque nous disons : Allâhu Akbar, cela signifie pourtant bien que Dieu est plus grand que toutes nos représentations. Lorsque Dieu, dans sa miséricorde infinie, a décidé de devenir homme afin que nous autres, les humains, nous puissions avoir part à sa vie divinement aimante, nous est-il permis de le lui interdire ? Lisez, sil vous plaît, dans le livre, chap. 2, IV.

Question 13 : « Hz. Isa (Jésus) nexistait pas il y a deux mille ans. Est-il possible dajouter ultérieurement quelque chose à Dieu ? Dieu est-il à ce point faible et vulnérable quil puisse être crucifié par les hommes ? De plus, on trouve dans lévangile, des versets qui montrent que Jésus navait pas la volonté de se laisser crucifier (v. Matthieu 27,46) » (TR)

Question 14 : « Le concept Dieu Trinité occasionne entre autre le problème qui suit : comment a-t-il été possible que lune des trois personnes divines soit sortie (de la Trinité divine), soit entrée dans le sein de Marie, se soit mêlée à ce monde mortel et ait pris la forme dun être humain ? Car, si Dieu était trinitaire, il naurait pas été possible quune seule des trois personnes soit descendue séparément sur cette terre. » (TR)

Réponse :
Le chapitre 2 (Incarnation) et le chapitre 5 (Dieu, Un et Trine) ont montré quen Jésus, le Messie, le Fils incréé de Dieu est devenu homme de toute éternité. Lisez : Hébreux 1 ; Ephésiens 1 ; Colossiens 1,12 :20 ; Philippiens 2, 5 :11.

Question 15 : « Si la crucifixion a été la volonté propre de votre Dieu, ne doit-il pas être reconnaissant vis à vis des juifs et de Ponce Pilate ? Quindiquent des termes tels que peuple déicide (Peuple qui a mis à mort Dieu), peuple maudit, peuple réprouvé (exclu de la grâce), qui remplissent toute lhistoire chrétienne ? Quel est le fondement principal du fait que ce concept de déicide ait trouvé place dans les langues occidentales ? » (TR)

Réponse :
Dabord, nous prions le lecteur de lire à nouveau attentivement les passages suivants du chapitre 3 du livre : Croix, Péché, Salut, III, 2.1 ; 2.2 ; 2.3 et le paragraphe dans IV qui commence avec La mort sur la croix de Jésus.

Nous y disons entre autres : Jésus a été condamné à mort par des hommes – et la crucifixion a effectivement été une peine prévue dans le droit romain pour la punition du délit prévu, duquel il fut trouvé coupable. En fin de compte, il fut soumis à la mort sur la croix à cause de lattitude quil a prise durant sa vie à légard de Dieu et de la loi juive, la Tora. Le monde tel quil est ne pouvait pas supporter la critique fondamentale que Jésus faisait à lencontre de ses structures de péché. Jésus fut victime des puissances du mal : la haine, linjustice, la jalousie, lintérêt personnel, la fermeture à la vraie prétention de Dieu à notre égard – toutes des puissances qui marquent encore aujourdhui le monde.

Voilà pourquoi cest un méchant malentendu que dattribuer au peuple juif comme tel et exclusivement la responsabilité de la mort de Jésus. En fin de compte, cest le péché de tous les hommes et de chacun en particulier qui portent la responsabilité de sa condamnation et de son exécution. Le Concile Vatican II sexprime ainsi dans sa « Déclaration sur les relations entre lEglise et les religions non chrétiennes » (Nostra Aetate, n° 4 :

    « Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ (13), ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S'il est vrai que l'Eglise est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la parole de Dieu, de n'enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l'Evangile et à l'esprit du Christ.

    En outre, l'Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu'ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu'elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l'Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme, [ et aussi tous les actes dantisémitisme que les chrétiens ont commis]  qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.

    D'ailleurs, comme l'Eglise l'a toujours tenu et comme elle le tient, le Christ, en vertu de son immense amour, s'est soumis volontairement à la passion et à la mort, à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l'Eglise, dans sa prédication, est donc d'annoncer la croix du Christ comme signe de l'amour universel de Dieu et comme source de toute grâce. »

Ainsi, il est clair que les slogans et les expressions formulées dans la question ne correspondent pas à la doctrine chrétienne catholique. Au contraire. Il faut les condamner sévèrement.

Question 16 : « Dans le livre il est écrit : De cette façon les croyants des différentes religions devraient sefforcer, chaque fois que cest possible, de donner un témoignage commun de la foi, y compris celui dune recherche réelle dunité, dans lhumble soumission à la volonté de Dieu. (Chapitre : La pluralité des religions, les chrétiens répondent, fin du premier paragraphe)
Jaimerais demander à lauteur : comment est-il possible que des hommes qui enseignent des choses tout à fait différentes ou même CONTRAIRES par rapport à Dieu, resp. aux dieux, puissent construire une UNITÉ ? Et même sans cela : comment peuvent-ils obéir à une doctrine qui manque dUNITÉ, à savoir, une doctrine qui est contradictoire avec elle-même ? En quoi consiste la véritable UNITÉ ? » (TR)

Question 17 : « On lit dans le livre : « Pour le croyant, quil soit chrétien ou musulman, lêtre humain est créé « par les mains de Dieu » et formé à sa ressemblance, il retourne à Lui. (Chapitre : Le centre du christianisme, le point de vue chrétien 2. Le christianisme en tant que le chemin vers laccomplissement de lhomme et de lhumanité, première phrase).
Daprès cette phrase, tous les hommes retourneront à Dieu. Cela manque de clarté, car où donc mène ce retour : au ciel ou en enfer ? La phrase suivante dit : Voici la vocation fondamentale de lindividu, de lhumanité, et même de toute la création, qui aspire à la libération de toutes les formes de persécution, pour retourner finalement dans la gloire de Dieu (Romains 8, 19-25) ; Q 81 ; 82 ; 99 ; 101).
Cette vocation commune est aussi la base de légalité fondamentale de tous les êtres humains, au-delà des différences de race, de statut social ou de religion.
Aussi jaimerais demander à lauteur pourquoi Jésus sest-il désigné lui-même comme « lUNIQUE CHEMIN ». Jésus veut-il dire en Jean 14,6 : Tous les chemins mènent à Dieu ? » (TR)

Réponse :
Daprès la doctrine catholique, « tous les peuples forment une seule communauté, ils ont la même origine, puisque Dieu a fait habiter toute lhumanité sur toute la terre ; tous ont Dieu comme fin unique et identique. Sa Providence, les témoignages de sa bonté et ses desseins salutaires sétendent à toute lhumanité ( lire : Sagesse 8 :1 ; Actes des Apôtres 14 :7 ; Romains 2, 6-7 ; 1 Timothée 2 :4), jusquà ce que les élus soient réunis dans la Cité Sainte, dont la lumière sera la gloire de Dieu ; car tous les peuples marcheront dans sa lumière. » (Lire : Actes 21 :23 ss) » (Déclaration Nostra Aetate sur lEglise et les religions non chrétiennes: Vatican II, n°1, paragraphe 2)

A propos de la foi en Dieu, le  même Concile dit dans la même déclaration, au n°3 : « L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. » Ceci ne signifie absolument pas quil nexiste pas de différences essentielles entre lislam et le christianisme dans la doctrine sur Dieu.

Le Dieu de la foi chrétienne est le Dieu de la Bible et le Dieu que Jésus a révélé. Cest le Dieu un et trine de la doctrine de lEglise. Cependant, la relation au Dieu unique réunit chrétiens et musulmans, ainsi que la volonté daccomplir la volonté de Dieu. Nous, chrétiens, nous navons pas reçu la compétence ni la mission de dire avec certitude si un être humain a appris à connaître consciemment le Dieu de la révélation chrétienne, et à quel moment, et sil la refusé malgré tout librement et en toute responsabilité. Seul Dieu connaît le cœur de lhomme.

La doctrine de lEglise catholique présuppose que Dieu veut le salut de tout être humain et que la personne humaine ne fait fi de cette offre de salut quau moment où, librement et consciemment, elle refuse loffre de lamour de Dieu dans le Christ.

Jésus Christ est effectivement la seule voie de salut. Mais ce salut se réalise également en dehors de linstitution de lEglise et du baptême. Les hommes justes, les personnes qui cherchent Dieu sincèrement, bénéficient du salut éternel grâce à lœuvre salutaire du Christ, même si elles ne le savent pas elles-mêmes. (Méditez Matthieu 25 :31 ss. : le jugement dernier. Les justes ont rencontré le Christ dans les pauvres, les prisonniers, etc., sans le reconnaître. Voyez aussi le texte de la constitution conciliaire sur lEglise (Lumen Gentium) n° 16.

« En effet ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Evangile du Christ et son Eglise et cependant cherchent Dieu d'un coeur sincère et qui, sous l'influence de la grâce, s'efforcent d'accomplir dans leurs actes sa volonté qu'ils connaissent par les injonctions de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel. »
Relisez dans le livre, chapitre 11, III, 4-6.

Question 18 : « Chez vous, les chrétiens, le divorce est-il interdit ? Une fois que lamour entre deux personnes nexiste plus, nest-ce pas une torture que de laisser ces personnes cohabiter ? Si votre religion interdit le divorce, comment expliquer que le taux de divorce est aussi élevé en Amérique et en Europe ? Les journaux rapportent que là un mariage sur deux échoue. » (TR)

Réponse :
Lamour conjugal saccomplit selon la manière chrétienne de le comprendre dans une fidélité de toute la vie. En lui se vit lorientation immédiate des partenaires lun vers lautre et un engagement mutuel lun vis à vis de lautre, qui ne va pas dépendre des circonstances changeantes.

Lun sattache à lautre, quoi quil arrive. Une telle attitude représente une forme élevée de responsabilité des personnes les unes pour les autres et un grand signe de solidarité, dont les humains sont capables vis à vis de leurs semblables lorsquils se laissent réellement aider et porter par Dieu et dans la mesure où ils le font. Cest précisément dans une vie inspirée par cette fidélité que le mariage devient transparent de lamour de Dieu, qui a exprimé son oui inconditionnel pour les hommes et pour le monde dans le Christ Jésus.

Selon la foi catholique, le mariage sacramentel est une alliance dans laquelle est représentée de façon tout à fait spécifique lamour de Jésus Christ pour son Eglise (lisez Ephésiens 5 : 21-23). Dans son incarnation, sa mort et sa résurrection, le Christ sest donné lui-même à son Eglise et il sest sacrifié pour elle. Ce nest que dans ce mystère que le mariage peut être compris et vécu comme sacrement. Il est un mode dimitation du Christ.

Les époux chrétiens savent que, dans leur alliance damour et de fidélité du Christ pour son Eglise, ils sont inclus et quils reçoivent, dans le sacrement de mariage, la force de la persévérance dans leur alliance fidèle. Cette alliance est un pacte de confiance mutuelle, un processus dans lequel il peut aussi y avoir de léchec, de la culpabilité et de la lassitude dans lamour ; mais ce nest pas une raison qui pousse le chrétien à renoncer. Même lorsque lun des partenaires a quitté la communauté maritale, lautre demeure lié à la fidélité à son époux. Il peut porter sa solitude consciemment et dans la foi, dans limitation du Christ, comme une participation à son chemin de croix.

A propos du mariage et de la famille vécus chrétiennement, le Synode Commun des Evêchés dAllemagne écrit :

    « En se liant jusquà la mort, les époux sapportent chacun lun à lautre, dans leur intimité quotidienne, lamour du Christ, dont rien ne peut séparer (Romains 8 :35). Dans une telle fidélité, qui englobe toute la vie, la plénitude de lexistence chrétienne se révèle : la foi dans le ressuscité, qui comprend la foi en la résurrection du partenaire ; lespérance, qui espère pour lautre quand elle sappuie sur le Christ ; lamour qui sattache à lautre, car il est capable de laccueillir dans lamour du Christ. »

Dans les temps de crise et dans les échecs, laide fraternelle dun pasteur est nécessaire.

Question 19 : « Vous dites aussi que Dieu est inaccessible pour les hommes, transcendant. Si Jésus était Dieu, comment Dieu demeurerait-il alors inaccessible et transcendant pour lhomme ?  Comment, selon vous, Jésus ainsi que le Saint Esprit peuvent-ils être Dieu, puisque vous parlez dun Dieu unique et non de trois dieux ? Dieu sest-il cloné lui-même ? » (TR)

Réponse :
Le  transcendance de Dieu, sa grandeur qui surpasse et dépasse tout, nexclut pas, dans la compréhension chrétienne, que Dieu décide librement et souverainement dagir, non pas uniquement en tant que créateur et conservateur du monde, ainsi que celui qui donne guidance et qui envoie  les prophètes et les saintes Ecritures, mais daller plus loin encore et de se rendre présent, librement et par amour, parmi nous les hommes en Jésus Christ, de devenir en Jésus Christ notre frère à tous et de nous rendre capables, dans son Esprit Saint, de vivre comme ses enfants bien-aimés. Nous autres, chrétiens, avons reconnu, à travers le message de Jésus, tel quil est conservé dans les écritures saintes du Nouveau Testament, que Dieu, dans son incommensurable bonté, a agi de cette façon. Nous constatons avec gratitude laction du Dieu souverain et nous lui répondons dans la foi et par une vie selon la foi.

Lisez à ce propos les réponses aux questions 1, 2 et 3+4, et dans le livre, le chapitre 2, III, le chapitre 5, III, 7 et IV.

Dans la réponse à la question 1, nous avons montré comment le foi chrétienne comprend lunicité de Dieu. Lunicité du Dieu un et trine est lunicité de Dieu, telle quelle sest révélée à nous en tant que lamour. En dautres termes : il nous a révélé, avant tout en Jésus Christ, ce que lamour signifie en profondeur. Lamour veut précisément dire relation et communauté. Relisez, je vous prie, notre réponse à la question 1.

Question 20 : « Comment leucharistie peut-elle être Dieu ? Jésus dit dans lEvangile, que tout ce qui entre (dans lhomme) par la bouche aboutit dans lestomac et est ensuite expulsé. Comment pouvez-vous appeler Dieu une chose qui est mangée et bue ? Et, ne reste-t-il ensuite plus que deux dieux sur les trois, quand leucharistie a été consommée ? » (TR)

Réponse :
La doctrine catholique ne dit pas que « leucharistie est Dieu ». La personne qui pose cette question relira à nouveau clairement et de façon critique les paragraphes III et IV du livre.

Leucharistie est lun des sept sacrements de la foi catholique.

     1. Que sont les sacrements et que signifie leur réception ?

Les sacrements sont des signes dans lesquels nous autres, chrétiens, nous percevons de façon toute particulière lintérêt que Dieu nous porte par Jésus Christ. En eux sexprime symboliquement ce qui nous est offert en réalité : le rencontre avec le Christ. LEglise catholique connaît sept sacrements : le baptême, la confirmation, leucharistie, la pénitence, lonction des malades, lordination et le mariage. Ils accompagnent la personne humaine durant toute sa vie, de la naissance à la mort : dans le baptême, une nouvelle vie nous est offerte par le Christ ; le baptême nous incorpore dans la communauté de lEglise. Dans la confirmation, le Christ nous donne la force de lEsprit Saint afin que nous dépassions lenfance, que nous vivions en tant que chrétiens responsables dans le monde et que nous puissions témoigner de notre foi.

Dans leucharistie, nous devenons un avec le Christ et entre nous. Dans la pénitence, le Christ nous offre toujours à nouveau le pardon de la faute et du péché. Dans lonction des malades, il nous assiste durant une maladie grave et en danger de mort. Dans le sacrement de lordre, il communique à celui qui le reçoit ses pleins pouvoirs  pour annoncer sa parole et distribuer les sacrements. Dans le mariage, au moment où deux personnes se disent oui lune à lautre, le Christ les unit dans une alliance indéfectible jusquà ce que la mort les sépare.

Le baptême et leucharistie sont les sacrements fondamentaux. Leur pratique est attestée de nombreuses fois dans le Nouveau Testament. A propos du nombre sept des sacrements, lEglise catholique sappuie sur un long développement, qui trouve son origine effectivement déjà dans la vie de lEglise primitive, mais qui ne sest achevé quau douzième siècle. Au seizième siècle, ce chiffre sept deviendra lobjet de disputes entre différentes confessions. Depuis, les Eglise de la réforme sen tiennent la plupart du temps uniquement aux deux sacrements du baptême et de la cène du Seigneur (Eucharistie). Dans les derniers temps, on peut cependant constater certains rapprochements.

La réception des sacrements fait partie des conditions quil faut remplir pour être chrétien : le baptême rend seul possible lentrée dans la communauté de lEglise, il est la condition préalable, et leucharistie garantit, dans la vie ultérieure, la relation à lui offerte par le Christ. La réception des sacrements conditionne réellement la possibilité de la vie chrétienne. Seul celui qui reste en relation avec le Christ est capable de faire honneur à sa vocation chrétienne.

   2. Leucharistie est un repas en communauté avec Jésus Christ et ainsi lexpression de lunité avec lui et en lui avec Dieu

Leucharistie rend visible lunité avec le Christ, car tous les participants ont part dans la sainte cène « au corps du Christ ». « Le pain que nous rompons nest-il pas communion au corps du Christ ? Car tout comme il ny a quun seul pain, ainsi nous qui sommes nombreux nous ne formons dun seul corps ; car tous nous avons part au même pain » (1 Corinthiens 10 : 16b-17). La cène de Jésus avec ses disciples, qui a été attestée de nombreuses fois dans le Nouveau Testament (1 Corinthiens 11 :23-25 ; Marc 14 :22-25 ; Matthieu 26 : 26-29 ; Luc 22 : 15-20), est le dernier repas dune longue série de repas quotidiens avec ses disciples. Le partage du repas était de toujours le signe de reconnaissance dune appartenance commune et dune communauté de vie, qui sexprimait dans les repas. Il est probable que Jésus se soit servi de la forme religieusement significative à son époque du repas rituel juif : au début du repas, le père de famille disait sur le pain une prière de louange à Dieu, le donateur du pain, il rompait un morceau de pain pour chacun (« rompre le pain ») et il le distribuait. Après le repas commun, le rite se répétait sur un calice de vin. Dans ce contexte culturel, ce que Jésus a fait et exprimé lors de la dernière cène était directement compréhensible de la part de ses disciples. Mais en prononçant les paroles : « Prenez, ceci est mon corps, ceci est mon sang, le sang de lalliance qui est répandu pour beaucoup » (Marc 14 : 22b-23), Jésus allait plus loin que le repas festif habituel, il lui donnait un sens nouveau, en rapportant à sa personne, à lui-même le pain et le vin. Confronté au destin de sa mort tragique, quil ne fuyait pas, il se désignait lui-même comme victime : mon corps sera rompu tout comme ce pain ; mon sang sera répandu tout comme le vin écarlate. Cest ainsi que la passion et la mort de Jésus furent interprété comme une mort sacrificielle et rédemptrice.

En mémoire de ce dernier repas, les chrétiens célébraient et célèbrent encore toujours à nouveau avec un repas : « Car, aussi souvent que vous mangez de ce pain et buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur » (1 Corinthiens 11 :26), écrit Paul. Mais ce repas du souvenir nest pas un repas funèbre, mais, à cause de la résurrection de Jésus (1 Corinthiens 15), il est toujours un repas joyeux (cf. particulièrement Actes 2 :46) pour rendre grâce : 1° pour le don de Jésus, pour sa vie et sa mort « pour nous », 2° pour sa solidarité avec nous, car « le pain que nous rompons est communion au corps du Christ » (1 Corinthiens 10 :16b) et 3°pour lespérance offerte de sa venue dans la gloire (cf. Marc 14 :25 ; 26 :29 ; 22 :18).

Rendre grâce se dit en grec eucharistia. Aussi ce repas daction de grâce est-il appelé « eucharistie ». Il se situe au cœur de chaque communauté chrétienne, il est le cœur de lEglise, le « pain » dont vit chaque chrétien.

Ainsi lEglise est-elle, en tant que « nouveau peuple de Dieu », une communauté égalitaire comme corps du Christ, unifiée solidairement par le lien de lamour : « Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien ; que l'amour fraternel vous lie d'affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants, d'un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l'esprit, au service du Seigneur, avec la joie de l'espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière, prenant part aux besoins des saints, avides de donner l'hospitalité. » (Romains 12 :10-13)

Le lien de lunité des chrétiens, le fondement de leur fraternité mutuelle et de leur solidarité, ne sont plus, désormais, les liens du sang et lappartenance à la même tribu, mais la foi commune, en fin de compte le Christ ressuscité, qui les relie  dans lEsprit Saint les uns au autres et les uns par les autres grâce au sacrement de leucharistie.

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